samedi 30 avril 2016

Photos - Vandekeybus, Dance Day, Bozar, Bruxelles



Wim Vandekeybus - Ultima Vez : « Day of Dance [23 avril, initiative d’organisations flamandes et bruxelloises de danse] was a huge success! We danced from BOZAR to the streets and back. Thanks everybody for the great vibes in Brussels. »
 > 42 photos sur la page Facebook de la compagnie

Un Lion d'Or pour Maguy Marin à la Biennale de Venise

Le Lion d'Or remis à Anne Teresa De Keersmaeker en 2015

La Biennale de Venise, qui comprend six secteurs (art (plastique), architecture, cinéma, danse, musique et théâtre), annonçait hier qu'elle allait remettre le Lion d'Or pour l'ensemble de leurs carrières à la chorégraphe française Maguy Marin [le samedi 18 juin à 21h30 au Teatro Piccolo Arsenale], au compositeur italien de musique Salvatore Sciarrino et au metteur en scène anglais de théâtre Declan Donnellan. 

Le directeur du secteur Danse, Virgilio Sieni, a célébré le travail de Maguy Marin :  « Pour ses recherches à travers le corps et l'espace, qui d'une expérience à l'autre a construit un atlas de découvertes dans lequel le sens de l'art a révélé la complexité de l'homme contemporain, créant des relations entre les chemins de l'homme et les espaces nécessaires à la recherche chorégraphique. » (1)

Les précédents Lions d'Or ont été remis à Merce Cunningham (1995), Carolyn Carlson (2006), Pina Bausch (2007), Jirí Kylián (2008), William Forsythe (2010), Sylvie Guillem (2012), Steve Paxton (2014) et Anne Teresa De Keersmaeker (2015). 
Fabien Rivière

(1) « For her research through the body and space, which from one experience to the next has built an atlas of discoveries in which the meaning of art has revealed the complexity of contemporary man, creating relationships between the paths of man and the spaces necessary for choreographic research. »

Intermittents - Samuel Churin : Treize ans (28/04/16)

Samuel Churin

Treize ans. Treize ans de combats, de luttes acharnées à décrypter, expliquer, convaincre.

Treize ans de grèves, d’occupations, d’actions. Je me souviens entre autre de l’annulation du festival d’Avignon 2003, de l’occupation du toit du MEDEF, de l’élaboration d’un nouveau modèle d’Assurance Chômage, de la création de la permanence CAP qui aide tous les chômeurs en difficulté, de l’occupation en direct de la Star Ac’ et du journal de 20h devant un Pujadas hébété, de la création du comité de suivi à l’Assemblée Nationale, du festival de Cannes où nous obtenons un fonds provisoire, de l’occupation des ministères de la Culture, du Travail, de la Cour des Comptes, des universités ouvertes, de la grève à Montpellier, des tables de concertations où nous arrivons à convaincre du bienfondé de nos propositions jusqu’aux dernières occupations des Théâtres.

Treize ans pendant lesquels des coordinations de toute la France se réunissent en Coordination Nationale. Treize ans que nous disons que l’accord des intermittents du spectacle est injuste, qu’il repose sur un principe capitalisé, que les exclus du régime financent les Assedics versées aux salariés à haut revenus, que l’on a des propositions mutualistes, redistributives qui plafonnent les plus « riches » pour donner aux pauvres.

Nous avons tous traversé des longs tunnels, faits de doutes, de « à quoi bon puisque de toute manière on parle dans le vide », de « c’est fini j’arrête tout ». 
Et la nuit dernière, celle du 27 au 28 avril 2016, ILS L’ONT FAIT ! 
Les syndicats du secteur ont signé un accord répondant à tous ces critères.

Pour les techniciens et les artistes c’est Date Anniversaire, 507h sur 12 mois avec indemnisation sur 12 mois, heures de formation à 70h (120 h pour les plus de 50 ans), congés maternité, pour les artistes et réalisateurs un cachet unique de 12 h (finis les cachets de 8h). Voilà pour les principales mesures.

Cet accord est le nôtre, c’est une immense victoire. Il faut le porter haut, s’en réjouir totalement sans rechigner. Et il faut d’autant plus le défendre, le revendiquer, qu’il est fragile. 
Nous devons nous battre comme des lions pour que n’en soit pas retirée une seule ligne.

  Vue depuis l'Odéon Théâtre de l'Europe occupé par les Intermittents, avril 2016. Source

Il reste clairement deux étapes à franchir :
Tout d’abord que l’état ne participe pas aux frais. Nous devons rester pleinement dans la solidarité interprofessionnelle et éviter le début d’une caisse autonome qui conduirait à notre perte. Si l’état met de l’argent, l’accord ne sera plus pérenne, nous serons tributaires des budgets revus annuellement et surtout c’est accepter le cadrage du MEDEF.
Ce cadrage n’est pas une provocation, mais une réelle volonté. Et le résultat conduira à se plier devant les exigences déjà fixées qui visent à faire 400 millions d’euros d’économies par an en 2020. Autrement dit, la suppression de l’intermittence, ce dernier régime spécifique qui couvre l’activité réduite.

Ensuite il faut que les confédérations (dont le MEDEF) reprennent l’accord tel qu’il est. 
Le MEDEF pourra toujours essayer de le mettre à la poubelle, mais je sais que la colère sera à la hauteur de ce que nous avons obtenu. Certes, le MEDEF parait intouchable dans sa tour d’ivoire. Nous pourrons néanmoins envisager des actions pour lui nuire.
Mais puisque Manuel Valls croit tant au dialogue social derrière lequel se cache pourtant un paritarisme mafieux où les règles donnent tout pouvoir aux puissants, qu’il se débrouille avec le MEDEF pour lui faire signer l’accord tel qu’il est. Après tout, c’est Valls qui annonce triomphalement depuis un an que les intermittents sont sauvés, qu’ils ne doivent plus servir de variable d’ajustement. Dont acte.

Vue de la façade de la Comédie Française occupée, avril 2016

Oui cet accord mutualiste, juste, nous devons le considérer comme acquis et il sera d’autant plus difficile de nous le retirer. Nous avons attendu treize ans, nous ne laisserons personne ne nous le reprendre.
Mais nous ne pouvons pas triompher tant il reste de chemin à parcourir pour que l’ensemble des chômeurs soient indemnisés. Les dernières propositions du MEDEF sur le Régime Général sont immondes. Les plus pauvres sont les plus attaqués. L’activité réduite est la plus visée et les coupes dans les indemnités sont terribles.
« Ce que nous défendons nous le défendons pour tous » ne doit pas rester un slogan. Ce n’est même pas une question de solidarité, simplement du bon sens, comme une évidence.
Nous sommes les mieux placés pour comprendre qu’une continuité de revenus sur une discontinuité d’emplois est vitale pour manger, se loger, pour vivre tout simplement. Nous le savons intimement puisque nous nous battons pour cela depuis toujours. Nous ne pouvons pas rester comme cela sur notre petit terrain et regarder toutes celles et ceux qui ont exactement les mêmes pratiques d’emplois que nous mourir à petit feu.
Oui l’intermittence du spectacle doit être étendue à toute l’intermittence de l’emploi.

À ceux qui nous ont donné des leçons sur l’annulation du festival d’Avignon, sur le fait qu’on allait trop loin, que l’on sciait la branche sur laquelle on était assis, que la révolution se faisait sur scène et pas ailleurs, que le théâtre était si sacré qu’il ne pouvait pas être perturbé ne serait-ce qu’un soir, nous pouvons leur dire : vous avez définitivement tort, l’histoire nous a donné raison. La longue route de treize années qui ouvre enfin la perspective d’un horizon un peu plus dégagé prouve une chose : la lutte porte ses fruits. Ce qui était impensable il y a encore peu de temps est devenu réalité.

Servons nous de cette première victoire, ne la boudons pas, prenons la en exemple contre tous les discours résignés, amplifions le mouvement afin que tous les chômeurs soient indemnisés.

Ecoutons les enseignements du passé et du Conseil National de la Résistance qui avait créé des droits inconditionnels attachés à la personne et gérés par des salariés élus.

Il faudra être très nombreux, convaincre, trouver des cibles appropriées pour nuire au MEDEF et le déclarer illégitime. Alors nous pourrons dans une immense joie pouvoir dire : l’histoire nous a encore donné raison.

Samuel Churin

jeudi 28 avril 2016

Anne Teresa De Keersmaeker fait danser Bruxelles


Le quotidien belge Metro a publié une vidéo de Nash Hass, qu'elle présente ainsi : « La Grand-Place de Bruxelles a pris des allures de discothèque ce samedi 23 avril [Journée de la danse]. Un mois après les attentats qui ont touché la capitale, de nombreuses personnes se sont rassemblées en face de l’Hôtel de Ville pour bouger sur le célèbre tube de Stromae « Alors on danse ». Comme le rapporte BrusselsLife, le flash mob était dirigé par la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker. Une sacrée dose de bonne humeur. »

Plan des quatre itinéraires convergeants vers la Grand-Place de Bruxelles 

La Grand-Place était le lieu d'arrivée d'une manifestation plus vaste organisée par Anne Teresa De Keersmaeker, avec les danseurs de sa compagnie Rosas et les élèves de son école, P.A.R.T.S. [Performing Arts Research and Training Studios; formation supérieure en danse contemporaine], nommée SLOW WALK, conçue avant les attentats. Le projet est ainsi présenté : 
La marche aussi est de la danse à l'état pur !     
À l'occasion de la Journée de la danse, Rosas organise un flash-mob au ralenti, à l'occasion duquel vous marcherez très lentement depuis les différentes portes du Pentagone bruxellois jusqu'à la Grand-Place. Là, vous pourrez participer à un atelier My Walking Is My Dancing animé par Anne Teresa De Keersmaeker en personne. www.mywalking.be
La chorégraphe a donné une interview écrite au site Rtbf.be [Radio Télévision Belge Francophone] pour expliquer sa démarche. ICI
Fabien Rivière

mercredi 27 avril 2016

Intermittents - Lille - Théâtre du Nord - « Pas de RG en AG ! »

Théâtre du Nord - Centre Dramatique National (CDN) Lille Tourcoing Nord-Pas-de-Calais. Le 26 mars 2016. 
RG = Renseignements Généraux. AG = Assemblée Générale.

Plus de 1000 danseurs au casting de Kamel Ouali pour « Les 10 commandements »


« Ils se sont déplacés en masse ce mardi matin [26 avril] à l'Académie Internationale de la Danse (Paris 16° ardt.) dans l'espoir d'intégrer la nouvelle troupe de la comédie musicale « Les Dix Commandements », qui fera son retour sur la scène de Bercy en novembre 2016. Plus de 1000 danseurs sont venus tenter leur chance face au célèbre chorégraphe Kamel Ouali. Seul 30 élus auront la chance d'intégrer la troupe. »

Les intermittents du spectacle sont-ils des «privilégiés» ?

Vue depuis l'Odéon Théâtre de l'Europe occupé par les Intermittents, avril 2016. Source

Trois textes publiés par L'Humanité.fr  > ICI

Pour une vraie sécurité sociale professionnelle
par Angeline Barth, secrétaire générale adjointe de la fédération CGT spectacle

Pourquoi accepter que le Medef impose ses éléments de langage ? 
par Samuel Churin, acteur et membre de la Coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France

Le régime spécifique pourrait servir de modèle 
par Mathieu Grégoire, maître de conférences à l’université Paris-Ouest 

Intermittents - Paris : Actions du 28 avril au 1er mai

Source : CIP-IDF SITE
JEUDI 28 AVRIL

13h — Manifestation à l’appel de l’intersyndicale :
Au Medef où se déroulent les « négociations » de la convention d’assurance-chômage, 50 avenue Bosquet, Paris 7°, métro École militaire (cf. plan ci-dessous)
La manif se joindra ensuite à la mobilisation contre la loi Travail 

14h — Denfert-Rochereau, Manif contre la loi Travail
Du 28 avril au 1er mai : Faisons sa fête à la loi travail, Mouvement Inter luttes Indépendant (MILI SITE).

VENDREDI 29 AVRIL

18h30 — Place de la République - Débat : précarité, Europe et nouvelles formes de grève,  
Comment reconstruire la coopération et la solidarité entre travailleurs, à travers une réappropriation des espaces de lutte qui puissent aller au-delà des barrières nationales et qui sache réinventer des formes de grève ? Nous discuterons de tout cela après la grève générale du 28 avril avec des intervenants de la Camere del Lavoro autonomo e precario (Italia), de la coordination des intermittent.e.s et précaires et de Sud Solidaires.

DIMANCHE 1er MAI

Ça va mieux en le disant : le Premier mai n’est pas cette fête pétainiste du travail et donc de l’exploitation dont les média nous rabattent les oreilles mais la fête des travailleurs, de leurs luttes et des comportements de refus dont ils font preuve, de cette « immoralité ouvrière constituée par tout ce par quoi l’ouvrier contourne la loi du marché de l’emploi telle que le capitalisme veut la constituer. »

15h — Manifestation, place de la Bastille en direction de Nation.

Le 1er mai, faisons sa fête à la loi travail, Mouvement Inter luttes Indépendant (MILI SITE).

Pétition : Coup de gueule pour la danse à Nantes

Scenario (1997), de Merce Cunningham, costumes Rei Kawakubo 
(Comme des Garçons), présenté à l'Opéra Garnier

La danse sur l’agglomération nantaise est-elle en train de devenir le parent pauvre du spectacle vivant ?
Nous apprenons qu’Onyx, scène conventionnée pour la danse de Saint-Herblain jusqu’en 2015, déplace le curseur de son projet vers le cirque. Nous constatons que le Centre chorégraphique national, malgré la dynamique d’une nouvelle direction, reste le moins doté de France, en terme financier et en terme d’équipement. Nantes, classée parmi les dix villes les plus attractives de l’hexagone, voit s’installer de plus en plus de compagnies de danse professionnelles sur son territoire ou dans sa proximité sans pour autant offrir un lieu de création et de diffusion adapté à leur pratique (plateau digne de ce nom, studio de répétition avec plancher flottant, salle avec gradin...) Le Lieu unique, qui a le mérite de proposer dans son programme de saison une dizaine de spectacles de danse contemporaine, est une scène nationale pluridisciplinaire et n'a pas une mission particulière pour la danse. Par ailleurs, l’absence de direction et de projet depuis un an au Théâtre universitaire, seule plateforme de l’émergence chorégraphique, n’augure rien de bon de l’avenir. Un remarquable « diagnostic partagé de la danse à Nantes », remis en 2015 à la Ville de Nantes et porté à la connaissance de tous (voir lien plus bas), avait pourtant listé toutes les problématiques du paysage chorégraphique nantais.
Jamais la création chorégraphique n’a été aussi riche et aussi diversifiée dans notre pays. De la rue jusqu'au plateau, la danse touche aujourd’hui tous les publics et toutes les générations. Les nantais devront-ils se rendre à Angers ou à Paris pour voir ou revoir les grandes pièces du répertoire ? Dans un contexte économique extrêmement contraint, les jeunes chorégraphes, parmi lesquels se trouvent peut-être les classiques de demain, devront-ils renoncer à présenter leur travail ? 
Nous, publics, artistes, amateurs et professionnels du spectacle vivant, demandons aux pouvoirs publics liés au territoire nantais (collectivités territoriales : villes, Conseil départemental et Conseil régional, et Etat) de rendre à la danse la place qu’elle mérite.  
Lien vers le « diagnostic partagé de la danse à Nantes » : ICI (Pdf)

Disparition de Lee Black

Lee Black

DU ROYAUME-UNI à LA FRANCE

Lee Black, né à Londres, a débuté la danse à 17 ans. Sa formation a commencé avec des cours de jazz au fameux London Dance Studios avec Arlene Phillips et Molly Molly (chorégraphe du Paradis Latin, du Crazy Horse et de nombreuses comédies musicales à Londres).

Il intégre ensuite très rapidement le Rambert Ballet School pour une solide formation en danse classique, contemporaine (Graham), danse de caractère, pas de deux et notation. En parallèle, il continue ses cours de jazz. Il a été membre du groupe phare et controversé « Arlène Phillips Hot Gossip », premier groupe de dance qui a reflété les tendances musicales de l’époque sous forme de clips vidéos, punk, disco et new wave avec une émission de télévision. 

FRANCE

Molly Molloy l'a invité à Paris en 1977 pour un contrat lors de la réouverture du Paradis Latin. Depuis, il vit en France et travaille avec de nombreux chorégraphes : Larry Vickers, Claude Thompson, Arthur Plasschaert, et Claudette Walker (pour les émissions de télévision Les Carpentier (Maritie et Gilbert Carpentier), Numéro 1, Champs-Élysées, Sacrée Soirée, etc ). Il a également participé à de nombreux concerts et spectacles (Dalida, Johnny Hallyday, Lio, Sylvie Vartan, Sacha Distel, etc.) et publicités (4 Erams, Bouger avec La Poste). 

Lee Black dans le magnifique KOK de Régine Chopinot (1988).

En 1985, il intègre le compagnie Régine Chopinot où il reste 4 ans pour 2 créations, Le Défilé (1985) et KOK (1988). 

Puis il devient assistant chorégraphe, notamment de Philippe Decouflé pour les JO d’Albertville en 1991.

En 1992 il passe son Diplôme d'État (D.E) de professeur de danse à Bordeaux et décide de continuer sa carrière dans l’enseignement pour partager sa riche expérience de la danse et la scène. Aujourd’hui, il enseigne la danse jazz dans les centres de formation des Cie Lullaby (Alain Gonotey), Cie Rêvolution (Anthony Egéa)Jeune Ballet d'Aquitaine (JBA) et au Pôle Enseignement Supérieur Musique / Danse (PESMD) Bordeaux Aquitaine. 

Il est également professeur de technique corporelle Pilates.

Sa carrière, riche en expériences, lui offre une solide connaissance de la technique jazz et lui a montré l'importance des autres disciplines classique et moderne. Toujours soucieux de garder la danse jazz fraîche et actuelle, son enseignement reflète notre époque avec comme maîtres mots le hip hop, la sensualité, le style, la performance et l'interprétation.