lundi 31 décembre 2018

Danse et performance : Le meilleur de 2018

Les 7 péchés capitaux, de Pina Bausch, Photo Zerrin Aydin-Herwegh 

Pina Bausch - Tanztheater Wuppertal  (Allemagne)   
Les 7 péchés capitaux   [The Seven Deadly Sins]     1976
Opera House, Wuppertal, Allemagne

Bruno Beltrão (Brésil)
Inoah 
CentQuatre, Paris   [Notre article]

William Forsythe (États-Unis - Allemagne) par le Ballet du Rhin 
Quintett 
Opéra de Strasbourg  [Notre article]

Lia Rodrigues (Brésil)
Fúria
CentQuatre, Paris

Christos Papadopoulos  (Grèce)
Ion  
Théâtre de la Ville - Les Abbesses, Paris

Frank Willens (États-Unis - Berlin, Allemagne)
interprétant (sans titre) (2000) [ou (untitled) (2000)] de Tino Sehgal  [vidéo]
Week-end #3 (Musée de la danse - Boris Charmatz), L'invitation aux musées, Centre national de la danse, Pantin (93)

Maarten Seghers (Belgique) 
O or The Challenge of This Particular Show Was To Have Words Ending in O
Théâtre, (Festival) Artdanthé, Théâtre de Vanves (92) 

Jérôme Bel
Conférence sur rien 
(Festival) Inaccoutumés, Ménagerie de Verre, Paris 

Exposition Gordon Matta-Clark : Anarchitecte 
Jeu de Paume, Paris   

Alex Huot & Dave St-Pierre (Québec)
Fléau 
Le Tarmac, Paris

Ali Chahrour (Beyrouth, Liban) 
May he rise and smell the fragrance 
Théâtre Benoît XII, Festival d'Avignon In (84)   [Notre article]

Takao Kawaguchi  (Japon) 
About Kazuo Ohno 
Théâtre de la Ville - Espace Cardin, Paris     [Notre article]
+ Exposition photos Kazuo Ohno, une traversée du siècle [Haruhisa Yamaguchi, Akira Inoue, Koko Kiyama, Hiroaki Tsukamoto, Teijiro Kamiyama, Eikoh Hosoe, Naoya Ikegami, Michiko Matsumoto, Munesuke Yamamoto, Lieuichi Yoshida, Yoshihiko Ueda]

Vincent Dupont
Cinq apparitions successives
(Festival) Inaccoutumés, Ménagerie de Verre, Paris 

Thibault Croisy  
Témoignage d'un homme qui n'avait pas envie d'en castrer un autre
Gaîté Lyrique, Festival Faits d'Hiver et Festival Sors de ce corps ! *, Paris
* dans le cadre de Némo, Biennale internationale des arts numériques - Paris / Île-de-France

Mark Tompkins
STAYIN ALIVE à ma mère
Centre national de la danse, Pantin (93)

Simon Mayer (Autriche) 
Sons of Sissy
Centre Pompidou, Paris   [Notre article]

Gisèle Vienne
CROWD
Kaaitheater, Bruxelles (Belgique)   

Israel Galván (Espagne)
Gatomaquia
Théâtre de la Ville au Cirque Romanès, Paris  [Notre article]

Steven Cohen 
Sphincterography - La politique du trou du cul 
Théâtre du Rond-Point, Paris 

Wagner Schwartz (Brésil - France)
J'ai été tué sur internet comme si j'étais un zombie de la série The Walking Dead
(Festival) DO DISTURB, Palais de Tokyo, Paris 

Herman Diephuis 
MIX 
Panopée, (Festival) Artdanthé, Théâtre de Vanves (92) 

Guillaume Marie, Igor Dobričić, Roger Sala Reyner  
Roger Préfiguration #1
Parking, (Festival) Artdanthé, Théâtre de Vanves (92) 

Anne Teresa De Keersmaeker - ROSAS - P.A.R.T.S. (Bruxelles, Belgique) et public 
Slow Walk  
Rues de Paris 

Maguy Marin  
Ligne de crête 
Théâtre de la Ville - Les Abbesses, Paris

Hofesh Shechter -  Shechter II * (Londres, Royaume Uni - Israël)
                               * Interprètes de 18 à 25 ans
Show [à l'exception de la scène qui suit le début des saluts]
Théâtre de la Ville - Les Abbesses, Paris

Aspen Santa Fe Ballet (États-Unis)   
Jorma Elo 1st Flash  +  Alejandro Cerrudo  Silent Ghost  +  Cayetano Soto  Huma Rojo
Théâtre du Casino, Festival Le Temps d'aimer la danse, Biarritz (64)

Mohamed Fouad  (Le Caire, Égypte)  
Without Damage  
La Manufacture au Château de Saint-Chamand, Festival d'Avignon Off (84) 

Thomas Ballèvre
Autopilot / TIL YOU DROP
Danse en résidence, avec la Manufacture au Château de Saint-Chamand, Festival d'Avignon Off (84) 

Farah Saleh (Palestine)  
Gesturing Refugees  
La Manufacture au Château de Saint-Chamand, Festival d'Avignon Off (84) 

Filipe Lourenço 

PULSE(S)    [extrait] 
La Belle Scène Saint-Denis (Théâtre Louis Aragon - Trembay-en-France & TGP Théâtre Gérard Philipe CDN - Saint-Denis), La Parenthèse, Festival d'Avignon Off (84) 

Jefta van Dinther  (Pays-Bas - Suède - Berlin, Allemagne)
Protagonist
TND Chaillot, Paris   [Notre article]

Nasser Martin Gousset
Pop Life Club
(Festival) Bien fait !, Micadanses, Paris 

Olivier Dubois  
Pour sortir au jour
L'Onde - Théâtre Centre d'art, Vélizy-Villacoublay (78)   

Mickaël Phelippeau    
Ben & Luc
On (y) danse aussi l'été !, Les Hivernales, Centre de Développement Chorégraphique National (CDCN), avec le Festival d'Avignon In (84) 

Frank Micheletti - Kubilai Khan Investigations

Black Belt
On (y) danse aussi l'été !, Les Hivernales, Centre de Développement Chorégraphique National (CDCN), Avignon (84) 

Marie-Caroline Hominal & Markus Öhrn  (Suisse)
Hominal / Öhrn
Centre culturel Suisse, Paris

« Tutu » des Chicos Mambo à la Maison de la Danse de Lyon

 Rediffusé jusqu'au 25/03/2019
——   Chorégraphe : Philippe Lafeuille
——  Danseurs : David Guasgua M - Pierre Emmanuel Langry - Julien Mercier - Guillaume Quéau - Vincenzo Veneruzo - Stéphane Vitrano - Corinne Barbara
——  Date : 05 septembre 2018, Durée : 1h 22min, Production : 24 Images
——  Réalisation : Denis Caïozzi

vendredi 28 décembre 2018

Arte célèbre la danse en cette fin d'année

Arte célèbre la danse en cette fin d'année au travers de cinq programmes : 
Graines d'Étoiles... 5 ans après — documentaire  (Notre article)  
Quatre chorégraphes d'aujourd'hui à l'Opéra de Paris : Thierrée / Shechter / Pérez / Pite  spectacle (Notre article)
Marius Petipa, le maître du ballet russe — documentaire (Notre article) 
Raymonda  spectacle [Théâtre Mariinsky, Saint-Pétersbourg (Russie), chorégraphe : Marius Petipa (1898), version revisitée par Konstantin Sergeyev (1948), extraits chorégraphiques Fyodor Lopukhov (1886 - 1973]  — (à voir ICI)
Gala inaugural des 350 ans de l'Opéra national de Paris — spectacle — Lundi 31 décembre 22h25
C'est cohérent. Mais il s'agit en grande partie de l'Opéra de Paris et de danse classique. Faisons un voeu : et si, renouvelant le geste dans un an, Arte s'intéressait à un autre lieu emblématique de la capitale, un autre lieu historique, le Théâtre de la Ville qui fête cette saison ses 50 ans, entre histoire exceptionnelle, — la liste des chorégraphes importants qu'il a soutenu est longue — et présent qui vaut encore le détour avec des chorégraphes qui défendent la danse contemporaine comme Maguy Marin, Israel Galván (notre article), Takao Kawaguchi (notre article), Jan Martens et Christos Papadopoulos. Le Festival d'Automne à Paris, qui partage le même directeur, va célébrer fin 2019 le génie New Yorkais Merce Cunningham mort en 2009, fêtant le centenaire de sa naissance à travers ce qu'il nomme « un temps fort » (ICI). À cette occasion on pourrait notamment présenter de nouveau le film magnifique de Tacida Dean daté de 2009 filmant la compagnie de Cunningham performant dans un magnifique hangar portuaire dans la baie de San Francisco, Craneway Event. Chiche ?

——— Nous écrivions en 2010 au sujet de Craneway Event (Film 16mm anamorphique couleur - son optique, 1h48) : 

  NOTRE AVIS            ➜    Un Cunningham portuaire et maritime
L'artiste britannique Tacita Dean, née en 1965, utilise aussi bien la photographie, l'installation, le dessin et le cinéma 16 mm. Dans ce dernier domaine on lui doit un film absolument passionnant consacré à Merce Cunningham, Craneway Event. Fidèle à sa volonté de sortir la danse des théâtres, le chorégraphe et sa compagnie investissent début novembre 2008 une ancienne usine Ford construite dans les années 30, située dans le port de Richmond, en Californie, et maintenant nommée Craneway Pavilion. Réhabilitée, elle est devenue un immense loft d'environ 120 mètres de long sur 20 de large, absolument vide — si ce n'est un plancher de danse noir amovible installé pour l'occasion — riche, des trois côtés du bâtiment, d'une immense verrière traversée d'une lumière magnifiqueUn bateau est amarré à quelques mètres à peine. C'est la baie de San Francisco, qui se déverse dans le Pacifique. Au loin, on aperçoit les ponts suspendus qui donnent sur cette ville. La région comprend plusieurs parcs naturels. 

Dans ce cadre exceptionnel, la cinéaste suit trois jours de répétitions de la compagnie, composée de 14 danseurs. Merce Cunningham a 89 ans. Il se déplace en fauteuil roulant. Son esprit est toujours vif, son visage mobile et ses yeux attentifs à tout. À l'époque, personne ne sait qu'il mourra presque neuf mois plus tard, le 26 juillet 2009, à 90 ans. 


On peut parler de "cinéma vérité" dans la mesure où il n'y a aucun commentaire ni aucun effet. La compagnie répète même dans ce que l'on nomme "le silence". On sait, depuis John Cage, compagnon de Cunningham fort  longtemps, que ce mot a un tout autre sens que seulement "absence de musique". Il signifie intensité de la présence (humaine, animale, végétale, et des éléments naturels), ici et maintenant. 

Craneway Event est un document(aire) exceptionnel sur la quotidienneté de la compagnie. Le film avance tranquillement, pas à pas, au rythme de la vie. 


Fabien Rivière

jeudi 27 décembre 2018

Arte diffuse une soirée Thierrée / Shechter / Pérez / Pite à l'Opéra de Paris


Le prix des places pour un spectacle de danse à l'Opéra de Paris étant de plus en plus élevé malgré certains efforts, et en absence de tarifs sociaux contrairement au Théâtre national de la danse de Chaillot, il revient à Arte la lourde responsabilité de tenter de démocratiser cet art ; et incidemment de participer à la constitution d'une mémoire d'une discipline qui se veut éphémère

On peut ainsi profiter en cette fin d'année du programme de qualité donné sur le plateau de l'Opéra Garnier en mai et juin dernier : Quatre chorégraphes d'aujourd'hui à l'Opéra de Paris : Thierrée / Shechter / Pérez / Pite.

Le Suisse James Thierrée, 43 ans, est metteur en scène et acteur. Avec Frôlons, une création pour l'Opéra, il investit les espaces publics, proposant des créatures animales (par exemple une salamandre et un tamanoir) ou inventées et quelques personnages, qui errent plutôt tranquillement. Les interprètes portent de somptueux costumes d'or, de ténèbres et d'algues. La proposition, plus atmosphérique que chorégraphique, rejoint finalement la salle. Le tout est filmé à fleur de peau.  

The Art of Not Looking Back, de l'Israélien installé à Londres Hofesh Shechter, 43 ans, a été créé pour sa compagnie en 2009 (il a alors 34 ans), mais semble très récent. Sur le plateau neuf jeunes femmes incarnent les relations tendues du chorégraphe avec sa mère, mêlant sensations crues et très grande élégance gestuelle et formelle. Il est dommage que la voix off, dans cette  œuvre forte, ne soit pas traduite de l'anglais en français. 

C'est une création que propose l'Espagnol vivant aux Pays-Bas Iván Pérez, 35 ans. Dix hommes sur le plateau pour The Male Dancer. Sans doute le chorégraphe ne donne pas le sentiment d'avoir lu les auteurs qui traitent de la question du genre. Il propose cependant un moment de douceur elle aussi plus atmosphérique que chorégraphique. Un nouveau Mort à Venise, si l'on veut  Les interprètes sont des gravures de mode, les costumes sont très beaux. C'est peut-être un peu trop beau, — on aimerait qu'on nous propose d'autres figures d'hommes que des mannequins, — mais le chorégraphe s'en sort plutôt bien. Mais si il revient, il devra creuser plus profondément.  
   
Enfin, la Canadienne Crystal Pite, 48 ans, présente de nouveau son "succès" créé ici-même il y a deux ans, The Season's Canon, pour 54 interprètes. Tout le monde est en pantalon militaire vert bouteille, et torse nu, les femmes portant un très discret justaucorps couleur chair qui masque en partie la poitrine. Elles sont virilisées. Le plus souvent c'est une masse inquiétante qui se déploie, qui s'étire de différentes façons. Est-ce à dire qu'est célébré une certaine idée régressive de l'armée, où l'individu ne peut que se dissoudre dans le groupe et se soumettre ? Dans les quelques duos, c'est l'homme qui porte la femme.
Fabien Rivière
— Diffusé sur Arte le Mardi 1er janvier 2019 à 23h35.  www.arte.tv/fr/ 

lundi 24 décembre 2018

Arte : « Marius Petipa, le maître français du ballet russe »

Documentaire complet disponible jusqu'au samedi 29 Décembre 2018

NOTRE AVIS Documentaire passionnant de Denis Sneguirev, daté de 2017, consacré au chorégraphe Marius Petipa (1818, Marseille - 1910, Hourzouf — 92 ans) qui fit l'essentiel de sa carrière en Russie. Une surprise de taille nous est réservée vers la fin par un autre chorégraphe, Alexei Ratmansky.  
Fabien Rivière

Livre - Anne Teresa De Keersmaeker 2007 - 2017

Couverture du livre 

L'ouvrage de grand format et à la couverture cartonnée Anne Teresa De Keersmaker / Rosas 2007 - 2017 suit les créations récentes de la chorégraphe belge installée à Bruxelles (Belgique), à la tête de sa compagnie, Rosas. Comme il s'agit principalement d'un livre de photos, celles de Anne Van Aerschot et Herman Sorgeloos, il aurait été préférable d'indiquer leurs noms sur la couverture. Anne Van Aerschot travaille à Rosas. L'intitulé de son poste est : « coordination artistique et planning ». 

Il s'agit de suivre dix ans de travail d'une des chorégraphes les plus intéressantes de son époque. Dans un ordre chronologique des œuvres créées (en gras, celles qui nous semblent les plus importantes) : Keeping Still - Part 1 (2007), Zeitung (2008), The Song (2009), 3Abschied (2010) [avec Anne Teresa De Keersmaker, Jérôme Bel et un groupe de musiciens], En attendant (2010) [première au Festival d'Avignon au Cloître des Célestins, lumière du jour, se clôt avec la nuit qui tombe], Cesena (2011) [première au Festival d'Avignon, Cour d'honneur du Palais des Papes, à la levée du jour], Partita 2 (2013) [duo entre Boris Charmatz et Anne Teresa De Keersmaker, vu au Festival d'Avignon dans la Cour d'honneur du Palais des Papes], Vortex Temporum (2013), Golden Hours (As you like it) (2015) [musique Brian Eno], Work/Travail/Arbeid (2015) [dansé dans un musée, au WIELS à Bruxelles et au Centre Pompidou à Paris, par exemple], Die Weise von Liebe und Tod des Cornets Christoph Rilke (2015) [notre article], Cosi fan tutte (2017) [opéra créé à l'Opéra Garnier à Paris, notre article], et Mitten Wir im Leben sind/bach6cellosuiten (2017) [présenté à Paris dans la grande salle de la Philharmonie].

On peut dire que les photographes ont fait un bon travail. Du  côté de l'écrit, le résultat est mitigé, qui débute par un texte de cinq pages de Gilles Amalvi (sous la forme d'une lettre adressée à la chorégraphe), et un autre de dix pages de Floor Keersmaekers, qui, à Rosas, a la charge de la « dramaturgie générale et [du] traitement des archives ». Le premier ne nous apprend pas grand chose, sinon que les périodes artistiques de la chorégraphe sont marquées « par un certain usage de ton propre corps ». Soit. Mais encore ? Il poursuit :  « (...) et comme démonstration plus générale des différents régimes du chorégraphique » [Soit. Mais  encore ?];  « (...) le glissement d'une période à une autre, cela se joue au niveau de ton corps, en tant que nœud (...)  [Soit. Mais  encore ?] ». Le texte de Floor Keersmaeker est d'une autre tenue, plus factuel et plus riche : « Dressant en 2017 un bilan de la décennie écoulée, De Keersmaeker a distingué les cinq points d'ancrage majeurs qui ont constitué la trame de son travail et orienté son désir : une approche de la chorégraphie comme « espace-temps » ; le rapport aux danseurs ; l'observation de la nature ; la pensée orientale des énergies et, enfin, l'art de la calligraphie »

À 50 € la publication de 240 pages, il aurait fallu pourquoi pas proposer pour chaque pièce une interview non complaisante de la créatrice évoquant les enjeux de son travail. À minima, et si Gilles Amalvi avait réalisé un entretien de la chorégraphe ? Le livre n'en demeure pas moins une réussite plastique. 
Fabien Rivière

Anne Teresa De Keersmaker / Rosas 2007 - 2017, éditions Actes Sud (France) et Fonds Mercator (Bruxelles, Belgique), septembre 2018 (parution), 240 pages, 50 €. En savoir +  

vendredi 21 décembre 2018

Réussite - « Graines d'Étoiles... 5 ans après » : Quel avenir après l'école de danse de l'Opéra de Paris ?

Le coffret DVD Graines d'Étoiles - L'intégrale réunit 
Graines d'Étoiles (2013) et Graines d'Étoiles... 5 ans après (2018).
Visuels extraits de Graines d'Étoiles et Graines d'Étoiles... 5 ans après 

De septembre 2011 à juillet 2012, deux jours par semaine, la réalisatrice Françoise Marie a suivi la vie de l'école de danse de l'Opéra national de Paris, située depuis 1987 à Nanterre à l'ouest de la capitale. Cela donne en 2013 Graines d'Étoiles, en six épisodes de 26 minutes et un supplément de 20 minutes (Pour entrer dans la meilleure école du monde...). 

L'établissement accueille 130 élèves de 8 à 18 ans, répartis en 6 divisions de filles et 6 divisions de garçons. Le bâtiment, vaste, sobre et lumineux, est signé Christian de Portzamparc. Il comprend trois parties, consacrées respectivement à la danse, à l'administration et à l'enseignement habituel, et un internat. Plus précisément des salles de cours et des studios, une cantine, des dortoirs, une salle de spectacles qui peut accueillir 300 personnes et un parc. Le matin les jeunes suivent les même cours que les jeunes de leur âge, du CP2 à la Terminale, l'après-midi est consacré à la danse. 2/3 des élèves sont pensionnaires.

Françoise Marie, qui a déjà filmé l'enfance, s'attache surtout à la paroles des élèves, mais aussi à celle des professeurs et des parents d'élèves. Certains de ces derniers exercent une pression psychologique certaine : le jour de la rentrée, un père affirme avec certitude, devant son jeune fils, que « s'il n'arrive pas ce serait à cause de lui, pas de l'école », ajoutant que « C'est au fond de lui-même qu'il doit travailler ». Une mère confie en rigolant à une autre mère que sa fille danse pour elle. 

Dès le jour de la rentrée, la directrice de l'école rappelle à tous certaines règles de base, comme celle du salut, « typique de notre école », d'autant plus typique, précise-t-elle, que le Bolchoï (Moscou) et le Mariinsky (Saint-Pétersbourg) l'ont abandonné. Elle poursuit : « Toute personne adulte est saluée, révérence, [suivi d'un] salut. C'est votre manière de dire que vous appartenez à l'école de danse, c'est votre fierté d'être à l'Opéra ». Le terme est ambigu car appartenir, c'est "faire partie de", mais aussi "être la possession de". 

Un professeur de danse de la 1ère division, celles des "grands", Jacques Namont explique  d'autres règles du jeu : « C'est une école d'élite, donc il y en a qui doivent partir parce qu'ils n'ont pas le physique, parce qu'ils n'ont pas la technique, parce qu'ils n'ont pas ceci ou cela ». Véronique Doisneau, professeur de danse de la 6° division, celle des "petits", complète d'un « Nous n'acceptons pas les enfants trop grands, ou les enfants trop maigres, ou les enfants trop petits, ou les enfants trop ronds ».

SI un quart des élèves réussit le concours d'entrée dans le corps de ballet, la moitié a dû quitté l'école avant la fin du cursus. Comment gèrent-ils cette situation ? Est-elle perçue comme un "échec" ? Sont-ils accompagnés psychologiquement ? 

Un passage est assez pénible. Pendant son cours à des jeunes garçons stagiaires, le professeur de danse, Bertrand Barena intervient soudain : « Qui s'est trompé ? Pompes ». Considérant un élève finissant sa punition : « D'accord, ok, voilà ! ... Vous verrez qu'à force vous aurez plus du tout envie de vous tromper. Merci mon grand ». Ne confond-il pas école et armée ? N'est-ce pas du sadisme ? 

Outre leur cursus, les élèves doivent dès le départ participer sur le plateau de la grande salle de l'Opéra Garnier qui peut accueillir 1.900 personnes à trois programmes : le Défilé, des Démonstrations et un Spectacle ; sans oublier de préparer le spectacle de fin d'année. Chaque année il y a aussi un concours, qui  compte pour moitié dans la note finale, avec le contrôle continu. C'est donc tout autant un centre de formation qualifiant qu'une école. 

Les normes en terme de genre sont très marquées, puisque les garçons se verront attribués des rôles « de princes, de guerriers, de faunes », les filles « de cygnes, de princesses, de sylphides ».

Bien que l'Opéra de Paris participe à la co-production du documentaire avec Arte (c'est systématique si on veut obtenir l'autorisation de filmer en ses murs), et que la directrice de l'école de danse Élisabeth Platel et la directrice du Ballet Brigitte Lefèvre aient contrôlé l'ensemble des images, la réalisatrice estime avoir pu travailler comme elle l'entendait. 

Le résultat est passionnant, même si il est difficile de savoir si il n'omet pas certaines choses. La réalisatrice précise qu'elle n'a pas voulu mettre en difficulté un-e élève en situation délicate. À son arrivée à la direction du Ballet de l'Opéra de Paris, Benjamin Millepied a constaté un nombre trop élevé selon lui de blessures, et a pris un ensemble de mesures pour y remédier. À l'école de danse, la question se pose aussi. Mais rien n'est fait. 

Il est frappant d'observer la vitalité des jeunes gens, malgré cet ensemble de contraintes fortes.

On pouvait se demander ce qu'allaient devenir ces adolescents. Graines d'étoiles... 5 ans après, qui va être diffusé sur Arte en cette fin d'année (et sort en DVD et VOD), répond à cette question, en 5 épisodes de 26 minutes.

Les trois premiers suivent celles et ceux qui ont pu accéder au Ballet de l'Opéra. Le premier s'intéresse à la transmission d'un ballet classique, Le lac des cygnes de Rudolf Noureev par Lionel Delanoë, Ghislaine Thesmar et Clotilde Vayer notamment, le deuxième à la transmission en danse contemporaine avec Jiří Kylián et ses répétiteurs (Stefan Zeromski, Aurélie Cayla, Ken Ossola et Patrick Delcroix). C'est absolument passionnant. Le troisième constate l'importance du concours interne pour monter en grade (la hiérarchie débute à quadrille, puis se poursuit avec coryphée, sujet, premier danseur et étoile). Le 4° observe ceux qui sont partis à l'étranger, à San Francisco ou Hambourg par exemple poursuivre leurs études et/ ou accéder à une compagnie. Le dernier revient en France. 

Observée par l'institution, la réalisatrice a réussi malgré tout à déployer sa liberté avec talent. 
Fabien Rivière

— Coffret DVD Graines d'étoiles - L'intégrale, deux films documentaires de Françoise Marie, Saison 1 (Graines d'étoiles, 6 x 26 mn., 2013) & Saison 2 (Graines d'étoiles... 5 ans après, 5 x 26 mn., 2018), et complément Pour entrer dans la meilleure école du monde... (20 mn.), durée de 5h, version française et anglaise (sauf le complément), sous-titres français pour sourds et malentendants, coffret 3 DVD, Arte éditions et Opéra national de Paris, 2018, 40 €.  Boutique (DVD et VOD) 

— Saison 2 (Graines d'étoiles... 5 ans après)   Boutique (DVD et VOD)   — Saison 1 (Graines d'étoiles)  Boutique (DVD et VOD) 

— Saison 2 (Graines d'étoiles... 5 ans après: DIFFUSION SUR ARTE les dimanches 23 décembre 19h05 (épisode 1), 30 décembre 19h (épisode 2), 6 janvier 19h10 (épisode 3), 13 janvier 19h (épisode 4) et 20 janvier 19h05 (épisode 5). Et en replay pendant 7 jours.

— Saison 1 (Graines d'étoilesDIFFUSION SUR ARTE Lundi 31 décembre à partir de 10h05; 10h05 (épisode 1), 10h30  (épisode 2), 10h55  (épisode 3), 11h20  (épisode 4), 11h45  (épisode 5), 12h15  (épisode 6)).  

——————————————————————————

On peut aussi suivre la vie d'une autre célèbre école, la Juilliard School de New York (États-Unis) grâce à une excellente série documentaire de 6 fois 26 minutes que signe en 2013 Priscilla Pizzato pour Arte, Une saison à la Juilliard School (Danse - Théâtre - Musique), disponible en DVD et VOD (versions française, anglaise; sous-titres français pour sourds et malentendants).  ICI 

dimanche 16 décembre 2018

Agenda Danse et performance - Paris et sa région Janvier 2019

1  —  Théâtre de la Ville - Les Abbesses
2  —  Théâtre de la Ville à la MC 93 - Bobigny 
3  —  Théâtre de la Ville - Espace Cardin  
4  —  Odéon - Théâtre de l'Europe  
5  —  La Colline - Théâtre national   
6  —  Festival Faits d'hiver  
7  —  Opéra de Paris 
8  —  Théâtre des Champs-Élysées
9  —  Cité des sciences et de l'industrie 
10  —  Philharmonie
11  —  Tarmac 
12  —  Maison de la Musique de Nanterre 
13  —  Centre national de la danse - Pantin 
14  —  Atelier de Paris Carolyn Carlson CDCN 
15  —  Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines - Scène nationale  
16  — L'Onde - Vélizy-Villacoublay
17  —  TND Chaillot 
18  —  Palais des Congrès
19  —  CentQuatre
20  —  Théâtre de Vanves
21  —  Théâtre 71 - Malakoff
22  —  Théâtre de Suresnes Jean Vilar
23  —  Nanterre Amandiers CDN





1  —  Théâtre de la Ville - Les Abbesses (18°)
Vincent Dupont (France)  Refuge   50 mn. 
Du mardi 8 au vendredi 11 janvier.  Photo M. Domage  En savoir +   

Kat Válastur (Grèce)   OILinity  55 mn.
Du lundi 14 au mercredi 16 janvier 20h. En savoir +


Igor & Moreno [Igor Urzelai & Moreno Solinas] (Royaume-Uni)  Andante 
Vendredi 18 au dimanche 20 janvier. Photo DR  
En savoir +  

Adi Boutrous (Israël)  Submission   
Du jeudi 24 au samedi 26 janvier 20h. Photo DR  En savoir +    


2  —  Théâtre de la Ville à la MC 93, Bobigny (93) 
Phia Ménard  Saison sèche 
Du jeudi 10 au dimanche 13 janvier. Photo DR En savoir +   


3  —  Théâtre de la Ville - Espace Cardin (8°)
Didier Eribon - Thomas Ostermeier  Retour à Reims    Théâtre - version française
_ Texte : Retour à Reims, de Didier Eribon, paru en 2009 (ICI), en poche en 2010 (ICI), nouvelle édition poche en 2018 précédée d'un entretien avec Edouard Louis (ICI).  
Du vendredi 11 janvier au samedi 16 février. En savoir +  



4  —  Odéon - Théâtre de l'Europe (6°)
Christophe Honoré  Les Idoles    Théâtre
Du vendredi 11 janvier au vendredi 1er février. En savoir + 
            « Les deux dernières décennies du XXe siècle resteront dans l’Histoire comme “les années sida”. La génération à laquelle appartient Christophe Honoré fut la première à parvenir à l’âge adulte en étant pleinement consciente de cette menace. Honoré a eu vingt ans en 1990, l’année de la mort du cinéaste Jacques Demy. L’année aussi où le chorégraphe Dominique Bagouet créa Jours étranges, dont Honoré vit trois ans plus tard une performance posthume. (...) En rendant hommage à ses six Idoles – Collard, Daney, Demy, Guibert, Koltès, Lagarce –, à travers six manières singulières d’affronter le désir et la mort en face, Honoré revient aux “jours sinistres et terrifiants” de sa jeunesse. “ Un spectacle pour répondre à la question: Comment danse-t-on après?” »
— Nous avons publié : Christophe Honoré : Comment danse-t-on après ?    



5  —  La Colline - Théâtre national (20°)
Angélica Liddell  The Scarlet Letter  
Du jeudi 10 au samedi 26 janvier. Photo Bruno Simao  En savoir +    


6  —  Festival Faits d'hiver    Danse
         Du lundi 14 janvier au mercredi 20 février. 
         Onze Lieux. Quinze chorégraphes. En savoir +   
Affiche du Festival Faits d'hiver, Edouard Hue, Photo Gregory Batardon
Théâtre de la Cité internationale — 14 & 15 janvier 20h30
Thomas Lebrun  Another look at memory    quatuor - 1h Photo Frédéric Iovino

Théâtre de la Bastille — 16 > 31 janvier 21h (relâche du 20 au 24/01 et le 27/01)
Jan Fabre  The Generosity of Dorcas     solo - 50 mn. Photo Marcel Lennartz


Micadanses — 21 & 22 janvier 20h30
Yaïr Barelli   Dolgberg   solo - 1h

Le Carreau du Temple  — 23 & 24 janvier 19h30
Marion Levy  Training    solo - 1h

Centre culturel suisse — (Soirée partagée) 29 > 31 janvier 20h
Laurence Yadi & Nicolas Cantillon  Today    solo - 40 mn.
 + Édouard Hue Forward    solo - 25 mn.


7  —  Opéra de Paris
Rudolf Noureev  Cendrillon 
Opéra Bastille, du lundi 26 novembre au mercredi 2 janvier. En savoir + 

John Neumeier  La dame aux camélias 
Palais Garnier, du vendredi 30 novembre au jeudi 3 janvier. En savoir + 


8  —  Théâtre des Champs-Élysées (8°)
Ballet de l'Opéra national de Kiev  Casse-Noisette
Du dimanche 23 décembre au dimanche 6 janvier. En savoir +   

Los Angeles Dance Project - Benjamin Millepied  
Chorégraphies de Benjamin Millepied :
Homeward (Première française) — Créé par L. A. Dance Project le 21 octobre 2018
Orpheus Highway — Créé par L. A. Dance Project Gala le 14 juin 2017
— Bach Studies (part 2) (Première mondiale) 
Du mardi 29 janvier au vendredi 1er février. Orpheus Highway, Photo DR En savoir +   
 


9  —  Cité des sciences et de l'industrie (19°)
Exposition corps et sport 
Du mardi 16 octobre au samedi 5 janvier. En savoir +  

Exposition Microbiote (d'après le livre Le charme discret de l'intestin
Du 4 décembre 2018 au 4 août 2019. En savoir +  


10  —  Philharmonie (19°)
Exposition Comédies musicales, la joie de vivre du cinéma 
Du vendredi 19 octobre au dimanche 27 janvier. En savoir +  
Espace dʼexposition de la Philharmonie. 




.
11  —  Tarmac (20°)
Moïse Touré et Jean-Claude Gallotta  2147, et si l'Afrique disparaissait ? 
Du mercredi 9 au vendredi 11 janvier. En savoir +  Photo Guy Delahaye


12  —  Maison de la Musique de Nanterre (92)
Fabrice Lambert  Aujourd'hui Sauvage 
Samedi 19 janvier 20h30. En savoir +   Capture d'écran Espaces Magnétiques 

Ambra Senatore  Nos amours bêtes 
Samedi 26 janvier 18h. En savoir +  


13  —  Centre national de la danse, Pantin (93)
 « Dix-sept projets de recherche et de notation ont bénéficié d’une aide à la recherche et au patrimoine en danse en juin 2017. Chercheurs et notateurs présentent ici l’avancée de leurs travaux. » (suite en février 2019)
_ Exposés de recherche - Jeudi 17 janvier 14h. En savoir +  
_ Exposés de recherche - Jeudi 24 janvier 14h. En savoir +  
_ Exposés de recherche - Jeudi 31 janvier 14h. En savoir +  


14  —  Atelier de Paris Carolyn Carlson CDCN (12°)   Site  
Yasmine Hugonnet  Chro no lo gi cal 
Vendredi 18 janvier à 20h30 ;  
Samedi 19 janvier à 18h + dîner un.e artiste à ma table 

Ashley Chen  Rush 
Jeudi 31 janvier et vendredi 1er février 20h30. Visuel Compagnie Kashyl 


15  —  Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène nationale (78)
DeLaVallet Bidiefono  Monstres / On ne danse pas pour rien 
Vendredi 11 et samedi 12 janvier 20h30, Grand Théâtre. En savoir + Photo Christophe Péan 

Yasmine Hugonnet  Le récital des postures  
Mardi 22 janvier 20h30, Petit Théâtre. En savoir +  Photo Anne-Laure Lechat 

Yasmine Hugonnet  Chronological Trio  
Jeudi 24 janvier 19h30, Petit Théâtre. En savoir +  Photo Anne-Laure Lechat 


16  — L'Onde, Vélizy-Villacoublay (78)
Cie Black Sheep [Johanna Faye et Saïdo Lehlouh]  FACT     
Mardi 22 janvier au jeudi 24 janvier 20h30. En savoir +  Photo Clément Lesaffre 


17  — TND Chaillot (16°)
Thomas Guerry et Camille Rocailleux  Bounce !   Danse - musique - jeunesse 
Du mercedi 9 au samedi 12 janvier. En savoir +  

Emmanuel Gat et Ensemble Modern  Story Water 
Du jeudi 10 au dimanche 13 janvier. En savoir +  

Abou Lagraa  Wonderful One 
Du mercredi 16 au jeudi 24 janvier. En savoir +  

CCN - Ballet de Lorraine  Plaisirs inconnus 
Du jeudi 17 au vendredi 25 janvier.  En savoir +  

Alban Richard et Arnaud Rebotini [musique]  Fix me 
Du mardi 29 janvier au samedi 2 février. En savoir +  

GöteborgsOperans Danskompani - Damien Jalet  Skid 
Du jeudi 31 janvier au samedi 2 février. En savoir +  


18  —  Palais des Congrès (17°)  
Shen Yun (Chine)  
Du mercredi 16 au dimanche 20 janvier, et du jeudi 9 au dimanche 12 mai. En savoir +  


19  —  CentQuatre (19°)
Erwan Ha Kyoon Larcher  Ruine   cirque - musique - danse 
Du samedi 19 janvier au samedi 2 février. En savoir +  
Dans le cadre du Festival Les Singuliers, 3° édition (19/01 > 16/02).

Olivier Dubois  Pour sortir au jour   solo    Conseillé 
Du mardi 22 au samedi 26 janvier. Photo Fabien Rivière  En savoir +
Dans le cadre du Festival Les Singuliers, 3° édition (19/01 > 16/02).   
 


20  —  Théâtre de Vanves (92)
Lionel Hoche  L'histoire du soldat   50 mn. 
Samedi 12 janvier 17h. En savoir +  


21  —  Théâtre 71, Malakoff (92)
Brice Leroux  Solo 
Jeudi 10 19h30 et vendredi 11 janvier 20h30. En savoir +  
Continuum solo, Photo Wolfgang Kirchner 


22  —  Théâtre de Suresnes Jean Vilar (92)
Festival Suresnes Cités Danse - 27° édition. 
Du vendredi 11 janvier au dimanche 3 février. En savoir +  


23  —  Nanterre Amandiers CDN (92)
FILM  Boris Charmatz & Aernout Mik Daytime Movements 
Installation sur 4 écrans, durée 30’19’’ (2 écrans) et 25’11’’ (2 écrans), 2016
Projection en continu, Salle transformable, Entrée libre
Du jeudi 17 au dimanche 27 janvier. En savoir +   

Boris Charmatz    10000 gestes    2017
Du samedi 26 18h au dimanche 27 janvier 16h. En savoir +