lundi 17 septembre 2018

Le flamenco rock d'Israel Galván avec le Cirque Romanès (« Gatomaquia »)

Le directeur du cirque Romanès, Alexandre Romanès, a publié trois recueils de poésie dans la prestigieuse collection Blanche aux éditions Gallimard (Paroles perdues, Un peuple de promeneurs et Sur l'épaule de l'ange), un ouvrage autobiographique aux éditions Archipel (Les corbeaux sont les gitans du ciel), et en novembre 2017 Le luth noir aux éditions Lettres Vives.
Israel Galván
Au premier plan Alin Romanès, au second Israel Galván et Caracafé  

Après le grand espace de la Cour d'honneur du Palais des Papes, en plein air, lors du Festival d'Avignon l'année dernière (et la Grande Halle de La Villette dans la capitale) avec La Fiesta, Israel Galván revient avec une autre création, Gatomaquia, dans le cadre plus intime du chapiteau d'un rouge vif du cirque Romanès à Paris qui peut accueillir 470 personnes. Il y a répété avec son guitariste, Caracafé, logés d'abord à l'hôtel, puis dormant sur place dans une caravane. 

Nous sommes dans le très bourgeois XVI° arrondissement, mais à sa bordure. Dans un square, mais situé le long des huit voies du bruyant boulevard périphérique, porte Maillot. Bourgeois mais aussi brutal : à son arrivée en 2015, le cirque a dû faire face à l'hostilité d'une partie de la population, jusqu'à des bris de vitres, des portes de caravanes fracturées, des vols (lire Le Point). Il faut préciser que l'emplacement et la durée (environ 5 ans) de l'installation dans un lieu est du ressort de la mairie de Paris, et non du cirque. 

Mais revenons à la création. Israel Galván pratique le solo accompagné. Dix minutes après son entrée en scène apparaissent le directeur du cirque Romanès, Alexandre Romanès, et son épouse Delia. Il explique qu'ils vont fêter leur 20 ans de mariage, et qu' « elle fait les lignes de la main, jusqu'au coude ». Il ajoute : « Nous ne sommes pas de la même tribu ». Lui est Sinti [comme Django Reinhart, les Bouglione, et les Zavata], elle Lovari, des marchands de chevaux.   

Dans la famille Romanès, Alexandra pratique tissus aériens et trapèze (avec chat qui grimpe le long d'une corde et saute d'une bonne hauteur sur un coussin), Rose-Reine danse, Irina s'adonne au hola-hoop (un cerceau qui tourne autour de la taille), sans oublier Alin, l'élégant jeune homme (et cousin) qui danse lui aussi. 

Le guitariste Caracafé représente finalement la tradition, tranquille et mélodieuse. Israel Galván, 45 ans, expérimente, joyeusement radical. Il manifeste une énergie exceptionnelle et un amour fou de la musique, et plus largement du son sinon des sons, tout azimut. On songe à John Cage (1912 - 1992), le fidèle musicien compagnon du chorégraphe Merce Cunningham. Une énergie indomptable, rock, punk voire bruitiste. 
Fabien Rivière
PHOTOS Fabien Rivière
Gatomaquia, d'Israel Galván, Théâtre de la Ville au Cirque Romanès (Paris), du 12 au 22 septembre 2018. En savoir + 
— Le 16 octobre, nouveau spectacle du cirque Romanès. 

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