mardi 7 avril 2026

Hommage à Charlie Dumortier

CHARLIE DUMORTIER


Le 27 décembre 2017, Charlie Dumortier acceptait de m'accompagner pour visiter l'installation du Japonais Hiroaki Umeda à La Villette (Paris). Peu après, il m'envoyait cette vidéo magnifique, que l'on découvrira ci-dessus. 

Il aura exercé différents métiers. Dans le domaine  artistique, on a pu écrire :  
« Adolescent, Charlie découvre le théâtre à l’école des arts de Marcoussis [91], puis en tant que comédien dans une adaptation burlesque des Précieuses ridicules de Molière. Il se forme ensuite au sein de l’école de théâtre Charles Dullin à Paris, y aborde le théâtre classique et contemporain, masque, mime, chant ainsi que la danse contemporaine. Il écrit et met en scène sa première pièce, Maryline Suspendue, un spectacle transgenres et iconoclaste qui questionne l’identité, représentée à Montpellier.
Il continue de lier théâtre et musique comme comédien et metteur en scène dans sa seconde réalisation Venus bleue, la garden party des fleurs du mal, une mise en scène et en musique de la poésie, de l’œuvre et de la vie de Charles Baudelaire, présentée à Paris.
Passionné de musique, d’arts vivants et de poésie, il ne cesse de s’interroger sur les questions identitaires et sexuelles. »
Il est mort de façon tragique le samedi 10 janvier 2026 à l'âge de 37 ans. Qu'il repose en paix. 
Fabien Rivière
PS. Le vendredi 14 juin 2024, quelques jours avant le premier tour des élections législatives du samedi 29 et dimanche 30 juin, il publiait le vibrant texte que nous publions in-extenso ci-dessous : 

Mes freres, mes amies, mes amants,
Mes très cher hommes qui aiment les hommes. 
Aimez vous, vous le meritez. 
Vous savez tres bien qu'en choisissant ces idées là qui en detestent d'autres, vous serez les prochains sur la liste. 
Il ny a pas de compromissions.
Pas de négociations a faire avec la haine et le rejet. 
Il n'y a pas de hiérarchie a faire parmis les gens qui ne leur ressemblent pas.
Meme si ils vous le font croire,
Au fond ils vous detesteront toujours car vous ne serez jamais la version du citoyen qu'ils désirent. 
NOUS ne serons jamais cet homme la.
Blanc, HETERO, catho, realisant leur model familiale.
Vous le savez ! 
Votre vie entiere repose sur la difference.
Vous vous etes émancipés et avez évolué dans une communauté alternative mais absolument légitime dans cette société.
Les différences sont légitimes d'exister.
Elles sont puissantes et sublimes. 
Elles sont nos singularités réciproques.
Nous sommes differents, beaux et puissants.
Nous sommes constituants dans cette société française.
Dans votre parcours, vous avez intégré le rejet, la haine, la violence que notre société nous inflige d'une facon ou d'une autre a un moment donné de votre vie. Que vous en soyez concsient ou pas.
Et pour mieux survivre a ce chaos, vous avez acceptez le pacte que " ces gens là " vous proposent : déverser a votre tour la haine, la violence, le rejet sur d'autres.
Votre enfant interieur qui souffre à accepté ce pacte dans l'espoir d'être mieux aimé par son bourreau.
Ca ne sera pas le cas. 
Ca ne sera JAMAIS le cas.
Qu'importe ce qu'ils vous font espérer.
C'est faux !
Regardez l'histoire. Ce genre de situation s'est deja jouée et se jouera encore pour nous.
Rejetez d'autres communautés ne vous rendra pas plus acceptable a leur yeux.
C'est de la poudre aux yeux.
Apres s'en être pris a certains boucs émissaires que vous pointez du doigts, les pensant injustement responsables, des maux de notre société,
Viendra le tour d'une autre communauté puis d'une autre et enfin de la notre.
Oui, en leur donnant une légitimité.
Vous ouvrez leur boite monstrueuse. 
Et leurs partisans se feront une joie de se sentir légitimes a leur tour pour nous faire la peau.
Car ne vous y tromper pas, ILS nous la feront.
ILS deverseront leurs mots dégueulasses a notre sujet
Sans aucune gêne, ils injecteront peu a peu l'idée que nous sommes décadents et nocifs. 
Ils nous discrimineront, nous tabasseront.
Il nous priveront peu a peu de nos droits.
Des choses tres simples et factuels, par exemple, ils diront que l'argent du contribruable ne doit plus servir a financer et couvrir la santé de nos sexualités. Imaginons quelque-chose de simple qui touche a votre quotidien ; la fin des remboursements pour les traitements Prep et antirétroviraux. 
Ba oui, vous ne pensez tout de meme pas que leur maniere de regler les " problèmes de la france " se ferra avec des pincettes.
Ils ont deja commencé à infuser leur venin.
Mais si, souvenez vous il y a encore quelques années, ces memes armées d'électeurs qui marchaient fièrement en rose et bleu dans les rues parceque nous sommes " contre nature " a leur yeux. Ce sont ces gens là qui constituent leur socle idéologique. 
Ils reviendront sur nos droits, nos acquis et nos luttes. Vous ne les connaissez peut etre pas, mais nos anciens ont menée de longues batailles pour que vous puissiez vivre une vie a peu pres normale aujourd'hui sans meme vous poser de question.
Les actes violents le seront encore plus et nous devrons survivre avec.
Nos freres et sœurs Trans seront les premières et premiers exposées a des rafles de violences mortelles. Elles et ils le sont déjà, alors imaginez demain.
Et puisque la police est gangrènée par la violence et quelle sera encore moins contrôlée a ce moment là, Imaginez nous dans ce contexte allez chercher de l'aide aupres deux. 
Le fachisme c'est ça ! 
Et ils ont beau enrober de sucre leurs manières et leurs discours, ils resteront fachos.
En votant pour l'extrême droite, vous votez pour votre bourreau déguisé !
Nous meritons l'amour et la paix comme chacun. 
Nous meritons notre place dans cette société.
ILS nous detestent et ILS nous detesteront toujours. 
Car nous ne seront jamais la version de la société quils veulent. 
Alors que nous sommes cette société !
Chaque personnes en France est cette société !
Aucune tergiversation, c'est ainsi. 
La France de part son histoire est et a toujours été composée d'une multitude de communautés.
L'image d'Épinal d'une vieille france surannée et uniformisée que l'on souhaiterait faire revivre n'est qu'une legende. 
Et quand bien même, ILS voudraient la mettrent en place, le sens de ce scénario nous placerait directement en ligne de tir.
Je sais que ce que vous avez dû traverser est difficile ; une Mer de solitude, de rejet, de desespoir et de violence. Et vous avez trouvez au sein de notre communauté un refuge.
D'autres aussi traversent ces mers afin de trouver chez nous la paix que chacun mérite. Pour trouver dans notre communauté française un refuge. 
Ce nest pas toujours simple et rapide de trouver sa place. 
Aucun chemin n'est simple pour les gens différents, singuliers, admirablement divergents et sophistiqués, les gens qui souhaitent une vie meilleure.
Celui qui nous mène au soin et l'amour de sois en vaut la peine.
Ne soyez pas cruel avec vous même. Ne leur offrez pas la lame qui vous transpercera.
Les minorités ont le même persécuteur. 
Qu'importe si nous, différentes communautés minoritaires, ne nous comprenons pas toujours tres bien. 
Notre persécuteur sera commun !
Si nous ne sommes pas capable de le comprendre et nous rassembler pour lui faire barage alors il ne fera qu'une bouchée de nous.
Aimons nous maintenant. 
Il ny a pas d'autre remède.
Le reste n'est qu'un piege fourbe et diabolique, je vous assure.
Ne soyez pas "la dinde qui vote pour Noël " en pensant que cette année le menu sera végétarien.

dimanche 5 avril 2026

Christian Rizzo, un curateur campagnard (« une assemblée des gestes (épisode 1) »)

Les Magasins Généraux, Photo DR

On connaît le chorégraphe Christian Rizzo (au sujet de sa dernière création ICI). Voici le curateurLe chorégraphe est artiste associé au Centre national de la danse (CND) à Pantin (93) en 2025 et 2026 (ICI). Le bâtiment situé le long du canal de l'Ourcq étant en travaux (Les travaux de rénovation des façades du Centre national de la danse enfin réalisés ?), c'est dans le cadre d'une programmation hors-les-murs aux Magasins Généraux, 1,2 kilomètres en amont, qu'il propose avec la commissaire d'exposition Anne-Laure Lestage l'exposition une assemblée des gestes (épisode 1). 

Entrée de l'exposition, Photo Fabien Rivière

Les Magasins Généraux est un bâtiment industriel des années 30 réhabilité, ouvert en 2017 à l'issue de trois années de travaux pour un budget de 45 millions d'euros, piloté par BETC. Au rez-de-chaussée, se situe le lieu culturel du même nom, et le restaurant DOCK B. Dans les étages, c'est le nouveau QG de 18.000 m² de BETC, qui se définit ainsi : « + de 1 000 talents. Une présence mondiale. Un savoir-faire hors pair. Implantés à Paris, New York, Shanghai, São Paulo et Londres. Nous sommes convaincus qu’un travail créatif d’exception bâtit des marques fortes et durables, et que les actions radicales ont plus de poids que les belles paroles. Alors, parcourez notre site, explorez-le, découvrez ce qui vous interpelle et venez nous dire bonjour. Nous sommes BETC. Et aussi une agence de publicité. » (En version originale, cela donne : « 1,000+ talents. Global reach. Serious craft. Grounded in Paris, New York, Shanghai, São Paulo, and London. We believe great creative work builds powerful, long-lasting brands & radical actions speak louder than pretty words. So scroll around, explore, see what sticks and come say hi. We are BETC. Also an ad agency. ») (ICI)

Les mondailles, de Deborah Bron et Camille Sevez, Photo Fabien Rivière 
Après la performance Les mondailles, Photo Fabien Rivière

Le vendredi 3 avril à 18h se déroulaient des « Performances inaugurales », en cinq parties. 

Deborah Bron et Camille Sevez présentaient Les mondailles, où il était proposé au public de venir s'assoir autour d'une longue table, et, devant un imposant tas de noix, de les casser et de les manger. Le programme précisant ainsi : « Le terme « mondailles » fait référence à une tradition rurale où les villageois se retrou- vaient pour casser des noix dans un moment de partage où circulaient des savoirs, des récits et des gestes. Pour Deborah Bron et Camille Sevez, ce rituel collectif a été le point de départ d’une expérimentation artistique et théorique ; en déplaçant ce geste, elles pro- posent un espace d’échange où la discussion s’ouvre pour questionner la place de l’art dans le développement et le renouvellement des territoires ruraux, et sur les questionne- ments qui façonnent les pratiques des jeunes artistes engagés sur ces terrains. » 

Scénographie de La part inouïe, de Clara Denidet et Gabriel Thiney, Photo Fabien Rivière  
Scénographie de La part inouïe, de Clara Denidet et Gabriel Thiney, Photo Fabien Rivière  


Clara Denidet et Gabriel Thiney signent et interprètent La part inouïe. La première est artiste et autrice. Le second, vannier osiériculteur, entre le massif du Luberon (dans les Alpes-de-Haute-Provence et le Vaucluse) et le massif du Morvan (en Bourgogne-Franche-Comté). On les observe ainsi manipuler des branches d'osier qu'ils déposent dans une échelle de tri en bois. Au sol, des paniers culbutos et tonneau.  

Scénographie de L'instant n'a que nos gestes, de Jordi Galí, Photo Fabien Rivière
L'instant n'a que nos gestes, de Jordi Galí, Photo Fabien Rivière
L'instant n'a que nos gestes, de Jordi Galí, Photo Fabien Rivière

L'instant n'a que nos gestes est un solo de Jordi Galí - cie Arrangement Provisoire où il manipule, dans un silence bienvenu, des planches en bois et un pneu, dans une recherche d'un équilibre provisoire. Il est indiqué sur un cartel : « (bois, pneu, corde, temps et amour) »

Flags Parade, de Darius Dolatyari-Dolatdoust, Photo Fabien Rivière
Flags Parade, de Darius Dolatyari-Dolatdoust, Photo Fabien Rivière

Darius Dolatyari-Dolatdoust est un artiste franco-irano-allemand-polonais. Pour ce quatuor, Flags Parade, les interprètes se changent à vue et portent des costumes bariolés. Ils avancent au milieu du public, se roulent au sol, marchent, errent, crient, etc.

Guiiiiiiiiiitares, de Jacques Averna, Photo Fabien Rivière 

Jacques Averna clôt la soirée avec Guiiiiiiiiiitares, un concert avec lui-même, Magali Brueder, Samuel Chochon et Louis Guego. Le cartel indique : « Aulne, contre-plaqué, acier, peinture, cordes, micro »
Fabien Rivière 

une assemblée des gestes (épisode 1), de Christian Rizzo et Anne-Laure Lestage, 3 avril > 24 mai, Magasins Généraux, Pantin (93).
Entrée libre et gratuite, du mercredi au dimanche, 14h > 19h, sauf les soirs de représentations.
 ♿️ Accessible aux personnes à mobilité réduite
1 rue de l’Ancien Canal, Pantin

——— ÉVÉNEMENTS (pendant la durée de l’exposition) : 
— jeudi 30 avril 
            18h30>19h - Atelier et déambulation - Entrée libre sur réservation
             Vânia Vaneau  Carnaval
            19h - rencontre autour de l'ouvrage Corpo Mundo  En savoir +
— jeudi 7 mai 
            18h30>19h15 - Performance culinaire - Entrée libre sur réservation 
             Lei Saïto  paysage comestible 
— samedi 23 mai - dans le cadre d’1 km de danse 2026 à Pantin 
             14h>15h - Fabien Almakiewicz  Échauffement géant
             18h30>19hDarius Dolatyari-Dolatdoust  Flags Parade

— 9.10.2026 > 21.02.2027 : Maison-main, une assemblée des gestes (épisode 2), au Crac Occitanie - Centre régional d'art contemporain à Sète (Hérault)  crac.laregion.fr

mardi 31 mars 2026

The X Factor UK 2018 Ivo Dimchev Auditions

Le talentueux performer Bulgare né à Sofia Ivo Dimchev a participé en 2018 à X Factor UK, populaire programme télévisé britannique de chant qui souhaite découvrir la prochaine star de la chanson. C'est courageux pour celui qui est plutôt familier des circuits de la performance en Europe. Sept ans  plus tard, la vidéo YouTube ci-dessus comptabilise 1,1 million de vues, bien plus que ce qui est possible dans le circuit habituel en salles. 
Fabien Rivière

dimanche 29 mars 2026

Cinéma - "HELENE TRESORE TRANSNATIONALE" Bande-annonce


SORTIE EN SALLES le 1er AVRIL

Un documentaire de Judith Abitbol -

« C’est dans un geste d’amitié et d’admiration que Judith Abitbol réalise ce portrait d’Hélène Hazera, figure flamboyante des contre-cultures des années 70-90, en France. Il fallait cette proximité de cœur pour approcher cette personnalité singulière et son histoire. 

Membre des Gazolines, courant situationniste du F.H.A.R. (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire), activiste LGBTQ, journaliste à Libération, Hélène Hazera a créé la commission Trans et SIDA au sein d’Act Up, une de ses grandes fiertés. C’est un peu de l’esprit joyeusement subversif de cette époque qui nous éclabousse là. »

                « Faire un film sur Hélène Hazera, c’est renouer avec les élans insurrectionnels qui ont animé les contestations et les ruptures culturelles des années 1970-1990, faire vibrer la logique désordonnée et bruyante d’une époque qui a bouleversé la culture dominante. Eprouver ce qu’était cet esprit français des années 70-90, à la mesure de l’audace créative de ses marges, comprendre-apprendre l’histoire d’un pays qui pendant ces décennies, s’est ouvert à ces élans provocateurs, incroyablement créatifs, drôles et désespérés, potaches parfois. C’est laisser émerger une parole – entendre la vérité d’une femme admirée, qui a surgi dans la vie de mes 20 ans, comme un idéal de révolte, de liberté de poésie. Hélène Hazera a fini par accepter que je la filme et que je m’entretienne avec elle, il y a quelques années. C’est dans une longue adresse à elle, directe et intime, que j’ai construit ce film où Hélène se raconte, de son enfance à aujourd’hui. » – Judith Abitbol  
AFFICHE DU FILM

mercredi 25 mars 2026

Le centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape de nouveau incendié

Le centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape, Photo DR

Il avait longtemps été fermé après un incendie survenu en 2017 (notre article ICI). Le Progrès écrit : « Le centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape a été la proie des flammes, dans la nuit de mardi [25 mars] à mercredi, vers 4 heures du matin, au cours d’une nouvelle séquence de violences urbaines. Les dégâts sont considérables, tant au rez-de-chaussée que dans les étages, et le lieu, situé avenue du Général-Leclerc, dans le quartier de la Velette, pourrait être fermé plusieurs mois. Selon nos informations, plus d’une vingtaine de sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour stopper l’incendie. (...) Les violences urbaines ont débuté samedi soir dans la ville, après qu’un jeune homme a été mordu [au cou] par un chien de la police municipale, au cours d’une intervention très critiquée par certains jeunes de la commune. » (ICI) La photo des blessures du jeune homme a circulé sur les réseaux sociaux. D'après le maire de la ville, la laisse du chien a cédé et sa muselière aurait été arrachée. 

Un nouveau chorégraphe a été nommé le 25 mars 2025, qui défend les danses urbaines, Moncef Zebiri, pour une entrée en fonction le 1er septembre 2025. Le communiqué de presse du Ministère de la Culture précisait alors : « Le bâtiment rénové du CCN de Rillieux-la-Pape, dont la réouverture intégrale est prévue en 2026, accueillera son projet intitulé « Le Bloc(k) », associant 5 autres artistes au CCN : La fougue, Lignes urbaines, Relevant, Les Alchimistes, IAAL. » (ICI

Par ailleurs : « Moncef Zebiri souligne que « l'accessibilité est au cœur de ce projet, avec la volonté de rendre la danse et la pratique artistique accessibles, quelles que soient les origines, les parcours ou les horizons ». La danse et les pratiques urbaines y sont envisagées comme un outil de valorisation des identités et d'inclusivité. Le CCN sera particulièrement ouvert aux habitants environnants, comme à l'ensemble des professionnels du champ chorégraphique et au-delà de l'ensemble de la région. Le projet de Moncef Zebiri prévoit le développement d'événements festifs et populaires, mêlant projets amateurs et participatifs aux créations professionnelles. »
Fabien Rivière

LIRE : 
« Mon cou était dans la gueule du chien » : un jeune homme grièvement blessé lors d’un contrôle de police, Oriane Mollaret, Mediapart, 25 mars 2026. ICI   
Mai 2023

lundi 23 mars 2026

The Scythe (USA), HOOPTY

Album Strictly 4 The ScythePublié le 6 mars 2026.   
— L'ALBUM (écoute et achat)  >  bandcamp
    « The Scythe is a collective of rappers united around commonality in sound and skills as MCs, headed by ringleader Denzel Curry [Miami, Florida] and including familiar collaborators A$AP Ferg, Tia Corine, Bktherula, & Key Nyata. Comprised of its five members and rooted within a budding scene of modern and cross generational hip-hop, The Scythe picks up the banded spirit of Denzel's foundational Raider Klan days while continuing his futuristic takes on old school regional rap (Memphis, Houston, Miami), heard most recently on King of the Mischievous South. Combining Denzel's energetic style with classically gritty, southern sounds, the project centers hip-hop's core across eras, paying homage yet ushering in a rising new guard. »

mardi 17 mars 2026

Heavy Lungs (Bristol, UK), Godkiller

Heavy Lungs vient de sortir le 12 mars ce morceau accompagné de cette vidéo.
LE MORCEAU (achat)  >  bandcamp 
NOUS AVONS DÉJÀ PUBLIÉ  >  ICI 
LYRICS 
'What does it take to, to kill a God
Nothing I have is, is sharp enough
Your shadow looms and it’s pitch black
Can’t see myself I’m corroded with doubt 
I’m on my knees from the fall
Abandoned by the, the one I loved
One sided love it starves to the bone 
Nothing can grow underneath a stone 

GODKILLER
No masters left, no Achilles heel

GODKILLER
Break these chains, become unreal 

Pass me the spear I’m, I’m so damn near
To be reborn with a new set of wings
Banish you back into the abyss 
Revel in this unbelievable bliss'

mercredi 11 mars 2026

deadmau5 (Toronto, Ontario), Charlie can't dance + Digitol

Extraits de l'album stuff i used to do, publié le 3 mars 2017. 
L'ALBUM (écoute et achat)  >  bandcamp
deadmau5

lundi 9 mars 2026

Landowner (Holyoke, Massachusetts), Rival Males

Morceau extrait du nouvel album du groupe, Assumption, — basé à Holyoke, Massachusetts, à l'est de Boston aux Etats-Unis, — publié le 27 février 2026. 
L'ALBUM (écoute et achat)  >  bandcamp
LANDOWNER

dimanche 8 mars 2026

Stuck (Chicago), Instakill + Deadlift

Voici les deux premiers morceaux du nouvel album, Optimizer, prévu pour le 27 mars 2026.
L'ALBUM (écoute et achat)  > bandcamp 
— NOS PRÉCÉDENTS ARTICLES  >  ICI 
STUCK 
POCHETTE de l'ALBUM

samedi 7 mars 2026

Mexican Institute of Sound & Meridian Brothers, Cumbia fantasia

Voici le premier morceau de l'album qui associe le Mexican Institute of Sound (MIS) et les colombiens de Meridian Brothers, Ruido Tovar, prévu pour le 22 mai 2026.  
 « Le Mexican Institute of Sound (MIS) et Meridian Brothers s'associent pour Ruido Tovar, une collaboration transfrontalière qui réinvente les traditions tropicales reliant le Mexique et la Colombie. S'inspirant d'icônes telles que Rigo Tovar [chanteur mexicain,1946 - 2005] et l'ère psychédélique de la cumbia mexicaine, le projet mélange danzón, son, cha-cha-cha et électronique expérimentale pour créer un nouveau langage vibrant. »
— L'ALBUM (écoute et achat)  >  bandcamp 
NOUS AVONS DÉJÀ PUBLIÉ  >  ICI
POCHETTE de l'ALBUM

Osees, CARA MALUCO EP (etched b side)

Le 5 mars, le prolifique groupe de Los Angeles Osees a publié un album 4 titres, CARA MALUCO EP (etched b side), qu'il annonce ainsi : 
    HUUUUMANOIDS
    I SPY A SURPRISE!
    An EP we recorded last year in Tornio TX 
    a couple fried trippers and couple tight dance punk numbers 
    Crazy face indeed   (...) 
    STAY STRONG, BE WELL AND FUCK FASCISTS FOREVER
— L'ALBUM (écoute et achat)  >  bandcamp 
NOUS AVONS DÉJÀ PUBLIÉ  >  ICI  

dimanche 1 mars 2026

La douceur de Jeremy Nedd (« from rock to rock... aka how magnolia was taken for granite »)

Jeremy Nedd, Photo DR

La pièce que l'on découvre lors des Swiss Dance Days 2026 à Berne (Suisse) se nomme from rock to rock... aka how magnolia was taken for granite, que l'on peut proposer de traduire en français par de rocher en rocher... également connu sous le nom de comment magnolia a été prise pour du granit. Elle est signée par Jeremy Nedd, né à Brooklyn à New York et installé à Bâle (Suisse). La scène est vaste, vide, d'un blanc immaculé. Une immense fresque, au fond à droite, représente un dessin en noir et blanc d'une zone située en très haute altitude, avec ses rochers, ses glaciers, recouverts d'un épais manteau de neige, et sans présence humaine visible, et d'ailleurs, y a-t-il encore, y a-t-il jamais eu de présence humaine ? Mais ce qui retient l'attention, d'autant plus que l'on est assis au premier rang au centre, c'est, si l'on ose l'écrire, la texture de l'air, sa douceur, comme si il ne fallait absolument pas blesser l'espace, ni les humains d'ailleurs. 

Devant la fresque, assis à même le sol, cinq personnes, qui semblent se reposer, avant de repartir pour une longue marche. Ils se regroupent, dans un immense hug. Puis se lèvent, morphologies très diverses, ce qui est très rare en danse contemporaine, et entament une danse debout très épurée, où ce sont les bras qui bougent surtout, dans des mouvements mesurés et assez doux, répétitifs. Les paumes des mains caressent l'air. Les interprètes portent tous de la tête au pied un jogging monocolore, gris clair, bleu foncé ou bleu plus clair, capuche sur la tête, très concentrés. 

Jeremy Nedd, from rock to rock... aka how magnolia was taken for granite,
Capture d'écran Espaces Magnétiques  

Cette danse se nomme The Milly Rock, inventée par le rappeur afro-états-unien 2 Milly. À l'origine, « Milly Rock » est une chanson de cet artiste, publiée initialement sur YouTube le 31 août 2014, et devenue virale pour sa musique et sa gestuelle (à voir ICI). En 2018, 2 Milly a d'ailleurs porté plainte contre Epic Games après que le studio a intégré sa danse à son jeu vidéo Fortnite sans son autorisation. Il a par la suite retiré sa plainte. 

Les images originales montrent de jeunes hommes noirs, pas de femmes, en survêtements sombres avec bandes blanches et Tee-shirts, visiblement en été, dans la rue, à Brooklyn (New York), l'un montrant une liasse de billets. Extraits des paroles : « Les négros savent ce que c'est, mec / (...) Je milly-rock dans tous les blocs / (...) Je milly-rock depuis 12 jours (quoi) / Non, on ne se bat pas, jamais, mec (non) / On milly-rock juste quand on est très déterminé (c'est parti) » (« Niggas know what it is, man / (...)  I milly-rock on any block / (...) I've been milly-rocking for 12 days (what) / Nah, we don't battle, I never, man (nah) /  We just milly-rock, when we're hella bent (let's get it  »)

Jeremy Nedd reprend et déplace des éléments de la vidéo à la scène : hommes et femmes, diversités des corps, pas de frontalité explicite, pas de billets de banque, et beaucoup de douceur. La vidéo est proche d'un documentaire, dans un contexte de pauvreté et de répression états-unienne, qui défend cependant un espoir de non-violence, comme quand la danse hip-hop est apparue le siècle précédent. La scène réinvente un monde. Officiellement, « Ses spectacles se concentrent sur les processus de dissection, démystification et recontextualisation de contenus dans le but de questionner les définitions de validité et de contemporanéité. » Pour notre part, nous y voyons plutôt la volonté de construire ou de rêver un espace démocratique sans violence aucune, notamment sans machisme. L'exigence pratique d'un vivre ensemble non-violent est rarement donné à voir. 

La deuxième séquence sera plus sombre, comme un contrepoint à la première, sans que l'on comprenne la démarche. La troisième revient à la lumière de la première. Les interprètes sont en joggings blancs immaculés, dans une danse qui fait penser à du William Forsythe, dans sa tonicité et son moelleux. La scène finale réinstalle la pénombre, et défend un vaste foutoir de nature théâtrale mais sans paroles, qui peut laisser perplexe. Bref, Jeremy Nedd nous semble plus convaincant dans la lumière (la danse) que dans la pénombre (la théâtralité). Mais quoiqu'il en soit, la proposition est une surprenante découverte, réjouissante, solide et difficile à oublier. 
Fabien Rivière
NOS ARTICLES : 


Concept/Chorégraphie Jeremy Nedd
    Performance Brandy Butler, Nasheeka Nedsreal, Zen Jefferson, Jaime Lee Rodney
Direction téchnique & lumières Sebastian Sommer
    Scénographie Laura Knüsel, Jeremy Nedd
Design audio Fabrizio Di Salvo, Rej Deproc, Xzavier Stone
    Dramaturgie Anta Helena Recke
Assistanat chorégraphique Kihako Narisawa
    Diffusion ART HAPPENS
Production Caroline Froelich (Moin Moin Productions)
    Coproduction Kaserne Basel, De Singel, Festival DDD Porto, Gessnerallee Zürich, Les Halles de Schaerbeek
Soutien Fachausschuss Tanz & Theater BS/BL, Ernst Göhner Stiftung, Jacqueline Spengler Stiftung

mardi 24 février 2026

« Untitled (Nostalgia, Act 3) », la danse des profondeurs de Tiran Willemse

Tiran Willemse dans Untitled (Nostalgia, Act 3), Photo Ben Zurbriggen    

Découverte lors des Swiss Dance Days 2026 à Berne, 

la pièce confirme le talent du chorégraphe  


Le solo que signe et interprète Tiran Willemse, Untitled (Nostalgia, Act 3), est une surprise. Le danseur et chorégraphe sud-africain installé à Zurich (Suisse), qui se définit comme « artiste conceptuel noir et chorégraphe » (« black conceptual artist and choreographer » en version originale), souhaite fusionner les danses qu’il a traversées, Giselle, le Kuduro et l’Alanta.


Giselle, ou les Wilis - Ballet fantastique en deux actes, est un ballet classique du XIX° siècle encore dansé aujourd’hui. Créé en 1841 à l’Académie royale de Musique – ancêtre de l’Opéra de Paris –, chorégraphies de Jules Perrot et Jean Coralli sur un livret de Théophile Gautier et Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et une musique d‘Adolphe Adam. C’est la dimension de drame psychologique qui intéresse le créateur, où Giselle sombre dans la folie. Le Kuduro est un style de danse angolais apparu dans les années 90, surnommé « la danse de la  folie ». L’Alanta est une danse nigérienne. 


On est saisi par cette plongée impressionnante et courageuse en eaux profondes, celle des abysses, dans une démarche personnelle, historique, pulsionnelle et intellectuelle aussi. Pulsionnelle au sens où la danseur semble hanté par son histoire entre Afrique et Europe, danse savante et danse populaire, danses noires et danses blanches, dominés et dominants, et semble submergé par ces milliers de gestes, ces torrents de gestes, qu’il ressuscite littéralement dans un trop-plein dont il semble ne plus trop savoir que faire. D’où la question : Mais qui suis-je ? 


À l’inverse, il souhaite se ressaisir, dans une démarche intellectuelle de mise à distance, qui souhaite déconstruire la danse classique, écartant toute psychologie, pour un mouvement pur débarrassé de tout pathos. Déconstruire n'est pas détruire, mais aimer, observer, accepter certaines choses et refuser d'autres, puis reconstruire différemment. On songe, par exemple à Balanchine, ou William Forsythe, ce dernier déclarant en 1998 : « Le vocabulaire [classique] n’est pas, ne sera jamais vieux : c’est l’écriture qui date. »


Tiran Willemse dans Untitled (Nostalgia, Act 3), Photo Ben Zurbriggen  


On connaît la déconstruction des danses populaires par la danse contemporaine. Ainsi l'Espagnol Israel Galván, fou de flamenco ; l'Italien Alessandro Sciarroni avec FOLK-S will you still love me tomorrow ? qui explore le Schuhplattler, une danse typique de Haute-Bavière dans le sud de l'Allemagne dont la capitale est Munich, et du Tyrol à l'ouest de l'Autriche, dont le nom (battre la chaussure) vient du fait qu’elle consiste, littéralement, à taper ses chaussures et ses jambes avec ses mains de façon rythmique ; l'Autrichien Simon Mayer avec son solo SunBengSitting, « une pièce à cheval entre le yodel [une technique de chant], la danse folklorique et la danse contemporaine », et son trio Sons of Sissy, avec les danses et les chants de son village natal du nord du pays. La Française Dalila Belaza a travaillé avec le collectif Lous Castelous de Senergues. C'est une association fondée en 1982, qui vise à « sauvegarder et maintenir les traditions locales, notamment les danses et les chants ». Elle est basée dans le village de Senergues, 421 habitants selon le recensement de 2018 (le pic a été atteint en 1881 avec 1671 administré-e-s), dans le département de l'Aveyron, à 30 km au nord de Rodez. Lous Castelous signifie en occitan "Les Châtelains". Toutes ces œuvres sont excellentes. On peut aussi faire état du remarquable Dialogue avec Shams, du Français Mathieu Hocquemiller, avec une derviche tourneur qui vit en France, d'origine iranienne. 


Quand Tiran Willemse vient saluer, on se demande ce qu’il se passe vraiment. On connaît ce rituel qui n’étonne plus trop. Ici, dans la rencontre entre le performer et le public, ne s’agit-il pas plutôt de rejouer la rencontre entre les Indiens d’Amérique qui accueillirent les Espagnols qui viennent de débarquer, avec déférence. Christophe Colomb écrit ainsi : « ils nous firent tant d'amitié que c'était merveille ». La rencontre entre deux peuples qui va très mal finir pour le premier. 


Par ailleurs, comment peut se clore une telle proposition ? Après un tel voyage, comment revenir parmi nous ? Comme le retour dans l’atmosphère d’un engin spatial. On songe ainsi à la salle de spectacle, très large, plus large que profonde, immense, boîte noire absolument vide, dans son abstraction sidérante, éclairée comme dans un film de science-fiction. 


Quoiqu’il en soit, les historiens et les psychanalystes savent que le passé n'est pas nécessairement passé, sinon dépassé, et qu’il continue de travailler plus ou moins souterrainement. Bref, il célèbre la vie, dans une intensité rare. 

Fabien Rivière

NOS ARTICLES : 

La déflagration Tiran Willemse (« blackmilk »)

Swiss Dance Days 2026 : une oasis de danse


La pièce - site des Swiss Dance Days 2026 


Concept, direction artistique et interprétation Tiran Willemse

    Dramaturgie Andros Zins-Browne

Musique Tobias Koch

    Conseil chorégraphique Laurent Chétouane

Conception lumière Fudetani Ryoya

    Production Kelly Tuke, Paelden Tamnyen

Coproduction Gessnerallee Zürich, Arsenic – Contemporary Performing Arts Center, Lausanne

    Soutien Stadt Zürich Kultur, Fachstelle Kultur Kanton Zürich, Pro Helvetia, Schweizerische Interpretenstiftung SIS, Migros-Kulturprozent 

jeudi 19 février 2026

Swiss Dance Days 2026 : une oasis de danse

Affiche des Swiss Dance Days 2026, dans une rue de Bern, Photo Fabien Rivière

C'est un rendez-vous important de la scène européenne sinon mondiale, dédié à la danse contemporaine. Tous les deux ans, les Swiss Dance Days présentent une sélection de pièces produites dans le pays. Chaque fois dans une ville différente. 

Ils ont vu le jour en 1996, organisés depuis 2006 par Reso - Réseau Danse Suisse, qui regroupe une centaine de lieux suisses. L’évènement a été conçu sur le modèle des Rencontres chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis dans une ville limitrophe de Paris, un concours fondé en 1969, devenu un festival en 1986, consacré à la création chorégraphique contemporaine.

En 2026, direction la très belle ville médiévale de Berne pendant quatre jours, en février. Un jury composé de cinq professionnel-le-s, trois artistes et deux programmateurs (liste en fin d'article), a visionné 198 vidéos de chorégraphies produites en Suisse les deux dernières années, pour en retenir treize (idem). « La déclaration du jury » est un texte de réflexion. Il débute par cette affirmation : « Longtemps, les institutions européennes ont défini la danse à travers le prisme d’idéaux classiques et romantiques, qui dictaient précisément ce qu’un corps devait faire, la façon dont il avait à se mouvoir et ce à quoi il devait ressembler. » Aujourd'hui, la définition de la danse est jugée très « poreuse ». Les choix du jury sont précisés : « Le jury a tenu en compte des critères suivants lors de la sélection des pièces : l’actualité et la qualité artistique des pièces, le potentiel de diffusion internationale, la diversité esthétique, générationnelle et régionale »

Trois producteurs chevronnés (« Match Makers ») accompagnent les treize compagnies sélectionnées. Chacun-e soutient quatre ou cinq compagnies. Il est aussi mis en place des Salons d'artistes, en français dans le texte, qui concernent huit artistes (liste en fin d'article), et des workshops. Des discussions professionnelles sont aussi proposées. Voici les intitulés : La pratique décoloniale comme lieu artistique ; Institutions favorisant les carrières artistiques durables ; La culture comme résistance – La résistance comme culture ; Des groupes d'intérêt puissants pour la scène culturelle et chorégraphique suisse ; Organiser dans un contexte de changement : une conversation sur le travail du jury ; Développer la danse pour les jeunes publics. D'une façon générale, l'organisation a été jugée positivement. 

Saluts, à l'issue de from rock to rock... aka how magnolia was taken for granite,
de Jeremy Nedd, Photo Fabien Rivière 

ARTISTIQUE ET HUMAIN

Il est remarquable qu'une double préoccupation soit affirmée : artistique et humaine. Il s'agit de lutter contre toutes formes de discriminations dans le milieu.  

Artistiquement, l'édition s'est révélée être passionnante, avec les travaux respectifs de Thomas Hauert, Baptiste Cazaux, Tiran Willems, Bast Hippocrate, Jeremy Nedd, Mélissa Guex, Catol Teixeira et Fuego Contigo, ou intéressante, avec Trajal Harrell et Joseph Baan. Nous y reviendrons dans des articles ultérieurs. 

Humainement, un Pack de bienvenue (« Welcome Pack », en version originale), document de 34 pages, est communiqué à tou-te-s les participant-e-s, qui fixe les règles du jeu. Ainsi, des « Care persons » sont présentes. Leur rôle est « d'écouter les personnes victimes de discrimination ou de harcèlement et, si nécessaire et à la demande expresse de la personne concernée, de lui indiquer ou de la diriger vers d'autres possibilités d'aide. » Par ailleurs, « Elles offrent également l'accès à des espaces calmes ou de retraite en cas de bouleversement émotionnel, situationnel ou lié au contenu. » Un téléphone et un courriel sont ainsi communiqués. 

DOWN (full album), de Mélissa Guex, Photo Fabien Rivière

On trouve aussi cette affirmation : « Les Swiss Dance Days rejettent toute forme de discrimination fondée sur l'origine, la langue, la couleur de peau, le sexe et l'identité sexuelle, l'orientation sexuelle, les capacités physiques ou mentales, la religion, la classe sociale, le niveau d'éducation ou l'âge, et encouragent activement la diversité sociale. Une clause anti-discrimination est incluse dans les contrats conclus avec tous les partenaires. » 

Puis : « Lors de festivals réunissant divers participants – présentateurs, chorégraphes, danseurs, artistes, producteurs, techniciens et public –, des déséquilibres de pouvoir existent souvent. Les Swiss Dance Days demandent donc à tous les participants d'être conscients de leur rôle et de se traiter mutuellement avec respect et sur un pied d'égalité. » 

Il est demandé de ne pas mé-genrer la personne avec qui l'on parle. Au moment de l'inscription à la manifestation, on peut choisir son genre. On notera la recommandation : « Veuillez vous adresser aux autres de manière neutre sur le plan du genre, sauf si vous connaissez ou avez demandé le pronom d'une personne. » Ainsi, quatre genres s'expriment :  he/him  —  she/her  —  they/them [non binaire] —  other.  
Fabien Rivière
LES SPECTACLES
— VU 

Catol Teixeira > ODE

Mélissa Guex > DOWN (full album)

Trajal Harrell / Zürich Dance Ensemble > Tambourines

Joseph Baan  >  Bl0Wn 

Baptiste Cazaux  >  GIMME A BREAK !!! 

Bast Hippocrate   >  Joyaux Lourdement Sous-estimés 

Jeremy Nedd  >  from rock to rock... aka how magnolia was taken for granite

Tiran Willemse  >  Untitled (Nostalgia, Act 3) 

FUEGO CONTIGO  >  1GUH WATCH 

ZOO/Thomas Hauert  > Troglodyte, Zaungast/Zaunkönig


— PAS VU (vu uniquement un extrait vidéo sur le web) 

Company MEK  Muhammed Kaltuk  >  Same Love (Site Specific) 

Jolie Ngemi  >  MBOK’ELENGI

Théâtre de l’extrême / Luana Volet  > parade d’intimidation aigre-douce 


GENRE-S des CHORÉGRAPHES

Catol Teixeira  —   he/him, they/them

Mélissa Guex  —   she/her

Trajal Harrell   —   he/him

Joseph Baan  —  they/them

Baptiste Cazaux  —  he/him

Bast Hippocrate  —  other  

Jeremy Nedd   —  he/him 

Tiran Willemse  —  he/him, they/them 

FUEGO CONTIGO :

        Conroy Clarke Delvardo Smith  —  he/him 

        Johannes Maille  —   he/him 

        Keemie Elite  —  he/him

        Lumi Pulkkinen  —  she/her 

        Rose Dyer  —  she/her 

        Shamar Howell  —  he/him 

        Steavon O’race Thomas  —  he/him 

        Tamara Alegre  —  she/her 

        Tamara Graham-Chin  —   she/her

ZOO/Thomas Hauert  —   he/him

Company MEK -  Muhammed Kaltuk  —  he/him

Jolie Ngemi  —  she/her

Théâtre de l’extrême / Luana Volet :

        Daniela Vargas  —  she/her

        Luana Volet  —  she/her 
        Carla Manrique  —  she/her 
        Françoise Paca Gautier  —  she/her


LE JURY 


- Pascale «Baba» Altenburger, professeure de street dance et de club dance, performeuse, Berne 

- Brandy Butler, Artiste pluridisciplinaire, Zurich

- Léo Chavaz, co-programmateur du Pavillon ADC, Genève

- Lorenzo Conti, Curateur en danse, LAC Lugano & Milanoltre Festival

- Lisa Letnansky, Responsable de la dramaturgie, Tanzhaus Zürich


SALONS D'ARTISTES

Anna Chiedza Spörri   —  she/her
Simon Waldvogel   —  he/him
Soraya Leila Emery  —  she/her
BewegGrund (dir : Susanne Schneider, danse inclusive)
Marion Zurbach  —  she/her
Cédric Gagneur   —  he/him
Charlotte Mclean  —  she/her
Sami Lea Samira Bernath  —   she/her