mercredi 22 octobre 2014

L'art n'est-il qu'un produit de luxe ?

(de gauche à droite) Le Président de LVMH/Moët Hennessy Louis Vuitton et Président de la Fondation Louis Vuitton Bernard Arnault (première fortune Française et 4° fortune mondiale selon Forbes en 2011) et sa femme Hélène Mercier-Arnault, pianiste canadienne, le Président de la République Française François Hollande, l'architecte de la Fondation Louis Vuitton Frank Gehry et sa femme, la Maire de Paris Anne Hidalgo et la Ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin posent devant la Fondation le jour de l'inauguration, Photo DR  

Avec des artistes et des intellectuels, des chorégraphes (Jérôme Bel, Xavier Le Roy et Fanny de Chaillé) et des performers (Frédéric Danos et Jean-Luc Verna) ont signé le texte L'art n'est-il qu'un produit de luxe ?

La Fondation Louis-Vuitton, un nouveau musée d'art contemporain créé par Bernard Arnault dans le Bois de Boulogne à Paris, est inaugurée ce lundi 20 octobre par François Hollande. Des écrivains, des philosophes, des artistes critiquent le rôle croissant des grands groupes financiers dans l'art contemporain et dénoncent les « nobles mécènes » qui « ne sont en vérité que des spéculateurs ». Paru dans Mediapart, le 20 octobre 2014. 

Le rôle toujours croissant, dans l’art contemporain, des grands groupes financiers liés à l’industrie du luxe y suscite encore moins de débats que celui des tyrannies pétrolières. Les intellectuels, critiques et artistes qui œuvrent ici, pourtant traditionnellement enclins aux postures « radicales » et aux discours contestataires, semblent aujourd’hui tétanisés par la peur d’une fuite des capitaux, comme si la plus petite réserve émise les exposait à des représailles qui les frapperaient au portefeuille. Dans ce milieu pourtant bavard, et qui sut être quelquefois frondeur, une véritable omertà règne dès qu’il s’agit de financement. Lorsqu'on émet des doutes sur le désintéressement de tel ou tel patron (au sens de « mécène »), on se voit répondre en général que nul n’est dupe, mais qu’il n’y a pas d’alternative – c’est la fameuse TINA (There Is No Alternative). Le désengagement des États, appauvris par une crise où les mêmes grands financiers ont joué un rôle majeur, condamnerait en effet le monde de l’art et de la culture à mendier chez les très riches. > SUITE

ON PEUT LIRE AUSSI
Loués soient nos mécènes, Le Monde Diplomatique, 23 octobre 2014. ICI
Fondation Vuitton : le bal des courtisans, Mediapart, 23 octobre 2014. ICI
Fondation Louis Vuitton : le mécénat d’entreprise sans la générosité, Jean-Michel Tobelem (professeur associé à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Le Monde.fr, 27 octobre 2014. ICI 
LVMH : Le Monde.fr dépublie puis republie une tribune critique, arretsurimages.net, 28 octobre 2014. ICI   

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