vendredi 4 septembre 2015

Rien sur Bagouet et Hijikata (Trajal Harrell, "Le Fantôme de Montpellier rencontre le Samouraï")





(haut) Vue de la scénographie avant le début de la représentation, (milieu) Prise de parole de Trajal Harrell (en rouge) en préambule (traduite par Thibault Lac), (bas) La représentation est terminée, le temps des saluts; Photos Fabien Rivière ©  

Le Fantôme de Montpellier rencontre le Samouraï (The Ghost of Montpellier Meets the Samourai) que présente le New Yorkais Trajal Harrell  est une commande de Jean-Paul Montanari, directeur du Festival Montpellier Danse, où elle a été créée en juin dernier au théâtre de l'Agora (en plein air), qui souhaitait une production consacrée au danseur et chorégraphe Dominique Bagouet (1951 - 9 décembre 1992). 

De son côté, Trajal Harrell s'intéressant au danseur et chorégraphe japonais fondateur du butô Tatsumi Hijikata (1928-1986), voici donc un spectacle consacré à leur rencontre (imaginaire) à New York. 

La pièce précédente, Twenty Looks or Paris is Burning at The Judson Church - The Series (2009-2013), abordait la rencontre tout aussi imaginaire entre les « performeurs de la post-modern dance (Judson Church) avec les égéries du voguing. » 

Bagouet ayant dirigé le centre chorégraphique de Montpellier de 1980 jusqu'à sa mort, et Hijikata étant japonais, va pour le (beau) titre : Le Fantôme de Montpellier rencontre le Samouraï

C'est la seule bonne idée, car, à part inventer un rendez-vous entre les deux protagonistes dont il ne sort strictement rien, Trajal Harrell n'a rien à dire des deux créateurs. En conférence de presse (ici), il a évoqué leurs morts prématurées, expliquant qu'il a passé beaucoup de temps dans les archives à Tokyo où il va au moins deux fois par ans et discutant avec des danseurs qui ont connu Hijikata. Cependant, il a précisé qu'il ne fait pas de la recherche pour apprendre des choses sur les personnes, mais pour oublier, souhaitant explorer l'impossible. Officiellement, dans le programme il déclare : « “Introduire aux mythologies de ces personnages et les dépasser est un autre défi”. (...) “Je pars de l’imagination historique. L’histoire est pleine de trous et de lacunes et je travaille entre, pour dire surtout ce qu’est la passion pour l’art”. » 

À vrai dire, une vaine branchitude, une arrogance certaine et du bavardage ne suffisent pas à remplir un plateau. En préambule, le chorégraphe prend la parole et entend défendre l'importance de l'art dans la société. On peut être d'accord avec lui sur le fond, mais la façon de s'y prendre est pour le moins maladroite (arrogante ?) où une élite artiste serait en droit d'exiger de la société des moyens (en ayant l'air d'ignorer et de se moquer de la réalité pratique d'une société en crises). Ce n'est pas de cette manière que l'on défend une cause juste.       
Fabien Rivière

Trajal Harrell (USA)  Le Fantôme de Montpellier rencontre le Samouraï (The Ghost of Montpellier Meets the Samurai)
Centre Pompidou - Paris, Du mercredi 14 au samedi 17 octobre 2015.  En savoir + 
Festival  Montpellier Danse, jeudi 25 et vendredi 26 juin 2015. En savoir + 

Ghost Velasquez Group, Photo Orpheas Emirzas

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