lundi 15 février 2016

Samuel Churin - Vers une nouvelle convention d’assurance chômage : Mobilisation nécessaire !

Photo Fabien Rivière ©

Samuel Churin
14 hParis
PARTAGEZ ET DIFFUSEZ (publié le dimanche 14 février 2016)

Cher(e)s ami(e)s , 

Pour rappel, une nouvelle convention d’assurance chômage doit être signée pour être effective au 1er juillet 2016. La précédente (celle de 2014) avait entrainé un gros mouvement chez les intermittents suite à plusieurs mesures inacceptables. 

Pour éteindre le feu, Valls avait décidé de prendre en charge le différé d’indemnisation des intermittents et de mettre en place des tables de concertations auxquelles nous avons participées. Ces tables ont permis de confirmer définitivement que tout ce que nous disions depuis la grosse crise de 2003 était rigoureusement exact. Premièrement, la réforme de 2003 n’était pas économique mais idéologique puisqu’elle a coûté beaucoup plus cher tout en précarisant d’avantage. Deuxièmement, nos propositions ne sont pas plus coûteuses et permettent de réintégrer bon nombre d’intermittents en revenant à 507h sur 12 mois pour tous. 

Mais ces tables ont permis de constater aussi que la séparation, la division était une stratégie toujours très efficace. Ainsi il est toujours question de séparer les techniciens des artistes, les intermittents du reste des chômeurs. Et pourtant ! Il est toujours utile de rappeler que les intermittents sont des chômeurs à activité réduite, et comme le proposent bon nombre de personnalités, il serait grand temps que ce que nous disons depuis 13 ans soit admis : un système de couverture de l’activité réduite (qu’elle soit artistique, journalistique, ouvrière ou autre) doit être absolument généralisé. Nous ne cesserons jamais de rappeler que le grand scandale de ce dossier est que seuls 4 chômeurs sur 10 sont indemnisés (et les intermittents n’échappent pas à la règle). 

Pour creuser ces divisions, il a été décidé pour la première fois de négocier séparément les annexes 8 et 10 du reste de la convention. Ainsi la négociation générale commencera le 22 février au Medef avec les 5 confédérations de salariés (CGT, CFDT, FO, CGC, CFTC) et les 3 confédérations d’employeurs (MEDEF, UPA, CGPME), et la négociation intermittent commencera le 25 février avec les fédérations spectacle de ces syndicats (CGT spectacle, etc …) et une fédération regroupant des syndicats d’employeurs du spectacle vivant et de l’audiovisuel : la FESAC. Si les syndicats du secteur ne se mettent pas d’accord, les confédérations décideront et on reviendrait alors à un schéma habituel. Je vous passe tous les détails et les problèmes qui nous attendent. 

Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra se mobiliser. Nos propositions justes ne seront pas adoptées si facilement. 

La campagne d’intox, toujours la même, a déjà commencé. Des arguments tellement faux que nous pourrions attaquer en diffamation tous les pseudo- économistes suivis par des journalistes qui ne vérifient rien ou n’y comprennent rien. Parmi ces arguments, il y a bien sûr le déficit, et, pire celui de la comparaison entre notre déficit et celui de l’assurance chômage en général. Pour la milliardième fois, je répète que nous sommes 3,5% de chômeurs indemnisés et que nous représentons 3,4% des dépenses. Autrement dit, un intermittent ne coûte pas plus cher qu’un chômeur. Autrement dit 110 000 intermittents indemnisés, ça coûte 1 milliard (différence entre cotisations versées et indemnisations perçues), mais une moyenne de 100 000 chômeurs indemnisés coûtent AUSSI 1 milliard. Autrement dit, agiter ce milliard (parce que c’est une grosse somme) comme un scandale est une grosse saloperie. Pour finir, sachez que ce déficit est une pure construction. En effet, les cotisations versées dépassent toujours largement les indemnisations perçues par les chômeurs : en 2011 par ex la différence cotisations-indemnités est de 4,5 milliards. On pourrait penser le système très excédentaire ! Et bien non puisque cette année-là, Pôle Emploi et l’Unedic avalent 6 milliards d’euros en coût de fonctionnement ! Donc on arrive à 1,5 milliards de déficit. Il fut un temps où l’ANPE était financée par l’état et non par les cotisations. Actuellement Pôle Emploi avale 10 % des recettes soit plus de 3 milliards d’euros par an. C’est aussi délirant que scandaleux. Mais ce déficit sert les arguments du Medef et du gouvernement pour systématiquement baisser les droits des chômeurs. La variable humaine sert toujours de variable d’ajustement. 

Pour essayer de rétablir quelques vérités, nous avions fait un Riposte 4 avec Mathieu Grégoire, hélas plus que jamais d’actualité. Regardez le jusqu’au bout, partagez le et affûtez vos arguments. Nous avons besoin de vous.

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