dimanche 10 octobre 2010

Rebond ou mauvais ? (à propos de "It's in the air" de Mette Ingvartsen & Jefta van Dinther)

Avec It's in the air, le public est placé de part et d'autre de deux trampolines rectangulaires de taille modeste, immaculés de blanc, où évoluent Mette Ingvartsen — née à Copenhague (Danemark) — et Jefta van Dinther — né au Pays-Bas, il a grandi en Suède. Dans un premier temps, la jeune femme et le jeune homme vont rebondir sur place, tranquillement debout. On peut ainsi observer longuement le visage du garçon, sa complice demeurant de dos (face à l'autre partie du public). Il sourit, mais d'un sourire de contentement de soi fort prononcé, qui crée un malaise. Il eût été plus juste qu'il "oublie" le public, qu'il soit plus en lui-même, plus concentré.

Les passages les plus intenses sont ceux de plus grande activité physique, où les corps "flottent" dans l'espace dans des figures très graphiques ou au contraire très floues et troublantes. Dans le premier cas on songe au film 2001 Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, ou à la conquête spatiale, dans le second à des tableaux de Francis Bacon. Pas de musique ou de bande son, mais le bruit du matériel et les respirations des protagonistes. Les moments de répit sont faibles.

Cette proposition, respectable, qui travaille essentiellement sur des mouvements répétitifs, devrait approfondir sa recherche corporelle — en grande partie en retravaillant les pauses  —  et régler (c'est-à-dire faire disparaître) ce que l'on ne peut s'empêcher de nommer un narcissisme pour le moins gênant.

It's in the air, Mette Ingvartsen et Jefta van Dinther, du  jeudi 7 au lundi 11 octobre 20h30, Relâche dimanche 10 octobre. Théâtre de la cité internationale, avec le festival d'Automne. Festival d'Automne +
À VENIR
Giant City, Mette Ingvartsen et Jefta van Dinther, du 18 au 20 novembre 20h30, Théâtre de la cité internationale, avec le festival d'Automne. En savoir + 
  Seize secondes de It's in the air

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