vendredi 10 mars 2017
jeudi 9 mars 2017
La danse dans l'exposition Picabia du MoMA
Vue de l'exposition Picabia au Museum of Modern Art (MoMA), Photos Fabien Rivière
Le Museum of Modern Art (MoMA) de New York propose une exposition Francis Picabia: Our Heads Are Round so Our Thoughts Can Change Direction, en français Francis Picabia: Notre tête est ronde pour permettre à la pensée de changer de direction, jusqu'au 19 mars (Site). Le peintre Français a vécu de 1879 à 1953.
La danse est y présente à plusieurs reprises : par un portrait de Mistinguett [1875 - 1956] (ci-dessus), chanteuse et danseuse dans le cadre de revues et actrice de théâtre et de cinéma muet. En 1909, Max Dearly la choisit comme partenaire pour créer la « valse chaloupée » dans une revue du Moulin Rouge. Puis, dans la revue La Revue, c'est La Valse renversante avec Maurice Chevalier aux Folies Bergère en 1912, qui donnera lieu à une histoire d'amour longue de dix ans. Le couple est surnommé par la presse « les danseurs obsédants » (source : Wikipedia).
Puis, un duo (ci-dessous), Danses à la source, en 1912, dont le vaste Danses à la source [II]. On a aussi observé Culture physique (1913), Catch as Catch Can (1913) et Portrait d'une jeune fille américaine dans l'état de nudité (fin de l'article).
Enfin, une œuvre se nomme Danse de Saint Guy (Tabac-Rat) (1919-20/1946-49) (ci-dessous).
Dans la catalogue de l'exposition on trouve des articles de George Baker, The Body after Cubism, de Carole Boulbès, Relâche and the music-hall, et de Jean-Jacques Lebel, Francis "Funny guy" Picabia and Entr'acte (il existe un catalogue en français, cf. ci-dessous).
Francis Picabia: Our Heads Are Round so Our Thoughts Can Change Direction, Museum of Modern Art (MoMA), New York, États-Unis, jusqu'au 19 mars 2017. Site
— CATALOGUE (en anglais, 75 $ [71,2 €]) Site
Francis Picabia, Untitled (Portrait of Mistinguett), c. 1909
La danse est y présente à plusieurs reprises : par un portrait de Mistinguett [1875 - 1956] (ci-dessus), chanteuse et danseuse dans le cadre de revues et actrice de théâtre et de cinéma muet. En 1909, Max Dearly la choisit comme partenaire pour créer la « valse chaloupée » dans une revue du Moulin Rouge. Puis, dans la revue La Revue, c'est La Valse renversante avec Maurice Chevalier aux Folies Bergère en 1912, qui donnera lieu à une histoire d'amour longue de dix ans. Le couple est surnommé par la presse « les danseurs obsédants » (source : Wikipedia).
La Ville de New York aperçue à travers le corps, 1913
Puis, on découvre ces titres de tableaux surprenants, La Ville de New York aperçue à travers le corps, qui date de 1913 (ci-dessus). Et, Danseuse étoile sur un transatlantique (ci-dessous), la même année.
Danseuse étoile sur un transatlantique, 1913
Puis, un duo (ci-dessous), Danses à la source, en 1912, dont le vaste Danses à la source [II]. On a aussi observé Culture physique (1913), Catch as Catch Can (1913) et Portrait d'une jeune fille américaine dans l'état de nudité (fin de l'article).
Danses à la source [I], 1912
Danses à la source [II], 1912
Un peu plus tard, on redécouvre le Ciné-Théâtre-Danse de 1924 (ci-dessous), quand Picabia collabore aux Ballets Suédois de Rolf de Maré et Jean Börlin, le compositeur Erik Satie l'ayant contacté. Cela donnera Relâche : ballet instantanéiste en deux actes, un entr'acte cinématographique et "la queue du chien", dont la première a lieu le 4 décembre 1924. Rolf de Maré est un collectionneur d'art et mécène de la danse suédois né à Stockholm en 1888 et mort à Barcelone en 1964 à 75 ans. Il est le fondateur des Ballets suédois en 1920 et des Archives internationales de la danse en 1932. Jean Börlin est un danseur et chorégraphe suédois né à Härnösand en 1893 et mort à New York le 6 décembre 1930 à 37 ans, emporté par la maladie.
(ci-dessus) Études pour Relâche
(ci-dessus) Rolf de Maré, (ci-dessous) Jean Börlin
Enfin, une œuvre se nomme Danse de Saint Guy (Tabac-Rat) (1919-20/1946-49) (ci-dessous).
Danse de Saint Guy (Tabac-Rat), Capture d'écran Espaces Magnétiques
Dans la catalogue de l'exposition on trouve des articles de George Baker, The Body after Cubism, de Carole Boulbès, Relâche and the music-hall, et de Jean-Jacques Lebel, Francis "Funny guy" Picabia and Entr'acte (il existe un catalogue en français, cf. ci-dessous).
Fabien Rivière
Photos Fabien RivièreFrancis Picabia: Our Heads Are Round so Our Thoughts Can Change Direction, Museum of Modern Art (MoMA), New York, États-Unis, jusqu'au 19 mars 2017. Site
— CATALOGUE (en anglais, 75 $ [71,2 €]) Site
— CATALOGUE (en français, juin 2016, 54,95 €) Site
Affiche de l'exposition dans le métro New Yorkais, photo Fabien Rivière
"BONUS"
Isadora Duncan, par Abraham Walkowitz, circa 1910
On trouve ce tableau représentant Isadora Duncan (1877 - 1927), peint par Abraham Walkowitz (1878, Tyumen, Russie - 1965, Brooklyn, New York City, États-Unis) autour de 1910 dans l'exposition que présente le Whitney Museum of American Art à New York (États-Unis), Human Interest: Portraits from the Whitney’s Collection, du 2 avril 2016 au 2 avril 2017 (Site).
Fabien Rivière
Photo Fabien Rivière
mercredi 8 mars 2017
Pissed Jeans, Romanticize Me + Bathroom Laughter + Boring Girls + False Jesii Part 2 + I've Still Got You
Romanticize Me, extrait du 4° album, Honeys (12/02/2013).
Bathroom Laughter, extrait du 4° album, Honey (12/02/2013).
Boring Girls, extrait de l'album remasterisé (07/10/2014) Shallow (premier album, 2005)
False Jesii Part 2, extrait du 3° album, King of Jeans (18/08/2009).
I've Still Got You (Ice Cream), extrait du 2° album, Hope for Men (05/06/2007).
Pochette de l'album Hope for Men
lundi 6 mars 2017
Photos - Walker Art Center, Minneapolis : Intérieur
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| Entrée principale, sur l'Hennepin Avenue (cf. aussi ci-dessous), Photos Fabien Rivière © |
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| À gauche en entrant, la librairie |
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| À droite, vers les expositions et le restaurant |
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| Au loin, vue du centre ville de Minneapolis, constitué principalement de bureaux, à 10 minutes en bus |
À la suite de notre article montrant l'extérieur du bâtiment remarquable qu'est le Walker Art Center à Minneapolis, au nord des États-Unis (Photos - Walker Art Center, Minneapolis : Extérieur), à l'occasion de l'exposition Merce Cunningham CO:MM:ON TI:ME, voici des vues de l'intérieur de l'édifice.
Fabien Rivière
Photos Fabien Rivière ©
mardi 28 février 2017
Réussite - William Forsythe présente «Artifact 2017» à Boston
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| Artifact, de William Forsythe, Photo Dieter Schwer |
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| Façade de l'Opéra de Boston (Boston Opera House) où le Ballet de Boston (Boston Ballet) danse Artifact 2017 de William Forsythe, Photos Fabien Rivière © |
— Envoyé spécial à Boston (Massachusetts), États-Unis
William Forsythe a débuté son partenariat (« partnership ») de cinq ans avec le Ballet de Boston (Partenariat de William Forsythe avec le Boston Ballet) ce 23 février avec Artifact 2017, présenté jusqu'au 5 mars, qui reprend Artifact, une pièce de 1984. La compagnie a déjà proposé 5 pièces du chorégraphe (détails en fin d'article) dans la volonté de constituer un répertoire. Une nouvelle pièce sera ainsi montée chaque année, et, dans l'idéal, une création verra le jour. Certains parleraient de « reprises » mais comme le remarquait justement une ouvreuse le soir de la première il s'agit bien pour le public d'un nouveau ballet.
William Forsythe a débuté son partenariat (« partnership ») de cinq ans avec le Ballet de Boston (Partenariat de William Forsythe avec le Boston Ballet) ce 23 février avec Artifact 2017, présenté jusqu'au 5 mars, qui reprend Artifact, une pièce de 1984. La compagnie a déjà proposé 5 pièces du chorégraphe (détails en fin d'article) dans la volonté de constituer un répertoire. Une nouvelle pièce sera ainsi montée chaque année, et, dans l'idéal, une création verra le jour. Certains parleraient de « reprises » mais comme le remarquait justement une ouvreuse le soir de la première il s'agit bien pour le public d'un nouveau ballet.
LE BOSTON BALLET
William Forsythe (à gauche) et Mikko Nissinen, le directeur artistique
du Boston Ballet, Photo Liza Voll
Le Ballet de Boston, ou Boston Ballet, est l'une des plus grandes compagnie de ballet des États-Unis, même si elle est peu connue en France. Sa dernière venue dans notre pays date d'il y a presque vingt ans, en 1998, à Biarritz lors du Festival le temps d'aimer la danse. Rappelons que Boston est située à 300 kilomètres au nord-est de New York. C'est la capitale de l'état du Massachusetts. Elle compte 660.000 habitants pour une aire urbaine de 4.670.000 personnes.
Le Ballet de Boston a été fondé en 1963, et est dirigé depuis 2001 par le finlandais Mikko Nissinen (photo ci-dessus). C'est un ancien danseur qui s’est formé dans son pays et à l'école du Ballet du Kirov à Saint-Pétersbourg. Il a dansé dix-neuf ans, successivement au Ballet national finlandais, au Ballet national néerlandais, au Ballet de Bâle (Suisse) et au San Francisco Ballet comme principal (étoile) et comme invité dans différentes compagnies.
La troupe compte actuellement 56 interprètes (68 si l'on y intègre les 12 membres du Boston Ballet II qui ont de 16 à 21 ans). Le Boston Ballet compte 18 nationalités : 27 viennent des États-Unis (un peu moins de la moitié de l'effectif total), 4 de Georgie, 4 de Corée du Sud, 3 du Japon, 2 de France (Anaïs Chalendard ICI et Florimond Lorieux ICI), 2 d'Australie, 2 du Brésil, 2 d'Italie, et 1 pour l'Argentine, la Finlande, l'Albanie, Cuba, la Hongrie, la Chine, le Paraguay, l'Espagne, la Belgique et le Danemark. Il existe une hiérarchie qui débute à "artists", se poursuit à "second soloists", "soloists", pour atteindre "principal dancers" (étoiles). Depuis 2005 Jorma Elo (Finlande) est « chorégraphe résident » au Boston Ballet. Il existe aussi une École du Boston Ballet (Boston Ballet School).
En comparaison le Ballet de l'Opéra national de Paris compte 154 danseurs, le New York City Ballet une centaine, l'American Ballet Theatre 95, le San Francisco Ballet 78, l'Alvin Ailey American Dance Theater une trentaine et le L.A. Dance Project de Benjamin Millepied 9.
Un article du New York Times en 2011 (ICI) rendait compte en détail des problèmes financiers qu'a dû affronter le directeur du Ballet de Boston. Dans une interview à un site français il y a un peu moins d'un an (ICI), ce dernier expliquait les contraintes que faisaient peser sur les ballets l'absence de financement de l'État et les tentations induites par cet état de fait :
PRIX DES PLACES
Le prix des places est le reflet des choix économiques. Pour ce programme Artifact 2017 au Boston Opera House, les prix vont de 45 € à 159 € (cf. captures d'écran ci-dessous).
Un peu d'histoire est nécessaire pour comprendre les enjeux du partenariat Forsythe - Ballet de Boston. Né à New York en 1949 et formé aux États-Unis, c'est cependant en Europe que William Forsythe va mener l'essentiel de sa carrière. Et c'est l'Allemagne et la France qui vont lui permettre de mener à bien sa révolution dans le ballet et plus largement dans la danse. D'abord, l'Allemagne. La première pièce du chorégraphe date de 1976, Urlicht (pas de deux), présentée à Stuttgart. ll se voit proposer cette même année à 27 ans d'être chorégraphe résident au Stuttgart Ballet, pour quatre ans. Il prend la direction du Ballet de Francfort à 34 ans en septembre 1984, qu'il dirige vingt ans, jusqu'à sa dissolution en 2004. Succédera la Forsythe Company, pendant dix ans, entre Dresde et Francfort, de 2005 à juin 2015.
La France a aussi son importante. D'une part, côté danse classique, Rudolf Noureev l'invite une première fois pour chorégraphier pour le Ballet de l'Opéra national de Paris. En 1983, cela donne France/Dance, puis une seconde fois en 1987, qui aboutit à In The Middle, Somewhat, Elevated. D'autre part, côté danse contemporaine, c'est lors du Festival Montpellier Danse de 1988 que la bombe Forsythe explose. Et enfin, William Forsythe sera « en résidence » (comprendre : existence d'un accord financier afin qu'il puisse produire son travail) pendant une dizaine d'années au Théâtre du Châtelet (Paris) de 1990 à 1998.
Un article intéressant de Mark Franko montre, au contraire, les fortes réticences dans les années 80 et 90 des États-Unis aux expérimentations du maître New Yorkais (dans l'ouvrage William Forsythe and the Practice of Choreography ICI).
D'une certaine façon, on peut penser à l'achèvement d'une trajectoire, dans un "retour au pays". D'une part, il y a l'enseignement depuis peu à Los Angeles (notre article ICI), et d'autre part maintenant ce partenariat sur une longue durée.
Le Ballet de Boston a été fondé en 1963, et est dirigé depuis 2001 par le finlandais Mikko Nissinen (photo ci-dessus). C'est un ancien danseur qui s’est formé dans son pays et à l'école du Ballet du Kirov à Saint-Pétersbourg. Il a dansé dix-neuf ans, successivement au Ballet national finlandais, au Ballet national néerlandais, au Ballet de Bâle (Suisse) et au San Francisco Ballet comme principal (étoile) et comme invité dans différentes compagnies.
La troupe compte actuellement 56 interprètes (68 si l'on y intègre les 12 membres du Boston Ballet II qui ont de 16 à 21 ans). Le Boston Ballet compte 18 nationalités : 27 viennent des États-Unis (un peu moins de la moitié de l'effectif total), 4 de Georgie, 4 de Corée du Sud, 3 du Japon, 2 de France (Anaïs Chalendard ICI et Florimond Lorieux ICI), 2 d'Australie, 2 du Brésil, 2 d'Italie, et 1 pour l'Argentine, la Finlande, l'Albanie, Cuba, la Hongrie, la Chine, le Paraguay, l'Espagne, la Belgique et le Danemark. Il existe une hiérarchie qui débute à "artists", se poursuit à "second soloists", "soloists", pour atteindre "principal dancers" (étoiles). Depuis 2005 Jorma Elo (Finlande) est « chorégraphe résident » au Boston Ballet. Il existe aussi une École du Boston Ballet (Boston Ballet School).
En comparaison le Ballet de l'Opéra national de Paris compte 154 danseurs, le New York City Ballet une centaine, l'American Ballet Theatre 95, le San Francisco Ballet 78, l'Alvin Ailey American Dance Theater une trentaine et le L.A. Dance Project de Benjamin Millepied 9.
MONEY
Un article du New York Times en 2011 (ICI) rendait compte en détail des problèmes financiers qu'a dû affronter le directeur du Ballet de Boston. Dans une interview à un site français il y a un peu moins d'un an (ICI), ce dernier expliquait les contraintes que faisaient peser sur les ballets l'absence de financement de l'État et les tentations induites par cet état de fait :
Mais il y a aussi une forte tentation populiste. (...) On voit aussi de plus en plus de productions très "Disney" ou "Broadway". Je crois que c'est un piège. (...) Aux États Unis, il n’y a pas d’investissement de l’État dans la culture. Pour nous par exemple, c’est 0,2% de notre budget et la vente de tickets est loin de couvrir les coûts de la compagnie. Donc nous dépendons des donateurs individuels et des sponsors d’entreprise. Il faut les convaincre de s’engager pour l’art. Je ne suis pas pessimiste mais je suis tout de même un peu inquiet pour l’avenir car j’ai vu des compagnies prendre un tournant très commercial et ne pas y survivre. Il faut coûte que coûte persister à encourager la création et la nouveauté, quitte à prendre des risques. Mais c'est la seule voie qui sera payante et permettra au ballet de se perpétuer comme art.
Le programme de salle précise que les représentations de Artifact sont rendues possibles grâce aux généreuses donations du cercle de sponsors comprenant Donna and Michael Egan (cf. photo ICI), et Andrea et Frederick Hoff (cf. photo ICI). À l'issue de la première, une réception privée réunissant les sponsors en présence des artistes était organisée à l'hôtel The Ritz-Carlton tout proche.
L'IMPORTANCE de L'ALLEMAGNE et de la FRANCE
pour WILLIAM FORSYTHE
pour WILLIAM FORSYTHE
Un peu d'histoire est nécessaire pour comprendre les enjeux du partenariat Forsythe - Ballet de Boston. Né à New York en 1949 et formé aux États-Unis, c'est cependant en Europe que William Forsythe va mener l'essentiel de sa carrière. Et c'est l'Allemagne et la France qui vont lui permettre de mener à bien sa révolution dans le ballet et plus largement dans la danse. D'abord, l'Allemagne. La première pièce du chorégraphe date de 1976, Urlicht (pas de deux), présentée à Stuttgart. ll se voit proposer cette même année à 27 ans d'être chorégraphe résident au Stuttgart Ballet, pour quatre ans. Il prend la direction du Ballet de Francfort à 34 ans en septembre 1984, qu'il dirige vingt ans, jusqu'à sa dissolution en 2004. Succédera la Forsythe Company, pendant dix ans, entre Dresde et Francfort, de 2005 à juin 2015.
La France a aussi son importante. D'une part, côté danse classique, Rudolf Noureev l'invite une première fois pour chorégraphier pour le Ballet de l'Opéra national de Paris. En 1983, cela donne France/Dance, puis une seconde fois en 1987, qui aboutit à In The Middle, Somewhat, Elevated. D'autre part, côté danse contemporaine, c'est lors du Festival Montpellier Danse de 1988 que la bombe Forsythe explose. Et enfin, William Forsythe sera « en résidence » (comprendre : existence d'un accord financier afin qu'il puisse produire son travail) pendant une dizaine d'années au Théâtre du Châtelet (Paris) de 1990 à 1998.
ÉTATS-UNIS : REFUS puis ACCEPTATION
Un article intéressant de Mark Franko montre, au contraire, les fortes réticences dans les années 80 et 90 des États-Unis aux expérimentations du maître New Yorkais (dans l'ouvrage William Forsythe and the Practice of Choreography ICI).
D'une certaine façon, on peut penser à l'achèvement d'une trajectoire, dans un "retour au pays". D'une part, il y a l'enseignement depuis peu à Los Angeles (notre article ICI), et d'autre part maintenant ce partenariat sur une longue durée.
ARTIFACT 2017
Artifact, qui date de 1984, est la première pièce de William Forsythe qu'il conçoit en tant que directeur du Ballet de Francfort. Dans son esprit, c'est un travail non fini, toujours en cours, puisqu'il a été créé dans l'urgence en trois semaines à l'époque. C'est très peu pour composer une soirée entière.
Artifact 2017 est un ballet en quatre parties. On pourrait préciser un ballet contemporain, qui raconte des histoires d’aujourd’hui. Selon Forsythe c'est « un hybride de danse et de théâtre » (« a hybrid of dance and theater », selon le Boston Globe ICI). En effet, trois personnages incarnent le théâtre, la Femme en Gris (« The Woman in Grey), hiératique, mystérieuse et silencieuse, L'Homme avec un mégaphone (« Man with Megaphone »), assez discret voire effacé, La Femme en robe historique (« Woman with Historical Dress »), qui parle beaucoup dans une prolifération de mots, et qui a besoin d'occuper tout l'espace. On se disait soudain qu'il s'agissait de trois figures : l'Inconscient, le Père et la Mère. Par ailleurs, quarante danseurs, dans des justaucorps verts sombres. Les femmes sont sur pointes.
L’acte 3 est nouveau. Les danseurs sont regroupés au bord de la scène. Une palissade noire un peu plus haute qu’eux les y parque, leur interdisant l’accès à la plus grande partie du plateau. On sent aussi que l’espace qui demeure disponible interdit la danse. Debouts, à gauche les hommes, regroupés, pourraient être des soldats qui vont partir au combat, à droite les femmes regroupées de la même façon (on pourrait aussi parler de deux chœurs). Au milieu, assis chacun sur une chaise rouge, en face à face, La Femme en robe historique et l’Homme au mégaphone. La femme part dans un slam. L’homme lui répond d’une certaine façon. Les danseurs et les danseuses vont chanter. Ambiance musical. On peut rester sur sa faim. L’acte 3 est bref.
La danse est à la fois complexe et répétitive. Elle demeure cependant très lisible. Et tonique. Le travail des bras est remarquable. Les corps sont des hiéroglyphes dont l'humanité aurait perdu la signification. D'une civilisation passée, ou future ? Difficile à dire. Le silence se mêle à la musique. Les éclairages ajoutent une dimension dramatique. Le rideau de scène descend et remonte à plusieurs reprises, tombant dans un claquement. Les corps, dans leurs physicalités et leurs trajectoires, suggèrent des planètes en déplacements dans l'espace infini, vide et froid. Faut-il alors parler d'une pièce métaphysique et mystique ? La dimension stellaire d'Artifact 2017 est en tout cas manifeste.
Fabien Rivière
Artifact - Boston Ballet ICIWilliam Forsythe - Choreographic Objects www.williamforsythe.de
LE BOSTON BALLET et WILLIAM FORSYTHE
Le Ballet de Boston a déjà remonté plusieurs pièces de William Forsythe : Love Songs (1979) en 1989. Et sous l'actuelle direction de Mikko Nissinen, In the Middle, Somewhat Elevated (1987) en 2002 et 2005, The Vile Parody of Address (1988) en 2008, The Second Detail (1991) en 2011, 2012, et 2014, et The Vertiginous Thrill of Exactitude (1996) en 2015 et 2016.
ARTIFACT 2017 par le BOSTON BALLET
SAISON 2016 - 2017 du BOSTON BALLET
— (février-mars) William Forsythe Artifact (1984)
— (mars-avril 2016) George Balanchine Donizetti Variations (1960)
+ Jiři Kylián Wings of Wax [Ailes de cire] (1997)
— (avril-mai) Marius Petipa, additional choreography by Sir Frederick Ashton
The Sleeping Beauty [La Belle au Bois Dormant] (1890, 1939)
— (mai) George Balanchine Stravinsky Violin Concerto (1972)
+ Jerome Robbins The Concert (or, the Perils of Everybody) (1956)
+ Jorma Elo (55 ans, Finlande) CRÉATION
SAISON 2017 - 2018 du BOSTON BALLET
— (novembre) Wayne McGregor Obsidian Tear (2016, The Royal Ballet)
+ Jorma Elo (55 ans, Finlande) Finlandia CRÉATION 2017
— (nov.-déc.) Mikko Nissinen The Nutcracker [Casse-Noisette] (1892, 2012)
— (mars-avril 2018) William Forsythe Pas/Parts 2016 (2016, San Francisco Ballet)
+ Justin Peck In Crease (2012, New York City Ballet)
+ Jorma Elo Bach Cello Suites (2015, Boston)
— (mars-avril) John Cranko Romeo & Juliette (1962, Stuttgart Ballet)
— (mai-juin) George Balanchine Prodigal Son (1929)
+ Chaconne (1976) + Stravinsky Violin Concerto (1972)
— (mai-juin) Auguste Bournonville La Sylphide (1836) + Bournonville Divertissements
RÉPERTOIRE du BOSTON BALLET (2002 - 2015)
Chorégraphes : Pino Alosa, Karole Armitage (USA), Frederick Ashton (Royaume-Uni), George Balanchine (24 pièces), Christopher Bruce (Royaume-Uni), Val Caniparoli (USA), Jeffrey Cirio (USA), Lucinda Childs (USA), Florence Clerc, John Cranko (Afrique du Sud), David Dawson (Royaume-Uni), Alexander Ekman (Suède), Jorma Elo (Finlande), Sorella Englund (Finlande), Michel Fokine, Maina Gielgud (Royaume-Uni), James Kudelka (Canada), Jiří Kylián, Harald Lander (Danemark), José Martinez, Peter Martins (Danemark / New York City Ballet), Léonide Massine, Sabrina Matthews (Canada), Wayne McGregor (Royaume-Uni), Mark Morris (USA), Heather Myers (Canada), John Neumeier, Bronislava Nijinska, Vaslav Nijinsky, Mikko Nissinen, Rudolf Nureyev, Marius Petipa, Helen Picket (USA), Viktor Plonikov (Ukraine), Jerome Robbins, Twyla Tharp (USA), Antony Tudor (Royaume-Uni), Rudi van Dantzig (Hollande), Hans van Manen (Hollande), Christopher Wheeldon (Royaume-Uni), Norbert Vesak (Canada), Yury Yanowsky (Boston Ballet), Leonid Yakobson (Russie), Lila York (USA), Petr Zuska (République tchèque).
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