dimanche 28 juin 2026

lundi 22 juin 2026

Plan pour la Danse : voir la Conférence de presse & la Restitution de l'Etude « Ce que peut la danse »

Piste de décollage, 2018, Visuel choisi par Espaces Magnétiques, Photo Fabien Rivière

> MISE À JOUR du 23 juin à 17h - Précisions reçues

Un plan ambitieux pour la Danse sera dévoilé le mercredi 24 juin à 15h pendant le Festival Montpellier Danse lors d'une restitution. Il se nomme « Ce que peut la danse - 20 propositions pour un aménagement chorégraphique territorial », sous la forme d'un livret de 80 pages (nous y reviendrons alors). 

Onze structures se sont mobilisées : il est présenté par le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) avec l'Association des Centres Chorégraphiques Nationaux (A-CCN), l'Association des Centres de Développement Chorégraphique Nationaux (A-CDCN), l'Association des Professionnel·le·s de l’Administration du Spectacle (Lapas), Chorégraphes associé.e.s, le Réseau des Scènes conventionnées pour la danse (Sillage-S), la Réunion des Opéras de France (ROF), l'Office national de diffusion artistique (Onda), le Théâtre Louis Aragon de Tremblay-en-France (93), le festival Entrendanse et Thalie Santé. 

« La danse ne disparaît pas brutalement, mais s’efface progressivement des priorités des politiques culturelles. 

Le SYNDEAC publie une actualisation des propositions en faveur du « Plan pour la danse », engagé en 2020 [11 pages] (...)

En 2026, il ne s’agit plus d’alerter mais d'engager une refondation urgente.

Fragilisation des équipes artistiques, recul de la diffusion, précarisation des artistes, concentration des moyens, visibilité réduite dans les scènes pluridisciplinaires.
C’est l’ensemble de l’écosystème chorégraphique qui est sous tension.

Et pourtant, les chorégraphes continuent de créer et les publics de répondre présents. Cette vitalité masque une réalité plus silencieuse : la danse se développe dans des conditions de production de plus en plus contraintes, portée par l’engagement des artistes, des lieux et des équipes. » 
Fabien Rivière
COMMUNIQUÉS DE PRESSE : 
— Syndeac, Ce que peut la danse - 20 propositions pour un aménagement chorégraphique du territoire, 16 juin 2026  >  ICI  
— Syndeac, Pour un nouveau pacte républicain en faveur du spectacle vivant, 22 juin 2026  >  ICI
— Syndeac, Premier échange intersyndical avec la ministre de la culture : un dialogue renoué et une deuxième rencontre planifiée le 23 juin, 17 juin 2026  >  ICI   
— Association des Professionnel·le·s de l’Administration du Spectacle (Lapas), Impact de la crise sur la réalité des équipes artistiques et administratives : création diffusion, emploi, 15 juillet 2025  >  ICI
Association des Professionnel·le·s de l’Administration du Spectacle (Lapas), [sans titre - crise 2024], 27 mars 2024  >  ICI 
Association des Professionnel·le·s de l’Administration du Spectacle (Lapas), [sans titre - crise 2023], 4 avril 2023  >  ICI

Conférence de presse dans le cadre du Festival Montpellier Danse

Mercredi 24 JUIN à  11h30

JARDIN DE L'AGORA

L'accès à l'Agora se fait exclusivement par le 2 Boulevard Louis Blanc.

À suivre également en ligne  ICI   < REPLAY

👉🏼Pacte républicain

👉🏼Retour sur le rendez-vous avec la Ministre de la Culture la veille

En présence de 

Sandrine Mini, vice-Présidente du Syndeac - PAROLE POLITIQUE 

Bouba Landrille Tchouda, membre du bureau, référent du groupe danse du Syndeac

Olivier Lataste, délégué régional Syndeac Occitanie

Mélanie Perrier, Cie 2 Minimum, membre du conseil national du Syndeac, animatrice du groupe de travail Danse

Alexandre Bourbonnais, directeur délégué Mille Plateaux CCN, membre du conseil national du Syndeac, animateur du groupe de travail Danse

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Restitution Rapport « Ce que peut la danse »

Mercredi 24 JUIN à 15 h

SALLE BÉJART

L’accès à l’Agora se fait exclusivement par le 2 Boulevard Louis Blanc.

À suivre également en ligne  ICI 

👉🏼 Les 20 propositions du Syndeac pour remettre la création chorégraphique au cœur de l'action publique


En présence de  :

Dominique Hervieu et Pierre Martinez, codirecteurs de l'Agora, Cité internationale de la Danse
Bouba Landrille Tchouda, membre du bureau, référent du groupe danse du Syndeac
Mélanie Perrier, Cie 2 Minimum, membre du conseil national du Syndeac, animatrice du groupe de travail Danse
Alexandre Bourbonnais, directeur délégué Mille Plateaux CCN, membre du conseil national du Syndeac, animateur du groupe de travail Danse
AnitaAssociation des Professionnel·le·s de l’Administration du Spectacle (Lapas)
Thomas Da Silva Antunes, secrétaire général, Association des Centres Chorégraphiques Nationaux (A-CCN) et Association des Centres de Développement Chorégraphique Nationaux (A-CDCN),
 (Stéphan Kutniak, directeur du Syndeac, syndicat national des entreprises artistiques et culturelles) < ANNONCÉ MAIS NON PRÉSENT

dimanche 14 juin 2026

Hommage à Oliver Tree : Miss You

Oliver Tree & Robin Schulz, Miss You
Vidéo publiée il y a 3 ans. 382 M de vues
Le chanteur états-unien Oliver Tree est décédé ce jour à l'âge de 32 ans lors d'une collision entre deux hélicoptères au Brésil. Il était en tournée mondiale.

mardi 9 juin 2026

Le triomphe de Jeremy Nedd et Jolie Ngemi à l'Atelier de Paris

Jeremy Nedd, Arsenic - Centre d'art scénique contemporain, Lausanne, Suisse,
Capture d'écran Espaces Magnétiques

Le premier passage de la Manufacture - Haute école des arts de la scène, basée à Lausanne (Suisse), à l'Atelier de Paris à la Cartoucherie en juin 2023 nous avait laissé perplexe (notre article : Danse - La croisière "La Manufacture" s'amuse ?). Pas les interprètes, mais les propositions des deux chorégraphes. L'établissement d'enseignement présentait son « Spectacle de sortie » de son Bachelor en Contemporary Dance, qui se déroule sur trois ans. 

Pour son retour, on est revenu d'abord pour Jeremy Nedd, qui nous a passionné en février dernier avec sa compagnie, à Berne lors des Swiss Dance Days (notre article : La douceur de Jeremy Nedd (« from rock to rock... aka how magnolia was taken for granite »)). Que pouvait donner une création avec des jeunes gens sans doute moins expérimentés ? Le résultat est un pur bonheur. Nous étions de nouveau assis au premier rang, qui nous avait  paru une excellente position pour saisir la puissance sensible du travail.

 Faded future / future faded : A loop of social folk dance rituals, de Jeremy Nedd,
Photo Gregory Batardon

Jeremy Nedd est né à Brooklyn à New York et vit à Bâle en Suisse. Quand il énonce le titre de la pièce, Faded future / future faded : A loop of social folk dance rituals, en français Un avenir fané / un avenir qui s'estompe : une boucle de rituels de danse folklorique sociale, il affiche un large sourire malicieux. C'est que le titre n'est ni tragique ni dépressif. Le point de départ est une exploration des boucles, aussi bien musicales que physiques. La musique d'abord, électronique, exceptionnelle, une pulsation puissante plutôt binaire (le sol ?) sur laquelle sont ajoutées des nappes de sons plus mobiles et "légers" (l'air ?). La danse s'installe confortablement dans cet espace comme dans un ample loft. Elle n'est pas écrasée et ne cherche pas à entrer en concurrence avec le son. L'espace, vide, un sol d'un blanc immaculé, comme cadré sinon cerné par les trois murs noirs mis à nus du Théâtre de l'Aquarium. 

Le chorégraphe signe aussi la musique. Il explique d'ailleurs qu'il s'inspire « du compositeur américain d’avant-garde William Basinski [67 ans, basé à Los Angeles] et de son œuvre The Disintegration Loops (une série de quatre albums composés d’enregistrements de boucles de bande magnétique jouées sur de longues durées, captant l’augmentation progressive du bruit et des craquements à mesure que la bande se détériore [à écouter ICI]), et enfin de ma propre histoire en tant que DJ. »

Faded future / future faded : A loop of social folk dance rituals, de Jeremy Nedd,
Photo Gregory Batardon

Il y a du physicien chez Nedd, dans cette façon de mêler et travailler simultanément matière et pensée. On aime cette note, sérieuse et barrée, répétitive et évolutive, simple et complexe, concrète et poétique : 
Répétitions... Réitérations... Reconstitutions... Retours en arrière... Retours... Reprises... Répétitions... Revenus... Ressources... Ruptures... Vengeances... Réitérations... Répliques... Répétitions... Réitérations... Reconstitutions... Retours en arrière... Retours... Reprises... Répétitions... Revenus... Ressources... Ruptures... Vengeances... Réitérations... Répliques... 
Qu'on ne s'y trompe pas, la proposition est d'abord sensuelle, comme un flot d'amour, qui s'articule à une conscience aigüe du tragique. Il s'agit d'humains en mouvement dans l'espace et de structures ou de masses en reconfigurations incessantes. 

Make The Curtain Burn, photo Gregory Batardon

Jolie Ngemi présentait Make The Curtain Burn, en français Fais brûler le rideau. C'est une proposition solide, d'une énergie folle, emplie de vie et d'espoir. La chorégraphe en parle de façon très juste : 
Un groupe de créatures singulières se retrouve dans un club pour une dernière danse.
Leur frénésie relève d’un chaos ordonné, si puissant qu’il inonde le dancefloor et se déverse sur quiconque se tient sur son chemin.
Ces âmes brûlantes et tremblantes se meuvent entre elleux.
La chaleur, la fumée et le souffle saccadé, elleux célèbrent parce-que depuis le début, on l’a senti, on le sait, ce qui alimente notre unisson, c’est notre unicité.
Tous sont réunis pour une dernière fois au milieu du brasier de nos cœurs battant, crépitant, rugissant de joie.
Une fois de plus, les créatures se réunissent pour faire la fête. Le feu, les substances et la sueur nous porteront à travers cette nuit. Mais quoi que la nuit nous réserve, nous continuerons à danser, et donc à vivre. Nous continuerons à brûler ce rideau qui sont tout ces jugements, ces calamités et ces interdictions illimitées.
Qui pense qu'une chorégraphie avec une école (des pré-professionnel-le-s, faut-il le rappeler) est forcément moins pertinente que celle avec une compagnie de professionnel-le-s ? Deux chorégraphes inconnus, un public conquis et qui, debout, applaudit et exulte. On appelle cela un triomphe. Mérité.  
Fabien Rivière

Faded future / future faded : A loop of social folk dance rituals, de Jeremy Nedd et Make The Curtain Burn, de Jolie Ngemi, Théâtre de l'Aquarium, June Events (20° édition), Cartoucherie, Paris, vu le 5 juinEn savoir + 

TOURNÉE 
Arsenic, Lausanne
Je 28 - Di 31 mai 2026  En savoir +

Atelier de Paris CDCN / Festival JUNE EVENTS, Paris
Ve 05 juin 2026   

Pavillon ADC, Genève
Me 10 & Je 11 juin 2026  En savoir +

Charleroi Danse, Bruxelles
Ve 19 & Sa 20 juin 2026  En savoir +

Tanzhaus, Zurich
Me 01 & Je 02 juillet 2026  En savoir +
CRÉATIONS
Chorégraphes  Jolie Ngemi, Jeremy Nedd

Avec les étudiant·e·s de la promotion H du Bachelor en Contemporary Dance : 
Lee-Ann Aerni, Irina Badilita, 
Kim Bigler, Arlet Capella Margarit, 
Kalil Joigny, Hannah Marmoiton, 
Gabriel Meylan, Ambre Michel-Picque, 
Lily N'Diaye, Léna Piazza, Lorianne Singy

Assistante tournée  Krisztina Abrànyi

Direction Technique  Nicolas Berseth

Régie général et son  Ian Lecoultre

Régie Lumière  Clovis Marchon

Make The Curtain Burn

Création Son  Ian Lecoultre, Lorianne Singy

Création Lumière  Clovis Marchon

Faded future / future faded : A loop of social folk dance rituals

Création Son  Jeremy Nedd

Création Lumière  Clovis Marchon

Production  La Manufacture - Haute école des arts de la scène, Lausanne

lundi 1 juin 2026

MUTTLEE (Los Angeles, USA), LET THE METAL SING + DUMB ANIMALS + KICK IT DOWN + COUP

Extraits de l'album LET THE METAL SING, publié le 23 janvier 2026.
MUTTLEE est un projet porté par Levi Evans, originaire de Dublin en Irlande, installé à Los Angeles.
L'ALBUM (écoute et achat)  >  bandcamp
MUTTLEE sur YOUTUBE  >  ICI 
MUTTLEE
POCHETTE DE L'ALBUM


lundi 25 mai 2026

« Regarde ce que ça provoque, les archives ! » : Un livre, « Lolita Danse », un vinyl et des T-shirts Lolita

Le Bal des mutants, Zoopsie Comedi, Biennale de la danse, Lyon,1986, Lolita Danse 
Couverture de l'ouvrage Lolita Danse, Photo Fabien Rivière
Le Bal des mutants, Zoopsie Comedi, Bataclan, 1987, Lolita Danse
Alain, Thierry, Marcia, Arnaud, Daria, Eric et Dominique, Loge, Sesc Pompeia, São Paulo, 
Qui a tué Lolita, 1983, Lolita Danse

En France, après 1968, puis dans les année 70 et jusqu'en 1985, la danse contemporaine a vu l'émergence d'un grand nombre de collectifs : Ouverture en 1968, Les Ballets de la Cité en 1969, Danse Théâtre Expérience et le Théâtre du Silence en 1971, puis Free Dance Song, le Cercle, Compagnie Arcor, Watercress, Mâ Danse Rituel Théâtre, Le Four Solaire, le Plateau-Bascule, Théâtre Pied Nu, La Main, Moebius Danse, L'Atelier Contact, Indépendanse, Le Groupe Dunes, Crowsnest Trio, La Salamandre, Terrain Vague, Association IB et quelques autres (selon l'inventaire de la danseuse et chorégraphe Dominique Rebaud avec l'aide de la danseuse Michèle Prélonge). 

Ainsi, Lolita apparaît quant-à-lui en 1981, constitué de jeunes gens entre 21 et 27 ans, pour la plupart danseurs, dans la mouvance du chorégraphe états-unien Alwin Nikolaïs (1910 - 1993) qui a dirigé de 1978 à 1981 la première école uniquement consacrée à la danse contemporaine en France, le Centre National de Danse Contemporaine (CNDC) d'Angers, fondé en janvier 1978. Ils sont dix : Marcia Barcellos, Alain Michon, Catherine Langlade, Dominique Rebaud, Philippe Chevalier, Santiago Sempere, Daria Eliès Núñez, Arnaud Sauer, Thierry Azam et Éric Wurtz. Le nom réfère au célèbre roman Lolita de Vladimir Nabokov paru en 1955. Le groupe veut éviter la verticalité du pouvoir dans les mains d'un unique chorégraphe qui s'accapare le travail des danseurs en son seul nom. Le collectif se dissout en 1989 : « Lolita s'est terminé dans la bonne humeur et le respect. »
 
L'aventure sera intense, fulgurante en quelque sorte, dont témoigne l'ouvrage de plus de trois cents pages qui vient de paraître sous un titre sobre et efficace, Lolita Danse, chez un jeune éditeur, MESS, dont c'est la première publication. Un coup de maître, fruit de trois ans de travail de dix personnes, mais pas à temps plein pour tous, sur les archives déposées au Centre National de la Danse à Pantin (93). Les ex-Lolita ont fait confiance à l'éditeur, et découvert le résultat à la parution. Ils sont ravis. 

Si l'archive est souvent perçue comme un simple stock de documents inertes du passé perdus dans un coin dans l'indifférence générale, Dominique Rebaud va formuler une remarque stimulante. Lors de la journée de lancement de l'ouvrage, observant tous les gens de différentes générations et notamment des familles avec de jeunes enfants, rassemblés pour l'occasion, elle va lancer alors un vivifiant : « Regarde ce que ça provoque, les archives ! » Soit une capacité à mobiliser encore des enthousiasmes. En effet.   
Fabien Rivière
Lolita Danse, Bilingue (anglais, français) Couverture souple, 312 pages, 29 × 21 cm (format à l’italienne), Mars 2026, Editions MESS, ISBN: 978­1­0369­6670­62026, 70 €. 
Imprimé sur du papier recyclé ou issu de sources durables et publié avec le soutien de Fedrigoni (« Papiers d'exception pour créateurs »).

OÙ TROUVER L'OUVRAGE ? : 
— Librairie sans titre - 143, Avenue Parmentier, 75010 Paris. Métro Goncourt. Site
— Commander sur le site de la maison d'édition MESS : ICI    
— Diffusion par Les Presses du Réel : ICI  

OÙ TROUVER LA MUSIQUE ? : 
THE  LOLITA YEARS, par Pray-Pax [Thierry Azam et Alain Michon] 
LE DIGITAL ? : sur Bandcamp (publié le 24 octobre 2025)  > ICI   
LE VINYL ? :  ICI 
Photo Fabien Rivière
OÙ TROUVER LES T-SHIRTS ? : ICI 
Lolita Long Sleeve  [manches longues] Shirt  >  45€  
Lolita Long Sleeve  [manches longues] Shirt  >  45€ 
Lolita Long Sleeve  [manches longues] Shirt  >  45€  
White Child T-Shirt  ["LOLITA DANSE"]   >  17€
Yellow Child T-Shirt  ["LOLITA DANSE"]  >  17€ 
Yellow Child T-Shirt, Photo Fabien Rivière
White Child T-Shirt, Photo Fabien Rivière
ARCHIVES VIDÉO ?
LES ŒUVRES sur NUMERIDANSE  >  ICI  

lundi 20 avril 2026

Tubeway Army (UK), Are 'Friends' Electric?

Extrait de l'album Replicas, 16 titres, publié le 6 avril 1979.
Chanteur : Gary Numan. 
L'ALBUM (achat)  >  bandcamp   
ALBUM Replicas Redux, 27 titres, paru le 4 mars 2008. bandcamp
POCHETTE DE L'ALBUM REPLICAS


samedi 11 avril 2026

Comment vont les femmes ? (Sarah Adjou + Abou Lagraa)

Comment vont les femmes ? Pour une tentative de réponse, direction les Plateaux Sauvages, sur les hauteurs de Ménilmontant (Paris 20°), où sa directriceLaëtitia Guédon, s'est associée à la directrice du Théâtre de Suresnes (92), Carolyn Occelli, pour cette 7° édition de L'Équipée - Création au féminin. Avec une thématique : « le désir ». Et un petit speech des deux avant le spectacle, dans la salle. Pour une soirée en deux parties. 

Sarah Adjou, Photo Laurent Philippe

Voici Sarah Adjou, dans un solo accompagné au piano à queue noir à la gauche du plateau par Grégoire Letouvet. Le costume, très beau, d'un rouge flamboyant, recouvre l'ensemble du buste et la tête, et suggère la corolle d'une fleur, une rose ou une tulipe, refermée. La femme est une rose, cette femme est une rose. Les pieds et les jambes sont nus, dans un travail du bas du corps très graphique, élégant, qui peut rappeler la star que fut Zizi Jeanmaire (1924 - 2020), danseuse de ballet, chanteuse, meneuse de revue et comédienne, muse du chorégraphe Roland Petit. La fleur va éclore, abandonnant sa peau. La suite propose un portrait tourmenté, de nature psychologique, comme l'aime le ballet classique, pour une fin plus apaisée. 

Abou Lagraa, Photo Laurent Philippe

Quelle est donc cette créature qui évolue sur le plateau, dans une relative pénombre, cette forme recouverte d'un tissu noir qui cache la totalité du corps, et ne laisse apparaître que les mains et les avant-bras. C'est une femme, se dit-on. On songe d'abord à un tchador, où l'on peut voir le visage (même si ici il n'est pas visible), le niqab permettant d'apercevoir les yeux uniquement, la burqa cachant tout. Donc, ici, c'est l'esprit du niqab. Elle avance en tournoyant. Une apparition, un fantôme, un spectre, une prisonnière ? Est-ce banal ou menaçant ? Que veut-on nous signifier ? On ne sait pas trop. Au centre de l'espace, un tapis de prière. Puis, surprise, l'inconnue s'y positionne, face au public, et découvre son visage : c'est Abou Lagraa en personne, cheveux courts, corps rond, souriant (si ma mémoire est bonne). Il porte en fait un jogging noir très large sinon informe, pailleté. Et va enfiler une veste métallisée, à l'opposée du niqab. C'est alors le temps des transformations, cash et trash, infernales sinon maléfiques, dans un registre plus théâtral : un roi sinon un dictateur, en transe, en plein délire, une femme (et une reflexion sur le genre, son genre ?), un prisonnier, un ogre, un fou (et pourquoi pas un assassin finalement), une mendiante, etcetera. Convulsions du monde ou autoportrait ? Peut-être les deux, en définitive.

Quoiqu'il en soit, les femmes, ou ces femmes, souffrent. On ne saura pas pourquoi. On ne connaîtra pas l'origine du mal ou des maux. Pourquoi pas. Et, en ont-elles même conscience d'ailleurs ? Ainsi va la vie. 
Fabien Rivière 

Festival L'Équipée - Création au féminin, 7° édition, Plateaux Sauvages, Paris 20°, 8 et 9 avril 2026. En savoir +  

mardi 7 avril 2026

Hommage à Charlie Dumortier

CHARLIE DUMORTIER


Le 27 décembre 2017, Charlie Dumortier acceptait de m'accompagner pour visiter l'installation du Japonais Hiroaki Umeda à La Villette (Paris). Peu après, il m'envoyait cette vidéo magnifique, que l'on découvrira ci-dessus. 

Il aura exercé différents métiers. Dans le domaine  artistique, on a pu écrire :  
« Adolescent, Charlie découvre le théâtre à l’école des arts de Marcoussis [91], puis en tant que comédien dans une adaptation burlesque des Précieuses ridicules de Molière. Il se forme ensuite au sein de l’école de théâtre Charles Dullin à Paris, y aborde le théâtre classique et contemporain, masque, mime, chant ainsi que la danse contemporaine. Il écrit et met en scène sa première pièce, Maryline Suspendue, un spectacle transgenres et iconoclaste qui questionne l’identité, représentée à Montpellier.
Il continue de lier théâtre et musique comme comédien et metteur en scène dans sa seconde réalisation Venus bleue, la garden party des fleurs du mal, une mise en scène et en musique de la poésie, de l’œuvre et de la vie de Charles Baudelaire, présentée à Paris.
Passionné de musique, d’arts vivants et de poésie, il ne cesse de s’interroger sur les questions identitaires et sexuelles. »
Il est mort de façon tragique le samedi 10 janvier 2026 à l'âge de 37 ans. Qu'il repose en paix. 
Fabien Rivière
PS. Le vendredi 14 juin 2024, quelques jours avant le premier tour des élections législatives du samedi 29 et dimanche 30 juin, il publiait le vibrant texte que nous publions in-extenso ci-dessous : 

Mes freres, mes amies, mes amants,
Mes très cher hommes qui aiment les hommes. 
Aimez vous, vous le meritez. 
Vous savez tres bien qu'en choisissant ces idées là qui en detestent d'autres, vous serez les prochains sur la liste. 
Il ny a pas de compromissions.
Pas de négociations a faire avec la haine et le rejet. 
Il n'y a pas de hiérarchie a faire parmis les gens qui ne leur ressemblent pas.
Meme si ils vous le font croire,
Au fond ils vous detesteront toujours car vous ne serez jamais la version du citoyen qu'ils désirent. 
NOUS ne serons jamais cet homme la.
Blanc, HETERO, catho, realisant leur model familiale.
Vous le savez ! 
Votre vie entiere repose sur la difference.
Vous vous etes émancipés et avez évolué dans une communauté alternative mais absolument légitime dans cette société.
Les différences sont légitimes d'exister.
Elles sont puissantes et sublimes. 
Elles sont nos singularités réciproques.
Nous sommes differents, beaux et puissants.
Nous sommes constituants dans cette société française.
Dans votre parcours, vous avez intégré le rejet, la haine, la violence que notre société nous inflige d'une facon ou d'une autre a un moment donné de votre vie. Que vous en soyez concsient ou pas.
Et pour mieux survivre a ce chaos, vous avez acceptez le pacte que " ces gens là " vous proposent : déverser a votre tour la haine, la violence, le rejet sur d'autres.
Votre enfant interieur qui souffre à accepté ce pacte dans l'espoir d'être mieux aimé par son bourreau.
Ca ne sera pas le cas. 
Ca ne sera JAMAIS le cas.
Qu'importe ce qu'ils vous font espérer.
C'est faux !
Regardez l'histoire. Ce genre de situation s'est deja jouée et se jouera encore pour nous.
Rejetez d'autres communautés ne vous rendra pas plus acceptable a leur yeux.
C'est de la poudre aux yeux.
Apres s'en être pris a certains boucs émissaires que vous pointez du doigts, les pensant injustement responsables, des maux de notre société,
Viendra le tour d'une autre communauté puis d'une autre et enfin de la notre.
Oui, en leur donnant une légitimité.
Vous ouvrez leur boite monstrueuse. 
Et leurs partisans se feront une joie de se sentir légitimes a leur tour pour nous faire la peau.
Car ne vous y tromper pas, ILS nous la feront.
ILS deverseront leurs mots dégueulasses a notre sujet
Sans aucune gêne, ils injecteront peu a peu l'idée que nous sommes décadents et nocifs. 
Ils nous discrimineront, nous tabasseront.
Il nous priveront peu a peu de nos droits.
Des choses tres simples et factuels, par exemple, ils diront que l'argent du contribruable ne doit plus servir a financer et couvrir la santé de nos sexualités. Imaginons quelque-chose de simple qui touche a votre quotidien ; la fin des remboursements pour les traitements Prep et antirétroviraux. 
Ba oui, vous ne pensez tout de meme pas que leur maniere de regler les " problèmes de la france " se ferra avec des pincettes.
Ils ont deja commencé à infuser leur venin.
Mais si, souvenez vous il y a encore quelques années, ces memes armées d'électeurs qui marchaient fièrement en rose et bleu dans les rues parceque nous sommes " contre nature " a leur yeux. Ce sont ces gens là qui constituent leur socle idéologique. 
Ils reviendront sur nos droits, nos acquis et nos luttes. Vous ne les connaissez peut etre pas, mais nos anciens ont menée de longues batailles pour que vous puissiez vivre une vie a peu pres normale aujourd'hui sans meme vous poser de question.
Les actes violents le seront encore plus et nous devrons survivre avec.
Nos freres et sœurs Trans seront les premières et premiers exposées a des rafles de violences mortelles. Elles et ils le sont déjà, alors imaginez demain.
Et puisque la police est gangrènée par la violence et quelle sera encore moins contrôlée a ce moment là, Imaginez nous dans ce contexte allez chercher de l'aide aupres deux. 
Le fachisme c'est ça ! 
Et ils ont beau enrober de sucre leurs manières et leurs discours, ils resteront fachos.
En votant pour l'extrême droite, vous votez pour votre bourreau déguisé !
Nous meritons l'amour et la paix comme chacun. 
Nous meritons notre place dans cette société.
ILS nous detestent et ILS nous detesteront toujours. 
Car nous ne seront jamais la version de la société quils veulent. 
Alors que nous sommes cette société !
Chaque personnes en France est cette société !
Aucune tergiversation, c'est ainsi. 
La France de part son histoire est et a toujours été composée d'une multitude de communautés.
L'image d'Épinal d'une vieille france surannée et uniformisée que l'on souhaiterait faire revivre n'est qu'une legende. 
Et quand bien même, ILS voudraient la mettrent en place, le sens de ce scénario nous placerait directement en ligne de tir.
Je sais que ce que vous avez dû traverser est difficile ; une Mer de solitude, de rejet, de desespoir et de violence. Et vous avez trouvez au sein de notre communauté un refuge.
D'autres aussi traversent ces mers afin de trouver chez nous la paix que chacun mérite. Pour trouver dans notre communauté française un refuge. 
Ce nest pas toujours simple et rapide de trouver sa place. 
Aucun chemin n'est simple pour les gens différents, singuliers, admirablement divergents et sophistiqués, les gens qui souhaitent une vie meilleure.
Celui qui nous mène au soin et l'amour de sois en vaut la peine.
Ne soyez pas cruel avec vous même. Ne leur offrez pas la lame qui vous transpercera.
Les minorités ont le même persécuteur. 
Qu'importe si nous, différentes communautés minoritaires, ne nous comprenons pas toujours tres bien. 
Notre persécuteur sera commun !
Si nous ne sommes pas capable de le comprendre et nous rassembler pour lui faire barage alors il ne fera qu'une bouchée de nous.
Aimons nous maintenant. 
Il ny a pas d'autre remède.
Le reste n'est qu'un piege fourbe et diabolique, je vous assure.
Ne soyez pas "la dinde qui vote pour Noël " en pensant que cette année le menu sera végétarien.

dimanche 5 avril 2026

Christian Rizzo, un curateur campagnard (« une assemblée des gestes (épisode 1) »)

Les Magasins Généraux, Photo DR

On connaît le chorégraphe Christian Rizzo (au sujet de sa dernière création ICI). Voici le curateurLe chorégraphe est artiste associé au Centre national de la danse (CND) à Pantin (93) en 2025 et 2026 (ICI). Le bâtiment situé le long du canal de l'Ourcq étant en travaux (Les travaux de rénovation des façades du Centre national de la danse enfin réalisés ?), c'est dans le cadre d'une programmation hors-les-murs aux Magasins Généraux, 1,2 kilomètres en amont, qu'il propose avec la commissaire d'exposition Anne-Laure Lestage l'exposition une assemblée des gestes (épisode 1). 

Entrée de l'exposition, Photo Fabien Rivière

Les Magasins Généraux est un bâtiment industriel des années 30 réhabilité, ouvert en 2017 à l'issue de trois années de travaux pour un budget de 45 millions d'euros, piloté par BETC. Au rez-de-chaussée, se situe le lieu culturel du même nom, et le restaurant DOCK B. Dans les étages, c'est le nouveau QG de 18.000 m² de BETC, qui se définit ainsi : « + de 1 000 talents. Une présence mondiale. Un savoir-faire hors pair. Implantés à Paris, New York, Shanghai, São Paulo et Londres. Nous sommes convaincus qu’un travail créatif d’exception bâtit des marques fortes et durables, et que les actions radicales ont plus de poids que les belles paroles. Alors, parcourez notre site, explorez-le, découvrez ce qui vous interpelle et venez nous dire bonjour. Nous sommes BETC. Et aussi une agence de publicité. » (En version originale, cela donne : « 1,000+ talents. Global reach. Serious craft. Grounded in Paris, New York, Shanghai, São Paulo, and London. We believe great creative work builds powerful, long-lasting brands & radical actions speak louder than pretty words. So scroll around, explore, see what sticks and come say hi. We are BETC. Also an ad agency. ») (ICI)

Les mondailles, de Deborah Bron et Camille Sevez, Photo Fabien Rivière 
Après la performance Les mondailles, Photo Fabien Rivière

Le vendredi 3 avril à 18h se déroulaient des « Performances inaugurales », en cinq parties. 

Deborah Bron et Camille Sevez présentaient Les mondailles, où il était proposé au public de venir s'assoir autour d'une longue table, et, devant un imposant tas de noix, de les casser et de les manger. Le programme précisant ainsi : « Le terme « mondailles » fait référence à une tradition rurale où les villageois se retrou- vaient pour casser des noix dans un moment de partage où circulaient des savoirs, des récits et des gestes. Pour Deborah Bron et Camille Sevez, ce rituel collectif a été le point de départ d’une expérimentation artistique et théorique ; en déplaçant ce geste, elles pro- posent un espace d’échange où la discussion s’ouvre pour questionner la place de l’art dans le développement et le renouvellement des territoires ruraux, et sur les questionne- ments qui façonnent les pratiques des jeunes artistes engagés sur ces terrains. » 

Scénographie de La part inouïe, de Clara Denidet et Gabriel Thiney, Photo Fabien Rivière  
Scénographie de La part inouïe, de Clara Denidet et Gabriel Thiney, Photo Fabien Rivière  


Clara Denidet et Gabriel Thiney signent et interprètent La part inouïe. La première est artiste et autrice. Le second, vannier osiériculteur, entre le massif du Luberon (dans les Alpes-de-Haute-Provence et le Vaucluse) et le massif du Morvan (en Bourgogne-Franche-Comté). On les observe ainsi manipuler des branches d'osier qu'ils déposent dans une échelle de tri en bois. Au sol, des paniers culbutos et tonneau.  

Scénographie de L'instant n'a que nos gestes, de Jordi Galí, Photo Fabien Rivière
L'instant n'a que nos gestes, de Jordi Galí, Photo Fabien Rivière
L'instant n'a que nos gestes, de Jordi Galí, Photo Fabien Rivière

L'instant n'a que nos gestes est un solo de Jordi Galí - cie Arrangement Provisoire où il manipule, dans un silence bienvenu, des planches en bois et un pneu, dans une recherche d'un équilibre provisoire. Il est indiqué sur un cartel : « (bois, pneu, corde, temps et amour) »

Flags Parade, de Darius Dolatyari-Dolatdoust, Photo Fabien Rivière
Flags Parade, de Darius Dolatyari-Dolatdoust, Photo Fabien Rivière

Darius Dolatyari-Dolatdoust est un artiste franco-irano-allemand-polonais. Pour ce quatuor, Flags Parade, les interprètes se changent à vue et portent des costumes bariolés. Ils avancent au milieu du public, se roulent au sol, marchent, errent, crient, etc.

Guiiiiiiiiiitares, de Jacques Averna, Photo Fabien Rivière 

Jacques Averna clôt la soirée avec Guiiiiiiiiiitares, un concert avec lui-même, Magali Brueder, Samuel Chochon et Louis Guego. Le cartel indique : « Aulne, contre-plaqué, acier, peinture, cordes, micro »
Fabien Rivière 

une assemblée des gestes (épisode 1), de Christian Rizzo et Anne-Laure Lestage, 3 avril > 24 mai, Magasins Généraux, Pantin (93).
Entrée libre et gratuite, du mercredi au dimanche, 14h > 19h, sauf les soirs de représentations.
 ♿️ Accessible aux personnes à mobilité réduite
1 rue de l’Ancien Canal, Pantin

——— ÉVÉNEMENTS (pendant la durée de l’exposition) : 
— jeudi 30 avril 
            18h30>19h - Atelier et déambulation - Entrée libre sur réservation
             Vânia Vaneau  Carnaval
            19h - rencontre autour de l'ouvrage Corpo Mundo  En savoir +
— jeudi 7 mai 
            18h30>19h15 - Performance culinaire - Entrée libre sur réservation 
             Lei Saïto  paysage comestible 
— samedi 23 mai - dans le cadre d’1 km de danse 2026 à Pantin 
             14h>15h - Fabien Almakiewicz  Échauffement géant
             18h30>19hDarius Dolatyari-Dolatdoust  Flags Parade

— 9.10.2026 > 21.02.2027 : Maison-main, une assemblée des gestes (épisode 2), au Crac Occitanie - Centre régional d'art contemporain à Sète (Hérault)  crac.laregion.fr