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vendredi 3 mai 2019

Élections de Blanca Li, Thierry Malandain et Angelin Preljocaj à l'Académie des beaux-arts


(haut) Angelin Preljocaj et Blanca Li, (bas) Thierry Malandain, 
Photos Jörg Letz, DR et  Frédéric Néry - Yocom - Visuels fournis par l'Académie des beaux-arts.

Dans la foulée de l'élection du chorégraphe Jiří Kylián à l’Académie des beaux-arts (Paris, France) (cf. Installation de Jiří Kylián à l'Académie des beaux-arts + Appel à candidatures), on vient d'apprendre le 24 avril les élections à la toute nouvelle section de chorégraphie de cette Académie des chorégraphes Blanca Li (55 ans), Thierry Malandain (60 ans) et Angelin Preljocaj (62 ans). Soit une représentante de la danse hip hop et deux néo-classiques (ou faut-il dire deux utilisateurs de la technique (de la danse) classique ?). Il y avait 6 candidats à postuler (les 3 autres noms ne sont pas communiqués). On est élu à vie. 

D'une façon générale, l'activité des académiciens consiste principalement à se réunir tous les mercredis après-midi selon un ordre du jour fixé au préalable dans le cadre d'une séance plénière dans la Grande salle des séances, qui n'est pas ouverte au public. Ils publient 3 fois par an La Lettre de l'Académie, thématique (par exemple, Un bestiaire des arts en 2019, Art et littérature et L'Utopie en 2018; ICI). Ils peuvent prononcer des Communications (ICI). Ils peuvent aider financièrement des artistes en difficultés.  

D'une façon spécifique, la section Danse pourra remettre un Prix si elle le souhaite. 

Enfin, trois cérémonies distinctes d'installation sous la Grande Coupole sont prévues pour le second semestre 2020 (il y a six installations par an, et il y avait un certain nombre de sièges vacants à pourvoir d'où un certain retard). La tradition veut que le nouvel élu fasse l'éloge de son prédécesseur. Pour les nouveaux sièges créés, l'élu peut faire l'éloge par exemple de sa discipline. 

On regrettera l'absence de la danse contemporaine qui a pourtant produit des œuvres, des pratiques et des pensées très riches et diversifiées depuis la fin du 19° siècle.  
Fabien Rivière

vendredi 8 mars 2019

La « Gravité » sans gravité d'Angelin Preljocaj

Gravité, d'Angelin Preljocaj, Photo Jean-Claude Carbonne

Créée en septembre 2018 pour la Biennale de la danse de Lyon, Gravité, la nouvelle pièce pour 13 danseurs du Ballet Preljocaj, basé à Aix-en-Provence, était présentée à Paris au TND (Théâtre national de la danse) Chaillot, en février pour une série de 13 représentations.

Dans la feuille de salle, le chorégraphe explique :  
La gravitation est l’une des quatre forces fondamentales qui régissent l’univers. Elle désigne l’attraction de deux masses. Elle est invisible, impalpable, immanente. C’est pourtant elle qui crée ce qu’on appelle la pesanteur. 

Depuis des années, les notions de poids, d’espace, de vitesse et de masse ont traversé de façon intuitive ma recherche chorégraphique. (...)

(...) j’attends de cette problématique de la gravité qu’elle m’ouvre de nouveaux espaces d’écritures. // J’ai besoin régulièrement d’entrer dans la chair de mon langage, de réinterroger abstraitement le mouvement en revenant aux bases. 

À vrai dire, ce que l’on voit sur le plateau diffère sensiblement de ce que pense faire le chorégraphe. La pièce alterne des scènes qui sont travaillées par la question du couple (hétérosexuel) — où la femme est l’égale de l’homme voire le domine dans un rituel sado-masochiste, — et des ensembles assez mécaniques, rapides et efficaces. Pourquoi pas traiter du couple, en effet. On peut toujours prétendre qu’il incarne « l’attraction de deux masses », sauf que l’on est ici dans le registre de la psychologie traditionnelle et non pas dans celui de la physique des particules.

Angelin Preljocaj se dit « fidèle à un principe d’alternance entre des pièces de recherche pure et des ballets plus narratifs ». Dit autrement, il alternerait pièce de danse contemporaine et pièce de danse classique. Il aurait la souveraine liberté de pouvoir passer de l’un à l’autre. Mais ce que l’on voit c’est que ce travail qui se veut contemporain est en réalité très classique, plus précisément très plombé par les façons de penser et de faire de la danse classique. Preljocaj est de toute façon depuis longtemps plus un "classique" qu’un "contemporain". Il pense pouvoir jouer sur les deux tableaux. Mais le peut-on ? Et qui le peut ? Il faudrait aussi parler de ce passage étrange, faible, et hors sujet ?, vers la fin, où soudain retentit le Boléro de Maurice Ravel, qui demeure hanté par ce qu’en a fait magistralement Maurice Béjart en 1960 avec son Ballet du XX° siècle, autrement plus élégant, construit, puissant (par exemple avec Maia Plissetskaïa, en 1974, à voir ICI). 

Le tout est plus une machine spectaculaire qu’une œuvre, au sens de l’expression existentielle d’un créateur. 
Fabien Rivière
Gravité, d'Angelin Preljocaj, TND Chaillot, du 7 au 22 février 2019. En savoir +  TOURNÉES 

jeudi 17 novembre 2016

Citation - Jérémie Bélingard, danseur étoile, Ballet de l'Opéra national de Paris

Jérémie Bélingard dans Polina, danser sa vie, Photo Carole Bethuel - Everybody on Deck 


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Interrogé au sujet de son rôle dans le film Polina, danser sa vie de Valérie Müller et Angelin Preljocaj, qui sort sur les écrans le 16 novembre (ICI), le danseur étoile Jérémie Bélingard déclare dans une interview (ICI) : 
Où en êtes-vous de votre carrière ?

Je ferai mes adieux à l'Opéra de Paris en mai prochain, dans un programme que je créerai. Je me suis éclaté comme un fou pendant toutes ces années, mais maintenant j'ai mal partout depuis trois-quatre ans, c'est difficile. Je ne regrette rien, mais je n'ai plus du tout envie de danser pour les autres. J'ai plus aimé, je crois, la fabrication des rôles que les danser. Bien sûr, il y a eu des rencontres, j'ai parlé de Roland Petit, mais travailler avec Bill Forsythe a été quelque chose d'extraordinaire et j'ai pu le vivre à plusieurs reprises. Pour l'instant, je fais de la musique. Et le cinéma me choisira peut-être encore…

lundi 22 août 2016

Danse au cinéma : une rentrée 2016 diverse

La rentrée Danse au cinéma s'annonce diverse, dans une rentrée cinéma chargée. Vont se succéder : le 24 août ELEKTRO MATHEMATRIX une « comédie musicale urbaine » de Blanca Li située dans un lycée et sans parole, le 7 septembre une nouvelle version de Relève : Histoire d'une création de Thierry Demaizière et Alban Teurlai, qui montre Benjamin Millepied à l'Opéra de Paris créant son ballet Clear, Loud, Bright, Forward, le 28 septembre Anna Halprin et Rodin : voyage vers la sensualité de Ruedi Gerber et La Danseuse de Stéphanie Di Giusto, quand Loïe Fuller rencontre Isadora Duncan, avec Soko (Loïe Fuller), Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp (Isadora Duncan) et François Damiens, et le 16 novembre Polina, danser sa vie, adapté de la BD de Bastien Vivès, le parcours de Polina, danseuse classique russe, avec Nastya Shevtzoda (Polina), Juliette Binoche, Niels Schneider et Jeremie Belingard, filmé par Valérie Müller et son époux Angelin Preljocaj.  
Fabien Rivière

ELEKTRO MATHEMATRIX
    Sujet : comédie musicale      
Réalisation : Blanca Li
   Sortie : 24 août  —  Durée : 1h25   > Film & Séances 



SYNOPSIS >  « Elektro Mathematrix est une comédie musicale urbaine. Drôle, sensible et sans aucun dialogue, ce film, entièrement chorégraphié, propose une vision positive de la vie quotidienne dans un lycée, celle de jeunes drôles et créatifs, jouant avec humour leurs amitiés, leurs rivalités, leurs inquiétudes et leurs espoirs... »


Relève : Histoire d'une création
    Sujet : Benjamin Millepied à l'Opéra de Paris      
Réalisation : Thierry Demaizière et Alban Teurlai 
 Version cinéma  —  Sortie : 7 septembre  —  Durée : 2h7  > Film & Séances

SYNOPSIS >  « Benjamin Millepied, danseur chorégraphe français, est nommé directeur de la danse de l’Opéra National de Paris en novembre 2014. Sa jeunesse, son regard moderne, sa culture et sa notoriété doivent apporter un renouveau dans la prestigieuse institution. Aussi bien dans ses choix créatifs que par ses méthodes de travail auprès des jeunes danseurs du corps de ballet, Benjamin Millepied va révolutionner les codes de la danse classique. RELÈVE raconte le processus de création de son nouveau ballet Clear, Loud, Bright, Forward, une incroyable épopée pleine d’énergie. »


Anna Halprin et Rodin : voyage vers la sensualité
    Sujet : Rodin dansé nu sur des plages et dans des forêts de Californie    
 Sortie : 28 septembre - Durée : 1h2    > Film & Séances
Réalisation : Ruedi Gerber (Suisse)
SYNOPSIS > « À partir des sculptures d’Auguste Rodin, la chorégraphe Anna Halprin, pionnière de la danse, aujourd’hui nonagénaire, réalise une mise en scène pour sa troupe Sea Ranch Collective et crée des chorégraphies sensuelles, stupéfiantes, interprétées par des danseurs entièrement nus sur les plages et dans les forêts de Californie.

Profondément marquée et inspirée par les sculptures de Rodin qu’elle découvre à Paris, Anna Halprin donne expression, dans une nouvelle création, à son espoir pour la vie et pour l’humanité.

Sur la musique de Fred Frith, ce portrait émouvant capture l’essence de la démarche artistique d’Anna Halprin, son sens extraordinaire du mouvement et son attachement pour Rodin , ainsi que la profondeur du lien unissant sa troupe à la nature. »

REMARQUE C'est le second film que Ruedi Gerber consacre à Anna Halprin, après Anna Halprin, le souffle de la danse, qui date de 2012 (cf. notre article ICI).


La Danseuse
    Sujet :  Loïe Fuller rencontre Isadora Duncan     
 Sortie : 28 septembre - Durée : 1h48    > Film & Séances
Réalisation : Stéphanie Di Giusto
 Avec Soko (Loïe Fuller), Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, 
Lily-Rose Depp (Isadora Duncan), François Damiens
SYNOPSIS >  « Loïe Fuller est née dans le grand ouest américain. Rien ne destine cette fille de ferme à devenir la gloire des cabarets parisiens de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Cachée sous des mètres de soie, les bras prolongés de longues baguettes en bois, Loïe réinvente son corps sur scène et émerveille chaque soir un peu plus. Même si les efforts physiques doivent lui briser le dos, même si la puissance des éclairages doit lui brûler les yeux, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter la chute de cette icône du début du 20ème siècle. »


Polina, danser sa vie
    Sujet : le parcours de Polina, danseuse classique      
 Sortie : 16 novembre — Durée : /   > Film & Séances
Réalisation : Valérie Müller et Angelin Preljocaj
Avec Nastya Shevtzoda (Polina), Juliette Binoche, Niels Schneider et Jeremie Belingard
SYNOPSIS > « Polina, danser sa vie a pour héroïne, une jeune danseuse étoile russe âgée de huit ans. Polina est promise à une belle carrière. Elle commence par intégrer une école qui prépare ses élèves au Bolchoï. Elle décide par la suite de quitter son pays pour concrétiser tous ses rêves. Son parcours lui permettra de se créer une véritable identité d'artiste et d'essayer de nouvelles expériences professionnelles. Le film est réalisé par le chorégraphe Angelin Preljocaj et par Valérie Müller, son épouse. Il est adapté d'une bande dessinée écrite par Bastien Vivès (couverture à droite) [parue en 2011 ICI]. Au casting, la danseuse Nastya Shevtzoda et Juliette Binoche, vue dans Personne n'attend la nuit et Sils Maria d'Olivier Assayas. À leurs côtés, Niels Schneider (Les amours imaginaires) et Aleksei Guskov (Le concert). Le tournage a eu lieu à Paris, à Aix-en-Provence (au Pavillon Noir, le lieu que dirige Preljocaj) et à Moscou. »