mercredi 26 novembre 2014

Dresde - Installation - William Forsythe, Black Flags


L'installation Black Flagsen français Drapeaux Noirs ou Pavillons Noirs, du chorégraphe William Forsythe est présentée à la Kunsthalle im Lipsiusbau Dresden, soit en français Galerie d'art de Lipsiusbau [à] Dresde (Allemagne), du nom de son créateur au 19° siècle, le Professeur d'Architecture Constantin Lipsius (1). 

Il s'agit principalement d'une salle comprenant deux robots de couleur noire qui manoeuvrent chacun un grand drapeau noir. « William Forsythe a programmé leurs mouvements comme un contrepoint pour deux danseurs. Accompagné par le bruit du fonctionnement des robots. » Mouvements réglés par un algorithme. 

Le projet a été réalisé avec KUKA, plus précisément KUKA Roboter GmbH, une entreprise allemande de fabrication de robots industriels (site). 

On trouve par ailleurs deux travaux vidéos : l'installation Bookmaking (2008), mur de moniteurs qui montre William Forsythe performer; et une autre proposition. Un cycle de rencontres est organisé en parallèle (cf. Flyer, format Pdf).
Fabien Rivière
(1) En savoir +

Affiche : Direction artistique surfacegrafik.de, Photographie Jörg Baumann. Photos : David Brandt.

VIDÉOS - REPORTAGES SUR L'INSTALLATION (en allemand) ICI - ICI 

Black Flags, de William Forsythe, à la Kunsthalle im Lipsiusbau Dresden (Allemagne), du 27 novembre 2014 au 11 janvier 2015. SITE

William Forsythe dans l'espace de Black Flags, Capture d'écran Espaces Magnétiques

vendredi 21 novembre 2014

La municipalité de Blanc-Mesnil coule son Forum

Clarisse Fabre, Le Monde, 17 novembre 2014
« La ville du Blanc-Mesnil n’a pas à financer la création pour les Parisiens et le public d’Avignon ». C’est en ces termes, lors du conseil municipal, jeudi 13 novembre, que le maire UMP du Blanc-Mesnil, Thierry Meignen, a soumis au vote la fin du projet artistique du Forum du Blanc-Mesnil. Celui-ci a été initié il y a quinze ans par l’ancienne majorité communiste, dans cette banlieue de Seine-Saint-Denis. Concrètement, la subvention de la ville (1,8 million d’euros) ne sera pas reconduite en 2015, les vingt salariés de l’équipe ne savent pas ce qu’ils deviendront à compter du 1er janvier 2015. > SUITE 
—————————————————


COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Forum de Blanc-Mesnil : la municipalité a fait le choix du déconventionnement
 20.11.2014 à 15h30

Depuis 2000, le Forum de Blanc Mesnil est une scène conventionnée et bénéficie à ce titre de financements croisés d’un montant de 2 M€ sur 3 ans répartis entre la Ville du Blanc-Mesnil, l’État, la Région Ile-de-France et le Département de la Seine-Saint-Denis. A l’occasion de son dernier Conseil municipal, la Ville du Blanc-Mesnil a décidé de ne pas renouveler la convention qui la liait au Forum.

Le Ministère de la Culture et de la Communication, la Région Ile-de-France et le Département de la Seine-Saint-Denis déplorent cette décision unilatérale de la Ville du Blanc-Mesnil, qui intervient alors que le Directeur du Forum avait fait des propositions concrètes à la municipalité allant dans le sens d’une saison de transition, qui aurait permis à la direction de l'établissement de trouver une articulation avec les nouvelles orientations de la municipalité.

La Ville du Blanc-Mesnil entend en outre reprendre la gestion et la direction du Forum, qui pourrait alors devenir un théâtre municipal, et donc proposer ses propres choix culturels. Par cette décision, la municipalité fait le choix de renoncer au conventionnement du théâtre Forum au titre de ses activités de création et de résidences d’artistes émergents.

Cette décision place en effet l’Etat dans l’obligation de « déconventionner » le théâtre, entraînant mécaniquement la perte des subventions associées au conventionnement. Ce sont 20 emplois qui sont directement menacés par cette décision.

Elle entraîne la perte d'un opérateur culturel important sur le territoire de la Seine-Saint-Denis, qui participe de manière active à la réalisation des objectifs de politiques publiques : la production et la diffusion d’œuvres innovantes reflétant la diversité de la création contemporaine, mais aussi la diversification et l'élargissement des publics.

Le Ministère de la Culture et de la Communication, la Région Ile-de-France et le Département de la Seine-Saint-Denis tiennent à rappeler que ces 14 dernières années le Forum/scène conventionnée a joué un rôle exemplaire tant dans la révélation et l'accompagnement de nombreux artistes émergents que dans la rencontre et la découverte pour les publics de la création artistique contemporaine dans toutes ses composantes (théâtrale, chorégraphique et musicale) ; 70% des spectateurs du lieu étant des habitants de la Ville du Blanc-Mesnil.

Le Ministère de la Culture et de la Communication, la Région Ile-de-France et le Département de la Seine-Saint-Denis seront particulièrement attentifs à la situation des artistes et techniciens concernés par cet arrêt. Ils souhaitent maintenir une ambition culturelle collective qui a fait la réussite des politiques culturelles engagées sur le territoire et qui doit pouvoir continuer à bénéficier à tous.

—————————————————————


Nous ne trouvons pas les mots

Bonjour, 

Nous ne trouvons pas les mots. Nous ne trouvons pas les mots qui puissent exprimer notre enthousiasme quand une équipe décide de défendre notre travail en nous programmant dans son théâtre. Nous ne trouvons pas les mots qui puissent vraiment exprimer l'énergie, les échanges, les efforts qui se déploient pour que des lieux comme ce théâtre continuent à tisser des liens essentiels avec une population pour répondre à leur juste désir de rencontrer l'art et la poésie près de chez eux auprès des artistes. Nous ne trouvons pas les mots devant des actes qui réduisent au silence d'un trait radical des lieux de partage et de pensée. Soustraire un lieu comme celui-ci à la vie des habitants de la ville, c'est effacer toute possibilité d'une confrontation civile, c'est donner place à des stratégies politiques, qui lentement, avec un travail morbide de fossoyeur enterrent la libre-pensée au profit d'une programmation divertissante, uniformisante, consumériste qui fait le lit de la barbarie. Nous ne trouvons pas les mots mais nous avons joué ce soir, contre cette censure, en hommage à l'actuelle équipe du Forum aujourd'hui visée en première ligne, à laquelle nous dédions cette soirée. 

Nous, la Compagnie Maguy Marin.

Texte lu par Ulises Alvarez de la compagnie Maguy Marin, le 18 novembre à l'issue de la présentation de Bit

mercredi 19 novembre 2014

Rassemblement au Forum de Blanc-Mesnil le 1er décembre

Rassemblement au Forum le 1er décembre 
mercredi 19 novembre 2014
  Madame, Monsieur,

Vous le savez sûrement, le Maire de Blanc-Mesnil a fait voter par son Conseil Municipal la fin du conventionnement du Forum, donc sa fermeture en tant que Scène conventionnée.

C'est un projet de quinze années qui est ainsi rayé de la carte, pour des « motifs » qui peuvent se résumer par : trop élitiste, trop éloigné des habitants de Blanc-Mesnil.

Et ce, sans tenir compte de la réalité de notre ancrage territorial ni du pourcentage de fréquentation important (70% du public) par les Blanc-Mesnilois.

Nous sommes condamnés, sans avoir pu nous défendre, sur la base de préjugés et de fantasmes.

Nous vous proposons de nous retrouver le

LUNDI 1er DÉCEMBRE À 18h30 au Forum

pour rendre justice à ce qui a été fait ici au fil de ces dernières années.

Pour rendre justice aux spectateurs, aux partenaires, aux artistes, aux salariés du Forum, à tous ceux qui n'ont ménagé ni leur temps ni leur enthousiasme pour qu'existe ce lieu de rencontre entre l'art d'aujourd'hui et toute la population d'une ville de Seine-Saint-Denis.

Nous ne pouvons laisser disparaître le Forum dans le silence.

Nous vous attendons nombreux pour ce moment d'échanges autour de l'expérience singulière et forte qui a été menée ici.

Xavier Croci
Directeur du Forum/Scène conventionnée de Blanc-Mesnil

LE FORUM 1/5, place de la Libération • 93150 Blanc-Mesnil 
www.leforumbm.fr

Arte - "Rain" d'Anne Teresa De Keersmaeker par le Ballet de l'Opéra de Paris

En 2001, la Belge Anne Teresa De Keersmaeker et sa compagnie de danse, Rosas, créent Rain au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Dix ans plus tard, l'oeuvre rentre au répertoire du Ballet de l'Opéra national de Paris. Une première pour la chorégraphe qui a pour habitude de travailler uniquement avec ses danseurs, un choc chorégraphique pour le corps parisien qui a dû faire sien un tout nouveau vocabulaire. La chorégraphie de Rain se base sur Music for eighteen musicians de Steve Reich. Il s'agit de la seconde présentation de l'œuvre à l'Opéra.
Filmé le 28 octobre 2014, durée 74 minutes. Disponible jusqu'au 4 janvier 2015 à 23h59.  

Magazine - Têtu, décembre 2014 : « François Alu, la nouvelle bombe de l'Opéra de Paris »

En kiosques le mercredi 19 novembre 

samedi 15 novembre 2014

La municipalité de Blanc-Mesnil ferme le Forum/scène conventionnée

vendredi 14 novembre 2014

Le jeudi 13 novembre, le Maire [UMP] de Blanc-Mesnil [93] a fait voter par son conseil municipal la sortie du conventionnement du Forum, mettant fin au partenariat qui liait la Ville, le Département, le Ministère de la Culture et la Région Ile-de-France.

Le conventionnement est présenté comme trop contraignant, et serait contraire aux intérêts de la ville en matière culturelle.

Je ne peux que regretter cette décision qui interrompt brutalement quinze ans d'un travail de référence pour la mise en relation de la création artistique avec tous les habitants d'un territoire.

La Mairie n'a jamais donné suite à nos tentatives d'établir un dialogue responsable qui aurait pu permettre de préserver l'essentiel du projet, tout en intégrant des éléments de programmation correspondant plus à son attente.

Concrètement, cette décision signifie la perte des financements des autres partenaires publics, la fin de dizaines de projets construits avec les partenaires sociaux, médicaux, éducatifs, associatifs, de la ville, l'accroissement des difficultés pour nombre d'artistes en résidence ou accueillis, une incertitude majeure pour l'avenir des vingt salariés du Forum.

C'est un véritable procès à charge qui est mené contre le Forum, et la décision prise le 13 novembre l'était en réalité depuis l'élection du nouveau Maire.

La mairie refuse par ailleurs de s'exprimer sur le projet qu'elle prépare.

Une fois de plus, un projet artistique et culturel se voit remis en question sur des bases idéologiques et politiques. 
Une fois de plus, les préjugés et les fantasmes dictent leurs raisons.

Le Forum/scène conventionnée s'arrête, mais, ici et ailleurs, ceux qui croient en l'intelligence des femmes et des hommes, quelles que soient leurs origines sociale et géographique, continueront à faire entendre leur voix.

Xavier Croci
Directeur du Forum/scène conventionnée de Blanc-Mesnil

—————————————————————————

Page d'accueil du site web de la ville de Blanc-Mesnil ICI
dossier publié le 12 novembre 2014 ICI
Capture d'écran Espaces Magnétiques du 15 novembre 2014

INTERVIEW de Karim Boumedjane, adjoint au maire chargé de la culture de Blanc-Mesnil  (publié le 12 novembre 2014) ICI
Le Blanc-Mesnil : la municipalité cesse de subventionner le "Forum", Francetvinfo -Culturebox, 14 novembre 2014. ICI

Le Festival Automne en Normandie coulé par les collectivités locales

Par Brigitte Salino (Le Petit-Quevilly, envoyée spéciale), Le Monde, 14 novembre 2014. 
L’ambiance n’était pas à la fête, mercredi 12 novembre, pour l’ouverture du festival Automne en Normandie. Avant le premier spectacle, une version androïde de La Métamorphose, de Kafka, mise en scène par le Japonais Oriza Hirata, l’équipe du festival est venue sur la scène du Théâtre de la Foudre pour faire entendre, à travers un texte de Victor Hugo, que la société doit donner à la culture la place qu’elle mérite. Directement adressé aux élus locaux, dont certains étaient présents dans la salle, ce message s’appuyait sur un constat : 2014 est la dernière édition d’Automne en Normandie. Le conseil régional de Seine-Maritime, la région Haute-Normandie et le conseil général de l’Eure, qui financent le festival, ont en effet décidé d’en finir avec cette manifestation et d’en créer une autre, avec un budget amputé d’un tiers. C’est un coup dur pour le festival, et pour la culture dans la région. > SUITE 

mercredi 12 novembre 2014

Chorégraphes Associés : Lettre ouverte à Madame la Ministre de la Culture

Lettre ouverte à Madame la Ministre de la Culture
Communiqué de presse du 12.11.14 

Madame la Ministre,

Nous avons été interpellés par quelques unes de vos remarques, telles qu’elles nous sont parvenues au gré des entretiens que vous avez menés ici et là dans notre étonnant monde de la culture.

Nous sommes auteurs, chorégraphes plus précisément, et il semblerait que nous n’envisagions pas les choses de la même façon. Ainsi, nous avons été surpris par votre choix  d’utiliser le mot « contenu » à la place de celui « d’œuvre ». En ce qui nous concerne, nous considérons que nous ne produisons pas du « contenu », mais des chorégraphies, donc des œuvres. Cela ne les empêche pas d’avoir du contenu, mais ce n’est pas le geste premier.

En tant qu’auteurs, chorégraphes, nous sommes des artistes et comme vous le savez, c’est un genre un peu particulier. 

L’artiste n’est que fort rarement là où on l’attend, son côté frondeur n’est pas à négliger et sa capacité à observer le monde de manière décalée est constituante de sa nature. Ceci entraîne un rapport au public assez particulier. 

Vous avez raison de dire que si l’on considère le « public » comme une entité et l’art comme un « produit », il est logique de trouver les moyens que les deux communiquent.

Mais si cela vaut pour des marchandises, il y a fort à parier que cela n’ait aucun sens et soit même un fameux contresens en ce qui concerne les œuvres, qui ne sont pas des produits, donc ne répondent pas aux normes mercantiles usuelles. La loi du marché ne peut servir de point de départ pour un artiste qui ne va pas rapporter de monnaie sonnante et trébuchante, à l’exception de quelques-uns qui ne représentent pas la majorité du vivier créateur de notre contrée artistique. 

Ce qu’apporte l’artiste, c’est une part de rêve, un autre regard, un engagement citoyen qui se mène lors d’actions de partages d’expériences. Bref, tout cela ne se mesure pas en terme de rentabilité.

Le public, quant à lui, n’est pas un groupe constitué, mais il est composé de personnes distinctes, ce qui veut dire que les œuvres s’adressent à chacun dans sa singularité, avec l’idée en arrière fond, qu’il est certain que l’on ne peut « plaire » à tout le monde et qu’il y a mille raisons à cela et que ces raisons n’appartiennent pas à l’auteur, à l’artiste.

L’idée de partir des usages des consommateurs est contraire à un principe artistique. Les fameux algorithmes de recommandation ne peuvent fonctionner en ce qui concerne la création, les artistes, les œuvres. Ce serait les réduire à de simples objets de consommation, ce qui serait contraire à leur nature.

Un artiste, une œuvre, un créateur, ouvrent des portes, posent des questions, interrogent le monde, l’espace, le temps. L’impertinence est leur fond de commerce.

Bien sûr en ces temps troublés, il est grand temps de réfléchir à comment mettre en valeur le travail des artistes, le temps de création des œuvres, la solidarité interprofessionnelle. Il est grand temps de réfléchir à comment un créateur, un auteur, un artiste peuvent jouer un rôle actif, reconnu dans la société, plutôt que de les laisser œuvrer dans l’ombre et les difficultés. La reconnaissance de l’artiste au travail serait très profitable pour une société, car toutes les personnes qui composent le « public » ont besoin d’un espace ouvert, questionnant, intriguant, stupéfiant, réjouissant.

En attendant que ce rêve se réalise, nous nous permettons de vous inviter à notre débat «Qu’est-ce qu’une œuvre ?» que nous mènerons le 26 novembre à micadanses, 20 rue Geoffroy l'Asnier à Paris, de 14h30 à 17h30.

Veuillez recevoir, Madame la Ministre, l'expression de notre profond respect.

Chorégraphes Associés

Comment parle la nouvelle Ministre de la Culture

Fleur Pellerin, Ministre de la Culture et de la Communication, Photo Nicolas Reitzaum

Fleur Pellerin achève le ministère de la Culture à coups d’algorithmesMarie Chablis, Regards, 5 novembre 2014. ICI 

Fleur Pellerin est dans une logique qui enterre l'idée même d'un ministère de la Culture, Jean-Michel Frodon, Slate, 27 octobre 2014. ICI

Musique - Bonaparte à Paris ce samedi 15 novembre

À Paris le samedi 15 novembre au Point Éphémère (Site)
REMIX ÉLECTRO

mardi 11 novembre 2014

Outside in Underwear: You're Invited ! - avec Matthew Silver, Fritz Donnelly et Patrick McCann

Rues de New York en octobre dernier. (Outside in Underwear : You're Invited !, soit, en français Dehors en sous-vêtements : Vous êtes invités !)

dimanche 9 novembre 2014

Mickaël Phelippeau à Nanterre : un stage et deux spectacles - La danse en partage

Chorus est présenté le dimanche 16 novembre à 16h30 et Pour Ethan le samedi 10 janvier à 20h30.
Facebook de la Maison de la Musique de Nanterre 
Programmation de la Maison de la Musique de Nanterre

Opéra de Rome, laboratoire de l'ultra libéralisme culturel


Thomas Dayan, Mediapart, 14 octobre 2014
À l’issue d’une réunion de deux heures et demie, le conseil d’administration du Théâtre de l’Opéra de Rome, présidé par le Maire de la ville [Parti démocrate; centre gauche], a décidé le 2 octobre 2014 de licencier les 182 musiciens de l’orchestre et membres du chœur de cette institution, tout en en rejetant la faute sur les représentants syndicaux, coupables à leurs yeux de n’avoir pas souscrit au plan d’économie de la direction et de la municipalité. > SUITE 

Magazine - Men's Health - Noah Galloway, vétéran d'Irak, en couverture

samedi 8 novembre 2014

Photographie - Spectacle vivant - Aurore Valade SITUATIONS

L'Office National de Diffusion Artistique (Onda) passe régulièrement commande de séries photographiques à de jeunes artistes en leur proposant de poser leur regard sur le spectacle vivant.
Ci-dessus, SITUATIONS est une série réalisée en 2014 par Aurore Valade. Nous avons sélectionné, du haut vers la bas, les chorégraphes Faustin Linyekula, Claudia Triozzi et Vincent Dupont, et la circassienne Phia Ménard. Site

jeudi 6 novembre 2014

Appel d’artistes européens. Pour la culture, contre la xénophobie

La nomination du Hongrois Tibor Navracsics comme Commissaire à l’Éducation, à la Culture, à la Jeunesse et aux Sports de la Commission Européenne est contestée  

Des chorégraphes ont signé cet appel : Jérôme Bel, Boris Charmatz, Anne Teresa De Keersmaeker, Alain Platel et Sasha Waltz.

Le visage européen de la culture s’est paré de traits xénophobes avec la nomination de Tibor Navracsics, commissaire à l’Éducation, à la Culture, à  la Jeunesse et aux Sports  (2014-2019) [site]. En approuvant, le 22 octobre, la composition du nouveau collège de la Commission [site], la majorité des eurodéputés a décidé que l’ancien chef de cabinet, ministre de la Justice, puis des affaires étrangères de Viktor Orban, premier ministre hongrois à la politique liberticide, serait en charge de ces questions.

Sous la houlette de Bernard Foccroulle, directeur du Festival d’Aix-en-Provence, une trentaine d’artistes européens avaient, en vue d’alerter les votants, fait part le 20 octobre, à Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, de leur désaccord tout en réclamant une nouvelle impulsion de la politique culturelle européenne. Nous publions leur appel. > APPEL À LIRE ICI  

PAR ALLEURS 
L’EU confie la culture à un commissaire indigne, Par Emmanuel Leclercq (Avocat au Barreau de Paris, professeur associé à l'Université de Rouen), Le Monde, 3 novembre 2014. ICI 

Vers la fin des Directions Régionales des Affaires Culturelles (DRAC)

La question peut sembler technique et n'intéresser que les spécialistes. Et pourtant, l'enjeu est politique. Les Directions Régionales des Affaires Culturelles (DRAC) sont le bras de l'État dans les régions. Historiquement, on a parlé d'abord de Comité régional des Affaires culturelles (CRAC) en 1963. Puis de DRAC en 1969. Elles sont généralisées en 1977. Leurs rôles est de « mieux assurer la présence de la politique culturelle de l'État sur l'ensemble du territoire national. Elles ont également participé à sensibiliser les collectivités locales [à cette question] et joué un rôle d'expertise et de conseil auprès des élus et des acteurs culturels. » (source : wikipedia)

Elles sont aujourd'hui menacées de disparition. Ce qu'explique un article récent dont nous publions un extrait ci-dessous.
Fabien Rivière
La mort annoncée des DRACs 
par Julie Charmoillaux, Mediapart, 28 octobre 2014 
La réforme territoriale en cours est complémentaire des différents textes et processus de refonte de l’Etat (RGPP, REATE, MAP, etc…). Les textes successifs votés depuis une trentaine d'années sont structurés par les mêmes objectifs : remodeler les missions de l'administration autour de fonctions de pilotage des politiques publiques et de contrôle, en abandonnant un grand nombre de missions en les transférant aux collectivités territoriales ou en les externalisant vers des établissements publics ou le secteur privé, quand elles ne sont pas abandonnées.

Pour le ministère de la Culture par exemple, l'archéologie préventive a été privatisée en 2003, l'Inventaire Général a été transféré aux Régions en 2004 (nous reviendrons sur ces deux points lors de prochains billets)

Pour nous, qui travaillons en DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), un nouveau volet s'ouvre avec l'acte III de la décentralisation et c'est probablement le dernier, car après nous serons morts. > SUITE 

dimanche 2 novembre 2014

vendredi 31 octobre 2014

Danse - Interview d'Anna Halprin, 94 ans


À l'occasion d'une exposition qui lui est consacrée à Chicago, interview par The New York Times de la danseuse et chorégraphe Anna Halprin, 94 ans, qui vit dans sa maison de Kentfield (cf. photo ci-dessus), conçue par son mari architecte, en Californie, au nord de San Francisco. ICI  
Photo Drew Kelly pour The New York Times.

mardi 28 octobre 2014

Christian Rizzo nommé à la direction du Centre chorégraphique national de Montpellier

Christian Rizzo, Photo DR

C'est une excellente nouvelle qui conclut une longue période d'interrogations et d'inquiétudes : Le chorégraphe Christian Rizzo est nommé à la direction du Centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc-Roussillon ce jour. 

À ce poste il s'inscrit dans une longue histoire débutée par le travail artistique et humain d'un Dominique Bagouet, qui fonda le Centre chorégraphique de Montpellier en 1980 —  il crée aussi le Festival Montpellier Danse en 1981 —  et le dirigea jusqu'à sa mort grise un 9 décembre 1992 à 41 ans du Sida, et d'une Mathilde Monnier, qui lui succéda de 1994 à 2013, pour partir pour la direction du Centre national de la Danse à Patin (93).

Les tutelles auront donc respectées l'histoire et la spécificité du lieu. C'est en leur honneur. 

Cinq projets figuraient en lice : les Français Boris Charmatz, Emmanuelle Huynh avec l'historienne d'art Yvanne Chapuis et Christian Rizzo, la Belge Michèle Anne De Mey et  l'Israélien installé à Londres Hofesh Shechter.

Hofesh Shechter et Michèle Anne De Mey s'étaient finalement retirés.
Fabien Rivière

PS. Christian Rizzo a déclaré au Midi Libre (29 octobre 2014 ICI) : 
Pour moi, confie-t-il, ce qu'on appelle le spectacle vivant est connecté à une dimension supérieure qui relève du sacré, en marge du religieux. Je n'ai rien à vendre, je n'ai pas de message politique à faire passer ni de croyance à inculquer aux autres : mon bénéfice, c'est le doute.
Communiqué de presse 
Ministère de la Culture et de la Communication 

Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, en plein accord avec Damien Alary, président du Conseil régional Languedoc-Roussillon, a donné son agrément, à la nomination de Christian Rizzo à la tête du Centre chorégraphique national de Montpellier – Languedoc- Roussillon, pour succéder à Mathilde Monnier.

Le projet du Centre chorégraphique national (CCN) de Montpellier – Languedoc-Roussillon, s’inscrit dans une histoire emblématique. Créé par Dominique Bagouet, comme centre chorégraphique régional à l’invitation de Georges Frêche en 1980, il sera labellisé en 1984, lors de la constitution du réseau des Centres chorégraphiques nationaux sous l’impulsion de Jack Lang, et ne cessera dès lors de prendre de l’ampleur.

Après le décès de son fondateur, en décembre 1992, Mathilde Monnier se voit confier la direction de ce centre qui poursuivra son déploiement, en investissant le Couvent de Ursulines en 1997 avec de nouveaux locaux adaptés à l’activité de création, puis en élaborant un projet de master (ex.e.r.ce) en lien avec l’Université Paul Valéry Montpellier III.

Christian Rizzo s’inscrit dans cette continuité avec son projet d’Institut chorégraphique international (ICI) qui allie création, transmission et formation. Conçu autour d’une « Académie expérimentale » et d’un « Caravansérail », ce projet met l’accent sur le rayonnement accru du CCN, en lien avec d’autres disciplines du champ de la création contemporaine, au plan régional et international, et sur l’accompagnement de jeunes artistes, le partage de l’outil et l’innovation, en imaginant un CCN 2.0, acteur du monde numérique.

Né en 1965, Christian Rizzo se tourne d’abord vers la musique et le stylisme, avant d’aborder la danse contemporaine, la performance et le théâtre dans les années 1990 avec sa compagnie l'Association Fragile. Prolifique, il mêle les arts et travaille notamment avec Mathilde Monnier, Jean-Michel Ribes, Mark Tomkins, Georges Appaix, Vera Mantero, Emmanuelle Huynh et Rachid Ouramdane. Ses collaborations sont nombreuses avec la Fondation Cartier, l’UCAD, Hermès ; il a été artiste associé à l'Opéra de Lille, de 2007 à 2012. Il prendra ses fonctions au 1er janvier 2015.

La ministre de la Culture et de la Communication salue l’engagement des autres candidats qui ont rédigé des projets d’une grande pertinence par rapport aux enjeux actuels et à venir du CCN de Montpellier Languedoc-Roussillon.

Paris, le 28 octobre 2014

lundi 27 octobre 2014

Yvonne Rainer à Paris (suite)

Une CONFÉRENCE d’Yvonne RAINER

Le département danse de l'université Paris 8 Saint-Denis 
accueille l'artiste américaine Yvonne Rainer :
elle donnera une conférence intitulée
Rainer Dance : Better late than never
le vendredi 7 novembre 2014 à 16h, amphi 4 (bâtiment A). Accès 

Yvonne Rainer est à Paris à l'occasion du Yvonne Rainer Project conçu par Chantal Pontbriand qui se décline en quatre lieux :
- Entretien Yvonne Rainer/Chantal Pontbriand à l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris,  le jeudi 6 novembre 18h, Amphi des Loges I. Accès  
- De la Chorégraphie au cinéma (projections et conférences) au Jeu de Paume. 
- Lives of Performers, une exposition au Centre d’art de la Ferme du Buisson
- Nexus Rainer, un colloque international le 12 décembre 2014. 
———————————————————————

   Yvonne Rainer    est née à San Francisco en 1934. 

À partir de 1957, elle étudie et fréquente les classes de danse moderne à New York et commence à chorégraphier son propre travail en 1960. Elle est membre fondatrice du Judson Dance Theatre en 1962. Ses pièces les plus connues sont Terrain (1963), The Mind Is a Muscle (1968), Continuous Project-Altered Daily (1971), and This is the story of a woman who… (1973).

Entre 1972 et 1996, Yvonne Rainer réalise sept longs-métrages, à commencer par Lives of Performers et plus récemment Privilege (1990), Prix du meilleur réalisateur au Festival de Sundance en 1991, et Prix Geyer Werke au festival International du Documentaire à Munich la même année. MURDER and murder (1996) obtient le Prix Teddy au Festival de Berlin en 1997 et Prix Spécial du jury du Lesbian and Gay Film Festival de Miami en 1999. 

Ses films traitent de questions esthétiques et sociales, comme le mélodrame, la ménopause, le racisme, la violence politique, l’identité sexuelle et la maladie.


En 2000, Rainer revient à la danse avec After Many a Summer Dies the Swan, produit par la Baryshnikov Dance Foundation. Depuis, elle a réalisé cinq nouvelles chorégraphies, dont RoS Indexical, Spiraling Down et Assisted Living: Do you have any money?. Elle présente régulièrement ses performances sous l’égide de Performa. 

Les publications d’Yvonne Rainer comprennent Work: 1961-73 (1974) ; The Films of Yvonne Rainer (1989) ; A Woman Who…: Essays, Interviews, Scripts (1999) ; Feelings Are Facts: a Life (2006) et Poems (2011).

Yvonne Rainer a reçu de nombreux prix, dont deux bourses Guggenheim, une bourse MacArthur, plusieurs prix National Endowment, et un prix Yoko Ono. Ses archives sont conservées au Getty Research Institute de Los Angeles.