vendredi 18 août 2017

Agenda Danse et performance - Paris et sa région - Septembre 2017

1  —  La Villette 
2  —  Centre Pompidou 
3  —  Théâtre de la Ville - Les Abbesses
4  —  Plastique Danse Flore - Versailles
5  —  Opéra national de Paris 
6  —  La Gaîté Lyrique
7  —  La Briqueterie & Théâtre Jean-Vilar - Vitry-sur-Seine
8  —  Micadanses 
9  —  Bobino
10  —  Mains d'Œuvres - Saint-Ouen
11  —  Centre National de la Danse - Pantin



1  —  La Villette (19°)
  Jan Fabre   
MOUNT OLYMPUS - To glorify the cult of tragedy, a 24h performance
Vendredi 15 septembre 19h, durée 24h, sous-titré en français. En savoir + 



2  —  Centre Pompidou (4°)
Catherine Robbe-Grillet  Les impénitentes 
Un certain nombre de femmes se confesseront en public. 
Gratuit, Samedi 9 septembre, 20 à 22h, petite salle. En savoir + 

Noé Soulier Performing Art
Exposition chorégraphiée. 
Du mercredi 13 au vendredi 15 septembre, 20h30, grande salle. En savoir +  

Fanny de Chaillé Les Grands
Du mercredi 20 au samedi 23 septembre, 20h30, grande salle. En savoir + 


3  —  Théâtre de la Ville - Les Abbesses (18°)
NOTRE ARTICLE Danse élargie entre Danse de surface et Danse du monde
— Danse élargie Suite !
Une sélection de créations primées lors de l'édition 2016 du Concours (à Paris et Séoul) 
Avec : (La) Horde [collectif] (2° Prix, Paris), Mithkal Alzghair (1er Prix, Paris), Lyon Eun Kwon (3° Prix, Paris), Seyoung Jeong (1er Prix, Séoul), Gaëtan Bulourde (3° Prix, Séoul)
Et aussi : La Ville en Feu Le Sacre du printemps 
Samedi 16 et dimanche 17 septembre. En savoir + 

— Mithkal Alzghair  Déplacement     (1er Prix, Concours Danse élargie 2016)
Mardi 19 et mercredi 20 septembre. Photo Laurent Philippe  En savoir +  

— Lyon Eun Kwon Glory  (3°Prix, Concours Danse élargie 2016)
                + Paula Rosolen Puppets 
Vendredi 22 et samedi 23 septembre. En savoir +  

Wen Hui (Chine)  Red - A Documentary Performance
Du mercredi 27 au samedi 30 septembre. En savoir + 


4  —  Plastique Danse Flore, Versailles (78)
 Le programme est susceptible d’être modifié  En savoir +
SAMEDI 23 SEPTEMBRE
11h  Visite du potager 
14h  Carole Perdereau Ouest  – 1er des Onze 
14h30  Visite du potager
15h  César Vayssié  Coproud  – Grille du Roi 
16h  Gaëlle Bourges et Gwendoline Robin Incidence 1327jardin Le Nôtre
16h  Visite du potager
17h30  Antonija Livingstone, Jennifer Lacey and guests  & Trembling ensemble : A method for an applied polyphony– Le Balbi

DIMANCHE 24 SEPTEMBRE
11h  Visite du potager 
14h  Lorena Dozio  Otholites – On air – Le Balbi 
14h  James Batchelor (Melbourne, Australie)  Deepspace  jardin le Nôtre 

14h30 Visite du potager
15h  César Vayssié  Coproud Bassin Central
16h  Lorena Dozio  Otholites – On air Le Balbi
16h  James Batchelor (Melbourne, Australie)  Deepspace  jardin le Nôtre
16h  Visite du potager
17h30  Volmir Cordeiro   L’oeil la bouche et le reste  – le Balbi


5  —  Opéra national de Paris 
Anne Teresa De Keersmaeker  Così fan tutte   Opéra - Mise en scène
NOTRE ARTICLE Anne Teresa de Keersmaeker à l’Opéra : pour quels enjeux ?
Palais Garnier - Du mardi 12 septembre au samedi 21 octobre. En savoir + 

George Balanchine Joyaux [Émeraudes, Rubis, Diamants]
Palais Garnier - Du mardi 19 septembre au 12 octobre. En savoir + 

Ouverture de la saison de danse
     Défilé du Ballet de l'Opéra national de Paris 
     Hans van Manen Trois Gnossiennes 
     Sidi Larbi Cherkaoui Faun
     George Balanchine Diamants (Extrait de Joyaux)
Palais Garnier - Jeudi 21 septembre 19h30. En savoir + 


6  —  La Gaîté Lyrique (3°)
Danses Post-Internet  rencontres
avec le collectif (LA)HORDE (Marine Brutti, Jonathan Debrouwer, Arthur Harel) 
Gratuit, durée : 1h30
Jeudi 14 septembre 19h, jeudi 19 oct. 19h, jeudi 16 nov. 19h, jeudi 14 déc. 19h. ICI 


7  —  La Briqueterie & Théâtre Jean-Vilar, Vitry-sur-Seine (94) 
       Les Plateaux 2017        
 28 > 30 septembre  En savoir + 
Jeudi 28 septembre — La Briqueterie 
19h30   Daina Ashbee  Serpentine
20h30   Lisbeth Gruwez  We’re pretty fuckin’ far from okay      [notre article ICI]  

Vendredi 29 septembre   La Briqueterie 
14h - Jonas & Lander  Adorabilis
15h15   Ingrid Berger Myhre  BLANKS
16h   Louis Barreau  BOLERO BOLERO BOLERO pour 1 performer
16h30 > 17h   pause
17h   Jordi Galí  Pavillon Fuller
17h30   Benjamin Bertrand  Rafales

Vendredi 29 septembre  Théâtre Jean-Vilar  
20h   Volmir Cordeiro  RUE
21h    Radhouane El Meddeb    Face à la mer pour que les larmes deviennent des éclats de rire 

Samedi 30 septembre   La Briqueterie  
14h30   Jessica Noita Cabine d’essayage
14h30   Samuel Lefeuvre  monoLOG
15h   Jesús Rubio Gamo  BOLÉRO

15h30   Linda Hayford  Shapeshifting
15h30   Samuel Lefeuvre  monoLOG
16h15 > 16h45   pause
17h   Satchie Noro Sillas
18h   Sylvie Pabiot  Traversée
20h30 — Folk's bal avec Christian Ubl
« Artiste associé à la Briqueterie, Christian Ubl ravivera notre plaisir de danser en nous entrainant avec  Marion Peuta  sur la piste chauffée par DJ Moulinex ! »


8  —  Micadanses (4°)
    Festival Bien fait !   
Du dimanche 17 au jeudi 28 septembre  En savoir +
Dimanche 17 — 10h 
Joanne Leighton Walk 
Une marche silencieuse et dansée de 25 kms entre les 4 lieux du Paris Réseau Danse

Mardi 19 — 20h30 — COMPOSITION/RÉPÉTITION 
Yoann Hourcade  Supernova     CRÉATION
Simonne Rizzo  Louis PI XIV
Arno Schuitemaker (Amsterdam)  While We Strive 


Jeudi 21 septembre — 20h30 — TENDANCE SOCIO
Raphaël Soleilhavoup  Low Cost     CRÉATION

Samedi 23 septembre — 20h30 — COMPOSITION/RÉPÉTITION
Louis Barreau  Klisis Kliseis    CRÉATION      Photo DR

Mardi 26 septembre — 20h30 — ÉCRAN, MON BEL ÉCRAN,...
Capucine Goust  Tselem   Photo DR
Sylvain Riejou  Mieux vaut partir d'un cliché que d'y arriver  CRÉATION
Jeudi 28 septembre — 20h30 — OLDIES BUT GOLDIES
Jean-Christophe Bleton  Bêtes de scène 


9  — Bobino (14°)
     Heiva i Paris       
festival et compétition officielle de danse tahitienne en Europe
Vend. 8 (les Troupes), sa. 9 (les Finales) et di. 10 (les Solistes) septembre. En savoir + 
 

Pockemon Crew  Hachtag 2.0 - Je tague donc je suis   hip hop 
Du jeudi 14 septembre au samedi 7 octobre. En savoir +   


10  —  Mains d'Œuvres, Saint-Ouen (93)
Le Corps Collectif - Nadia Vadori-Gauthier  Le crépuscule des Baby Dolls  
 Jeudi 14 septembre 20h. En savoir +   


11  —  Centre National de la Danse (CND), Pantin (93)
Week-end d'ouverture
vendredi 29 - sa. 30 sept. & di. 1er octobre
Spectacles, performances, exposition, ateliers Danses Partagées, fête En savoir + 

Gerard & Kelly (Los Angeles) Reusable Parts/Endless Love  performance
Gratuit, ve. 29 et sa. 30 septembre. En savoir +
ET AUSSI :
State of au Palais de la Découverte (18 oct.) et Timelining au Centre Pompidou (20 au 22 oct.)

jeudi 17 août 2017

Paris - L'événement de la rentrée : Les 24 heures de « Mount Olympus » de Jan Fabre à La Villette

Mount Olympus, Photos (du haut vers le bas) 1ère - Wonge Bergmann, autres - Sam De Mol 

C'est l'événement de la rentrée, et, à vrai dire, de la saison*. La Villette à Paris présente le vendredi 15 septembre  à 19 heures Mount Olympus - To glorify the cult of tragedy, du Belge d'Anvers Jan Fabre, performance de 24 heures. Nous avons vu cette pièce en six parties et quatorze chapitres, pour 28 performers, il y a un an, à Anvers (reportage photo ICI) et Bruxelles. Surprise : il n'y a aucun départ de spectateurs en cours de route ; ils vont et viennent, le bar demeure constamment ouvert, où l'on peut boire et manger (à Anvers, une appétissante assiette grecque était proposée), il est possible d'aller s'allonger pour dormir. Quand la qualité est au rendez-vous, peu importe la durée. Mount Olympus, en français Mont Olympe, est le sommet le plus élevé de Grèce. Il y est question de mythologie  mais il est permis d'y voir un puissant manifeste contre la domestication des corps, qui touche d'ailleurs une bonne partie de la danse contemporaine. Est-ce pour cela qu'il aura fallu attendre plus de deux ans pour que Paris consente enfin à montrer ce travail, qui est une première française ? 

Créé le 27 juin 2015 à Berlin (Allemagne), il a déjà pas mal voyagé, se posant successivement à Amsterdam (Pays-Bas), Thessaloniki (Grèce), Rome (Italie), Brugge (Belgique), Anvers (Belgique), Séville (Espagne), Vienne (Autriche), Jérusalem (Israël), de nouveau Anvers (salle de 800 places complète plusieurs mois avant), Bruxelles (Belgique), de nouveau Amsterdam. La treizième représentation aura donc lieu à Paris, devant 1.500 personnes. Et ce n'est pas fini : sont annoncés Belgrade (Serbie) le 23 septembre et Madrid (Espagne) le 12 janvier 2018. Et de quinze !  Pas mal pour une pièce de 24 heures ! C'est d'autant plus remarquable quand on sait qu'un grand nombre de pièces de danse d'une heure ne dépassent pas les dix représentations ! 
Fabien Rivière
* On peut consulter notre Danse à Paris - Saison 2017-2018 : Que choisir ?

Mount Olympus, de Jan Fabre, Grande Halle, La Villette, Paris, Vendredi 15 septembre, 19h, durée 24h, sous-titré en français. En savoir + 

Queens of The Stone Age, The Evil Has Landed

Extrait du nouvel album de Queens of The Stone Age (USA), Villains, qui sort le 25 août, suivi d'une tournée mondiale (à Paris le 7 novembre à l'AccorHotels Arena). 
Pochette de Villains.

mardi 8 août 2017

Make-Up (Washington, D.C), The Joy Of Sound

The Joy Of Sound est le troisième morceau du troisième album studio du groupe Make-Up, In Mass Mind (ICI), publié en 1998.

samedi 5 août 2017

Brian Eno, « Baby's On Fire » (by Zar) + « Blank Frank » (Oskar Schlemmer, Das Triadische Ballet)


Baby's On Fire est le troisième morceau du premier album solo de Brian Eno (Royaume-Uni), Here Come the Warm Jets (à écouter ICI), publié au début de 1974.

Autre proposition filmique : ICI 

Blank Frank est le 7° morceau du même album. Das Triadische Ballet date de 1922.

vendredi 28 juillet 2017

Avignon, Radhouane El Meddeb : Face à la mer, pour que les larmes deviennent des éclats de rire

Cloître des Carmes, (du haut vers le bas) pendant la représentation, saluts, et après la représentation,
Photos Fabien Rivière ©

Radhouane El Meddeb, Face à la mer, pour que les larmes deviennent des éclats de rire, Cloître des Carmes, Festival d'Avignon, du 20 au 25 juillet 2017. Les interprètes sont tunisiens. 

Pile, Boston (USA) : Les 4 premiers albums



Demonstration (2007, self-released)
Jerk Routine (2009, self-released)
Magic Isn't Real (2010, self-released)
Dripping (2012, Exploding in Sound)

You're Better Than This (2015, Exploding in Sound)
A Hairshirt of Purpose (2017, Exploding in Sound) publié aussi par un jeune label français, Influenza Records. En savoir +  

— Nous avons publié : 
Pile (Boston), Texas + Dogs + Leaning on a Wheel
Pile on Audiotree Live (Full Session), May 11, 2017

jeudi 20 juillet 2017

Arte +7 — « La Fiesta » d'Israel Galván au Festival d'Avignon



Diffusé le 19 juillet
En ligne du 19 juillet au 26 juillet 2017

«  À Séville, les fêtes sont vraiment tragiques, mais il y a aussi ce que moi je vois dans les fêtes : des gestes cachés, une façon de s'asseoir, les gens qui claquent le rythme des doigts ou avec des battements de cils. Tout ce qui se passe derrière, pas seulement devant : une énergie. C'est cette énergie-là que je recherche." Entre tradition flamenca et danse contemporaine, Israel Galván réunit autour de lui huit danseurs et musiciens atypiques – et pas exclusivement flamencos – pour une création inédite – très attendue en ce 71e Festival d'Avignon –, retransmise par ARTE, en direct de la Cour d'honneur du palais des Papes. Pour restituer la vérité de "sa" fête, celle des communautés, des tribus, des familles, le chorégraphe andalou marie disciplines artistiques et fulgurance de la spontanéité, cherchant à faire corps avec le groupe pour embrasser l'universel. 

La diffusion de "La fiesta" sera précédée d'une interview d'Israel Galván par Marie Labory. »

mercredi 19 juillet 2017

Ce soir : retransmission de « La Fiesta » d'Israel Galván au Festival d'Avignon sur Arte


NOTRE AVIS   Conseillé !

Avignon - Guy Cassiers et Maud Le Pladec font plouf (« Grensgeval (Borderline) »)

Vue du plateau de Grensgeval (Borderline) avant la représentation, Photo Fabien Rivière

Le metteur en scène belge Guy Cassiers et la chorégraphe française Maud Le Pladec montent le texte de l'écrivaine autrichienne Elfriede Jelinek prix Nobel de littérature 2004, Les Suppliants, publié en 2013. Cela donne Grensgeval (Borderline), en français Frontière, présenté lors du Festival d'Avignon au Parc des expositions. 

En plus d'une centaine de pages, c'est la voix des réfugiés qui viennent en Europe en traversant la Méditerranée au péril de leurs vies que l'on entend, ne rencontrant une fois arrivés qu'incompréhension et rejet.

Dans ces conditions, pourquoi avoir confié à quatre comédiens Blancs, de plus de cinquante ans, deux hommes et deux femmes, le soin de dire le texte ? Ils sont assis à deux tables métalliques à droite du plateau et discutent comme quatre potes dans un café, un soir. Le ton est atone, ils pourraient tout aussi bien parler de n'importe quoi d'autre, de problèmes de logistique ou de politique agricole commune. Le dispositif neutralise la gravité du propos. 

Ce sont quinze jeunes gens, dont treize Blancs, membres du conservatoire royal d'Anvers formation danse AP, qui portent la danse. Ils sont habillés de façon très mode, vêtements larges, déstructurés, coupe très travaillée, en plusieurs couches, sombres, sauvages, baskets colorées, comme des mannequins qui vont défiler pour une grande marque. Pense-t-on représenter les réfugiés ? N'est-ce pas indécent ? Dans un premier temps, Ils vont manipuler cinq poutres noires. Ce n'est pas sans intérêt, sans être passionnant, mais cela ressemble à un gentil atelier pour élèves ou étudiants en danse. La séquence en boite de nuit n'est pas de très bon goût (et quel rapport avec le texte ?). Officiellement, selon la chorégraphe, « Danser, c’est à la fois se dépenser et résister au sens où Georges Bataille l’entend. Une résistance pouvant prendre plusieurs significations: résister à la mort, résister à l’oubli, résister à la peur, résister aussi à la tentation de dire que l’on sait, que l’on peut comprendre ».

Comme dit Cassiers, « Le texte dessine nos propres limites : nous sommes incapables de faire face ». En effet. 
Fabien Rivière
SPECTACLE 
Grensgeval (Borderline), Guy Cassiers et Maud Le Pladec, Parc des expositions (Avignon), Festival d'Avignon, du 18 au 24 juillet. Site 

LIVRE
Elfriede Jelinek, Les Suppliants, L'Arche éditeur, Paris (France), 120 pages, 2016. 

INTERVIEW 
de Guy Cassiers  RTBF  (Radio Télévision Belge Francophone)   —   Telerama

TOURNÉE    >    VERSION ORIGINALE
— les 20 et 21 septembre 2017, Stadsschouwburg, Amsterdam (Pays-Bas)
— les 27 et 28 octobre, Toneelhuis (Bourda), Anvers (Belgique)
— les 17 et 18 novembre, Temporada Alta, Girona (Espagne) (surtitré en catalan)

TOURNÉE    >   VERSION en collaboration avec le Conservatoire National Supérieur
                                                            de Musique et de Danse de Lyon (CNSMD Lyon)
— du 5 au 7 octobre, Centre dramatique national Orléans Centre  (surtitré en français)
— les 12 et 13 octobre, Le Phénix Scène nationale de Valenciennes  (surtitré en français)
— les 18 et 19 octobre, La Filature Scène nationale de Mulhouse  (surtitré en français)
— 2 décembre, Maison de la Culture d'Amiens (surtitré en français)

mardi 18 juillet 2017

Deux façons pour la danse contemporaine de parler de l'Autre (Mélanie Perrier / Mickaël Phelippeau)

C'est un hasard, mais il fait sacrément bien les choses. Pendant le Festival d'Avignon, côté "Off", le Festival La Belle Scène Saint-Denis s'ouvre par un programme composé de deux pièces chorégraphiques qui abordent de façon diamétralement opposée la même question de l'Autre. 

Deux structures phares du spectacle vivant du département de la Seine-Saint-Denis (nord de Paris), le Théâtre Louis Aragon de Tremblay-en-France et le Théâtre Gérard Philipe (TGP) de Saint-Denis sont à l'initiative de la manifestation qui a réussi à durablement trouver l'écoute, à la fois des professionnels, qui ne viennent pas dans cette partie de la banlieue le reste de l'année, et du public. Il s'agit de présenter les artistes qui sont soutenus activement dans le cadre de résidences.

LA SAINTETÉ

CARE (Vulnerability Live Score), de Mélanie Perrier, Photo Fabien Rivière ©

Mélanie Perrier fait exception en bénéficiant d'un simple accueil studio. Elle propose CARE (Vulnerability Live Score), en français SOINS (Partition Live Vulnérabilité). Elle veut revenir à une figure de la danse, le pas de deux. Sa compagnie se nomme d'ailleurs 2minimum. Dans une interview, elle déclare : 
La danse – surtout académique – a montré tout le caractère normatif, très performatif, très genré, que cette figure peut avoir : le danseur masculin porte la ballerine. Je voulais interroger ce que cela induit dans l’imaginaire collectif. D’où cette idée du double duo masculin et féminin. Deux hommes qui se portent renvoient-ils aux mêmes représentations mentales que deux femmes ? Que signifie être porté ?
La feuille de salle explique par ailleurs : 
Toucher, accueillir, soutenir, supporter... la figure du porté peut englober bien des façons d’envisager le rapport à l’autre. À travers deux duos simultanés, Mélanie Perrier offre une expérience sensible, visuelle et auditive, d’un dialogue de corps à corps. Acceptant la vulnérabilité tout comme l’ambivalence, chaque geste se nourrit de la relation, qu’il s’agit d’éprouver à l’aune de l’éthique du care revisitée par la chorégraphe. En dehors de la forme, nous voici au cœur de la relation à l’autre. Chaque jour à Avignon, les danseurs et la musicienne live remettront à l’épreuve leur vulnérabilité et leur dialogue, pour creuser de manière inédite le cœur de l’écriture de cette pièce conçue pour plateau.
Une page rajoutée présente son Care Manifesto : 
Care revendique la douceur face à la brutalité
Care expose la vulnérabilité face à la performance
Care brandit l’hospitalité face à l’exclusion
Care dévoile la fragilité de tous
Care investit le Nous avant le Je
Care affirme la puissance de l’avec
Care fléchit la violence du contre
Care est le support et non la prise en charge de l’autre

Care oppose l’interdépendance à l’individualisme
Care n’affiche aucun constat mais déploie une alternative
Care propose d’être le refuge de toutes les vulnérabilités
Care se place entre les genres
Care sort le mouvement de la forme
Care fait se rejoindre danse, musique, lumière
Care révèle la danse comme langue politique
Care offre une expérience sensible plus qu’un spectacle

Care s’impose comme un manifeste éthique dansé
Que se passe-t-il sur le plateau ? Un tapis de sol d'un blanc virginal, deux danseuses debout et face à face, deux danseurs de même, habillés de la même façon, d'un boxer et d'une chemise d'un blanc tout aussi virginal. On pourrait même ajouter : des interprètes blancs, jeunes, fins, en bonne santé. À la console, sur le côté droit avant de la scène, la « créat[rice] musicale en temps réel » assise devant la table où est posé son ordinateur, habillée de noire. Cruella ? Les mouvements sont lents, il y est en effet question de toucher, mais rien de touchant. Tout est tellement angélique, qu'il est permis de s'interroger. On songe à cette phrase de Pascal : « L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête ». On observe alors ces deux lents duos comme un monstre, d'autant plus monstrueux qu'il n'a pas de continuité physique. 

Ainsi, on peut demeurer interloqué devant le déferlement de bons sentiments très théoriques du Manifeste, déclarations d'intentions plus sublimes les unes que les autres. On se demande aussi ce que font les autres chorégraphes, qui passeraient à côté de tout ce savoir. 

En imaginant pouvoir faire l'impasse sur sa part d'ombre, la chorégraphe atteint le résultat inverse de celui escompté. 

L'HUMANITÉ




En haut : saluts d'Heddy Salem et Mickaël Phelippeau, Photos Fabien Rivière © 

À la théorie succède la pratique avec le solo que signe Mickaël Phelippeau, Juste Heddy, qu'interprète avec talent Heddy Salem. 

Le chorégraphe français poursuit un chemin spécifique dans la danse contemporaine. Depuis 2008 chaque création est l'occasion d'une rencontre avec une personne singulière (ou un groupe) : un curé [de Bègles, au sud de Bordeaux] (bi-portrait Jean-Yves, 2008), le cercle de danse traditionnelle bretonne Avel Dro Guissény (bi-portrait Yves C., 2008), quatre danseuses ayant entamé leurs carrières dans les années 80 (Numéro d'objet, 2011), la chanteuse  Elli Medeiros (Sueños, 2012), vingt-quatre choristes (Chorus, 2012), l'auteure Célia Houdart (enjoy the silence, 2013), le jeune Ethan âgé de 14 ans connu depuis ses 8 ans (Pour Ethan, 2014), la danseuse Lola Rubio (Llámame Lola, 2015), une lycéenne (Avec Anastasia, 2015), un sonneur de cornemuse (Membre Fantôme, 2016), 11 footballeuses (Footballeuses, 2017), le chanteur et psychiatre Renaud Mascret (Soli, 2017). 



Juste Heddy : un homme jeune traverse la scène. Il porte un jogging et un tee-shirt noirs, un sac de sport à l'épaule, écouteurs aux oreilles. Le style vestimentaire est sobre et élégant. Sur le tee-shit, la mention JUST DO IT. Il branche son portable sur un cable. L'espace est alors rempli d'un raï puissant et touchant. C'est Dana dana, de Cheb Ryan et Dima (à écouter ci-dessus). L'homme s'engage alors dans une gestuelle très écrite. Musicalement, il y aura aussi, dans la catégorie chanson française, l'émouvant Allo Maman de L'Algerino, et Mal à la vie de Rohff, ainsi que de la musique électronique, intense et à fleur de peau, celle des deux cousins de The Blaze, Guillaume et Jonathan, avec Territory (clip officiel ci-dessous). Ce sont les choix de l'interprète. La gestuelle emprunte aussi, mais pas seulement, au sport. Heddy Salem a 20 ans. Il a débuté cette activité à 14 ans, pratiquant boxe thaï, kick-boxing, boxe anglaise, free-fight et ju-jitsu.

Il prendra aussi la parole, déroulant avec franchise et sobriété les éléments d'une vie d'un homme d'un milieu populaire du sud de la France, métis. Le passage par l'armée est violent, et injuste. On songe à l'ouvrage Pays de malheur de Younes Amrani et Stéphane Beaud paru en 2004 (Site) où un jeune de cité écrit à un sociologue, qui met à jour, derrière une histoire singulière, des mécanismes plus généraux d'exclusion et de domination. On peut aussi avoir peur, se dire qu'il est délicat d'exposer un agneau devant des hyènes (il y a pas mal de professionnels dans la salle, qui peuvent être très violents), et que le chorégraphe doit protéger son interprète (ce qu'il fait). Le danger est en effet de sortir une personne de son milieu, de l'utiliser un temps et de l'abandonner ensuite. En suivant le sociologue Pierre Bourdieu, on dira que se retrouver dans un milieu culturel nécessite d'en maîtriser les codes. Heddy Salem est un jeune collaborateur du Merlan - Scène nationale de Marseille. Il travaille au service des relations avec les publics . 
Ce « n'est qu'une étape de travail » explique avec modestie le chorégraphe. Le projet, à la fois réaliste et poétique, apparaît cependant déjà comme solide et important. Il mûrit tranquillement. Débuté en juin 2016, d'une durée de 30 minutes actuellement, il doit aboutir fin 2018 - début 2019, dans une version plus longue.  
 Fabien Rivière

CARE (Vulnerability Live Score) de Mélanie Perrier et Juste Heddy, de Mickaël Phelippeau, du 8 au 14 juillet, 10h, La Belle Scène Saint-Denis, à La Parenthèse, Festival d'Avignon Off.  Site  

Juste Heddy (création en cours) sera accueilli la saison prochaine au TGP Saint-Denis (93), le dimanche 8 octobre 2017 à 15h30. Site