mercredi 19 avril 2017

Agenda Danse et performance - Paris et sa région - Mai 2017

1  —  Opéra de Paris 
2  —  MC93 Bobigny
3  —  Théâtre de la Ville - Espace Pierre Cardin 
4  — Théâtre de la Ville - Les Abbesses
5  — Théâtre de la Ville à La Colline-Théâtre national
6  —  Centre culturel suisse de Paris
7  —  Centre Pompidou 
8  —  Le Samovar - Bagnolet
9  —  Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris
10  —  La Villette 
11  —  Théâtre du Rond-Point
12  — TND Chaillot 
13  —  RCISS
14  —  Étoile du nord



1  — Opéra de Paris
         Merce Cunningham / William Forsythe          
Merce Cunningham Walkaround Time (1968)  48 minutes
William Forsythe Trio (1996) + Herman Schmerman (1992) 
ON peut consulter la DANCE CAPSULE de Walkaround Time ICI

Palais Garnier, du vendredi 14 avril au samedi 13 mai, 16 représentations. En savoir +   .
 Carolyn Brown dans Walkaround Time de Merce Cunningham, Photo James Klosty, 1968
 
Robbins / Balanchine / Cherkaoui, Jalet 
  Jerome Robbins  En sol 
  George Balanchine  La Valse 
  Sidi Larbi Cherkaoui  Damien Jalet  Marina Abramović  Boléro  REPRISE
Palais Garnier, du mardi 2 au samedi 27 mai. En savoir + 


2  —  MC93 Bobigny (93) 
Alain Platel  Nicht Schlafen
Du mardi 23 au samedi 27 mai. Photo Chris Van der Burght  En savoir + 


3 — Théâtre de la Ville - Espace Pierre Cardin (8°)
Kaori Ito  Je danse parce que je me méfie des mots  
Avec Kaori Ito (Fille) & Hiroshi Ito (Père)
Du mercredi 3 au jeudi 11 mai. Photo Gregory Batardon  En savoir +


CHANTIERS D'EUROPE (2 - 24 mai)  En savoir + 
DANSE : 
— Giulio D'Anna (Pays-Bas)  OOOOOOOO
Lundi 22 mai 20h30. Photos Cinzia Camela En savoir +
— Jasna L. Vinovrski (Croatie)  Lady Justice 
Mardi 23 mai 20h30. Photos F. Undvarnoki   En savoir +



4 — Théâtre de la Ville - Les Abbesses (18°)
CHANTIERS D'EUROPE (2 - 24 mai)  En savoir +     

DANSE :
— Vera Mantero (Portugal)  Le propre et le sale 
                Jeudi 4 mai 20h30. En savoir + 
Vera Mandore, Photos DR
— Christos Papadopoulos (Grèce)  Elvedon 
     + Eirini Papanikolaou (Grèce)  Anthemoessa 
                Mardi 9 mai 20h30. En savoir + 
(en haut) Christos Papadopoulos Photo Patroklos Skafidas
Eirini Papanikolaou Photo Laurent Philippe (en bas) 
— Marco Da Silva Ferreira (Portugal)  Brother  
                 Samedi 13 mai 20h30. Photos Jose Caldeira  En savoir +   

Cristiana Morganti  Jessica and me    solo
Du mardi 16 au mercredi 24 mai.
 En savoir + Photos (haut) Virginie Khan, (bas) Claudia Kempf


5  — Théâtre de la Ville à La Colline-Théâtre national (20°)
Crystal Pite & Jonathon Young  Betroffenheit
Du lundi 29 mai au vendredi 2 juin. Photos Michael Slobodian En savoir +


6 — Centre culturel suisse de Paris (3°)
Thomas Hauert  (sweet) (bitter)   (solo, 2015, 30’)
Gabriel Schenker  pulse constellations   (solo, 2016, 26’)
Mardi 23 et mercredi 24 mai, 20h. En savoir + 
Gabriel Schenker dans pulse constellations, Photo Bart Grietens

THÉÂTRE Marion Duval  Claptrap
avec    Marco Berrettini   et Marion Duval.
Du mardi 30 mai au vendredi 2 juin 20h. Photo Dorothée Thébert  En savoir +


7 — Centre Pompidou (4°)
Thomas Hauert  Inaudible
Mercredi 17 et jeudi 18 mai. En savoir + 


8 — Le Samovar, Bagnolet (93)       limitrophe du 20° ardt.
Simon Tanguy  Japan (2011, 25 mn.) [photo ci-dessus]  et  inging (45 mn.) 
Nous avons publié Simon Tanguy parle le « inging » 
Festival Ils sont passés par ici... (du 12 au 14 mai) En savoir + 
Samedi 13 mai 19h. En savoir + 


9 — Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP) (19°)
Voir, lire et danser. 
Avec Noëlle Simonet, professeur d'écriture et analyse du mouvement 
Vendredi 5 mai 18h, Médiathèque. Entrée libre sans réservation. En savoir +


10 — La Villette (19°)
Festival Flamenco
Avec Antonio Canales, Rafael Campallo, Segundo Falcón, Pastora Galván, et El Pele.
Du jeudi 4 au samedi 6 mai. En savoir + 

.

11 — Théâtre du Rond-Point (8°)

Mourad Merzouki  Boxe Boxe 
Du mardi 23 mai au dimanche 18 juin. En savoir + 


12 — TND Chaillot (16°)
Malandain Ballet Biarritz  Noé   1heure
Du mercredi 10 mai au mercredi 24 mai, Salle Jean Villar. En savoir +


Constanza Macras  On Fire – The Invention of Tradition  
Du mercredi 31 mai au vendredi 2 juin, salle Jean Villar. En savoir +


13  — RCISS (93) 


14 — Étoile du nord (18°)
Festival JET LAG 8 
Du jeudi 4 au mercredi 31 mai. En savoir + 
- 4 mai 15h : Marjory Duprés Des lustres  Étape de création
- Du 11 au 13 mai 20h30 : Nadia Vadori-Gauthier  Rendez-vous sonores
                                           + Paul Changarnier  Home  Création
- Du 18 au 20 mai 20h30 : Sébastien Ly  Instant
                                                  + Marion Uguen  L'enfant Phare
- Du 24 au 31 mai 20h30 : Valérie Onnis et Daniel Darius …De OTOñO   création

lundi 17 avril 2017

Pétition- Burkina Faso: Sauver l'école de danse EDIT

En rouge, la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, où se trouve EDIT


Irène Tassembedo
La chorégraphe Irène Tassembédo a fondé en 2009 dans la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, l'école EDIT (Ecole Internationale de Danse Irène Tassembédo). On y obtient une formation diplômante en trois ans. Elle la définit comme « un espace où le jeune africain de 17 à 25 ans, motivé par une carrière artistique, viendra se former physiquement et intellectuellement avec un ancrage dans le riche patrimoine chorégraphique africain et une ouverture sur le monde pour être disponible à danser son pays, à danser son continent et à danser le monde. »

Irène Tassembédo a été élève à Mudra Afrique, l'école créée au Sénégal (1977 - 1985) par Maurice Béjart avec le soutien du président du Sénégal Léopold Sédar Senghor et la chorégraphe et danseuse franco-sénégalaise Germaine Acogny. Irène Tassembedo explique : « Ce sont ces bases-là qui m'ont permis d'être ce que je suis aujourd'hui ».

Une pétition vient d'être mise en ligne pour sauver cette structure essentielle : 
Monsieur le Premier Ministre,
Chers toutes et tous,
La situation de l’école de danse EDIT, que j’ai créée en 2009, est aujourd'hui très grave!
Nous sommes en effet sur le point de terminer une aventure artistique et humaine qui a permis jusqu'ici de produire deux promotions de très beaux danseurs, qui font notre fierté / ma fierté au plan national et international. Une troisième promotion est sur le point de finir sa formation avec un diplôme prévu en juin.
Malheureusement, l'EDIT n’est plus capable de venir à bout de ses loyers impayés, loyers que j'ai supportés avec les petites ressources de nos prestations diverses, mais aussi et surtout sur mes propres deniers, lesquels sont aujourd'hui épuisés. Sur décision d'un juge, un avis d'expulsion des lieux dans lesquels nous travaillons depuis 2009 est fixé au 16 avril prochain. Une décision dont je viens tout juste d’être informée, alors que je suis à l'extérieur du pays. > SUITE
Irène Tassembedo précise : « Le loyer mensuel de l'école EDIT est de 665.000 francs CFA (soit 1000 euros) depuis octobre 2008. Il s'y ajoute les frais d’électricité, d’eau et de téléphone, les frais d'entretien et les rétributions des professeurs, j’en passe... »

Les anciens entrepôts sont devenus grâce au travail d'aménagement de l'école de magnifiques espaces de travail (voir vidéo ci-dessous). Mais le propriétaire vient de les vendre. Et une décision d'expulsion a été prise. EDIT souhaite malgré tout trouver une solution (empêcher l'expulsion avant la fin de l'année scolaire; revenir sur la vente ? : le propriétaire selon la fondatrice « a vendu les locaux sans nous en informer et sans nous en proposer l'achat, ce dont la loi lui fait obligation »). Elle a donc besoin de beaucoup de soutien. 
Fabien Rivière
> LA PÉTITION
Facebook EDIT - Ecole de danse Irène Tassembédo
www.edit-danse.org

Très beau reportage consacré à EDIT (2013)

dimanche 16 avril 2017

La danse absente de la promotion de Pâques de la Légion d'honneur

Photo Fabien Rivière ©

Trois fois par an, — le jour de l'An, à Pâques et le 14 juillet —, l'État distribue ses Légions d'honneur.

Du côté des civils — les militaires ont un autre régime — le "parcours" progresse ainsi : on débute en étant promu pour prendre rang au grade de chevalier, puis officier et commandeur, on est élevé à la dignité de grand officier et de grand-croix.

De nouveau (cf. notre La danse est absente de la promotion du 1er janvier de la Légion d'honneur), la danse est absente de la promotion de Pâques, la dernière de la présidence Hollande. Est-ce vraiment respectueux de cet art ? Sur les 562 personnes distinguées, on compte 453 chevaliers, 83 officiers, 18 commandeurs, six grands officiers et deux grand'croix (le milliardaire mécène des arts François Pinault et le conseiller d'Etat François Bernard). 

Cependant, les directeurs de salle sont honorés avec Jean-Michel Ribes (Théâtre du Rond-Point, Paris), Hortense Archambault (MC93, Bobigny) et Didier Fusillier (La Villette, Paris). Toute puissance des uns (programmateurs), faiblesse des autres (chorégraphes) ?  
Fabien Rivière
2016 : 
Danse - Légions d'honneur du Jour de l'An
Pâques - Légion d'honneur pour Germaine Acogny
La Danse dans la promotion du 14 juillet de la Légion d'honneur

2015 : 
Danse - Premières Légions d'honneur 2015 
Danse - Promotion de la Légion d'honneur de Pâques : Susan Buirge désignée

> Ministère de la culture et de la communication

Au grade d'officier
    M. Ribes (Jean, Michel, Pierre dit Jean-Michel),    
auteur dramatique, metteur en scène, cinéaste et directeur de théâtre.
 Chevalier du 18 septembre 2007.

Au grade de chevalier
    Mme Archambault (Hortense, Marie, Alice),   
directrice d'une maison de la culture [MC93 Bobigny] ; 
23 ans de services.

Au grade de chevalier
    M. Fusillier (Didier, Jean, Victor),   
président de l'établissement public du parc et de la grande halle de La Villette ; 
34 ans de services.
—————————————————————————————
Au grade de chevalier
   Mme Fontaine (Brigitte),   
chanteuse, comédienne, écrivaine, dramaturge et parolière ; 
60 ans de services.

jeudi 13 avril 2017

Exposition - Nîmes - A different way to move : Minimalismes, New York, 1960 - 1980

Affiche de l'exposition, Babette Mangolte, Trisha Brown, Woman walking down a ladder, 1973, détail d’un diptyque réalisé en 2010. Photo 1973 / 2010 Babette Mangolte.
Courtesy de l’artiste & Broadway 1602.
Babette Mangolte, Trisha Brown, Woman walking down a ladder, 1973. Photo 1973 / 2010 Babette Mangolte. Courtesy de l’artiste & Broadway 1602. 
 Mark Morris, Affiche pour A Concert of Dance Nos. 14, 15, 16, Judson Memorial Church, 27-29 avril 1964. The Getty Research Institute. 
Yvonne Rainer, Lives of Performers, 1972, film 16 mm noir et blanc, sonore, 
durée : 104'. Achat en 1975. Centre Pompidou, Paris. Musée national d'art moderne/Centre de création industrielle. Photo Centre Pompidou, MNAM-CCI/Hervé Véronèse/Dist. RMN-GP. © Yvonne Rainer
Peter Moore, Photo de Huddle de Simone Forti, 1969. Barbara Moore/Licensed by VAGA, 
New York, NY. Courtesy Paula Cooper Gallery, New York


Dan Flavin, Monument for V. Tatlin, 1974-75, tubes fluorescents, métal, 304,5 x 62,5 x 12,5 cm. Don de la Leo Castelli et la Georges Pompidou Art and Culture Foundation en 1992. Centre Pompidou, Paris. Musée national d'art moderne/Centre de création industrielle. Photo Centre Pompidou, MNAM-CCI/Christian Bahier & Philippe Migeat/Dist.




Robert Morris, Wall Hanging, 1971-73, feutre découpé, 247 x 355 x 120 cm.
Donation de M. Daniel Cordier en 1989. Centre Pompidou, Paris. Musée national d'art moderne/Centre de création industrielle en dépôt au Musée des Abattoirs, Toulouse. Photo Centre Pompidou, MNAM-CCI/Béatrice Hatala/Dist. RMN-GP. 
.
Le Centre Pompidou fête ses 40 ans en 2017 sur l'ensemble du territoire. Au Carré d'Art - Musée d'art contemporain de Nîmes il propose du 7 avril au 17 septembre l'ambitieuse exposition A different way to move : Minimalismes, New York, 1960 - 1980 qui mêle arts visuels, danse et musique, fidèle à l'esprit interdisciplinaire de l'époque. La commissaire d'exposition est Marcella Lista. Le titre vient d'une réflexion de la danseuse et chorégraphe Yvonne Rainer : « Il était nécessaire de trouver une manière différente de bouger ». Selon le communiqué de presse, ce courant à « partie liée avec la mobilisation politique et nourrit dans leurs travaux une critique profonde des rapports de pouvoir. »

En danse, sont présentées les œuvres de Trisha Brown, Lucinda Childs, Simone Forti, Steve Paxton et Yvonne Rainer

En arts plastiques, Vito Acconci (poésie, photographie, performance), Carl Andre (peintre et sculpteur), John Baldessari (peinture, films, vidéos), Robert Barry (installations et performances), Stanley Brouwn (Surinam, Pays-Bas), Dan Flavin (installations), Donald Judd, Sol LeWitt, Eva Hesse (sculptrice), Joan Jonas (cinéaste, vidéaste, performeuse, sculptrice et dessinatrice), Robert Morris, Bruce Nauman, Richard Serra, Gordon Matta-Clark,  Babette Mangolte (cinéaste), Robert McElroy (photographe),

En musique, Philip Glass, La Monte Young,  Alvin Lucier, Jackson Mac Low (poète, artiste de la performance, compositeur), Peter Moore, Terry Riley et Charlemagne Palestine.  
Fabien Rivière
L'EXPOSITION : 
I - De san Francisco à New York. Un état de danse
II - La sculpture comme expérience. Geste et processus
III - Politique du corps. L'expérience du Judson Dance Theatre
IV - Désorienter. Entre ordre et dislocation
V - Présences minimales. L'anti-forme et l'idée de la danse 
VI - Sérialité et flux. L'espace-temps combinatoire

A different way to move : Minimalismes, New York, 1960 - 1980. Site du musée 

     CATALOGUE D'EXPOSITION    
SOMMAIRE / CONTENTS

Dance is hard to see. Marcella Lista
Dance is hard to see. Marcella Lista

I. De San Francisco à New York. Un état de danse
From San Francisco to New York. A State of Dance

Jeux de règle. Liz Kotz
Rule Games. Liz Kotz

II. La sculpture comme expérience. Geste et processus
Sculpture As Experience. Gesture and Process

III. Politiques du corps. L’expérience du Judson Dance Theater
Body Politics. The Experiments of the Judson Dance Theater

IV. Désorienter. Entre ordre et dislocation
Disorientation. Between Order and Dislocation

L’art minimal de Trisha Brown. Susan Rosenberg
Trisha Brown’s Minimalism. Susan Rosenberg

V. Présences minimales. L’Anti-Forme et l’idée de la danse 
Minimal Presences. Anti-Form and the Idea of Dance 

VI. Sérialité et flux. L’espace-temps combinatoire
Seriality and Flux. Combinatory Space-Time

Lucinda Childs et Sol LeWitt, La danse de la vision. Corinne Rondeau
Lucinda Childs and Sol LeWitt: The Dance of Vision. Corinne Rondeau

Chronologie
Chronology

Liste des oeuvres exposées
List of exhibited works

Table des illustrations
Table of illustrations

Crédits photographiques
Photo credit
Bilingue français/anglais
Textes de Marcella Lista, Elizabeth Kotz, Susan Rosenberg et Corinne Rondeau Chronologie par Boris Atrux-Tallau et Marcella Lista
Coédition avec Hatje Cantz (Site)
224 pages 
Environ 150 documents iconographiques imprimés en couleur et documents noir et blanc Format 20 x 27 cm, Ouvrage broché

Barry Dransfield (Royaume-Uni), The Werewolf

vendredi 7 avril 2017

Shake Stew avec Simon Mayer, Shake the Dust



—   Andreas Waldschütz (Autriche)   Facebook 
             Video

—   Simon Mayer (Autriche)   Facebook
            Choreography and Performance

—   Shake Stew (Autriche)   Facebook 
             Lukas Kranzelbinder - Bass
             Clemens Salesny - Alto Saxophone
             Johannes Schleiermacher - Tenor Saxophone, Flute
             Mario Rom - Trumpet
             Manuel Mayr - Bass
             Niki Dolp - Drums, Percussion 
             Mathias Koch - Drums, Percussion

jeudi 6 avril 2017

Cinéma - « L'Opéra » de Paris au travail

Affiche du film L'Opéra

Avec L'Opéra, qui est sorti ce mercredi dans les salles de cinéma, le réalisateur Suisse Jean-Stéphane Bron, très connu dans son pays, suit la nouvelle équipe de direction de l'Opéra national de Paris mise en place avec la nomination du nouveau directeur, Stéphane Lissner et le nouveau directeur de la danse qu'il vient de nommer, Benjamin Millepied. Il ne s'agit pas de filmer les spectacles, mais de s'attacher au travail qui précède les représentations. On montre ce que l'on observe. Il n'y a pas d'interviews.    

La représentation qu'a le réalisateur de l'Opéra est enchantée puisqu'il déclare : « L’Opéra de Paris est un lieu d’excellence où seul le résultat final compte (1) » et « Le spectacle doit être parfait, la saison doit être réussie ; tous ces objectifs s’incarnent dans la douleur et la difficulté mais ils sont portés par un profond désir. Or, le désir qui anime cette tour d’ivoire me semble être précisément ce qui fait cruellement défaut à « l’extérieur », dans nos sociétés qui n’arrivent plus, ou très difficilement, à s’inventer un avenir commun. » (1)

La danse sera moins présente que le lyrique dans ce documentaire d'1h50. Le travail aurait déjà été fait par Frederick Wiseman avec son film consacré en 2009 au Ballet de l'Opéra de Paris, La DanseJean-Stéphane Bron cite « cette phrase d’Alain Tanner qui dit : « Un film dévore toujours un territoire ». Wiseman avait dévoré le territoire de la danse, à Garnier, et brillamment ; je savais que je me dirigerai moins sur ce terrain déjà si souvent représenté, que j’irai plutôt vers l’opéra et la musique, du côté de Bastille. » Frederick Wiseman est un excellent documentariste mais La Danse n'a pas évité le piège du film de communication de l'Opéra (2)

Ainsi, si l'on voit peu Benjamin Millepied, c'est que, dit-il, « On présente son passage comme une péripétie parmi d’autres. » (sic) (1) On passe ainsi à côté d'enjeux importants. L'argument est injuste et un peu léger.

De janvier à août 2015 Jean-Stéphane Bron a peu filmé, profitant de cette période pour découvrir l'institution dont il ne connaissait rien, et ne voulant pas se documenter, « pour essayer d'expérimenter quelque chose par soi-même de façon sensible. » (3) On peut objecter que la documentation n'exclut pas le sensible, et que, pourquoi pas, ils se complètent. À partir de septembre, il suit la première saison de la nouvelle direction, qui s'ouvre avec le saisissant Moses und Aron de Romeo Castellucci (musique d'Arnold Schönberg).

La réunion de travail où Stéphane Lissner fait part de sa préoccupation quant au niveau élevé des prix des places est drôle quant on sait que les prix de ces dernières pour la danse a encore augmenté pour la saison 2017-2018 (on peut lire notre La saison Danse 2017 - 2018 de l'Opéra de Paris : prudence et hausse des prix).

Par ailleurs, on peut regretter que le fonctionnement du pouvoir ne soit pas plus travaillé. Jean-Stéphane Bron s'en explique, en réponse à une question : 
Le film donne le sentiment de mettre un pied au cœur de ce lieu de pouvoir.
Jean-Stéphane Bron : Un pied seulement. Le pouvoir n’est plus le pouvoir s’il devient complètement transparent. Il y a forcément une zone dans laquelle on ne peut pas rentrer. Je suis volontairement resté au bord de ce pouvoir. L’Opéra de Paris, c’est presque l’image de la France, une émanation de l’Etat. S’il y a une grève, ça se sait dans le monde entier. C’est en cela que c’est un lieu délicat à filmer. (1)
Mais entre l'obscurité et la transparence complète, il existe de la marge, que le cinéaste aurait dû s'autoriser d'explorer. 

Enfin, il aurait fallu que l'identité et la fonction des uns et des autres soit indiquée. Un professionnel sait qui est qui, mais pas nécessairement le grand public. Le sentiment de manque que l'on peut ressentir en sortant de la projection vient de la faible présence de la danse, et d'une étude du pouvoir un peu insuffisante. 

Quoiqu'il en soit, le résultat est bon. L'immersion dans l'institution est d'un grand intérêt. L'émotion est souvent présente, atteignant son paroxysme avec la minute de silence à l'Opéra Bastille dédiée aux morts du Bataclan. C'est donc un film à voir. 
Fabien Rivière
Le film sur Allociné

(1) Tiré du dossier de presse. On trouve l'interview dans un tiré à part gratuit de quatre pages disponible dans des salles de cinéma.  
(2) Pour reprendre l'expression utilisée par la personne qui interviewe le réalisateur dans la revue de cinéma Positif, Avril 2017, n°674, page 18. 
(3) Interview du réalisateur dans la revue de cinéma Positif, Avril 2017, n°674, page 17.