mercredi 30 juillet 2014

Danse : Prix du Syndicat de la critique 2013/2014

À la fin de chaque saison, le Syndicat professionnel de la critique de théâtre, de musique et de danse — auquel nous n'appartenons pas — distribue ses Prix de la critique. Le palmarès 2013/2014 a été dévoilé. Il nous semble pertinent.
Fabien Rivière

DANSE :
GRAND PRIX : « D’APRÈS UNE HISTOIRE VRAIE » de Christian Rizzo (Festival d’Avignon, Théâtre de la Ville - Paris). Photo Christophe Agostinis

PERSONNALITÉ CHORÉGRAPHIQUE DE L’ANNÉE : DAVE St.PIERRE pour ce mélange de joyeuse liberté et d’intelligence gestuelle parfois irrévérencieuse qu’il apporte à la danse contemporaine. Photo Facebook de Dave St-Pierre

MEILLEUR LIVRE SUR LA DANSE : « PINA » de Walter Vogel (L’Arche Éditeur).

lundi 28 juillet 2014

L’Atelier de Paris - Carolyn Carlson deviendra, en janvier 2015, un Centre de Développement Chorégraphique (CDC)


À l'origine, en 2009, la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) d'Île-de-France décide d'associer quatre lieux dédiés (en tout ou partie) à la danse à Paris en un Centre de Développement Chorégraphique (CDC) Paris réseau, en préfiguration, comprenant le studio Le Regard du Cygne (20° arrondissement), Micadanses (4°), l'Étoile du Nord (18°) et l'Atelier de Paris - Carolyn Carlson (12°, à la Cartoucherie). 

Cinq ans plus tard ce projet tombe à l'eau, au sens où le regroupement en une structure ne fonctionne pas. Micadanses aurait bien voulu récupérer le label, mais c'est l'Atelier de Paris qui le gagne. 

Une question continue d'agiter les CDC : la direction d'un CDC doit-elle être réservée à une personne qui n'est pas un/e artiste (ce qui est le cas des 9 existants) ? "Mieux" (façon de parler) : Faut-il interdire à un artiste de créer pendant qu'il dirige un CDC (comme cela a été le cas pour le danseur et chorégraphe Fabrice Dugied co-responsable avec Amy Swanson du studio Le Regard du Cygne, qui s'est plié à cette contrainte) ? Si un artiste dirigeant un CDC ne peut pas se programmer dans son lieu, son travail peut-il être présenté dans un autre CDC ? Bref, que disent les textes, ont-ils raison de le dire et quelle est la bonne lecture des textes ? Quoiqu'il en soit, l'Atelier de Paris - Carolyn Carlson, fondée par cette dernière en 1999 (« direction artistique fondatrice »), qui porte son nom, dont elle est « présidente d'honneur » du conseil d'administration et où elle conserve la « direction artistique », est "dirigé" par Anne Sauvage (au sens de « direction générale »). 
Fabien Rivière


Extraits du site de l'Atelier de Paris - Carolyn Carlson, Capture d'écran Espaces Magnétiques, le 28/07/2014

Ludovic, tétraplégique

Ludovic Konstantinow, Photo Camille Bordenet

Par Camille Bordenet, Le Monde.fr, 24 juillet 2014.
Pour son premier appartement seul, Ludovic Konstantinow, 31 ans, dont 16 années de fauteuil roulant pour tétraplégie, a choisi une vue sur la Méditerranée. Cette mer qui lui a pourtant volé l'usage de ses jambes, ses mains et une partie de ses bras, un jour de juin 1998, alors qu'il s'amusait à plonger avec son petit frère du haut d'une digue de la plage du Prado. Le dernier saut aura été fatal. Sa tête cogne le fond, ses 5e et 6e cervicales sont brisées, il ne peut plus bouger. C'est son frère qui alerte les secours.   > SUITE

Festival d'Avignon In - Soutien aux intermittents - "Henry VI" : Cri Silencieux

Henry VI, de Thomas Jolly (durée : 18 heures), a été donné à la Fabrica les 21, 24 et 26 juillet 2014. En savoir +

Livre de photos - Carel van Hees (Pays-Bas) Resistance. Living with AIDS

Paru en 1995. Photographe Carel van Hees, Auteur Mischa Cohen. Bilingue anglais - néerlandais. Éditeur Stichting [Fondation] Aids Fonds site (Amsterdam, Pays-Bas).

dimanche 27 juillet 2014

Avis de tempête sur la culture en Allemagne


« Alors que les intermittents français s'inquiètent de la réforme de leur statut, en Allemagne le monde de la culture s'alarme également. Le directeur du théâtre de Manheim a pris sa plume pour écrire une lettre ouverte. Il exprime l'angoisse des créateurs de spectacles vivants face à l'objectif imposé aux municipalité de ne plus être endettées du tout d'ici 2020. Or la culture en Allemagne dépend de l'argent public, et beaucoup d'artistes craignent qu'elle ne soit sacrifiée sur l'autel de la vertu financière. Le reportage Nathalie Daïber. »

Lettre du Collectif des salariés du festival IN d'Avignon à François Hollande


Avignon, le 24 juillet 2014

Monsieur François Hollande,

Nous sommes le collectif des salariés du festival IN d'Avignon.

Nous sommes artistes, techniciens, chargés de production, de communication, de billetterie, secrétaires, ouvreurs, nous sommes en CDD, en CDI, intermittents, intérimaires, vacataires et nous sommes donc représentatifs, à tous ces titres, d'une grande partie des travailleurs français.

Nous vous écrivons cette lettre aujourd'hui car vous et votre gouvernement nous mettez à l'agonie.

Le 14 janvier 2014, vous avez déclaré «Ce n'est pas à un moment de chômage élevé qu'il faut réduire les droits des chômeurs».

Une phrase parmi tant d'autres, une promesse de plus qui nous a fait croire que le respect de la personne et des droits sociaux fondamentaux faisait encore partie de vos priorités.

Malheureusement, votre gouvernement a agréé le 26 juin une réforme de l'assurance chômage proposée par des partenaires sociaux non représentatifs et n'ayant pas pour volonté de maintenir et de renforcer la solidarité interprofessionnelle.

Cette réforme, malgré les maigres propositions que vous nous avez faites dans l'espoir de nous contenter, n'est rien de plus qu'un cadeau fait au MEDEF, qui a obtenu un peu plus de liberté pour que les grandes entreprises s'enrichissent d'avantage pendant que les travailleurs peinent à vivre décemment et perdent les droits qui permettent à l'être humain de conserver sa dignité.

Nous vous parlons des 6 chômeurs sur 10 qui ne sont pas indemnisés.

Nous vous parlons d'amoureux de la culture qui sont prêts à sacrifier leurs spectacles et se mettre en péril pour vous atteindre, nous vous parlons de pères et de mères de famille qui ne peuvent pas s'arrêter de travailler, mais pensent à entamer une grève de la faim pour être enfin écoutés.

Nous vous parlons de l'injustice sociale qui a poussé le monde du spectacle à prendre le flambeau de la révolte dans le but que vous, Président de la République élu par le peuple, respectiez l'engagement qui était le votre au moment de l'élection présidentielle.

Vous employez suffisamment d'experts pour connaître aujourd'hui les ravages que ce nouveau protocole occasionnera très rapidement sur des millions de personnes.

Mais il n'est pas trop tard, il n'est jamais trop tard!

Des artistes d'autres pays d'Europe ont entendu notre combat et nous demandent de les aider à faire valoir les même idées sociales dans leur pays afin que les propositions justes que nous défendons servent d'exemple à leurs gouvernements.

Monsieur François Hollande, nous vous proposons aujourd'hui d'avoir le courage d'être le porte-parole de la justice sociale pour toute l'Europe.

Vous pourrez même expliquer à ceux qui ne pensent que par la finance, que la culture et la solidarité sont des moyens de lutter contre la crise, à travers les retombées économiques qu'elles engendrent.

Ne nous décevez pas une fois de plus et saisissez cette occasion de redonner à votre Parti socialiste, dont vous êtes actuellement le fossoyeur, le vrai sens du mot «socialisme».

Toutes nos tentatives pour ouvrir les yeux des membres de votre gouvernement ont échoué jusqu'à présent, vous êtes la seule personne à pouvoir rétablir la vérité.

Respectez-nous, respectez-vous, donnons l'exemple.

Respectueusement,

Le collectif du Festival IN d'Avignon

lundi 21 juillet 2014

Modestie - Revue - « Olivier PY le poète résistant »

Une rue d'Avignon, le 21 juillet 2014, Photo Fabien Rivière pour Espaces Magnétiques ⓒ 
La couverture de Théâtral.

dimanche 20 juillet 2014

Festival d'Avignon In - Façade du Cloître des Célestins : « Quand vous investissez... »


Fabien Rivière pour Espaces Magnétiques, le 20 juillet 2014   

Festival d'Avignon In - Façade du Gymnase du lycée Aubanel : « Non Merci ! »

Fabien Rivière pour Espaces Magnétiques, le 18 juillet 2014   

Festival d'Avignon In - Danse - Bons Africains

L'Afrique noire était présente au Festival d'Avignon dans le domaine de la danse à travers Coup Fatal du Belge Alain Platel (1) et At the same time we were pointing a finger at you, we realized we were pointing three at ourselves [soit Au moment où nous pointions un doigt vers toi, nous avons réalisé que nous en pointions trois vers nous-mêmesde la Sud-Africaine Robyn Orlin. On peut à la fois dire que ces deux chorégraphes (Blancs) sont parmi les plus importants de la scène mondiale, et que ces deux pièces laissent perplexes, pour des raisons différentes. 
Coup Fatal

Coup Fatal est un concert. Alain Platel travaille ici exclusivement avec des musiciens et chanteurs de Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, mais qui se trouvent bouger merveilleusement. Le mélange entre musique traditionnelle africaine, guitares électriques et musique baroque fonctionne très bien. La pièce démarre comme une puissante berline et roule jusqu'à bon port à vive allure. Le public est ravi. Mais cette célébration de la Joie laisse sur sa faim par son systématisme. Alain Platel affirme : 
J’ai régulièrement dénoncé ou mis en lumière ce qui me révoltait dans le monde. Ce que je cherche aujourd’hui, à travers le théâtre et la danse, c’est peut-être une nouvelle manière de me rebeller. J’ai aujourd’hui la conviction que l’on peut se rebeller, faire preuve de subversion, non pas en racontant l’objet de sa rébellion mais en rendant compte d’une joie de vivre qui résiste à la misère et qui semble nous faire défaut ici, en Europe. La joie que Serge et les musiciens manifestent dans leur appropriation du répertoire baroque me semble constituer un message politique bien plus puissant que ne pourrait l’être la chronique de la pauvreté ou de la situation politique en République Démocratique du Congo. 
On pourrait parler du "syndrome Pina Bausch", qui expliquait elle aussi au début des années 90 dans une interview au quotidien Le Monde que seule la Beauté l'intéressait. Cela correspondait aussi pratiquement à la fin de l'équipe d'interprètes historiques qui nous ont donné de 1975 à 1990 des pièces inouïes, laissant la place à de jeunes danseurs et danseuses inexpérimenté/e/s et des créations plus faibles. Et penser se rebeller en célébrant la Joie est (politiquement) un peu naïf (au mieux). 

La véritable Joie est une lumière au milieu de la nuit, et non au milieu du jour. Elle a besoin du frottement avec la noirceur de la condition humaine pour être authentique. Il faut brûler pour briller a pu écrire le poète États-Unien John Giorno. 
Coup Fatal
At the same time...

At the same time... de Robyn Orlin donne le sentiment de ne pas avoir de véritable sujet et de rester ainsi à la surface des choses. Pourtant, dans une interview à Culturebox (ici), elle explique :  
De quoi parle cette pièce ?
Elle parle de beaucoup de choses à la fois : du corps avant tout, comment est-il utilisé pour raconter des histoires ? Elle parle aussi du comportement humain, comment il peut être axé sur le corps. Elle parle de la vie en communauté en Afrique, comment on se regroupe pour se faire un peu d’argent, ou dans le cadre d’une cérémonie d’initiation, moment important où l’on gère tous les problèmes qui se posent dans la communauté. J’ai aussi voulu évoquer ce qui se passe en France (référence est faite aux résultats électoraux du Front national, et dans la pièce Marine Le Pen est évoquée dans un rituel imaginaire, ndr) - et dans le monde - et dire que c’est important. Puis, il est question des femmes, de leur place dans la société et aussi de la place des hommes. Cette pièce parle aussi d’homosexualité. Ce n’était pas le cas avant, ou en tout cas je n’en avais pas conscience. Et pourtant en Afrique, comme dans le monde, il y a beaucoup d’homophobie. Et je pense qu’il faut en parler.
C'est donc plutôt de se disperser qu'il s'agit ici. 

Dans les deux cas, faute de propos solide, demeure l'image de bons et gentils Africains. Face aux discours de haine qui prospèrent, on peut faire crédit à la démarche. Mais manquant singulièrement de complexité, le tout n'est guère plus probant cependant de ce que serait l'image de bons et gentils Européens.
Fabien Rivière

Coup Fatal, 
Serge Kakudji, Fabrizio Cassol et Alain Platel, Cour du lycée Saint-Joseph. 4-13 juillet, 22h. TOURNÉE ici

At the same time we were pointing a finger at you, we realized we were pointing three at ourselves, Robyn Orlin, Gymnase du lycée Aubanel, 13-18 juillet, 18h. TOURNÉE ici 

— Photos : Coup Fatal - Chris Van der Burght. 
At the same time... - Christophe Raynaud de Lage - Festival d'Avignon.

(1) Coup fatal est signé, plus précisément, Serge Kakudji, Fabrizio Cassol et Alain Platel. Le premier est contre-ténor, le deuxième assure la direction musicale. Mais c'est bien ce dernier qui a la charge de la « direction artistique », selon la feuille de salle. Même si dans l'interview présente dans la même feuille Platel indique : « Ma place est celle d’un collaborateur qui intervient sur les questions scéniques et dramaturgiques et non pas celle d’un directeur artistique. »  
At the same time...

vendredi 18 juillet 2014

Avignon - Film : C'est maintenant, le changement... ?

Le Festival de Marseille et Le Merlan tanguent

Deux structures culturelles importantes de Marseille, le Festival de Marseille. Danse et arts multiples site et Le Merlan. Scène nationale à Marseille ! site connaissent de graves problèmes internes, que le site Marsactu détaille dans deux articles récents. L'édition 2014 du Festival de Marseille (19 juin - 12 juillet) a aussi connu des annulations de spectacles liées au conflit des intermittents.
Fabien Rivière
          Festival de Marseille              
Le Festival de Marseille dans la tourmente du harcèlement moral Marsactu 17 juillet 2014. ICI
Alors que le festival de danse tente de se relever après une 19e édition très perturbée, il doit également s'expliquer sur sa gestion des ressources humaines. Une ancienne employée a récemment obtenu sa condamnation pour harcèlement moral, après une plainte devant les prud'hommes. Le conseil d'administration du festival a annoncé qu'il souhaitait se pourvoir en cassation.


Le Festival de Marseille estime son déficit entre 120 000 et 150 000 eurosMarsactu 11 juillet 2014. ICI


Deux spectacles sur trois annulés au Festival de Marseille, AFP, 11 juillet 2014. ICI

        Le Merlan          
Le Merlan sans tête et sans dialogue social Marsactu 16 juillet 2014 ICI 
Ce mardi, deux salariées du théâtre du Merlan étaient conviées par voie d'huissier à un entretien préalable à une sanction. En cause, leur absence à une réunion qui précédait la soirée de départ de l'ancienne directrice, annulée en soutien aux intermittents. Au-delà des faits, c'est un climat social sévèrement dégradé que cette convocation vient couronner.

jeudi 17 juillet 2014

Revue - Sergei Polunin en couverture de TENMAG

La revue espagnole TENMAG consacre à l'exceptionnel danseur Ukrainien de 24 ans Sergei Polunin la couverture et un article de 16 pages — dont douze de photos pleine page et une interview intéressante — de son numéro de Juillet-Août 2014 (pages 28-43). 


TENMAG. TENDENCIASfashionmag.com, n° 194, Julio-Agosto 2014, Espagne.  
www.tendenciasfashionmag.com  
En France : Disponible chez certains marchands de journaux. 5 €. 

Décès du danseur et chorégraphe Basque Koldo Zabala à 79 ans

Koldo Zabala

Le danseur et chorégraphe Basque Koldo Zabala est décédé ce dimanche 13 juillet à l'âge de 79 ans. C'était l'une des trois figures historiques de la danse Basque. En septembre 2011 le chorégraphe Mizel Théret  les avait réuni malgré la compétition qui avait pu exister entre eux : Philippe Oyhamburu (90 ans), Jean Nesprias (84 ans) et Koldo Zabala (75 ans) dans Je me souviens, une coproduction du Malandain Ballet Biarritz et de l'Institut culturel basque, présenté dans le cadre du Festival Le Temps d'Aimer la Danse de Biarritz (lire les très beaux articles de Sud Ouest ici et Libération ici). On trouvera une biographie détaillée de Koldo Zabala ici.
Fabien Rivière

mardi 15 juillet 2014

Foals (Royaume-Uni), Inhaler (3° album, Holy Fire)

Stages des blessés militaires (RMBS 2014)



« Les Rencontres militaires blessures et sport (RMBS) constituent une étape clé du parcours de vie du blessé. Organisées à Bourges (Cher) et à Aubigny-sur-Nère (Cher) du 16 juin au 4 juillet 2014, cette troisième édition rassemble 54 militaires blessés et les partenaires de la réadaptation médicale, psychologique, professionnelle, et sociale. »

« Cette année, deux  stages permettront aux blessés tant physiques que psychiques, de renouer avec la pratique d'une activité sportive : athlétisme, tir à l'arc, escalade, équitation, basket fauteuil, hockey luge, escalade et tir leur seront ainsi proposés du 16 juin au 25 juin 2014 et du 25 juin au 4 juillet 2014. »

« Les 23 et 24 juin 2014, les premières assises nationales rassembleront les acteurs de l'accompagnement autour de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, en présence notamment du 1e classe Pierre Vaultier,  médaille d’or au snowboard Cross  aux Jeux olympiques de Sotchi, et de Marie-Amélie Le Fur, championne paralympique du 100m aux Jeux paralympiques de Londres en 2012.

Pour la première fois quatre militaires blessés britanniques participeront aux RMBS. Ces invités britanniques seront présents également au défilé du 14 Juillet ainsi qu’aux commémorations du centenaire de la Grande Guerre. 

Pour soutenir les blessés du ministère de la Défense et notamment ceux participant à cette édition 2014 des RMBS, une vaste opération d’encouragements a été lancée sur les réseaux sociaux avec comme point focal le #blessésdeguerre. À ce jour, il a été utilisé plus de 1 000 fois dans des publications très diverses montrant ainsi le soutien croissant du grand public. »   En savoir +

« Soutenez nos blessés en tweettant #blessésdeguerre »

Légion d'honneur pour Blanca Li


Trois fois par an — le jour de l'An, à Pâques et le 14 juillet —, l'État distribue ses Légions d'honneur. Du côté des civils — les militaires ont un autre régime — le "parcours" progresse ainsi : on débute en étant promu pour prendre rang au grade de chevalier, puis officier et commandeur; on est élevé aux dignités de grand'croix et de grand officier.   

La nouvelle promotion du 14 juillet ne comporte qu'un/e seul/e représentant/e du domaine de la danse : Blanca Li. (ici)
Blanca Li
Affaires étrangères et développement international  
PROTOCOLE
Au grade de chevalier
Mme Gutierrez Ortiz (Blanca, Maria), dite Blanca Li, de nationalité espagnole, danseuse, chorégraphe, metteuse en scène, comédienne ; 28 ans de services.

———————————————————

VOIR AUSSI Promotions du 1er janvier 2014

À voir : José Montalvo clôt le défilé du 14 juillet

En fin de défilé du 14 juillet, une « animation de clôture », c'est le terme officiel, de sept minutes a été proposée sur la place de la Concorde, signée du chorégraphe Français José Montalvo. Elle a réuni une délégation composée en général de quatre jeunes — deux garçons et deux filles — des 80 nations ayant engagé des troupes ou des travailleurs pendant la Première Guerre Mondiale (1914-1918). 250 jeunes — de 18 à 25 ans — ont ainsi été accueillis pendant dix jours à Paris. 250 colombes symbolisant la paix ont été lâchées à cette occasion.
Fabien Rivière 

Animation de clôture de José Montalvo, de 01:52:00 à 01:59:00
Défilé du 14 juillet 2014 (durée 2h29)


Répétitions générales du défilé 

EXTRAITS DU DOSSIER DE PRESSE 

Animation de clôture : l’œuvre de José Montalvo

Pour marquer symboliquement l’entrée dans le cycle des commémorations du centenaire et délivrer un message universel de paix, la France a invité quatre jeunes de nations ayant engagé des troupes ou des travailleurs sur le continent européen pendant la Grande Guerre.

À l’issue du défilé, ces délégations, composées en général de deux garçons et de deux filles de 18 à 25 ans, réaliseront sur la place de la Concorde une chorégraphie en deux temps conçue par José Montalvo, artiste permanent au théâtre national de Chaillot.

Sur la musique du concerto pour clarinette de Mozart, les jeunes rendront hommage à la mémoire des disparus et se recueilleront dans un moment d’attention grave pour ne pas oublier la barbarie de la guerre, avant de célébrer la richesse et la diversité de l’humanité dans un moment de fraternisation.

José Montalvo : « Je suis heureux de relever le défi de construire en quatre jours de rencontre avec de jeunes femmes et de jeunes hommes venus d’autant de pays différents, un acte poétique et chorégraphique dont l’objectif essentiel est de servir la paix, une paix au service de la justice et de la liberté. J’ai construit cette intervention en deux temps ; un premier temps de recueillement pour ne pas oublier l’atroce barbarie de la guerre, sa dureté, sa tristesse, sa froideur, sa souffrance, ses drames. La seconde partie s’emploie à célébrer la vie, la joie, l’ouverture au monde, à l’humanité, à renouer de façon originale avec des émotions intemporelles qui peuvent être suscitées par un lancer de colombes, signe simple et immémorial de paix. J’ai voulu ainsi concevoir un espace d’attention grave puis un basculement progressif vers la célébration de la vie. Créer un contraste qui oppose ombre et lumière ».
———————————————————————

250 JEUNES ACCUEILLIS POUR UNE SEMAINE À PARIS

Les délégations de jeunes sont composées pour la quasi-totalité d’entre elles de deux garçons et deux filles âgés de 18 à 25 ans. Francophones pour la plupart, ils ont été sélectionnés par les ambassades de France ou par les autorités des pays concernés, en concertation avec nos ambassades.

Ces jeunes gens sont issus d’horizons divers : étudiants de filières francophones, sportifs, ingénieurs, cadets d’écoles militaires, etc. Ils ont témoigné de leur motivation et de leur intérêt pour les commémorations du centenaire de la première guerre mondiale pour justifier leur présence à Paris le 14 juillet.

Les quatre Français sont des volontaires engagés en service civique, en Champagne-Ardenne et en Picardie.

Les jeunes gens invités à participer au défilé seront présents à Paris pendant dix jours, du 6 au 15 juillet. Pris en charge par la Mission du centenaire de la première guerre mondiale sous l‘égide du secrétariat d’Etat aux Anciens combattants et à la Mémoire, ils alterneront répétitions du tableau final du 14 juillet, visites culturelles et mémorielles, et rencontres et débats interculturels.

En outre, les jeunes étrangers seront accompagnés pendant la durée de leur séjour par des volontaires de l’office franco-allemand pour la jeunesse et par d’anciens volontaires du service civique ayant participé au défilé du 14 juillet 2013. Ces jeunes gens, du même âge que les membres des délégations étrangères, rompus aux rencontres multiculturelles, faciliteront les échanges entre les jeunes étrangers issus de culture et de milieux très divers.

Programme d’accueil

Samedi 5                       Arrivée à Paris
et dimanche 6 juillet 

Lundi 7 juillet                Journée d’accueil, présentation du séjour
                                     Première rencontre avec José Montalvo
                                     Réception à l’école militaire, en présence du Président de la 
                                     République et du secrétaire d’Etat chargé des Anciens combat-
                                     tants et de la Mémoire

Mardi 8 juillet                Reconnaissance sur les Champs Elysées et répétitions 
                                     au Mont Valérien
                                     Programme culturel et touristique

Mercredi 9                    Répétitions sur les Champs Elysées et au Mont Valérien
au vendredi 11 juillet    Programme culturel et touristique
                                    
Samedi 12 juillet           Répétition générale
                                      Programme culturel et touristique           

Dimanche 13 juillet       Participation au centenaire de l’aéroport du Bourget
                                      Finale de la coupe du monde de football

Lundi 14 juillet               Participation au défilé
                                      Invitation au feu d’artifice tiré depuis la Tour Eiffel

Mardi 15                        Départ
et mercredi 16 juillet

Démissions, maladies, burn out… chez M6 le malaise explose


Emmanuelle Anion  Télérama, 15 Juillet 2014

Les audiences et les rentrées publicitaires ne sont pas les seules à faire la gueule chez M6. Depuis deux ans, le climat social n'a cessé de se dégrader. Dangereusement.
Elle sont passées inaperçues dans les médias. Mais pas au siège de M6, où elles ont sonné comme une énième alerte : la semaine dernière, la chaîne apprenait trois nouvelles démissions. Trois « nouvelles », car le malaise, latent depuis deux ans, se fait plus pressant ces dernières semaines. Arrêts maladie, burn-out, départs en cascade... dans les couloirs de Neuilly-sur-Seine, les indicateurs psycho-sociaux – comme on dit – virent au rouge. Le médecin du travail, en moins d’un an de présence, a signé deux inaptitudes « pour danger immédiat » pour deux salariés en situation de souffrance aigüe. Elle succède elle-même à un médecin démissionnaire – essorée par la situation. Une enquête de l’inspection du travail, une autre de la sécurité sociale, une encore du parquet. Des procédures aux prud’hommes et une en pénal... Comment la chaîne en est-elle arrivée là ? > SUITE 

dimanche 13 juillet 2014

Exposition - Hammams de la Médina de Tunis


« L'association "L'Mdina Wel Rabtine" (Actions citoyennes en Médina) présente une exposition photographique inédite des hammams historiques de la Médina, du 11 au 30 juillet 2014, au Musée de la Ville de Tunis, Palais Kheireddine.

Menée en partenariat avec la Maison de l’Image et avec le soutien de l’Ambassade de Suisse et de l’Institut français de Tunisie, l’exposition "Regards Posés. Hammams de la Médina de Tunis" réunit les œuvres de 19 photographes tunisiens et européens, professionnels et amateurs, et donne à voir la réalité d'un patrimoine en péril. Il s’agit de Mohamed Amine Abassi, Sophia Baraket, Aglaé Bory, Hamideddine Bouali, Marianne Catzaras, Mahdi Chaker, Nesrine Cheikh-Ali, Chehine Dhahak, Rania Dourai, Hichem Driss, Arnaldo Genitrini, Pol Guillard, Yassine Hakimi, Max Jacot, Arthur Perset, Jacques Pion, Anna Puig Rosado, Aziz Tnani et Patricia Triki. Introduits par l’association, les photographes ont eu accès à un ou plusieurs hammams, en activité ou abandonnés, souvent peu connus du grand public, et dont certains remontent au moyen âge.

L’exposition "Regards Posés. Hammams de la Médina de Tunis" alimentera une banque d’images ainsi que divers projets d'édition, de communication et de plaidoyer pour sensibiliser les décideurs et le grand public à la valeur indéniable de ce patrimoine et à la nécessité de le sauvegarder. Ce projet photographique s’inscrit dans une initiative globale de valorisation des hammams, comprenant des interventions multiples s'appuyant sur l'engagement des habitants de la Médina : prise de connaissance des techniques de réhabilitation durable, renforcement des capacités de gestion, recherche, inventaire et information des diverses parties prenantes, appui institutionnel, concertation citoyenne et mobilisation des médias. »

À LIRE Monde arabe : la belle mort des hammams, Le Point, 12 juillet 2014. ICI
Les villes arabes se vident de leurs hammams depuis des décennies. Requiem ou résurrection ?
Vernissage de l'exposition


ET AUSSI "Regards posés": Zoom sur les hammams de Tunis en péril, HuffPost Maghreb, Par Rebecca Chaouch, 1er octobre 2013. ICI

Katerine, Téléphone

Festival d'Avignon In - Façade du Palais des Papes

Le 10 juillet 2014, peu avant 22 heures. Le public est entré pour Le prince de Hombourg de Giorgio Barberio Corsetti prévu à 22h. Des intermittents manifestent pacifiquement à l'extérieur. Photos Fabien Rivière pour Espaces Magnétiques ⓒ

Festival d'Avignon In - Façade du Cloître des Carmes : « Dignes et solidaires »

Le 7 juillet 2014, Photos Fabien Rivière pour Espaces Magnétiques ⓒ

jeudi 10 juillet 2014

Christophe Haleb répond à Angelin Preljocaj

Courrier du lecteur 
Réponse à l’entretien d’Angelin Preljocaj du 24 juin publié dans Libération  [ici]
Cher Angelin, 
J’ai pu lire ton interview dans Libération suite au blocage de ton spectacle Empty Moves (Part I, II, III), pour l’ouverture de Montpellier Danse. Je dois te dire que ta réaction face au mouvement de grève m’a fait l’effet d’une hallucination. 
Pour avoir travaillé avec toi dans les années 80 sur plusieurs de tes pièces maitresses, quand tu étais encore intermittent, et moi interprète, je peux mesurer aujourd’hui la distance parcourue et l’écart idéologique qui nous sépare comme il sépare les gens dans l’art, la politique, l’école, l’entreprise, le soin, et certains medias. Finalement pour que tu puisses continuer à faire ton show il faudrait à te lire que la culture soit toujours plus domestiquée et l’art réduit à sa mise en spectacle. Mais qu’est-ce qui autorise les artistes, les techniciens, les intermittents, les intérimaires les vacataires, les serveurs, les stagiaires, les cadres à exécuter tel ordre ou à refuser tel commandement? Penses-tu vraiment qu’exposer les intermittents en tête de gondole ne dissimule pas encore assez au public les réformes structurelles en cours; les réductions de salaires et de budgets qui commencent toujours par l’assurance chômage. La précarisation et la flexibilité volontaire de l’emploi que représente le regime spécifique de l’intermittence n’est-il pas déja en place pour les autres travailleurs salariés?
Depuis 30 ans qu’on se connait nous avons participé pleinement à la politique culturelle de la France, nous avons pris part à la politique des auteurs chorégraphiques et des interprètes, dans un consentement mutuel avec les directeurs des compagnies, des festivals et des théâtres. Nous avons contribué à ce qui a été reconnu comme un mouvement créatif, celui de la nouvelle danse française, spectaculaire, diffusable, exportable. Nous avons discuté, nous avons joué, créé de l’imaginaire, apprécié des oeuvres d’art, nous avons voté, cherché même à être reconnu. Bref nous avons participé, contribué et bénéficié du système et de l’intermittence, et puis nous nous sommes séparés, inévitablement. Toi dans ton vaisseau pirate Ricciotesque et moi parfois juste en face dans un centre d’art situé au milieu d’un hôpital psychiatrique. 
Si comme tu le dis tu n’es pas divin, moi je ne ne suis pas docteur. Pourtant tu parles de l’annulation comme un acte suicidaire, tu m’inquiètes, comment va ta danse? tu semblerais fragile, est-ce le surmenage, la surproduction? J’ai ressenti dans tes propos quelque chose comme une aliénation au pouvoir, la maladie du pouvoir est-elle inéluctable dans l’hyper culture? Comment penser le contrôle des corps, la question liée à l’emploi et à l’emploi de son temps, à l’indifférence face aux derniers résultats des élections Européennes? Plus spécifiquement pour le régime de l’intermittence du spectacle, comment évaluer le risque de l’inconnu que propose le travail de l’art? Comment ne pas se perdre dans la société unidimensionnelle du divertissement, du loisir, du tourisme?
L’histoire que tu as décidé de nous raconter dans cet espace-temps Montpelliérain entre ton récent retour de Los Angeles et la création de ta nouvelle pièce en Caroline du Nord t’aura fait revivre “la mort dans l’âme” l’été 2003 et cette violence destructrice du blocage d’une première. Il aurait été certainement bien plus cool de pouvoir danser les trois épisodes de la série Empty Moves sans rencontrer de résistance, de se laisser glisser dans la disponibilité des corps et des esprits comme terrain propice à l’évènementiel et au déferlement des produits de l’industrie culturelle qui arrivent. Mais tu prends bien soin de nous dire que tu n’es pas dans la commercialisation…
Je me suis dis dans un premier temps que tu voulais contribuer au débat, que tu réagissais à ton environnement. Tu as même proposé quelques idées contre la grève, tu as demandé aux intermittents et précaires en présence d’inventer d’autres formes d’actions, et tu as même émis l’idée de mettre à poil l’ensemble de tes danseurs sur scène. Tout cela est très divertissant et sexy, mais cela apporterait-il quelque chose dans ce contexte? On sait que le nu en danse est un habit, un de nos fondamentaux esthétiques depuis l’invention de la modernité.
Cela n’aurait pas d’autre résultat que d’ajouter de la diversion, un effet brouillard de plus à l’enfumage politique du gouvernement et du Medef. Pour mémoire le droit de grève est l’acte garant de la démocratie. Elle implique en premier lieu l’arrêt du travail et le blocage de l’outil de production. En voulant stopper la grève, alors qu’il nous faut Maintenir la pression, quelles sont tes motivations?
Aujourd’hui dans cette bataille il ne s’agit pas seulement d’avoir des idées, mais de questionner le sens, l’essence de nos actes, de nos gestes, c’est ce qu’on appelle la dramaturgie, la sensualité aussi. Ecrire et signer ton retrait de la scène Nationale dans ce moment précis aurait été à même de nous offrir un désert majestueux en guise de dessert, de nous faire éprouver la portée d’un acte Hautement symbolique, sublime comme la traversée d’un “désert d’amour” chanté par Dominique Bagouet en 1984. Tu as raté l’occasion de nommer un désamour grandissant entre l’administration publique, l’intermittent et l’entreprise privée, d’engager un acte de résistance fut-il minoritaire face à L’hyper consommation culturelle à l’oeuvre dans l’hyper Parc Festivalier de plus en plus sécuritaire. 
Beaucoup de gens s’accordent sur ta contribution au prestige de la France dans le monde, mais que siginifie cette reconnaissance? Qu’engage-t-elle comme responsabilité éthique, voire esthétique? Qu’est-ce que ça fait de participer au prestige d’un pays, à un régime politique, à une vision du monde? J’imagine bien que tu as des réponses… mais cette question doit être entendue en l’articulant avec le fait de recevoir une part en retour, les bénéfices. Le principe d’équivalence serait de dire, on prend autant que l’on donne, et tout sera très bien comme ça. C’est une autre forme de raison possible, d’attention à l’écosystème de la vie artistique. Et il me semble que tu as reçu beaucoup d’honneurs, de belles et grandes choses depuis ces dernières années! 
Angelin, je me demande : qu’est-ce que ton public? Qu’est-ce qu’un public? Une communauté politique réunie autour d’un projet? Une masse de personnes, témoins involontaires face à cette disparition ahurissante du politique, ou peut-être s’agit-il simplement de la disparition de ton spectacle qui t’inquiète? Ce public, à quoi, comment et dans quel but est-il convié à participer? Dans ce moment de dissensus démocratique, l’injonction à participation du public nous sert toujours d’habile alibi. La fascisation de la société française sera-t-elle dans ce conflit idéologique gagnante en 2017. 
Pendant que tu danserais avec ton ballet, les autres devraient faire la médiation auprès du public et être tenus pour responsables de la crise de la représentation. C’est dingue de voir qu’en 2014 on déplace à nouveau le problème de 2003 par ce fallacieux problème du public alibi. C’est-à-dire par la demande faite aux artistes et aux techniciens du spectacle vivant par les directeurs de festivals et de l’évènementiel, de faire de la pédagogie et expliquer les motifs de la grève au public. Au regard de la gravité de la situation est-ce vraiment le moment et l’unique responsabilité des intermittents! Par ailleurs tout ce discours présuppose l’ignorance du public, son apathie, l’idée qu’il faudrait l’éduquer, lui dire quoi penser de la situation, sur quel sentier oser s’aventurer, quel point de vue avoir sur le paysage, dans un déploiement panoptique merveilleux des formes de vie sous surveillance. L’objectif apparait beaucoup plus pragmatique que cela, ne s’agit-il pas de préserver les intérêts fonciers du Parc National ? De vérifier que tout le monde à bien coché en bas du contrat la petite case de l’assurance tout risque, en cas d’annulation. Mais en cas de force majeur qui règlera l’addition?
Ta réponse d’artiste citoyen à cette situation critique et ta part de responsabilité en tant que chef d’une entreprise culturelle de renommée internationale me semble participer pleinement de la désillusion et du désaveux politique que nous traversons.
Nous devons faire attention à la manipulation. Tu avais l’occasion de saisir le moment opportun pour faire de cette forme de visibilité médiatique un élément réellement constructif, aussi bien pour l’individu que pour le groupe et l’enjeu de la démocratie.
Je crois que nous aurions aimé entendre le directeur artistique d’un vaisseau pirate, le Pavillon Noir, fleuron de la Ville d’ Aix-en-Provence depuis bientôt dix ans, se saisir du festival de Montpellier Danse comme scène hautement symbolique, pour porter un message clair en ouverture des valses d’été, nommer une pensée d’artiste autre que celle du management d’entreprise qui s’étend à tous les domaines. Les intermittents qui sont montés sur ta scène ont pris le pouvoir de mettre en forme poétiquement et violemment un acte symbolique. L’art de manier les symboles, “jeter ensemble”, ou re-jeter ensemble l’affront quand l’évènement surgit. Comme l’evidence d’un geste commun qui se destine et jette ensemble nos corps dans la lutte.
Etant donné ton experience du monde tu aurais pu nous parler de ton expertise de terrain, de la réalité des conditions de création et de survie des artistes en Amériques du nord et du sud, en Grèce, en Espagne, en Italie, au Portugal, en Angleterre… Nous dire le désastre du travail en Europe, la permanence du chômage, la vulnérabilité, et l’obsolescence des corps dans ce “jeune XXIe siècle. “
Mais tu le dis “aujourd’hui il faut bien choisir ses armes et son champ de bataille”, je suis d’accord avec toi, la guerre est déclarée, et le budget de la défense reste sur ce point le seul budget sanctuarisé. En temps de guerre, politique, idéologique et économique, les artistes résistent, on trouve d’ailleurs beaucoup de danseurs et de chorégraphes dans les premières lignes. L’amitié et l’adversité s’affrontent parfois sur le même champ de bataille.
Christophe Haleb
Chorégraphe, directeur artistique de LA ZOUZE - cie christophe haleb

mardi 8 juillet 2014

Intermittents & Intérimaires - « En raison d'un manque d'effectif... »


« Je me suis rendu ce matin, pour mes affaires individuelles, à l’agence Pôle Emploi de Pantin [Seine-Saint-Denis]. Quelques minutes après l’ouverture, ce tableau était apporté dans le hall. A peine le temps de prendre cette photographie (ou est-ce à cause de ça ?) qu’il était retiré par une personne visiblement énervée. Tout va bien ! »
(extrait de la "série" et sinon, comment ça va ?)