samedi 18 août 2018

Agenda Danse et performance - Paris et sa région Septembre 2018

1   Lafayette Anticipations
2   Centre Pompidou 
3   Quartier de la place de la République 
4   Beaux-Arts de Paris
5   Espace 1789 - Saint-Ouen /  Théâtre Jean Vilar - Vitry-sur-Seine  
6   Théâtre de la Ville - Les Abbesses
7   Parvis de l'Hôtel de Ville (Théâtre de la Ville et Théâtre du Châtelet) 
8   Théâtre de la Ville au Cirque Romanès
9   Théâtre de la Ville - Espace Cardin
10   La Scala
11   Abbaye de Royaumont
12   Les Laboratoires d'Aubervilliers
13   La Seine musicale - Île Seguin - Boulogne-Billancourt
14   Centre culturel Suisse 
15   Hôtel de Sully 
16   Regard du Cygne 
17   TND Chaillot
18   Théâtre des Champs-Élysées
19   Potager du Roi - Versailles
20   La Briqueterie & Théâtre Jean Vilar - Vitry-Sur-Seine 
21   Maison de la Musique de Nanterre
22   Opéra de Paris 




1  —   Lafayette Anticipations (4°)
Festival Échelle Humaine 1ère édition 
Anne Teresa De Keersmaeker  Violin Phase   15 mn.
Samedi 15 septembre 15h, 17h, 19h. 
  Violin Phase au National Museum of Modern and Contemporary Art (Séoul, Corée),  
avril 2018, Photo Park Suhwan

Andros Zins-Browne (USA > Bruxelles)  Already Unmade   Performance en continu
Lundi 17, mardi 18 et mercredi 19 septembre, de 11h à 20h

Eleanor Bauer (USA > Stockholm)  A lot of moving parts 
Jeudi 20 et vendredi 21 septembre à 20h, Durée : 1 heure. 

Radouan Mriziga (Maroc > Bruxelles)  
Samedi 22 septembre 20h et dimanche 23 septembre 15h et 18h, Durée : 77 minutes. 


2  —  Centre Pompidou (4°) 
Anne Teresa De Keersmaeker Fase, Four Movements to the music of Steve Reich 
Dans le cadre du Portrait Anne Teresa De Keersmaeker
Du 19 au 22 septembre 20h30. En savoir + 

Exposition Maya Dunietz - Thicket
Maya Dunietz et Daniel Meir  
Performance, saison France-Israël, mer. 26 sept. 18h30.  Musée, niveau 5. En savoir + 

Exposition Maya Dunietz - Thicket : 
Fritz Welch, Alex « Drool » Jonovic, Zohar « NicoteenI » Shafir 
Performance, saison France-Israël, jeudi 27 sept. 18h30.  Musée, niveau 5. En savoir +


3  —  Quartier de la place de la République (-°)
Anne Teresa De Keersmaeker  Slow Walk   
Dans le cadre du Portrait Anne Teresa De Keersmaeker
Dimanche 23 Septembre, gratuit, itinéraire précisé fin août ICI. En savoir + 
Photo Anne Van Aerschot


4  —  Beaux-Arts de Paris (6°)
Rencontre avec Anne Teresa De Keersmaeker et Ann Veronica Janssen, enseignante aux Beaux-Arts de Paris et collaboratrice régulière de Rosas
Modérateur, Florian Gaité, docteur en philosophie, critique, consultant et curateur
Vendredi 21 septembre 11h. 
Entrée libre sur réservation à partir du 1er septembre sur t.malfettes@festival-automne.com
Dans le cadre du Portrait Anne Teresa De Keersmaeker



5  —  Espace 1789 - Saint-Ouen (93)  //  Théâtre Jean Vilar - Vitry-sur-Seine (94) 
                      Vendredi 28 Septembre // Dimanche 30 Septembre
Anne Teresa De Keersmaeker  Rosas danst Rosas    1983
Dans le cadre du Portrait Anne Teresa De Keersmaeker



6  —  Théâtre de la Ville - Les Abbesses (18°)
Akram Khan  Chotto Desh  
Vendredi 7 et samedi 8 septembre. En savoir + 

Maguy Marin  Ligne de crête    création 
Du mardi 25 septembre au samedi 6 octobre. Photo  Much Chhish © Peter Thompson  En savoir +
«      « Où en est le désir des gens ? » 

Etouffée, noyée dans le noeud constitué des tourments de notre époque - violences du social, déchainements du désir marchand, structures économiques et politiques toujours plus opaques, injustices criantes, guerres, morts et noyés, espoirs désenchantés, démissions et sensations d’impuissance, repli sur soi et « corps dorlotés » - cette simple question invite, à même la toile d’araignée formant obstacle, à une réflexion profonde sur ce qui, pour chacun, présente un intérêt essentiel dans sa propre existence, fait écran à nos désirs collectifs de transformation sociale.  »


7  —  Théâtre de la Ville et le Théâtre du Châtelet sur le Parvis de l'Hôtel de Ville (°)
Akram Khan  Kadamati 
Gratuit, 700 amateurs. Dimanche 9 septembre, 15h, 16h, 17h. En savoir + 
Affiche dans le métro, Paris, Photo Fabien Rivière 


8  —  Théâtre de la Ville au Cirque Romanès (16°) 
Israel Galván  La Gatomaquia o Israel Galván Bailando para cuatro Gatos
[La Gatomaquia ou Israel Galván dansant pour quatre chats]
La Gatomaquia est un poème épique burlesque de Lope de Vega, publié un an avant sa mort, en 1634. 
Du mercredi 12 au samedi 22 septembre. Photo DR En savoir +


9  —  Théâtre de la Ville - Espace Cardin (8°)
Mansaku Nomura, Mansai Nomura, Yûki Nomura et Hiroshi Sugimoto (Japon)  Sambasô, danse divine  
Du mercredi 19 au mardi 25 septembre. En savoir +


10  —  La Scala (10°)    > Réouverture  après travaux
Yoann Bourgeois  SCALA  création 
Du mardi 11 septembre au mercredi 24 octobre. Photo Géraldine Aresteanu En savoir +


11  —  Abbaye de Royaumont (95) 
Festival de Royaumont 2018
40 concerts et spectacles, du samedi 25 août au dimanche 7 octobre. En savoir +  
—— Samedi 1 & dimanche 2 septembre : Entre-Actes/Chorégraphiques #2
« (...) propose de réunir pendant quatre jours des artistes, des professionnels et le public autour d’un sujet sur la « mémoire et transmission » » En savoir + 


12  —  Les Laboratoires d'Aubervilliers (93)
Printemps des Laboratoires #6 :  Endetter et punir.
Les samedi 15 et dimanche 16 septembre. En savoir + 
Avec notamment la participation de Jeanne Burgart Goutal (professeure de philosophie), Emmanuelle Chérel (historienne de l’art), Yayo Herrero (anthropologue et activiste écoféministe), Séverine Kodjo-Grandvaux (philosophe et chercheuse), La Permanence (collectif), Margaux Le Donné (doctorante en science politique), Rester. Étranger (collectif), Josep Rafanell i Orra (psychologue et psychothérapeute), Ricardo Rubio (performeur et chorégraphe), Olga de Soto (artiste performeuse), Robert Steijn (performeur et chorégraphe) et Ndongo Sylla (économiste du développement) et avec la projection de Bamako d’Abderrahmane Sissako.


13  —  La Seine musicale, Île Seguin, Boulogne-Billancourt (92)
Bartabas  Le Sacre de Stravinsky 
Avec L'Académie équestre de Versailles, l'Orchestre Philharmonique et le Chœur de Radio France
Du vendredi 21 au mercredi 26 septembre. En savoir +   
« Pour cette recréation, les voltigeurs de Zingaro feront place aux écuyères de l’Académie équestre de Versailles. De nouveaux danseurs indiens de Kalarippayatt s’empareront de la chorégraphie tellurique imaginée par Bartabas. »


14  —  Centre culturel Suisse (3°)
Alexandra Bachzetsis  Escape Act  [version pour l'exposition]
Performance pendant l'exposition d'Alexandra Bachzetsis, An Ideal for Living (samedi 8 septembre - dimanche 9 décembre).  En savoir + 
Vendredi 7 (vernissage) et sa. 8 septembre, Gratuit. Photo Blommers & Schumm En savoir + 


15  —  Hôtel de Sully (4°)
Christian et François Ben Aïm Instantané #1 
Samedi 8 et dimanche 9 septembre.    
Dans le cadre de Monuments en Mouvements (ICI) et du Festival Traversées du Marais (7-9 septembre) (ICI).  


16  —  Le Regard du Cygne (20°)
Journées du Patrimoine : samedi 15 et dimanche 16 septembre. En savoir + 


17  —  TND Chaillot (16°)
Nakamura Shidô II et Nakamura Shichinosuke II (Compagnie Shochiku - Grand Kabuki) Iromoyô Chotto Karimame Kasane  +  Narukami
Du jeudi 13 au mercredi 19 septembre. En savoir +  

Triple Bill #1 :  Kader Attou  Création 2018  +  Jann Gallois Reverse 
+  Tokyo Gegegay  Tokyo Gegegay's High School   
Du mardi 18 au vendredi 21 septembre. En savoir + 

Saburo Teshigawara & Rihoko Sato  The Idiot
Du jeudi 27 septembre au vendredi 5 octobre. En savoir +  


18   —  Théâtre des Champs-Élysées (8°)
Ballet de l'Opéra national de Lyon - Maguy Marin  Cendrillon 
Du jeudi 27 au samedi 29 septembre. En savoir +   


19   —   Potager du Roi, Versailles (78)
PLASTIQUE DANSE FLORE  
Avec Yaïr Barelli – Gabriel Gauthier et Elsa Michaud – Yves-Noël Genod – Lenio Kaklea – Joanne Leighton – Ivana Müller – Pascale Murtin – Kai Simon Stoeger – Lois Weinberger (Autriche)
Samedi 22 et dimanche 23 septembre, de 10h à 21h. En savoir + 


20  —  La Briqueterie & Théâtre Jean Vilar, Vitry-Sur-Seine (94)  
Les Plateaux -  26° édition 
Du mercredi 26 au samedi 29 septembre. En savoir +  


21  —  Maison de la Musique de Nanterre (92)
Théo Mercier et François Chaignaud  Radio Vinci
Mercredi 12 et jeudi 13 septembre 20h30. Photo DR  En savoir +  


22  —  Opéra de Paris 
Martha Graham Dance Company  
Cave of the Heart     Appalachian Spring     Ekstasis   
  Lamentation variation   The Rite of Spring
Palais Garnier. Du lundi 3 au samedi 8 septembre. En savoir + 

Ohad Naharin  Decadance 
Palais Garnier. Du mardi 25 septembre au vendredi 19 octobre. En savoir +  

vendredi 10 août 2018

Edgar Degas : Petite danseuse de quatorze ans, 1880 - 1881 (1922)


Photos Fabien Rivière © 
— Bronze, textile. 
     Exposé au Musée Boijmans Van Beuningen, Rotterdam, Pays-Bas.
     Edgar Degas (Paris, 1834 - Paris, 1917).

NOTICE du Musée Boijmans Van Beuningen (texte anglais ci-dessous : (1))
« Marie van Goethem avait quatorze ans quand elle a posé pour cette sculpture. Degas l'a modelé dans de la cire colorée et l'a fourni avec de vrais cheveux, un arc de soie, de vrais vêtements et des ballerines. Il est presque aussi réaliste que les modèles en cire de Madame Tussauds [musée de cire fondé en 1835 à Londres par l'artiste française Marie Tussaud] et a provoqué un scandale lors de son exposition en 1881. Degas n’a plus jamais montré ses sculptures en public, bien qu’il en ait réalisé quatre-vingt. Vingt-cinq copies en bronze de la petite danseuse ont été coulées après sa mort. » [traduit de l'anglais par Espaces Magnétiques]
     
NOTICE du Musée d'Orsay, Paris, France (ICI) :
« À la mort de Degas, en 1917, on trouva dans son atelier 150 sculptures en cire ou en terre. Du vivant de l'artiste, l'ensemble était demeuré à peu près inconnu du public, à l'exception de la Danseuse de 14 ans, que Degas montra à l'exposition impressionniste de 1881.

Colorée au naturel, coiffée de vrais cheveux, vêtue d'un tutu et de véritables chaussons, elle témoigne d'un hyperréalisme, d'un vérisme poussés à l'extrême. Présentée dans une vitrine à la manière d'un spécimen de museum, elle révèle un Degas presque anthropologue ou naturaliste. Les critiques ne s'y trompèrent pas : l'oeuvre fut violemment accusée de représenter la fillette de manière bestiale ; on la compara à un singe ou un aztèque ; on lui trouva un visage "où tous les vices impriment leurs détestables promesses, marque d'un caractère particulièrement vicieux".

Degas poussait ainsi à bout la logique du réalisme, si en vogue par ailleurs, en dépeignant sans fard ni hypocrisie, de manière quasi scientifique, la société de son temps. L'édition en bronze qui fut faite après sa mort, dont la statuette du musée d'Orsay est un exemplaire, tenta de préserver au mieux les caractéristiques de la cire. La cage de verre est le seul élément voulu par Degas lui-même, affirmant le statut d'oeuvre d'art de la Danseuse. »
(1) « Marie van Goethem was fourteen when she posed for this sculpture. Degas modelled it in coloured wax and furnished it with real hair, a silk bow, real clothes and ballet slippers. It is almost as lifelike as the wax models at Madame Tussauds, and caused a scandal when it was exhibited in 1881. Degas never showed his sculptures in public again, although he made as many as eighty. Twenty-five bronze copies of the little dancer were cast after his death. »

lundi 6 août 2018

Attic Abasement (USA) - Dancing is Depressing (Full Album)



« attic abasement is me, Mike Rheinheimer (guitars, singing), Keith Parkins (bass), Emily Monaco (keys), and Joe Parker (drums). We are playing shows, writing songs, and making records in/around Rochester, NY.»    atticabasement.bandcamp.com  Facebook

1.  00:00  Australia — 03:04
2.  03:04  Sorry About Your Dick — 03:26
3.  06:30  A Werewolf — 03:49
4.  10:19  Opium Eyes — 02:15
5.  12:34  Problems Getting Numb — 03:15
6.  15:49  Both of Me — 01:46
7.  17:35  Seamstress at the Bar — 02:38
8.  20:13  Spread the Word — 03:42
9.  23:55  So Much — 04:02
10.  27:57  Change Machine — 07:09
Pochette de l'album

Mort à 32 ans de Rick Genest alias Zombie Boy



2011

Le Canadien Rick Genest alias Zombie Boy, modèle, performer, musicien (il préparait un album) et poète (il préparait aussi un recueil de textes), est mort mercredi 1er août dans l'après-midi à Montréal. Il se serait suicidé selon la police, ce que conteste les proches qui parlent d'un accident. Il est tombé du balcon de son appartement, à quelques jours de ses 33 ans, le 7 août. En 2011, il avait participé au clip Born This Way de Lady Gaga (à voir ci-dessous).
Fabien Rivière

vendredi 3 août 2018

Nomination de Pascale Murtin, François Hiffler et Margot Videcoq aux Laboratoires d’Aubervilliers

François Hiffler, Pascale Murtin et Margot Videcoq rue Lecuyer à Aubervilliers en juin 2018,
où se situent Les Laboratoires 
d'Aubervilliers, Photos DR



.
Les artistes Pascale Murtin et François Hiffler et l'administratrice Margot Videcoq viennent d'être nommés à la direction des Laboratoires d’Aubervilliers, ville populaire et métissée, limitrophe du nord de Paris (France). Les deux premiers ont fondé en 1982 le duo Grand Magasin. La troisième a travaillé pour Latifa Laâbissi, Volmir Cordeiro, Grand Magasin, Martine Pisani et Yvonne Rainer. Le mandat débute le 1er janvier 2019, et dure trois ans. Ils succèdent à Alexandra Baudelot, Dora García et Mathilde Villeneuve en poste depuis 2013.

Pascale Murtin définit son travail ainsi : 
Il s'agit de textes écrits à quatre mains pour être proférés à au moins deux voix. Ils sont à mi-chemin du théâtre, de la poésie sonore et de la performance tout en n'appartenant à aucune de ces catégories officielles.
Les Laboratoire se présentent ainsi :
Les Laboratoires d’Aubervilliers sont un lieu dédié à tous les champs de la création artistique, avec une attention particulière à la danse et aux arts visuels ; un lieu d’expérimentation tant par la nature des projets accueillis qui prennent notamment la forme de projets et de recherches d’artistes en résidence, que par l’articulation et les modes de rencontres avec le public et qui créent les conditions pour le renouvellement et le questionnement des formes artistiques ; un lieu dont l’inscription territoriale est multiple (locale, départementale, nationale et internationale) avec une préoccupation forte pour le travail en réseau et auprès des publics.
Fabien Rivière
   COMMUNIQUÉ DE PRESSE    

Les Laboratoires d’Aubervilliers seront dirigés à partir du 1er janvier 2019 par Margot Videcoq, Pascale Murtin et François Hiffler

Suite à l’appel à candidature publié en mars 2018, le conseil d’administration des Laboratoires d’Aubervilliers, après consultation avec les représentants de la Ville d’Aubervilliers, du Département de la Seine-Saint-Denis, de la Région Île-de-France et de la DRAC Île-de-France, ont retenu la candidature de Margot Videcoq, Pascale Murtin et François Hiffler.

Conformément aux statuts des Laboratoires d’Aubervilliers, le choix s’est porté sur une direction collégiale réunissant des artistes et/ou commissaires, nommée pour un mandat de trois ans.

Le projet artistique de Margot Videcoq, Pascale Murtin et François Hiffler pour la direction des Laboratoires d’Aubervilliers est nourri de leurs expériences et pratiques singulières qui n’ont eu de cesse de dépasser les questions de catégories ou disciplines. Il propose des approches expérimentales pour initier une multitude de « rendez-vous » dans lesquels l’art, autant par ses formes que ses contenus, place le contexte, la réception et la destination au centre des représentations, manifestations, résidences et recherches qui structurent leur proposition. C’est ainsi qu’ils imaginent et proposent des façons de diversifier les modes d’adresse, afin de mieux interroger et mobiliser les publics d’Aubervilliers et alentours.

Le conseil d’administration des Laboratoires d’Aubervilliers tient par ailleurs à exprimer sa reconnaissance et à adresser ses chaleureux remerciements à Alexandra Baudelot, Dora García et Mathilde Villeneuve qui pendant six ans auront dirigés Les Laboratoires d’Aubervilliers avec le souci d’inscrire leur projet artistique au cœur du territoire d‘Aubervilliers, privilégiant des modes diversifiés de partage des savoirs et des pratiques. Elles auront ainsi significativement contribué à affirmer Les Laboratoires comme un lieu d’expérimentations collectives et pluridisciplinaires profondément connecté aux enjeux politiques et sociaux actuels via ses réseaux locaux et internationaux.  En savoir + 

jeudi 19 juillet 2018

Avignon - Rocío Molina mouline (« Grito Pelao »)

Vue du plateau de Grito Pelao de Rocío Molina avant le début de la représentation, Photo Fabien Rivière © 
Saluts, à l'issue de la représentation de Grito Pelao (de d.à g. : la mère de Rocío Molina Cruz Lola Cruz, Rocío Molina, et la chanteuse Silvia Pérez Cruz, et les quatre musiciens), Photo Fabien Rivière

Sans doute la danseuse et chorégraphe de flamenco Espagnole Rocío Molina déploie-t-elle beaucoup d'énergie pendant les deux heures de sa nouvelle pièce créée pour le Festival d'Avignon (In). Mais il manque un élément important : l'émotion. Le thème pourtant semble s'y prêter puisqu'il est question de sa maternité. Elle est en effet enceinte de seize semaines. Le cycle (de la tournée) s'achèvera au terme de 21 représentations en France et en Espagne (Barcelone, Malaga, Séville, Saragosse et Madrid), à Paris à Chaillot début octobre prochain (après Nîmes).

Trois scènes font exceptions : quand elle roule au sol doucement et de façon débridée (une jambe par-ci, un bras par-là) avec la chanteuse Sílvia Pérez Cruz ; quand, assise sur une chaise, très masculine, elle échange avec un musicien, debout, qui danse lui aussi ; quand elle disparaît puis réapparaît avec une longue barbe noire (cf. photo ci-dessous) : faut-il alors parler de femme à barbe, d'homme à barbe, ou de créature à barbe ? 

 Grito Pelao de Rocío Molina, Photo Christophe Raynaud de Lage - Festival d'Avignon

Sinon, aussi bien la danse, le chant et les paroles sont assez pauvres, comme les échanges avec la chanteuse et la propre mère de l'artiste présente sur le plateau (à l'opposé du May He Rise and Smell the Fragrance [en français, Puisse-t-il se relever et humer le parfum] du Libanais Ali Chahrour, cf. ICI). On est assez loin des avancées contemporaines d'Israel Galván (dont la dernière pièce a été programmée dans la Cour d'honneur du Palais des Papes l'année dernière). Faut-il parler de flamenco (de scène) old school ? Et comment l'expliquer ? D'une part, dans le dossier de presse, la danseuse donne des éléments de réponse :
« Pour danser, j'avais besoin de franchir une frontière de douleur, de mettre mon corps dans une situation extrême qui, une fois franchie, faisait cesser la douleur et me permettait d'atteindre un état dans lequel je pouvais danser.
Voilà deux ans que je m'efforçais d'appuyer sur la pédale de frein et d'assouplir la discipline. Freiner, ne pas m'éreinter, dormir. Au plan hormonal, j'allais très mal, j'avais l'air d'une sportive de haut niveau, mon corps était tendu. J'ai retrouvé le corps que j'avais perdu. Un corps si entraîné à la douleur que j'avais cessé de le sentir ; certaines nuits, je touchais mon bras et je ne sentais rien.  J'étais capable de répéter dix heures d'affilées, d'enchaîner dix représentations à la suite ... Mais j'ai cessé de sentir mon corps, j'ai perdu des cycles de sommeil, même au plan émotionnel je ne ressentais rien, c'était comme si mon corps économisait jusqu'à ses larmes. J'avais un corps puissant, très puissant. mais il était mort. »
Bref, elle n'a pas réussi à sortir de sa prison corporelle (et mentale). D'autre part, il est difficile de ne pas être frappé par un certain narcissisme qui ferme l'espace autour de soi, et qui fait qu'en plus on apprend rien sur l'artiste.    
Fabien Rivière

—  Grito Pelao, de Rocío Molina, du 6 au 10 juillet, Festival d'Avignon (In). ICI 

jeudi 12 juillet 2018

Le temps des Créatures (Avignon, La Belle Scène Saint-Denis, Richard / Lamotte / Lescourant & Faye)

Avant le programme, les danseurs s'échauffent, Photo Fabien Rivière

Ça n'a l'air de rien, mais le Festival La Belle Scène Saint-Denis en est déjà à sa 7° édition. Le titre indique bien la volonté d'affirmer la vitalité et la beauté d'un département populaire et métissé souvent présenté sous un angle dramatique (pauvreté, drogue/s, etc.). Il associe deux lieux du département du nord de Paris, le Théâtre Louis Aragon à Tremblay-en-France (dont la programmation est plutôt axée sur la Danse) et le Théâtre Gérard-Philipe (TGP) à Saint-Denis (plutôt Théâtre). La manifestation, qui doit chaque année se battre pour son budget, s'est imposée par le sérieux de son travail de défrichage artistique. 

ALBAN RICHARD >  Vivace 

Vivace, d'Alban Richard (du haut vers le bas : début de la pièce, en cours, saluts),
Photos Fabien Rivière ©

Côté Danse, deux programmes différents de trois pièces de trente minutes sont présentés à 10 heures dans la cour arborée de La Parenthèse, située plutôt dans le centre de la ville d'Avignon, sous un auvent léger de toile  blanche, comme la voile d'un navire, quand il fait encore bon, puisque en journée on dépasse allègrement les 30°. 

Le premier programme est intéressant et divers, même si une thématique s'en dégage (le second programme sera à découvrir dimanche prochain). Vivace est signé Alban Richard, qui est à la tête du Centre chorégraphique national de Caen en Normandie depuis septembre 2015. C'est un duo de deux garçons lancés dans une mécanique infernale, quoique parfaitement réglée. Le plus souvent face au public, ils débutent avec des pas simples, répétitifs, à droite et à gauche, les bras collés au corps. Devant eux, au sol, il suffit pour le danseur d'appuyer sur un interrupteur blanc pour changer la musique. On passe ainsi de la techno (très bonne bande-son, avec Sleeparchive (Berlin) et The Shoes (Reims, France), par exemple) à de la musique classique (Jean-Sébastien Bach et Michael Nyman), en passant par du R&B (Jackie Wilson et Dinah Washington). Par la façon de tenir son corps si droit, on songe à Louis XIV, même si au fur et à mesure les corps vont se relâcher. Louis XIV dans son élément ou dans une rave. Mais toujours Louis XIV. Le contexte ne vous change/ra pas. La pièce devrait plutôt se nommer Under Control, tant il est vrai qu'il n'est pas question de le perdre ce contrôle (de soi). Le mot "vivace" suggère une certaine organicité sauvage et innocente, absente ici. Manifestement les temps sont durs, et on doit être un dur à cuire pour survivre ? 

À un moment on passe musicalement par du rap, on semble même le singer, on peut le faire, mais c'est un exercice délicat pour un Blanc de sembler se moquer d'une musique souvent Noire, quand on a manifestement pas fait l'expérience des conditions de vie du ghetto US par exemple (c'est un Blanc qui rédige ces lignes), de la misère sociale et du racisme quotidien (faut-il rappeler les trois morts brutales récentes d'excellents jeunes rappeurs US : XXXTentacion, 20 ans, et Jimmy Wopo, 21 ans, ont été abattus le même jour, le 18 juin dernier, le premier au nord de Miami (Floride), le second à Pittsburgh (Pennsylvanie); le rappeur Blanc Lil Peep est mort d'overdose le 17 novembre 2017 à 21 ans). 

SYLVÈRE LAMOTTE>  Les Sauvages [extraits] 

Les Sauvages, de Sylvère Lamotte, Photos Fabien Rivière ©

Faut-il en parler ? Et comment ? Toujours est-il que le casting entièrement masculin de Les Sauvages de Sylvère Lamotte est l'un des plus sexy du Festival d'Avignon In et Off confondus, même si il n'est pas le seul, puisqu'il en est de même chez Thierry Smits (Bruxelles, Belgique) avec Anima Ardens (ils sont entièrement nus) à La Manufacture et chez le Glaucos de Mikaël Six (Grasse, France) (ils sont torses nus et en sueur) au Théâtre Golovine (cf. ICI). Et après, diront certains. En effet, et après ? 

On ne verra que les trente dernières minutes d'une œuvre qui dure une heure.  Qui oscille entre présentation d'une bande de copains, d'origine rurale et populaire, qu'il s'agirait d'étudier, et la reproduction de tableaux anciens et de photographies contemporaines de tragédies. Mais quand un homme s'allonge sur le sol face contre terre, recouvert par un autre, et ainsi de suite, on ne songe pas à un monceau de cadavres. C'est que le chemin pour aboutir à la scène est beaucoup trop court pour être convaincant. Rendre la photo originale sans le contexte et sans le poids de l'histoire est fort difficile. Il faudrait des corps hantés (Meg Stuart peut le faire très bien). Sinon, on n'obtient qu'une forme plastique. Sauvages ? Plutôt très sages (comme des images). 

SANDRINE LESCOURANT et JOHANNA FAYE >  Syn.

Syn. de Sandrine Lescourant et Johanna Faye, (bas: saluts) Photos Fabien Rivière ©

Sandrine Lescourant et Johanna Faye proposent un duo qu'elles chorégraphient, Syn.. La seconde vient d'être nommée au sein d'un regroupement de chorégraphes à la direction du Centre chorégraphique national de Rennes (cf ICI). Syn., comme Synchronicité, ou Synthétique ? Il s'agit ici, selon la feuille de salle, d'explorer « l'infime connexion qui les relie », leurs « différences ». Soit. Mais on a plutôt le sentiment d'une grande identité de personnalités, et, dans ces profondeurs, de deux créatures d'un film de science-fiction plutôt gore, qui se rapprochent, s'associent un temps, se jaugent et finalement s'éloignent. Est-ce à dire que pour juger un individu il ne faudrait pas trop se fier aux apparences immédiatement perceptibles ?

Finalement, dans les trois propositions, l'humanité est plutôt laissée de côté. À l'inverse du travail, l'année dernière au même endroit, de Mickaël Phelippeau, un solo, Juste Heddy (lire notre Deux façons pour la danse contemporaine de parler de l'Autre (Mélanie Perrier / Mickaël Phelippeau)). 
Fabien Rivière
Programme du 9 au 14 juillet 2018. 

mardi 3 juillet 2018

Des chorégraphes maltraitent-ils les danseurs ? : Lettre ouverte des danseuses et danseurs

Fabien Rivière pour Espaces Magnétiques 

Le blog français HILDA, — sous titré Why the fuck am I a dancer ? — du nom de la danseuse professionnelle qui en est à l'origine, publie un texte signé par 29 interprètes professionnels, Lettre ouverte des danseuses et danseurs « Nous avons des prénoms », qui décrit le déroulement d'une audition qui s'est déroulée au CentQuatre (Paris) le 15 juin 2018, simultanément pour quatre chorégraphes (Emilio Calcagno, Kaori Ito, Anthony Egea, Kettly Noël). Ils détaillent un certain nombre de faits survenus, et estiment que cette audition s'est mal passée. Et affirment : 
Votre comportement, lors de cette audition, n’est pas en adéquation avec la responsabilité et la mission de votre compagnie. Votre audition a été la fois de trop. Nous ne voulons plus que cela se reproduise.
On peut élargir le questionnement en précisant que la Lettre ouverte est adressée à différents interlocuteurs, dont le Centre national de la danse, qui a connu sa première grève le 4 octobre 2016 (ICI et ICI), révélant aussi un profond malaise. Et si on élargit encore, on peut remarquer la violence des uns sur les autres, notamment mais pas seulement de ceux qui ont des postes de pouvoir sur ceux qui n'en ont pas ou moins (programmateurs sur chorégraphes, programmateurs sur journalistes, etc.). On pourrait parler de violence professionnelle ou sociale. D'où la question : comment en est-on arrivé là, que faire pour que cela cesse, quelle organisation professionnelle mettre en place ? 
Fabien Rivière
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[introduction par le blog]
Par cette lettre ouverte des danseuses et danseurs, ce n’est pas seulement ma voix que je partage. Ce sont LES voix à  l’unisson des danseuses et danseurs qui ont envie de faire changer les choses. Et je suis fière que cela se produise ici.  Le 15 juin 2018 se tenait au cent-quatre, l’audition sur convocation, de la Compagnie Eco, dirigée par Emilio Calcagno. Le projet réunit quatre chorégraphes, Emilio Calcagno, Kaori Ito, Anthony Egea, Kettly Noël. Quatre postes sont à pourvoir : 2 hommes, 2 femmes. Malheureusement, l’audition pour ce projet, s’est mal passée. Ici, c’est un Nous, danseuses et danseurs, qui parlons aujourd’hui. Afin de dire à cœur ouvert, ce que nous ressentons tout bas. Nous avons décidé de ne pas garder pour nous ce qui s’est passé, afin d’apporter une vraie réflexion sur notre métier, et les conditions problématiques de certaines auditions.

A l’attention du Ministère de la Culture, de la compagnie ECO, des chorégraphes Emilio Calcagno, Kettly Noel, Antony Egea, Kaori Ito, de l’établissement Le cent-quatre, du Centre National de la Danse, ainsi qu’à toutes et tous, actrices et acteurs de notre métier, danseuses, danseurs, chorégraphes, assistantes et assistants chorégraphes, directrices, directeurs de compagnies, productions, administratrices, administrateurs, directrices et directeurs de théatres, metteuses et metteurs en scène…
Nous sommes danseuses et danseurs free-lance. Sélectionnés, après envoi de nos candidatures et vidéos spécifiquement demandées, puis convoqués à votre audition se déroulant à Paris, nous nous sommes déplacés depuis Paris, mais aussi de toute la France, d’Angleterre, de Suisse, d’Allemagne… Nous avons payé, avions, trains, trajets, hôtels et frais annexes pour être présents devant vous en ce 15 juin 2018.
Votre audition a eu lieu au cent-quatre : l’espace idéal lorsque nous n’avons pas de budget pour nos entraînements ou répétitions de futurs projets, puisque libre d’accès, et ouvert à tous.
L’audition de votre projet, destiné à la scène, se déroule dans les grands espaces du cent-quatre sur ce sol en béton. Pourquoi ce choix alors que des studios de répétitions existent là-bas ?   > SUITE