dimanche 17 mars 2019

La renaissance de William Forsythe (« Full on Forsythe », Boston) - À Paris début avril

L'Opéra de Boston (Boston Opera House), où est présenté le programme Full on Forsythe
Photo Fabien Rivière
Affiche du programme Full on Forsythe

— Envoyé spécial à Boston (Massachusetts), États-Unis.

Ce fut une soirée agitée, comme quand l'on se retrouve dans des montagnes russes. Je suis allé observer l’acte III du partenariat (« partnership ») de cinq ans entre le Boston Ballet et le génial chorégraphe américain William Forsythe, 69 ans. Il a débuté en février 2017 par une soirée complète, avec une reprise d’une pièce de 1984, Artifact, un chef-d’œuvre, dont un acte était modifié, devenant Artifact 2017 (cf. notre article ICI). A succédé en 2018 Pas/Parts 2018, une reprise d’une pièce de 36 minutes dans une soirée partagée (ICI). On peut indiquer que pour le public qui découvre cet univers, il s’agit d’une pièce nouvelle. Une création, en quelque sorte, si l'on veut. On peut remercier celui qui est à l’initiative de cet accord, le directeur artistique du Ballet, le Finlandais Mikko Nissinen.

Cet acte III est constitué de trois pièces : une reprise, Blake Works I, sur la musique du britannique James Blake, présentée pour la première fois aux États-Unis, créée pour le Ballet de l’Opéra national de Paris en juillet 2016. Pour qui, comme moi, suit le travail de Forsythe depuis 30 ans, je peux avouer avoir versé quelques larmes en découvrant cette proposition. Pas des larmes de joie, ni de tristesse au sens où l’on est touché artistiquement. Plutôt la tristesse de voir ce genre de choses advenir. Pour filer la métaphore littéraire, on peut y voir des mouvements chorégraphiques forts simples répétés, qui formeraient des lettres et des mots sans qu’advienne des phrases construites. Je suis allé revoir ce travail à Paris, pour être sûr du diagnostic, qui n’a pas été modifié. Mais pour le New York Times c'est « une merveilleuse lettre d'amour au ballet » (« Wonderful Love Letter to Ballet ») (ICI). 

On doit rappeler la trajectoire de notre homme pour comprendre la situation actuelle. Il crée sa première pièce, Urlicht, en 1976 pour le Ballet de Stuttgart, dont il devient le chorégraphe résident la même année. Il dirige le Ballet de Francfort (Frankfurt Ballet) de 1984 à 2004, puis enfin La Forsythe Company (The Forsythe Company) de 2005 à juin 2015. D’un côté, il va produire parmi les œuvres les plus hallucinantes et puissantes de l’époque. De l’autre, à deux reprises, il va se heurter aux exigences des collectivités locales. En 2004 il doit affronter la mairie de Francfort qui veut faire des économies et donc réduire la subvention. C’est la fin du Ballet de Francfort. En 2014, il ne peut plus soutenir la lourdeur de la direction d’une structure comme la Forsythe Company et le rythme exigé de trois nouveaux programmes chaque année, même en proposant un programme de reprise-s, sans parler du déficit significatif. Passer de Ballet de Francfort à Compagnie Forsythe (et non Ballet Forsythe), c’est abandonner, mine de rien, la référence à la danse classique. Et en effet, il explore des territoires qui relèvent très clairement de la danse contemporaine. Même si l’effectif de danseurs est réduit, le public est plus étroit, le modèle économique ne tient pas plus de dix ans. La voie de la danse contemporaine se ferme dramatiquement et traumatiquement face au mur des « réalités » économiques drastiques. La proposition du Ballet de Boston arrive à point nommé. Mais c’est un ballet classique. Et les danseurs de l’Opéra de Paris, autre ballet, ont leurs compétences mais ne maîtrisent pas les savoirs et savoir-faire accumulés lors des périodes Frankfurt Ballet et Forsythe Company. Peut-on alors affirmer que Forsythe n’a plus de compagnie pour créer de la danse contemporaine ? D’où une certaine schizophrénie. 

Forsythe a déclaré récemment au New York Times revenir à la danse classique, on devrait même dire à la merveilleuse danse classique (cf. ICI). Mais l’homme peut le même jour du 4 juillet 2016 créer pour un plateau de la très décevante danse classique avec Blake Works I à l’Opéra de Paris et mettre en ligne sur la 3° scène (numérique) de l’Opéra de Paris de l’excellente danse contemporaine avec Alignigung, un duo (cf. photo ci-dessous, ICI). 

Alignigung, 2016, Single channel video, Dimensions variable,
Artwork © William Forsythe, Courtesy Gagosian 

OBJETS CHORÉGRAPHIQUES

Couverture du livre William Forsythe: Choreographic Objects paru fin 2018, Photo Fabien Rivière

On ne doit pas oublier son très bon travail (contemporain) de plasticien-chorégraphe ou de chorégraphe-plasticien avec ses « objets chorégraphiques » (« Choreographic Objects ») qui ont été présentés, dans une grande exposition à Francfort (Allemagne), puis à Boston aussi, très récemment (du 31 octobre 2018 au 21 février 2019), à l’Institute of Contemporary Art (ICA) (cf. photo ci-dessous, site ICI qui comprend 7 vidéos), première exposition d’ampleur aux États-Unis, qui a publié pour l’occasion un riche catalogue (William Forsythe: Choreographic Objects, sous la direction de Louise Neri et Eva Respini, publié par The Institute of Contemporary Art/Boston & DelMonico Books - Prestel Munich London New York,  228 pages, ICI). Quelques objets ont été présentés en Île-de-France (ICI).

The Institute of Contemporary Art/Boston, Photo Fabien Rivière

PAS/PARTS 2018

L’acte III comprend donc Blake Works I, une autre reprise avec Pas/Parts 2018 (qui réactualise Pas/Parts (1999)), et une création mondiale, Playlist (EP)

Junxiong Zhao et John Lam dans Pas/Parts 2018 de William Forsythe,
Photo d'Angela Sterling - courtesy of Boston Ballet

Dans Pas/Parts 2018 la scénographie et la musique ne disent pas la même chose que la danse. La scénographie et les lumières sont pourtant de Forsythe (« Scenic and Lighting Design »), la musique de Thom Willems, qui a travaillé trente ans avec le chorégraphe. La scénographie suggère une immense boite, constituée de trois immenses panneaux gris qui cadrent l’espace. l’ensemble du fond de scène, et les extrémités droites et gauches, suggérant une abstraction radicale et une incarnation profonde. La couleur virera ultérieurement à l’aurore boréale, couleur or pur. La musique peut faire penser aux pulsations magnifiquement sauvages du groupe de rock Britannique The Prodigy, mais comme si le musicien avait fait un stage chez John Cage, pour son articulation avec le silence. La scénographie et la musique sont les garants inconscients sans doute du « contemporain », quand la danse se veut classique. Les interprètes, dans un premier temps, sont dans des lignes tranchantes et courbes qui font penser aux formes des mantes religieuses. La danse n’est pas sans intérêt mais la dimension d’exercice peut agacer. D’un côté on se dit que c’est une proposition, qui, pour la danse classique est plutôt parmi les plus intéressantes, quand elle l’est quand même sensiblement moins en comparaison avec le Ballet de Francfort, et la danse contemporaine dans ce qu’elle propose de meilleur.

La présence d'un danseur afro-américain, Lawrence Rines, est importante. Outre d’être un fort bon interprète, au visage expressif, il apporte de la douceur et de l'humanité.

LA COMMANDE



Pour un chorégraphe, répondre à ce que l’on nomme dans le milieu « une commande » d’une compagnie qu’il ne dirige pas est un challenge redoutable. La thématique de la soirée, c’est la commande (en danse classique) justement. Puisque aucune des 3 pièces n’a été créée dans le cadre d’une compagnie que Forsythe dirigeait. En 1983, il répond ainsi à la demande de Rudolf Noureev pour le Ballet de l’Opèra de Paris. Cela donne l’excellent France / Dance où l’influence et le dialogue avec George Balanchine sont manifestes. De même nouvelle proposition dans le même cadre en 1987 qui donne un chef-d’œuvre : In The Middle Somewhat Elevated avec les sublimes Sylvie Guillem et Laurent Hilaire (cf. vidéo ci-dessus). Puis, cela se gâte avec Pas/Parts et Woundwork 1 en 1999 à l’intérêt plus limité. On peut faire l’hypothèse que pendant que Forsythe approfondit son travail contemporain de façon vertigineuse avec le Ballet de Francfort, inventant de nouveaux mondes et de nouvelles motricités, son investissement dans le classique devient assez formel. 
     
BLAKE WORKS I

Le Boston Ballet dans Blake Works I de William Forsythe,
Photo d'Angela Sterling - courtesy of Boston Ballet

Blake Works I demeure ce qu’il nous semble être, c'est-à-dire pas grand chose. Et entendre pour la 3° fois la bande-son de James Blake trouve ses limites. Sans doute, à la première écoute, cette musique exerce un fort pouvoir de séduction, mais qui s’use finalement vite. Et je me disais, sans pouvoir l’expliquer, que, tant qu'à faire, je préférerais le meilleur de Bob Dylan. À l’entracte qui suit, je suis un peu abattu. Je déambule de nouveau dans ce magnifique bâtiment qu'est l'Opéra de Boston.  

 PLAYLIST (EP)

Patrick Yocum et le Boston Ballet dans Playlist (EP) de William Forsythe,
Photo d'Angela Sterling - courtesy of Boston Ballet

Playlist (EP) est la première création depuis 27 ans pour une compagnie américaine. C'est une énorme surprise. Sans doute reprend-elle des principes d’épures maximales de Blake Works I. Mais le projet est abouti. Le souffle vital est manifeste. Playlist (EP) met en avant l'articulation entre danse classique et une bande-son qui comprend un choix de musique populaire afro-américaine de rhythm and blues et de soul du siècle dernier (Natalie Cole et Barry White) et d'aujourd'hui (cf. notre article La bande-son de la prochaine création de William Forsythe, « Playlist (EP) »). Ainsi : 
Artiste-s > Titre du morceau 
Peven Everett > Surely Shortly 
Abra > Vegas 
Lion Babe/Jax Jones > Impossible
Khalid > Location 
Barry White > Sha La La Means I Love You
Natalie Cole > This Will Be (An Everlasting Love)


Autant les couleurs des costumes sont passées dans Blake Works I, qui peuvent faire penser à une époque lointaine où Khrouchtchev était encore premier secrétaire du Comité central du Parti communiste d'URSS (Union des républiques socialistes soviétiques), autant ici elles flamboient. En ouverture les garçons, athlétiques, portent un collant bleu foncé et un T-shirt rose, et se déplacent en groupe et forment des lignes simples. La vie explose. Comme si le chorégraphe avait lâché prise sur l'angoisse et la souffrance. William Forsythe semble un ado à la vitalité stupéfiante. Cela peut sembler surprenant mais c'est rassurant. La salle ne s'y trompe pas qui se lève comme un seul homme pour célébrer cette Joie.    
Fabien Rivière

Programme Full on Forsythe, du 7 au 17 mars 2019, Ballet de Boston, Boston Opera House (Boston). En savoir +    
À VENIR 
———— PARIS :  
Le Boston Ballet présente au Théâtre des Champs-Élysées (Paris) du 9 au 11 avril 2019 : Playlist (EP) et Pas/Parts 2018 de William Forsythe et Wings of Wax de Jiří Kylián. En savoir +

———— BOSTON : 
— In the Middle, Somewhat Elevated de William Forsythe, dans le programme rEVOLUTION (27 Février - 8 Mars 2020), avec Agon de George Balanchine et Glass Pieces de Jerome Robbins.  En savoir +  
— Artifact Suite de William Forsythe dans le programme Off the Charts (8 - 29 Mai 2020) avec Dance Part 3 de Stephen Galloway [ancien danseur du Ballet de Francfort que dirigeait William Forsythe] et Bella Figura de Jiří Kylián. En savoir +  

dimanche 10 mars 2019

Pour ses 20 ans, la Biennale de danse du Val-de-Marne se politise ? Son thème : l'Europe

Affiche de la 20° Biennale de danse du Val-de-Marne, avec Oona Doherty  

La Biennale de danse du Val-de-Marne, au sud de Paris, célèbrera cette année sa 20° édition et ses quarante années d'existence, pendant un mois du 21 mars au 19 avril. Elle s'est choisie un sujet ambitieux : Europa - entre Déesse et Démone.

L'éditorial de son directeur, Daniel Favier, est clair : 
Brexit or Brexit. La politique d’accueil des migrants fracture et divise la société. Tous ceux qui fuient les persécutions, les guerres, les exactions se retrouvent en proie aux politiques discriminatoires. L’enjeu est énorme, mais les sociétés civiles commencent à s’organiser et la solidarité s’exerce souvent au-delà du champ politique. À cet endroit, les artistes se mobilisent dans la diversité de leurs approches. L’art chorégraphique est ainsi fait de rencontres, de mises en œuvre, de partage, de générosité et d’humilité.
L’Europe se devrait d’avoir une ambition pour la culture, portée par les élus, les citoyens, les artistes et résister aux tentations de certains de repli sur soi. Que cette 20e édition à son endroit contribue à mieux parler de sensibilité et d’ouverture au monde. C’est aussi cela que l’on attend d’une Europe culturelle profondément fraternelle.

Cette édition serait donc politique, ou engagée ? Réussissant à échapper à ce que nomme le jeune écrivain français Édouard Louis qui a publié récemment Qui a tué mon père : « Ce qui est très beau dans ce mouvement [des Gilets jaunes], c'est l'émergence de la réalité. C'est très rare. L'art, la culture, les médias produisent une sorte de chape de fiction, de mensonge, de fausse réalité. » (Les Inrockuptibles, 6 mars 2019, p. 39) Dans le dossier de presse on ne trouve pas les mots « libéralisme », « néolibéralisme », « exploitation », « luttes » ou « domination ». Mais « capitalisme » apparaît chez Maguy Marin.

Quoiqu'il en soit, la manifestation présente 20 compagnies et la 9° édition du Festival Spring Forward  [en français Printemps en avant], une initiative de Aerowaves, une plateforme de promotion de la danse en Europe qui comprend aujourd'hui 33 pays. Chaque année après un appel à projets, elle sélectionne 20 chorégraphes sur plus de 600 candidatures reçues. Après Ljubljana (Slovénie), Bassano del Grappa (Italie), Zurich (Suisse), Umeå (Suède), Barcelone (Espagne), Pilsen (ou Plzeň, en République tchèque), Aarhus (Danemark) et Sofia (Bulgarie), voici la France. 

Du côté des nationalités des 20 premières compagnies, qui mobilisent 29 créateurs, on compte 9 pays : 15 Français, 4 Belges, 3 Italiens, 2 Irlandais, 1 Suisse, 1 Autrichien, 1 Américain, une Québécoise et une Australienne. À mettre en regard des 48 nationalités que comptent l'Europe, au sens géographique du terme (dont 28 pays membres de l'Union européenne, cf. listes complètes ci-dessous).

Chez les vingt autres compagnies proposées par Aerowaves (et son invité javanais), on compte 32 créateurs qui réfèrent à 12 pays (en tenant compte de la nationalité ou du lieu de résidence).

La programmation mise sur Oona Doherty, jeune femme encore peu connue qui vit à Belfast, en Irlande du Nord, et qui porte des questionnements sociaux (cf. un passage de notre article). On suivra aussi les forts bons travaux de Maguy Marin et Fabrice Lambert, et l'on découvrira avec curiosité ceux de l'Italien Alessandro Sciarroni, du Suisse Foofwa d'Immobilité, et des Français Maud Le Pladec, Alexandre Roccoli et Fouad Boussouf. L'exceptionnel Talos de l'Israélien installé en France Arkadi Zaides sur le programme de surveillance des frontières de l'Europe par des robots, le to a simple, rock ’n’ roll . . . song. du Britannique Michael Clark sur les fantômes qui hantent le XX° siècle et le nôtre (notre article), et enfin le Fleshless Beast de l'Américain installé à Berlin Roderick George où il est aussi question de fantômes (cf. un passage de notre articleauraient eu aussi leur place me semble-t-il.

Couverture de l'ouvrage Biennale(s) de danse du Val-de-Marne 1979/2019

Outre les spectacles, un ensemble propositions vient accompagner les œuvres (cf. liste ci-dessous), dont un livre, Biennale(s) de danse du Val-de-Marne 1979/2019 avec des photographies de Laurent Philippe et des textes d'Irène Filiberti aux Nouvelles Éditions Scala, un nouveau numéro spécial Europa de la revue Repères, cahier de danse, et un documentaire consacré au fondateur de la manifestation, Dans les pas de Michel Caserta. Une vie pour la danse contemporaine (titre provisoire), de Michel Violet et Sylvie Millet. De quoi s'occuper. 
Fabien Rivière 

        CHIFFRES      
64 représentations  —  42 compagnies 
   27 lieux partenaires —  1 festival Aerowaves Spring Forward 
1 livre anniversaire  —  1 revue Repères bilingue  — 1 documentaire 
 1 séance de Vidéo-Danse Nous aussi, nous sommes l’Europe !    
3 Ateliers Kaléidoscope  —  1 Atelier DaPoPa 
 1 Atelier Dancewalk avec Foofwa d'Imobilité  —  1 Atelier de pratiques somatiques 
 1 Rencontre Les Intrépides  —  1 Séance découverte Application A Danser (AAD) 

        EUROPE      
— Les 28 pays membres de l'Union européenne (ordre alphabétique) : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède, Tchéquie. 
— Au sens plus large, comprend aussi 20 autres pays : Albanie, Andorre, Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Géorgie, Islande, Kosovo, Liechtenstein, Macédoine, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, Saint-Marin, Saint-Siège, Serbie, Suisse, Ukraine.    

    LES CHORÉGRAPHES     ( > signifie installé en)

Joanne Leighton (Australie > Belgique puis France)  Corps Exquis   RE-CRÉATION
Joanne Leighton & Camille Laurens (France)  L’L   CRÉATION Concordan(s)e

Alexandre Roccoli (France) Hadra Youness – Yassine    Solo - CRÉATION


Alexandre Roccoli  Weaver Quintet


Cie Mossoux-Bonté (Belgique) The Great He-Goat   1ère en France

Oona Doherty (Belfast, Irlande du Nord)  Hard to be Soft – A Belfast Prayer
Oona Doherty   Hope Hunt & The Ascension
Oona Doherty  Lady Magma  CRÉATION


Ashley Chen (États-Unis > France) & Philip Connaughton (Irlande) Whack !!


Marie Béland (Québec, Canada)  Beside  CRÉATION                     Photo DR

Compagnie Maguy Marin (France)  May B   Un classique 
Compagnie Maguy Marin  Ligne de crête    Conseillé

Maud Le Pladec (France)  Twenty-seven perspectives   1ère en Île-de-France


Sébastien Laurent (France)  Désenchanter (ré enchanter)    1ère en Île-de-France

Dimitri Hatton - Satchie Noro - Silvain Ohl (France) Mind the Gap  CRÉATION
Satchie Noro & Silvain Ohl  De Nuage à Origami   COMMANDE


Chloé Moglia (France)  La Spire


Alessandro Sciarroni (Italie)  Augusto


Ann Van den Broek (Belgique)  Blueprint on Memory   1ère en France

Jean-Marie Machado, Aïcha M’Barek et Hafiz Dhaou (France) L’Amour sorcier 1ère en Île-de-France 

Meytal Blanaru (Belgique) We are the future


Foofwa d’Imobilité (Genève, Suisse) Dancewalk - Du vert sinon j'étouffe CRÉATION
À SUIVRE EN DIRECT SUR FACEBOOK LES (MERCREDI) 10, 11, 12 ET 13 AVRIL ICI 
« Le chorégraphe propose un tracé sur quatre jours le long de l’ancienne voie de chemin de fer qui reliait autrefois la gare de Paris-Bastille au sud-est de la région parisienne. Le quatrième jour, le public est convié à venir parcourir, en marchant ou en dansant, les 4 derniers kilomètres de ce parcours « Le chemin des roses », sur la coulée verte de la Tégéval. A l’arrivée, les magnifiques plantes et fleurs des serres du GPSEA de Mandres-les-Roses. »
Photographie Gregory Batardeau

Fabrice Lambert (France)  Aujourd’hui, Sauvage


Christian Ubl (Autriche > France)  Langues de feu & Lames de fond  1ère en Île-de-France

Fouad Boussouf (France)  NÄSS (les gens)


Alessandro Bernardeschi & Mauro Paccagnella (Italie > Belgique) El puebla unido jamás será vencido
           Festival Spring Forward            5-7 avril
 [Printemps en avant] 9° édition  
(Initiative de Aerowaves, plateforme de promotion de la danse en Europe, 33 pays) 
20 compagnies et un invité : le danseur javanais Rianto 
— Flora Détraz (France / Portugal)
— Filipe Pereira et Teresa Silva (Portugal) 
— James Batchelor & collaborateurs (Italie) 
— Sofia Mavragani - Fingersix  (Grèce)
— Marta Alstadsæter et Kim-Jomi Fischer  (Pays-Bas/Norvège)
— Robbie Synge et Lucy Boyes  (Royaume-Uni
— Chiara Bersani - Associazione Culturale Corpoceleste  (Italie)
— Sylvain Bouillet et Lucien Reynes  (France)
— Anne-Marie Van  (France)
— Sidonie Duret, Jeremy Martinez et Emilie Szikora  (France) 
— Thomas Bîrzan et Mario Barrantes Espinoza  (Belgique)
— Katerina Andreou  (France/Grèce) 
— Renata Piotrowska-Auffret  (Pologne)
— Elinor Lewis avec Nuria Legarda Andueza (Royaume-Uni)
— Ginevra Panzetti et Enrico Ticconi  (Allemagne/Italie)
— Beatrix Simkó et Jenna Jalonen  (Hongrie/Belgique) 
— Mattia Russo et Antonio de Rosa   (Espagne)
— Sylvain Huc   (France)
— Lina Gómez  (Allemagne)
— Pawel Sakowicz (Pologne)

samedi 9 mars 2019

Jungle Boy (USA) : Catch ou/et danse contemporaine ?


Jungle Boy, Jack Perry pour l'état civil, est le fils de l'acteur Luke Perry,
 qui vient de mourir d'un AVC à 52 ans. Il a 22 ans, Photo DR

vendredi 8 mars 2019

La « Gravité » sans gravité d'Angelin Preljocaj

Gravité, d'Angelin Preljocaj, Photo Jean-Claude Carbonne

Créée en septembre 2018 pour la Biennale de la danse de Lyon, Gravité, la nouvelle pièce pour 13 danseurs du Ballet Preljocaj, basé à Aix-en-Provence, était présentée à Paris au TND (Théâtre national de la danse) Chaillot, en février pour une série de 13 représentations.

Dans la feuille de salle, le chorégraphe explique :  
La gravitation est l’une des quatre forces fondamentales qui régissent l’univers. Elle désigne l’attraction de deux masses. Elle est invisible, impalpable, immanente. C’est pourtant elle qui crée ce qu’on appelle la pesanteur. 

Depuis des années, les notions de poids, d’espace, de vitesse et de masse ont traversé de façon intuitive ma recherche chorégraphique. (...)

(...) j’attends de cette problématique de la gravité qu’elle m’ouvre de nouveaux espaces d’écritures. // J’ai besoin régulièrement d’entrer dans la chair de mon langage, de réinterroger abstraitement le mouvement en revenant aux bases. 

À vrai dire, ce que l’on voit sur le plateau diffère sensiblement de ce que pense faire le chorégraphe. La pièce alterne des scènes qui sont travaillées par la question du couple (hétérosexuel) — où la femme est l’égale de l’homme voire le domine dans un rituel sado-masochiste, — et des ensembles assez mécaniques, rapides et efficaces. Pourquoi pas traiter du couple, en effet. On peut toujours prétendre qu’il incarne « l’attraction de deux masses », sauf que l’on est ici dans le registre de la psychologie traditionnelle et non pas dans celui de la physique des particules.

Angelin Preljocaj se dit « fidèle à un principe d’alternance entre des pièces de recherche pure et des ballets plus narratifs ». Dit autrement, il alternerait pièce de danse contemporaine et pièce de danse classique. Il aurait la souveraine liberté de pouvoir passer de l’un à l’autre. Mais ce que l’on voit c’est que ce travail qui se veut contemporain est en réalité très classique, plus précisément très plombé par les façons de penser et de faire de la danse classique. Preljocaj est de toute façon depuis longtemps plus un "classique" qu’un "contemporain". Il pense pouvoir jouer sur les deux tableaux. Mais le peut-on ? Et qui le peut ? Il faudrait aussi parler de ce passage étrange, faible, et hors sujet ?, vers la fin, où soudain retentit le Boléro de Maurice Ravel, qui demeure hanté par ce qu’en a fait magistralement Maurice Béjart en 1960 avec son Ballet du XX° siècle, autrement plus élégant, construit, puissant (par exemple avec Maia Plissetskaïa, en 1974, à voir ICI). 

Le tout est plus une machine spectaculaire qu’une œuvre, au sens de l’expression existentielle d’un créateur. 
Fabien Rivière
Gravité, d'Angelin Preljocaj, TND Chaillot, du 7 au 22 février 2019. En savoir +  TOURNÉES 

mardi 26 février 2019

Agenda Danse et performance - Paris et sa région - Mars 2019

1    Accor Hotels Arena  Juste Debout 
2    La Philharmonie  
3  —  Théâtre de la Ville - Espace Cardin 
4  —  Musée de l'histoire de l'immigration
5    La Villette 
6  —  Grand Palais - galeries nationales
7  
  La Colline - Théâtre national
8  —  Cent Quatre   > Festival Séquence Danse Paris 
9  —  Ménagerie de Verre   > Étrange Cargo  
10  —  Théâtre de Vanves   > Festival Artdanthé
11  —  Biennale de danse du Val-de-Marne
12  —  Le Regard du Cygne   > Signes de Printemps
13  —  Théâtre de la Ville - Abbesses 
14  —  Théâtre de la Ville - Hors Les Murs à la MaC Créteil 
15  —  Cité des sciences et de l'industrie
16  —  Opéra national de Paris 
17  —  (Pantin) Dense Danse > Les Incandescences
18  —  Festival Concordan(s)e
19  —  TND Chaillot
20  —  Centre national de la Danse - Pantin
21  —  Théâtre 71 - Malakoff




1  -   Juste Debout - 
Rencontre internationale de danses hip hop 
Dimanche 3 mars. En savoir +    Très attendu


2  —  La Philharmonie (19°)
Week-end Syrie : 
Derviches tourneurs de Damas (Syrie) 
Samedi 9 et dimanche 10 mars. En savoir +   Photo Fabien Rivière    

Sylvain Groud (France, chorégraphie) & Naïssam Jalal (Syrie, musique) La déclaration 
Samedi 9 mars 18h. En savoir +   


3  —  Théâtre de la Ville - Espace Cardin (8°)
Maguy Marin May B       Un classique 
Du mercredi 27 février au mardi 12 mars. En savoir +   
+    FILM     Maguy Marin, l'urgence d'agir (2019) de David Mambouch   Excellent
GRATUIT Du samedi 9 et lundi 11 mars 17h30. Photo DR En savoir +    

Mandeep Raikhy (Inde)  Queen-Size
Studio, 28 au 30 mars. En savoir +     Capture d'écran Espaces Magnétiques
— Spectacle également présenté le vendredi 22 mars dans le cadre du Grand Festival contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT au Musée national de l’histoire de l’immigration (cf.  ci-dessous, Lieu n°4). 


4  —  Musée national de l’histoire de l’immigration (12°)
EXPOSITION  Paris-Londres. Music Migrations (1962-1989) 
Du 12 mars au 5 janvier 2020. Electric Ballroom, Photo Pierre Terrasson  En savoir + 

      Le Grand Festival 2019 - Une semaine d’éducation et d’actions contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT.       4° édition
Du samedi 16 au dimanche 24 mars. En savoir +   


5  —  La Villette (19°)

Jan Fabre  Belgian Rules/Belgium Rules   durée : 3h45     Attendu
Du vendredi 22 au dimanche 24 mars. En savoir +  


Festival 100%   performances : 
GRATUIT  Du mercredi 20 au dimanche 31 mars, Grande Halle. Photo DR  En savoir +  
Payant  All 4 House / Ousmane Sy & les danseuses de Paradox-Sal  Queen Blood 
  Du jeudi 28 au samedi 30 mars 20h. Photo DR  En savoir +
Payant  Alice Ripoll  Suave  50 mn.
     Du jeudi 28 au samedi 30 mars 19h. En savoir + 

Payant  International Illest Battle 100% Krump  
     Du samedi 30 15h (présélections) au dimanche 31 mars 13h (battle). En savoir +


6  —  Grand Palais,
 galeries nationales (8°)
EXPOSITION  Rouge, art et utopie au pays des Soviets 
Du mercredi 20 mars au lundi 1er juillet.  En savoir +   


7  —  La Colline - Théâtre national (20°)
THÉÂTRE Stanislas Nordey  Qui a tué mon père 
Texte d'Édouard Louis 
Du mardi 12 mars au mercredi 3 avril.  En savoir +   
(de gauche à droite) Édouard Louis et Stanislas Nordey, PhotZena Holloway


8  —  Cent Quatre (19°)
Festival Séquence Danse Paris  un focus sur la danse contemporaine
Du mercredi 13 mars au dimanche 21 avril. En savoir +  


9  —  Ménagerie de Verre (11°)
Festival Étrange Cargo 
Du mardi 12 mars au samedi 6 avril.  www.menagerie-de-verre.org  


10  —  Théâtre de Vanves (92) 

Festival Artdanthé  21° édition
Du mardi 19 mars au samedi 13 avril.  En savoir + 


11  —  Biennale de danse du Val-de-Marne (94)   
    thème :  Europa – entre Déesse et Démone       
20° édition — Du jeudi 21 mars au vendredi 19 avril  En savoir + 
64 représentations  —  42 compagnies 
   27 lieux partenaires —  festival Aerowaves Spring Forward 
1 livre anniversaire  —  1 revue Repères bilingue 
   1 documentaire   1 séance de Vidéo-Danse    
3 Ateliers Kaléidoscope  —  1 Atelier DaPoPa 
 1 Atelier Dancewalk avec Foofwa d'Imobilité  —  1 Atelier de pratiques somatiques 
 1 Rencontre Les Intrépides  —  1 Séance découverte Application A Danser (AAD) 
 — Val-de-Marne & Paris Ile-de-France


12  —   Le Regard du Cygne (20°)

Festival de danse Signes de printemps
Du jeudi 14 mars au mercredi 10 avril.  En savoir +  


13  —  Théâtre de la Ville - Abbesses (18°)  
Wang Ramirez   W.A.M. We are Monchichi.
Du mardi 5 au dimanche 10 mars. En savoir +  

Gaëlle Bourges  Ce que tu vois
Du mercredi 20 au dimanche 24 mars. En savoir +       

Marco da Silva Ferreira  Brother 
Du mardi 26 au vendredi 29 mars. En savoir +  


14  —  Théâtre de la Ville - Hors Les Murs à la MaC Créteil (94) 
Josette Baïz - Groupe Grenade  D'Est en Ouest. De Melbourne à Vancouver
Du jeudi 14 au samedi 16 mars. En savoir +   


15  —  Cité des sciences et de l'industrie (19°)
Exposition Microbiote (d'après le livre Le charme discret de l'intestin
Du 4 décembre 2018 au 4 août 2019. En savoir +  


16  —  Opéra national de Paris 
—— Opéra Garnier - Cherkaoui (Faun) / Goecke (Dogs Sleep) / Lidberg (Les Noces)
                  Du mardi 5 février au samedi 2 mars. En savoir +  
—— Opéra Bastille - Le Lac des cygnes, de Rudolf Noureev 
                  Du samedi 16 février au mardi 19 mars. En savoir +    
—— Opéra Garnier - Compagnie invité :
        Rosas - Anne Teresa De Keersmaeker  Les Six concertos brandebourgeois  2018 
                  Du vendredi 8 au jeudi 14 mars. En savoir +  
—— Opéra Garnier - Spectacle de l'école de danse de l'Opéra national de Paris
                   Du vendredi 29 mars au jeudi 4 avril. En savoir +   


17  — Dense Danse (Pantin, 93) 
Les Incandescences. Festival itinérant en Île-de-France 
Du vendredi 22 mars au mercredi 10 avril. En savoir +   
Les vendredi 22 et vendredi 29 mars au Théâtre Berthelot, Montreuil (93)

18  —  Festival Concordan(s)e : une rencontre inédite entre un chorégraphe et un écrivain 
Du samedi 16 mars au samedi 27 avril. En savoir +   


19  —  TND Chaillot (16°)
Emanuel Gat  YOOO!!!    Danse - jeunesse - 50 mn.  
Du mercredi 13 au samedi 23 mars, salle Firmin Gémier. En savoir +  

Catherine Diverrès  Blow The Bloody Doors Off !
Du mercredi 13 au vendredi 15 mars, salle Jean Vilar. En savoir +  

Ballet de l'Opéra national du Rhin - Radhouane El Meddeb  Le Lac des cygnes
Du mercredi 27 au samedi 30 mars, salle Jean Vilar. En savoir +    

Maud Le Place - CCN d'Orléans  Twenty-seven perspectives 
Du jeudi 28 mars au mercredi 3 avril, salle Firmin Gémier. En savoir +   


20  —  Centre national de la Danse (CND), Pantin (93)
Répertoire Xavier Le Roy This is not a concept 
Du 11 au 29 mars. En savoir +   
Danses partagées. Ateliers 
Samedi 16 et dimanche 17 mars. En savoir +   

Trois fois rien. Le Centre national des arts plastiques au CND
Du samedi 16 mars au vendredi 19 avril. En savoir +  


21  —  Théâtre 71, Malakoff (92) 
Léo Lérus  Entropie 
Mardi 12 et mercredi 13 mars. En savoir +   Capture d'écran Espaces Magnétiques