vendredi 28 juillet 2017

Pile, Boston (USA) : Les 4 premiers albums



Demonstration (2007, self-released)
Jerk Routine (2009, self-released)
Magic Isn't Real (2010, self-released)
Dripping (2012, Exploding in Sound)

You're Better Than This (2015, Exploding in Sound)
A Hairshirt of Purpose (2017, Exploding in Sound) publié aussi par un jeune label français, Influenza Records. En savoir +  

— Nous avons publié : 
Pile (Boston), Texas + Dogs + Leaning on a Wheel
Pile on Audiotree Live (Full Session), May 11, 2017

jeudi 20 juillet 2017

Arte +7 — « La Fiesta » d'Israel Galván au Festival d'Avignon



Diffusé le 19 juillet
En ligne du 19 juillet au 26 juillet 2017

«  À Séville, les fêtes sont vraiment tragiques, mais il y a aussi ce que moi je vois dans les fêtes : des gestes cachés, une façon de s'asseoir, les gens qui claquent le rythme des doigts ou avec des battements de cils. Tout ce qui se passe derrière, pas seulement devant : une énergie. C'est cette énergie-là que je recherche." Entre tradition flamenca et danse contemporaine, Israel Galván réunit autour de lui huit danseurs et musiciens atypiques – et pas exclusivement flamencos – pour une création inédite – très attendue en ce 71e Festival d'Avignon –, retransmise par ARTE, en direct de la Cour d'honneur du palais des Papes. Pour restituer la vérité de "sa" fête, celle des communautés, des tribus, des familles, le chorégraphe andalou marie disciplines artistiques et fulgurance de la spontanéité, cherchant à faire corps avec le groupe pour embrasser l'universel. 

La diffusion de "La fiesta" sera précédée d'une interview d'Israel Galván par Marie Labory. »

mercredi 19 juillet 2017

Ce soir : retransmission de « La Fiesta » d'Israel Galván au Festival d'Avignon sur Arte


NOTRE AVIS   Conseillé !

Avignon - Guy Cassiers et Maud Le Pladec font plouf (« Grensgeval (Borderline) »)

Vue du plateau de Grensgeval (Borderline) avant la représentation, Photo Fabien Rivière

Le metteur en scène belge Guy Cassiers et la chorégraphe française Maud Le Pladec montent le texte de l'écrivaine autrichienne Elfriede Jelinek prix Nobel de littérature 2004, Les Suppliants, publié en 2013. Cela donne Grensgeval (Borderline), en français Frontière, présenté lors du Festival d'Avignon au Parc des expositions. 

En plus d'une centaine de pages, c'est la voix des réfugiés qui viennent en Europe en traversant la Méditerranée au péril de leurs vies que l'on entend, ne rencontrant une fois arrivés qu'incompréhension et rejet.

Dans ces conditions, pourquoi avoir confié à quatre comédiens Blancs, de plus de cinquante ans, deux hommes et deux femmes, le soin de dire le texte ? Ils sont assis à deux tables métalliques à droite du plateau et discutent comme quatre potes dans un café, un soir. Le ton est atone, ils pourraient tout aussi bien parler de n'importe quoi d'autre, de problèmes de logistique ou de politique agricole commune. Le dispositif neutralise la gravité du propos. 

Ce sont quinze jeunes gens, dont treize Blancs, membres du conservatoire royal d'Anvers formation danse AP, qui portent la danse. Ils sont habillés de façon très mode, vêtements larges, déstructurés, coupe très travaillée, en plusieurs couches, sombres, sauvages, baskets colorées, comme des mannequins qui vont défiler pour une grande marque. Pense-t-on représenter les réfugiés ? N'est-ce pas indécent ? Dans un premier temps, Ils vont manipuler cinq poutres noires. Ce n'est pas sans intérêt, sans être passionnant, mais cela ressemble à un gentil atelier pour élèves ou étudiants en danse. La séquence en boite de nuit n'est pas de très bon goût (et quel rapport avec le texte ?). Officiellement, selon la chorégraphe, « Danser, c’est à la fois se dépenser et résister au sens où Georges Bataille l’entend. Une résistance pouvant prendre plusieurs significations: résister à la mort, résister à l’oubli, résister à la peur, résister aussi à la tentation de dire que l’on sait, que l’on peut comprendre ».

Comme dit Cassiers, « Le texte dessine nos propres limites : nous sommes incapables de faire face ». En effet. 
Fabien Rivière
SPECTACLE 
Grensgeval (Borderline), Guy Cassiers et Maud Le Pladec, Parc des expositions (Avignon), Festival d'Avignon, du 18 au 24 juillet. Site 

LIVRE
Elfriede Jelinek, Les Suppliants, L'Arche éditeur, Paris (France), 120 pages, 2016. 

INTERVIEW 
de Guy Cassiers  RTBF  (Radio Télévision Belge Francophone)   —   Telerama

TOURNÉE    >    VERSION ORIGINALE
— les 20 et 21 septembre 2017, Stadsschouwburg, Amsterdam (Pays-Bas)
— les 27 et 28 octobre, Toneelhuis (Bourda), Anvers (Belgique)
— les 17 et 18 novembre, Temporada Alta, Girona (Espagne) (surtitré en catalan)

TOURNÉE    >   VERSION en collaboration avec le Conservatoire National Supérieur
                                                            de Musique et de Danse de Lyon (CNSMD Lyon)
— du 5 au 7 octobre, Centre dramatique national Orléans Centre  (surtitré en français)
— les 12 et 13 octobre, Le Phénix Scène nationale de Valenciennes  (surtitré en français)
— les 18 et 19 octobre, La Filature Scène nationale de Mulhouse  (surtitré en français)
— 2 décembre, Maison de la Culture d'Amiens (surtitré en français)

mardi 18 juillet 2017

Deux façons pour la danse contemporaine de parler de l'Autre (Mélanie Perrier / Mickaël Phelippeau)

C'est un hasard, mais il fait sacrément bien les choses. Pendant le Festival d'Avignon, côté "Off", le Festival La Belle Scène Saint-Denis s'ouvre par un programme composé de deux pièces chorégraphiques qui abordent de façon diamétralement opposée la même question de l'Autre. 

Deux structures phares du spectacle vivant du département de la Seine-Saint-Denis (nord de Paris), le Théâtre Louis Aragon de Tremblay-en-France et le Théâtre Gérard Philipe (TGP) de Saint-Denis sont à l'initiative de la manifestation qui a réussi à durablement trouver l'écoute, à la fois des professionnels, qui ne viennent pas dans cette partie de la banlieue le reste de l'année, et du public. Il s'agit de présenter les artistes qui sont soutenus activement dans le cadre de résidences.

LA SAINTETÉ

CARE (Vulnerability Live Score), de Mélanie Perrier, Photo Fabien Rivière ©

Mélanie Perrier fait exception en bénéficiant d'un simple accueil studio. Elle propose CARE (Vulnerability Live Score), en français SOINS (Partition Live Vulnérabilité). Elle veut revenir à une figure de la danse, le pas de deux. Sa compagnie se nomme d'ailleurs 2minimum. Dans une interview, elle déclare : 
La danse – surtout académique – a montré tout le caractère normatif, très performatif, très genré, que cette figure peut avoir : le danseur masculin porte la ballerine. Je voulais interroger ce que cela induit dans l’imaginaire collectif. D’où cette idée du double duo masculin et féminin. Deux hommes qui se portent renvoient-ils aux mêmes représentations mentales que deux femmes ? Que signifie être porté ?
La feuille de salle explique par ailleurs : 
Toucher, accueillir, soutenir, supporter... la figure du porté peut englober bien des façons d’envisager le rapport à l’autre. À travers deux duos simultanés, Mélanie Perrier offre une expérience sensible, visuelle et auditive, d’un dialogue de corps à corps. Acceptant la vulnérabilité tout comme l’ambivalence, chaque geste se nourrit de la relation, qu’il s’agit d’éprouver à l’aune de l’éthique du care revisitée par la chorégraphe. En dehors de la forme, nous voici au cœur de la relation à l’autre. Chaque jour à Avignon, les danseurs et la musicienne live remettront à l’épreuve leur vulnérabilité et leur dialogue, pour creuser de manière inédite le cœur de l’écriture de cette pièce conçue pour plateau.
Une page rajoutée présente son Care Manifesto : 
Care revendique la douceur face à la brutalité
Care expose la vulnérabilité face à la performance
Care brandit l’hospitalité face à l’exclusion
Care dévoile la fragilité de tous
Care investit le Nous avant le Je
Care affirme la puissance de l’avec
Care fléchit la violence du contre
Care est le support et non la prise en charge de l’autre

Care oppose l’interdépendance à l’individualisme
Care n’affiche aucun constat mais déploie une alternative
Care propose d’être le refuge de toutes les vulnérabilités
Care se place entre les genres
Care sort le mouvement de la forme
Care fait se rejoindre danse, musique, lumière
Care révèle la danse comme langue politique
Care offre une expérience sensible plus qu’un spectacle

Care s’impose comme un manifeste éthique dansé
Que se passe-t-il sur le plateau ? Un tapis de sol d'un blanc virginal, deux danseuses debout et face à face, deux danseurs de même, habillés de la même façon, d'un boxer et d'une chemise d'un blanc tout aussi virginal. On pourrait même ajouter : des interprètes blancs, jeunes, fins, en bonne santé. À la console, sur le côté droit avant de la scène, la « créat[rice] musicale en temps réel » assise devant la table où est posé son ordinateur, habillée de noire. Cruella ? Les mouvements sont lents, il y est en effet question de toucher, mais rien de touchant. Tout est tellement angélique, qu'il est permis de s'interroger. On songe à cette phrase de Pascal : « L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête ». On observe alors ces deux lents duos comme un monstre, d'autant plus monstrueux qu'il n'a pas de continuité physique. 

Ainsi, on peut demeurer interloqué devant le déferlement de bons sentiments très théoriques du Manifeste, déclarations d'intentions plus sublimes les unes que les autres. On se demande aussi ce que font les autres chorégraphes, qui passeraient à côté de tout ce savoir. 

En imaginant pouvoir faire l'impasse sur sa part d'ombre, la chorégraphe atteint le résultat inverse de celui escompté. 

L'HUMANITÉ




En haut : saluts d'Heddy Salem et Mickaël Phelippeau, Photos Fabien Rivière © 

À la théorie succède la pratique avec le solo que signe Mickaël Phelippeau, Juste Heddy, qu'interprète avec talent Heddy Salem. 

Le chorégraphe français poursuit un chemin spécifique dans la danse contemporaine. Depuis 2008 chaque création est l'occasion d'une rencontre avec une personne singulière (ou un groupe) : un curé [de Bègles, au sud de Bordeaux] (bi-portrait Jean-Yves, 2008), le cercle de danse traditionnelle bretonne Avel Dro Guissény (bi-portrait Yves C., 2008), quatre danseuses ayant entamé leurs carrières dans les années 80 (Numéro d'objet, 2011), la chanteuse  Elli Medeiros (Sueños, 2012), vingt-quatre choristes (Chorus, 2012), l'auteure Célia Houdart (enjoy the silence, 2013), le jeune Ethan âgé de 14 ans connu depuis ses 8 ans (Pour Ethan, 2014), la danseuse Lola Rubio (Llámame Lola, 2015), une lycéenne (Avec Anastasia, 2015), un sonneur de cornemuse (Membre Fantôme, 2016), 11 footballeuses (Footballeuses, 2017), le chanteur et psychiatre Renaud Mascret (Soli, 2017). 



Juste Heddy : un homme jeune traverse la scène. Il porte un jogging et un tee-shirt noirs, un sac de sport à l'épaule, écouteurs aux oreilles. Le style vestimentaire est sobre et élégant. Sur le tee-shit, la mention JUST DO IT. Il branche son portable sur un cable. L'espace est alors rempli d'un raï puissant et touchant. C'est Dana dana, de Cheb Ryan et Dima (à écouter ci-dessus). L'homme s'engage alors dans une gestuelle très écrite. Musicalement, il y aura aussi, dans la catégorie chanson française, l'émouvant Allo Maman de L'Algerino, et Mal à la vie de Rohff, ainsi que de la musique électronique, intense et à fleur de peau, celle des deux cousins de The Blaze, Guillaume et Jonathan, avec Territory (clip officiel ci-dessous). Ce sont les choix de l'interprète. La gestuelle emprunte aussi, mais pas seulement, au sport. Heddy Salem a 20 ans. Il a débuté cette activité à 14 ans, pratiquant boxe thaï, kick-boxing, boxe anglaise, free-fight et ju-jitsu.

Il prendra aussi la parole, déroulant avec franchise et sobriété les éléments d'une vie d'un homme d'un milieu populaire du sud de la France, métis. Le passage par l'armée est violent, et injuste. On songe à l'ouvrage Pays de malheur de Younes Amrani et Stéphane Beaud paru en 2004 (Site) où un jeune de cité écrit à un sociologue, qui met à jour, derrière une histoire singulière, des mécanismes plus généraux d'exclusion et de domination. On peut aussi avoir peur, se dire qu'il est délicat d'exposer un agneau devant des hyènes (il y a pas mal de professionnels dans la salle, qui peuvent être très violents), et que le chorégraphe doit protéger son interprète (ce qu'il fait). Le danger est en effet de sortir une personne de son milieu, de l'utiliser un temps et de l'abandonner ensuite. En suivant le sociologue Pierre Bourdieu, on dira que se retrouver dans un milieu culturel nécessite d'en maîtriser les codes. Heddy Salem est un jeune collaborateur du Merlan - Scène nationale de Marseille. Il travaille au service des relations avec les publics . 
Ce « n'est qu'une étape de travail » explique avec modestie le chorégraphe. Le projet, à la fois réaliste et poétique, apparaît cependant déjà comme solide et important. Il mûrit tranquillement. Débuté en juin 2016, d'une durée de 30 minutes actuellement, il doit aboutir fin 2018 - début 2019, dans une version plus longue.  
 Fabien Rivière

CARE (Vulnerability Live Score) de Mélanie Perrier et Juste Heddy, de Mickaël Phelippeau, du 8 au 14 juillet, 10h, La Belle Scène Saint-Denis, à La Parenthèse, Festival d'Avignon Off.  Site  

Juste Heddy (création en cours) sera accueilli la saison prochaine au TGP Saint-Denis (93), le dimanche 8 octobre 2017 à 15h30. Site 

dimanche 16 juillet 2017

Photo - Avignon - Jésus

Avignon (France), magasin bio, juillet 2017,  Photo Fabien Rivière ©

Photos - Lausanne (Suisse), Le tee-shirt

Lausanne, 6 juillet 2017, 01:37, le jeune homme, dont nous avons 
souhaité préserver l'anonymat, nous précise qu'il a acheté son tee-shirt 
sur le site www.ni-dieu-ni-maitre.comPhotos Fabien Rivière ©

Visuel - Le danseur (FAB, Bordeaux)

Photos Fabien Rivière

Affiche - « Un grand musée pour s'amuser ! »

Affiche, à proximité de la gare de Lausanne (Suisse), juillet 2017, Photo Fabien Rivière

Corsier-sur-Vevey est située à 17 km au sud-est de Lausanne.

vendredi 14 juillet 2017

Sénégal : « Pourquoi nos dirigeants laissent-ils la danseuse Germaine Acogny courir à la faillite ? »

Germaine Acogny, Photo DR

Le Monde Afrique, 14 juillet 2017.  

Aisha Dème, militante culturelle à Dakar, s’insurge de voir l’Ecole des Sables à cours de moyens alors que les législatives battent leur plein, à coups de milliards de francs CFA.

Il y a quelques jours, une lettre de Germaine Acogny est tombée dans la boîte aux lettres électronique de nous autres, acteurs culturels, militants ou amoureux de culture en Afrique [cf. ci-dessous]. Il s’agissait d’une relance à une précédente lettre qui invitait, avec beaucoup de pudeur, à soutenir financièrement l’Ecole des Sables, un centre international de danses traditionnelles et contemporaines d’Afrique, située à Toubab Dialo, à quelques kilomètres au sud de Dakar.

Cette relance est arrivée comme une gifle. « Est-ce que vous avez compris ? », nous disait-elle. « Cela fait quelques semaines que nous avons écrit une lettre à tous ceux qui nous connaissent, qui connaissent l’Ecole des Sables, pour leur demander un soutien à cause de notre situation financière difficile. » C’était la version « soft », rédigée cela fait un moment. La réalité d’aujourd’hui est beaucoup plus brutale. Actuellement, l’Ecole des Sables n’a plus les moyens de fonctionner que quelques mois. C’est donc « demain ». 



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LETTRE DE GERMAINE ACOGNY 

ET L’ECOLE DES SABLES

9 juillet 2017

Chers amis,
Cela fait quelques semaines que nous avons écrit une lettre à tous ceux qui nous connaissent, qui connaissent L’Ecole des Sables pour leurs demander un soutien à cause de notre situation financière difficile.
C’était la version « soft », rédigée cela fait un moment. La réalité​ d’aujourd’hui est beaucoup plus brutale.
Actuellement l’Ecole des Sables a encore  des moyens pour fonctionner que quelques mois.C’est donc « demain ».Pour cette raison nous lançons aujourd’hui un deuxième appel à tous ceux qui ne sont pas encore devenu  un/une « Ami / Amie de l’Ecole des Sables »à se manifesté par un don, petit ou grand, pour permettre à l’Ecole des Sables de tenir en attendant de trouver des solutions plus importantes. On y travail dur et on y croit.
Qui n’a pas aujourd’hui au moins 20 Euros, bien sûr plus, si possible (vous n’êtes pas obligé de sauver seul l’Ecole des Sables !) pour participer afin que ce lieu important continue son travail, sa vie, continue à rayonner, continue à donner courage, espoir et joie de danser et regarder la danse.
Et c’est si facile aujourd’hui. On bouge le doigt (n’importe lequel) un peu et on CLIC.
Nous vous souhaitons un bon CLIC et vous remercions. Ne laissez pas aux autres.
C’est vous qui comptez !
Chaleureuses salutations
Helmut et Germaine
Comment faire pour que votre soutien devienne réalité :
Vous cliquez sur le lien suivant:
Ce lien vous connecte avec notre Site Internet. 
Vous allez trouver toutes les informations sur comment procéder.
(source : ICI)

mercredi 12 juillet 2017

La physique des corps de Bruno Beltrão (« Inoah »)

Vues de Inoah, de Bruno Beltrão, des saluts, et du public, Photos Fabien Rivière ©

— Lausanne (Suisse), envoyé spécial. 

Juste avant le spectacle, le présentateur monte sur scène et affiche sa joie, déclarant qu’après sa création à Hamboug (Allemagne), et son passage par Vienne (Autriche) et Marseille (France), la compagnie de danse brésilienne de Bruno Beltrão a accepté un arrêt à Lausanne, avant de repartir au pays. 

Il a raison de sourire, Bruno Beltrão étant ce qui est arrivé de mieux à la danse hip hop depuis un certain temps, au niveau mondial. Pour comprendre cette situation, passons un moment par la France, où cet art s’organise en deux pôles : d’un côté, dans les théâtres, des spectacles de divertissement pas forcément inoubliables, même si ils ont sans doute permis à cet art d’être reconnu. De l’autre, des battles (ou concours), où se développe une écriture de gestes proprement inouïs. Ce fait est d’autant plus intéressant que les chorégraphes nouveaux venus en danse contemporaine se méfient du corps et préfèrent développer tout un discours à prétention intellectuelle. 

Bruno Beltrão fait figure d’exception remarquable. En observant deux soirs de suite sa création, Inoah, on se disait que notre homme est un redoutable physicien. Le physicien est fasciné par les mystères de la matière, sa matérialité même, dont il doit rendre compte par un ensemble d’équations extrêmement élaborées et, malgré tout, élégantes. C’est en effet une préoccupation des mathématiques. 

 Inoah, de Bruno Beltrão, Photo Gennaro Scotti

Sur scène dix jeunes hommes, métis, solides, divers. Ils portent des vêtements élégants et sobres, amples, dans des variations de couleurs (marron foncé surtout, certains avec du bleu foncé, ou du jaune, ou du rouge, ou du blanc), des shorts longs genre kilts ou bures de moines, qui tombent au niveau des genoux, des tee-shirts à manches courtes.  

Nos hommes, nos particules, se déplacent en solo, duo, trio. Ils peuvent se retrouver ensembles, mais pas de groupes ou de meutes comme chez Hofesh Shechter ou Sidi Larbi Cherkaoui. Chacun est le centre de sa propre histoire. De ce point de vue, Beltrão est un fin connaisseur de Merce Cunningham (1919-2009), le génie New Yorkais, comme de William Forsythe d’ailleurs. L’écriture des corps est constamment complexe mais toujours lisible. Les corps sont traversés de pulsions, de tensions. Mais pas de psychologie ou de pathos. On sent ainsi des énergies qui viennent de l’observation du monde social. C’est  suffisamment rare pour être salué. Le public était heureux de cette découverte et applaudissait chaleureusement. 

On trouvait plusieurs jours après les représentations le sujet qu'entendait traiter le chorégraphe (c'est sur le site du Festival, mais il n'y a pas de feuille de salle). Il « s’inspire de la marche pour évoquer celles que les migrants affrontent partout dans le Monde », citant des sociologues français qui écrivent : « Le migrant est pionnier d'un monde ouvert » (1). Comment rendre compte de la distance entre le sujet et le résultat, selon nous ? Pluralité des regards des spectateurs ou référence à cette citation de Marx qui affirme que « Les hommes font l'histoire, mais ne savent pas l'histoire qu'ils font » ? 
Fabien Rivière
(1) Migrations et mutations de la société française. L'état des savoirs, Marie Poinsot et Serge Weber (sous la direction de), Introduction, éditions La Découverte (France), 2014. Site 

Inoah, de Bruno Beltrão, Festival de la Cité Lausanne (Suisse), 4 et 5 juillet. Site  

DANSEURS 
João Chataignier, Sid Yon, Leozin Laureano, Kley de Almeida, Igor Martins, Kapu Araújo, Leandro Gomes, Bruno da Silva Duarte, Douglas Santos, Duke Pantoja

DATES
Création : 4 > 6 juin à Hambourg (Kampnagel) ; 
10 > 13 juin à Vienne (Wien Festwochen) ; 
27 > 28 juin (Festival de Marseille)

16 > 18 octobre à Francfort (Mousonturm) ; 
20 > 22 octobre à Dusseldorf (Tanzhaus) ; 
Berlin et Bruxelles à confirmer ; Paris, automne 2018 (Festival d'Automne à Paris).

samedi 8 juillet 2017

Noir, c’est noir ? (Tino Sehgal, « This Variation »)

Affiche devant le lieu, et rideau juste avant de rentrer dans la salle, Photos Fabien Rivière

— Lausanne (Suisse), envoyé spécial. 

Le titre de la proposition de Tino Sehgal, This Variationen français Cette variation, est finalement assez drôle. C’est une installation corporelle. Elle a été créée pour la documenta (le d est minuscule) de Kassel (Allemagne) en 2012, énorme manifestation dédiée à l'art contemporain qui se déroule tous les cinq ans, a fait partie de l’extraordinaire "exposition" qui lui a été consacrée au Palais de Tokyo (Paris) d’octobre à décembre 2016, puis s’installe maintenant seule dans la salle de Gym Pierre-Viret, un gymnase, si l’on préfère, lors du Festival de la Cité Lausanne. 

Deux femmes, deux ouvreuses ou hôtesses d’accueil, comment faut-il dire ?, nous expliquent la situation, un peu particulière. Puis, nous passons le rideau noir, pour entrer dans un unique espace plongé dans le noir le plus complet. Certain-e-s ne le supportent pas (ils sont certes minoritaires). Ainsi, un garçon d’une dizaine d’année répétait, en boucle, à ses  parents : « On n’y voit rien ! ». Il est ressorti en n’ayant rien perçu, sinon compris. Son affirmation est peu contestable sans doute, quoique. 

Nous tendons le bras, se guidant en touchant le mur recouvert de tissu, pour avancer, en tâtonnant. Ce n’est pas forcément satisfaisant. Ce n’est certes pas une situation idéale. On doit accepter de perdre le contrôle qu’assure l’oeil, et lâcher prise mentalement. Le spectateur ne peut pas faire le malin. Il n’est pas en surplomb, en situation de force. Il est physiquement mélangé aux performers. On ne les distingue pas nécessairement du public. Il fait bon (le jour suivant, la température était un peu plus élevée, l'atmosphère était moite). On entend des chants. Ça pulse. C’est chaud. C’est doux. C’est beau. Ce pourrait être la bande-son du sous-bois d’une forêt tropicale, luxuriante, avec ses multiples bruits d’animaux, qui se répondent, s’entrecroisent, se chevauchent ou s’ignorent. La vie, quoi. Le temps passe. Et soudain, l’oeil s’adapte. Ce que l’on voit alors est bouleversant. Une révélation. Un choc puissant. Un autre monde. Tino Sehgal n’a pas eu besoin de déployer une technologie hyper sophistiquée, de recherche et développement que mènent des laboratoires militaires, par exemple, avec des budgets faramineux. C'est nous-même qui créons un monde. Ce pourrait être une piscine olympique vide, immense, dans laquelle on marche, tranquillement, doucement. Ou plutôt on nage. Avec une aisance confondante. Comme un mammifère marin en quelque sorte. Nous sommes des mammifères terriens. 
Fabien Rivière 

 Tino Sehgal, This Variation, Festival de la Cité Lausanne, du 4 au 9 juillet. Site

samedi 1 juillet 2017

Maxïmo Park (Newcastle), Get High (No, I Don't) + Risk to Exist


Extraits du nouvel album de Maximo Park, Risk To Exist
Choreographer - Robby Graham 
Lead Dancer: Robby Graham  
Dancers: Amy Thiroff  — Jodie Honeybourne — Robert Emile — Nico Migliorati
Migrant Offshore Aid Station (MOAS) 
Maximo Park have launched a music video for their latest single, 'Risk to Exist', in support of MOAS. All band proceeds from the sale of the single will be donated to MOAS' search-and-rescue efforts at sea. MOAS is grateful to Maximo Park for taking this initiative to raise awareness about our tireless efforts to save lives at sea. 
Mis en ligne le 9 février 2017. Aujourd'hui, vu 3.023 fois.

vendredi 30 juin 2017

La danse au Festival d'Avignon 2017 — OFF

LIEUX : 
   Théâtre de l'Oulle              Festival LES HIVERNALES     
    La Belle Scène Saint-Denis          Théâtre Golovine    
     Chapelle du Verbe incarné              La Manufacture        Et aussi 



     Théâtre de l'Oulle      
  Dave St Pierre  
(Montréal, Québec) Néant   60 mn.
             Théâtre de l'Oulle — Du 7 au 30 juillet — 10h30  En savoir + 
Dave St-Pierre
« Néant est ce corps humain, petite parcelle de matière, où se trouvent l’immensité, le potentiel de tout détruire et recommencer. Supporté par les images et projections de son comparse Alex Huot, Dave St-Pierre, seul sur scène, articule son corps et sa pensée autour du thème de la solitude et de l’identité. » Photo Alex Huot
Pour public adulte (nudité)

   Alexandre Lesouëf     Ø, Ensemble vide  10 juillet (11h), 17, 24  En savoir +
Photo Facebook


     Festival LES HIVERNALES     
Du 9 au 19 juillet (relâche le 13)    En savoir +

10 h — Yasmine Hugonnet (Suisse)  Le Récital des postures
12 h — Fabrice Ramalingom (Montpellier)  My (petit) pogo
Photo DR
14 h — Sylvain Bouillet, Mathieu Desseigne et Lucien Reynès  La Mécanique des ombres
Photo DR

15 h 45 — Nans Martin D'OEil et d'oubli

17 h 45 — Ayelen Parolin (Bruxelles) Nativos
  Photos Mok Jinwoo 
20 h — Bruno Pradet  People what people ?
Photos Alain Scherer 
21 h 45 — Hsiao-Tzu Tien (Taïwan) The Hole 



   La Belle Scène Saint-Denis    
Du 8 au 21 juillet       En savoir + 
DANSE : 
 8 > 14 juillet — 10h
Mélanie Perrier  Care (Vulnerability live score) 
Mickaël Phelippeau  Heddy   [titre provisoire]              Photo Mickaël Phelippeau 

15 > 21 juillet  — 10h
Satchie Noro et Yumi Rigout mA  [création en cours]
Sandrine Lescourant  Icône   [extrait] Avec l'exceptionnel Biscuit-Aurélien Collewet
Sylvère Lamotte Ruines   [extraits]


  Théâtre GOLOVINE  
Du 7 au 30 juillet    En savoir +
11h jours pairs — Rafael Smadja Identité en Crescendo   

11h jours impairs — Abdou N'gom Entre [deux]     FAIRE un DON

12h30 — Yan Raballand  Contrepoint 

15h — Cie Kham - Olé Khamchanla   Focus  trio danse & théâtre
16h30 — Cie Pyramid Ballet Bar

18h30 — Edouard Hue  Meet me halfway 

20h30 — Laura Arend  Five 
22h15 — Jeff Bizieau et Pascal Renault  Balades sur la terre à l'envers 
EXPOSITION PHOTOS de Anahi Matteo Mouvements Tous les jours de 10h à minuit 


  Chapelle du Verbe Incarné  
      #DANSEZ !      12h30  En savoir +
———— DANSEZ #1 — Du 8 au 12 juillet
Myriam Soulanges Principe de précaution
———— DANSEZ #2 — Du 15 au 19 juillet
Cie La Mangrove (Delphine Cammal & Hubert Petit-Phar) Ré(z)oné   duo - 50 mn. Photo DR
———— DANSEZ #3 — Du 22 au 16 juillet 
Salia Sanou  Kawrai "La Rencontre"  


        La Manufacture          
Bouziane Bouteldja Réversible 21>26 23h  En savoir +   Photo ci-dessus DR
Nicolas Chaigneau, Claire Laureau Les déclinaisons de la Navarre  6>26  En savoir +
David Rolland Circuit  6>18 10h   En savoir +
Franck Vigroux  Aucun Lieu 15>22 17h20 En savoir +  



     ET AUSSI       > ICI