mardi 15 avril 2014

« L'Unedic s'attaque aux intermittents par idéologie »

Le Monde, 14 avril 2014, Par 
Dans la nuit du 21 mars, un accord Unedic a été conclu en quinze minutes après onze heures de suspension de séance et de conciliabules de couloir. Alors que le chômage touche des millions de personnes, comment est-il possible que les règles de son indemnisation soient dictées dans les locaux du Medef, sans aucun contrôle démocratique, sans vraies négociations, sans droit de regard ni de la représentation nationale ni des principaux concernés ?  

Ces vingt-cinq dernières années, le Medef et la CFDT ont régné sur la direction de l’Unedic. Résultat : 6 chômeurs sur 10 en France ne sont pas indemnisés. Réforme après réforme, on limite les dépenses en cessant d'indemniser une partie des allocataires. Les économies sont faites sur le dos des pauvres, priés de devenir encore plus pauvres.
> SUITE     

ON PEUT LIRE PAR AILLEURS
Annexes sauvées, réforme ratée, communiqué du 24 mars 2014. Syndeac (Syndicat National des Entreprises Artistiques et Culturelles). ICI  

Quelle indemnisation chômage pour les intermittents du spectacle ? Modélisation et évaluation d’un régime alternatif
Rapport public remis au SYNDEAC par Olivier Pilmis (CSO) et Mathieu Grégoire (CURAPP) - Février 2014. ICI 

Intermittents : Les Centres dramatiques et les Centres chorégraphiques se rebiffent

                                                                                                                               

COMMUNIQUÉ   DE   DIRECTRICES   ET   DIRECTEURS
   DE   CENTRES   DRAMATIQUES  NATIONAUX  ET  REGIONAUX  
ET  DE  CENTRES  CHOREGRAPHIQUES  NATIONAUX 
4  avril  2014  

À l’occasion de la récente renégociation des accords d’indemnisation UNEDIC en général, et des annexes 8 et 10 concernant les intermittents du spectacle en particulier, les artistes que nous sommes, directeurs d’institutions dédiées à la création, tiennent à exprimer leur colère, leur inquiétude et leur solidarité.  

Colère face au mépris dont ont fait part certains partenaires sociaux qui n’ont pas pris la peine d’étudier sérieusement ni les préconisations du Comité de suivi (réunissant parlementaires et professionnels), ni les propositions de l’étude menée par deux experts indépendants (Mathieu Grégoire et Olivier Pilmis), commandée et rendue publique par le Syndeac.  

Inquiétude face à une réforme qui ne fait qu’aggraver les inégalités entre les chômeurs, qui fragilise encore davantage les plus précaires d’entre eux et qui n’apporte pas de solution financière durable.  

Solidarité avec tous les professionnels, artistes et techniciens, qui verront leurs conditions d’indemnisation durcies, et avec toutes les compagnies indépendantes, qui seront gravement touchées par la hausse des cotisations (représentant le double de celles du régime général). Les porteurs de projets et l’ensemble du secteur du spectacle vivant en subiront les lourdes conséquences.  

Le travail d’expertise et de propositions a été effectué, notre secteur s’est doté d’une convention collective : les efforts ont été faits. Nous défendons aujourd’hui une réforme équitable et responsable des annexes 8 et 10. Nous demandons donc instamment au gouvernement, et en particulier à la ministre de la Culture, que les professionnels soient entendus et que le nouvel accord ne soit pas agréé.

Kader  ATTOU, CCN de La Rochelle  
Cécile  BACKES, La Comédie  de  Béthune  
Mathieu  BAUER, Nouveau Théâtre  de  Montreuil, CDN  
Yves  BEAUNESNE, Comédie Poitou-­Charentes,  CDN  de  Poitou-­Charentes  
Jean  BELLORINI, TGP, CDN de  Saint-‐Denis  
Johanny  BERT, Le Fracas, CDN de Montluçon-Auvergne  
David   BOBEE, CDN de Haute-Normandie, Petit-Quevilly - Rouen - Mont­‐Saint­‐Aignan
Jean  BOILLOT, Nord Est Théâtre, CDN de Thionville-­Lorraine  
Irina  BROOK,  Théâtre de Nice CDN Nice Côte d’Azur
Claude  BRUMACHON, CCN de Nantes  
Richard  BRUNEL, La  Comédie  de  Valence, CDN  Drôme-Ardèche  
Ivan  CAVALLARI, Ballet  de l’Opéra national du Rhin, CCN  
Elisabeth CHAILLOUX, Théâtre des Quartiers d’Ivry, CDN du Val-­de-­Marne (en préfiguration)
Boris  CHARMATZ,  Musée  de  la  Danse,  CCN  de  Rennes  et  de  Bretagne  
Guy-­‐Pierre  COULEAU, Comédie de l’Est, CDN d’Alsace,  Colmar  
Michel  DIDYM,  La  Manufacture,  CDN  Nancy‐Lorraine  
Olivier  DUBOIS,  Ballet  du  Nord, CCN de Roubaix  Nord-­Pas  de  Calais  
Héla  FATTOUMI, CCN de Caen Basse-­Normandie  
Jean-­‐Claude  GALLOTTA, CCN de Grenoble  
Vincent  GARANGER, CDR Basse‐Normandie - Vire  
Adel  HAKIM,  Théâtre des Quartiers  d’Ivry,  CDN du Val-­de­‐Marne (en  préfiguration)  
Renaud  HERBIN, TJP CDN d’Alsace Strasbourg  
Petter  JACOBSSON,  CCN-­Ballet  de  Lorraine,  Nancy  
Ludovic  LAGARDE,  La  Comédie  de  Reims,  CDN  
Benjamin  LAMARCHE,  CCN  de  Nantes  
Benoît  LAMBERT,  Théâtre  Dijon  Bourgogne  
Eric  LAMOUREUX,  CCN  de  Caen  -  Basse­‐Normandie  
François  LE  PILLOUËR,  Théâtre  National  de  Bretagne - Rennes  
Thomas  LEBRUN, CCN de Tours  
Joanne  LEIGHTON,  CCN  de  Franche‐Comté  à  Belfort  
Thierry  MALANDAIN,  CCN - Malandain  Ballet  Biarritz  
Marie-­‐José  MALIS,  Théâtre  de  la  Commune,  CDN  d’Aubervilliers  
Catherine  MARNAS, TNBA, Théâtre National de Bordeaux  en  Aquitaine  
Sylvain  MAURICE, Théâtre  de  Sartrouville  et  des  Yvelines, CDN  
Agathe  MELINAND, Théâtre  national  de  Toulouse  Midi-­Pyrénées  
Mourad  MERZOUKI, CCN  de  Créteil  et  du  Val­‐de‐Marne  
Arnaud  MEUNIER, La Comédie  de  Saint-­Etienne  
Lolita  MONGA,  Centre  Dramatique  de  l’Océan  Indien  
Josef  NADJ,  CCN  d’Orléans  
Arthur  NAUZYCIEL, CDN Orléans Loiret Centre  
Célie  PAUTHE, CDN Besançon  Franche-­Comté  
Laurent  PELLY,  TNT, Théâtre national de Toulouse Midi-­Pyrénées  
Yuval  PICK, CCN de Rillieux-­la-­Pape  
Pierre  PRADINAS, Théâtre  de  l’Union, CDN du Limousin, Limoges  
Pascal  RAMBERT, T2G, CDN de Gennevilliers  
Christophe  RAUCK, Théâtre du Nord  
Pauline  SALES, CDR de  Basse-­Normandie - Vire  
Christian  SCHIARETTI, TNP, Villeurbanne  
Robert  SWINSTON, CNDC Angers  
Eric  VIGNER,  Le  Théâtre  de  Lorient, CDN  
Jacques  VINCEY,  CDR Tours  
Emmanuelle VO-­‐DINH,  Le  Phare, CCN du Havre Haute­‐Normandie

Exposition : KURT COBAIN - The Last Shooting

KURT COBAIN - The Last Shooting

YOURI LENQUETTE

Exposition du 25 Mars au 21 Juin 2014

Addict Galerie, 14-16 rue de Thorigny, 75003 Paris, 
Métro Saint-Sébastien Froissart, ligne 8 www.addictgalerie.com 
Mardi - Samedi 11:00 - 19:00 

Si vingt ans ont passé depuis le suicide de Cobain, cette dernière prise de vue n’a rien perdu de son mystère un peu douloureux. Elle continue de nous laisser sur le rebord du précipice.
Exposée pour la première fois dans son intégralité, planches contacts et inédits compris, "The Last Shooting" fascine autant qu’elle interroge. C’est un bref instant, étrange car presque ludique, dans une histoire qui finit mal. C’est un document exceptionnel que le temps va charger d’un sens où l’absurde se dispute à l’héroïque. C’est enfin la dernière apparition d’un ange blond et maudit avant qu’il ne prenne son envol définitif.
Francis Dordor : Quand et dans quelles circonstances as-tu rencontré Kurt Cobain et Nirvana la première fois ?
Youri Lenquette : C’était aux Transmusicales de Rennes en décembre 1991. J’étais venu prendre contact avec le groupe en vue de réaliser un reportage sur leur tournée australienne de février 1992.
F.D : Quels souvenirs conserves-tu de cette tournée ?
Y.L : Le souvenir d’un groupe qui répugnait à se faire prendre en photo ! Kurt en particulier ! Ils m’ont trimballé partout dans le pays pour finalement m’accorder dix minutes juste avant de prendre l’avion du retour. Au final, j’ai eu ce que j’aurais pu obtenir n’importe où ailleurs. J’étais quand même là pour faire le reportage de couverture d’un magazine (Best)... Sinon, mis à part l’aspect photo, Kurt et moi avons sympathisé. Je me souviens d’une nuit où j’écoutais des cassettes de groupes punks américains des années 60 dans ma chambre d’hôtel. Il est venu frapper à ma porte. Nous avons discuté musique. Drogue aussi. Il me donnait l’impression d’un jeune gars que le succès avait déboussolé et qui cherchait les conseils d’un aîné. J’avais 35 ans, lui 25.
F.D : Vous êtes restés en contact après ça ?
Y.L : Nous nous sommes revus à Paris fin 92. Il est venu chez moi après le concert de Nirvana au Zénith. Ensuite je suis allé à Seattle en septembre 93 pour la sortie de l’album In Utero.
F.D : Quelles impressions conserves-tu de Kurt ?
Y.L : Celles d’un petit gars malingre très touchant qui visiblement avait d’énormes problèmes de communication avec l’extérieur. Trop énormes sans doute quand on se retrouve promu porte-parole de sa génération, que l’on a connu des difficultés matérielles toute sa vie et que du jour au lendemain on est riche au point de ne plus savoir combien l’on a sur son compte en banque. Et quand on se débat avec de sérieux problèmes de dope. Il aurait été de la trempe d’un Mick Jagger, il aurait pu surmonter tout ça. Mais Kurt n’avait pas le cynisme d’un Jagger. C’était un intègre. Il croyait à ce qu’il chantait et ne se serait renié pour rien au monde.
F.D : Comment s’est déroulée cette fameuse dernière séance ?
Y.L : Quand il était à Paris, il passait souvent par mon studio. Il y restait une partie de l’après-midi, à moitié prostré sur le canapé, à jouer de la guitare ou à inspecter ma collection de disques. C’était devenu une habitude. Un jour, il me dit qu’il aimerait faire une séance. Évidemment, je n’y ai pas cru. Voilà un mec qui ne voulait pas faire de photos quand la couverture d’un magazine était en jeu et qui soudain, de lui-même, initiait la chose ! Pour moi, c’était du pipeau. Du coup j’ai libéré mon assistant et ma maquilleuse. Mais vers 21h30, coup de téléphone de Kurt qui m’annonce qu’il monte dans un taxi et qu’il arrive. Branle-bas de combat : je n’ai ni assistant, ni maquilleuse, pas même les pellicules que j’utilise d’habitude. J’appelle un copain pour qu’il vienne me filer un coup de main. Quand le groupe arrive, Kurt a ce flingue dans la main. Il a aussi des plaques sur le visage. Il décide de se maquiller lui-même. Mais c’est tellement ridicule que je fais appeler une copine pour qu’elle ramène sa trousse...
F.D : Le flingue, c’était son idée…
Y.L : Oui il a insisté. C’est lui qui a initié toutes les poses, sur la tempe, dans la bouche, pointé vers l’objectif...
F.D : L’autre accessoire c’est cette coiffe tribale...
Y.L : C’est une parure de chef que je venais de ramener d’un voyage au Zimbabwe et sur laquelle Kurt a jeté son dévolu.
F.D : On voit également des photos du groupe au complet. Et même avec quatre membres au lieu de trois...
Y.L : Pat Smear, ancien guitariste des Germs, venait de rejoindre le trio d’origine pour cette tournée européenne...
F.D : As-tu donné une signification particulière à cette séance après l’annonce de son suicide en Avril 1994 ?
Y.L : Je n’ai jamais cru à la thèse d’un message qu’il aurait voulu faire passer. Poser avec une arme à feu reste un grand classique de la photo rock après tout... Une autre raison me faisant penser que ce n’était pas prémédité, c’est qu’avant de se quitter ce soir là, Kurt avait flashé sur mes photos des temples d’Angkor et qu’on s’était promis d’y aller ensemble après la tournée...
F.D : Comment as-tu géré la suite ? Certaines photos sont tellement parlantes qu’elles ont dû forcément susciter la surenchère...
Y.L : J’ai demandé à mon agence de l’époque de ne pas mettre en vente les plus dérangeantes, celles où il a le flingue dans la bouche ou sur la tempe. J’ai eu des propositions très tentantes financièrement. Mais elles émanaient de journaux qui n’auraient jamais parlé de Nirvana en temps normal et dans lesquels Kurt n’aurait certainement pas voulu apparaître. Ce qui n’a pas empêché la polémique. Quelques mois plus tôt à Seattle, Kurt avait déjà posé avec un pistolet en plastique dans la bouche et sur la tempe. Ces photos étaient diffusées depuis longtemps quand il s’est suicidé...
F.D : À l’aune d’une longue carrière, que représente pour toi cette séance ?
Y.L : Techniquement ce n’est pas ma meilleure prise de vue. Mais symboliquement c’est fort... Je dirais que le titre de l’exposition "The Last Shooting" vaut aussi pour ma propre trajectoire étant donné qu’après la mort de Kurt, je me suis détourné du rock pour m’intéresser à autre chose. Comme si toute la mythologie autour de cette musique avait soudain perdu de son attrait avec sa disparition.

dimanche 13 avril 2014

Appel au financement d'un vidéo-clip de Dance Battle, « Nicolas Vs Mathieu »

Mise à jour du 16 avril.     > Projet Annulé   
Nicolas Nerr

Le réalisateur Yves Selier est « actuellement en train de monter un projet de clip-vidéo sur le thème de la danse où deux danseurs de styles différents, hip-hop et contemporain, vont s'affronter dans une battle pendant 3mn30.

Ce clip se veut très esthétique avec un tournage, pour une partie, en slow motion pour montrer la naissance et la beauté du geste.

Les danseurs seront au centre du clip: leur façon de se mouvoir dans l’espace, leur attitude, leur manière de s’exprimer dans leur danse et de laisser exprimer leur corps.

Le clip sera ensuite diffusé sur Vimeo et Youtube.

La réalisation nécessitant un certain nombre de dépenses, j'ai inscrit notre projet au programme de financement participatif KissKissBankBank.

Chaque participant au financement aura le droit de voter pour son danseur préféré pour désigner le danseur gagnant.

Toutes les infos sont détaillées sur notre page dont voici le lien :
Mathieu Correia

mercredi 9 avril 2014

En Italie, la résistance par la culture

Article très instructif paru sur le site Les InrocksEn Italie, la résistance par la culture ICI, consacré aux lieux culturels et politiques alternatifs qui se développent en Italie. Il se concentre plus particulièrement sur Rome avec : 

   Teatro Valle    (en français, Théâtre Vallée), théâtre du XVIII° siècle, au cœur de Rome.  www.teatrovalleoccupato.it - Facebook




   Forte Prenestino    (en français, Fort Prenestino), est un ancien fort militaire.

   Angelo Mai Altrove   (en français, Angelo Mai ailleurs; Angelo Mai est un personnage historique), Angelo Mai depuis 2004 dans un ancien couvent abandonné dont il a été expulsé en 2009; puis Angelo Mai Altrove dans un ancien club bouliste dont il a aussi été expulsé en 2014. Il a fondé la République des Désirs (en italien Repubblica dei Desideri) le 1er juin 2011.Facebook  

mardi 8 avril 2014

Agression homophobe à Paris en mars 2014


Dans la nuit du 17 au 18 mars dernier, un couple d’hommes s’est fait violement agresser à Paris à proximité de la gare Montparnasse.

SOS homophobie a décidé de se constituer partie civile dans le cadre du procès de l'agresseur qui se tiendra le jeudi 24 avril prochain devant le Tribunal correctionnel de Paris. Elle y sera représentée par Maître Caroline Mecary.

Cette nuit-là, près de la gare Montparnasse, Jean-Paul F. et Jean-Paul B., enlacés, attendent le bus qui doit les ramener chez eux. Ils sont alors interpellés par un homme d’une vingtaine d’années, qui les insulte avant de s’en prendre physiquement à eux. 

Jean-Paul F. et Jean-Paul B. ont obtenu respectivement 6 et 10 jours d’ITT [Incapacité Temporaire de Travail], le dernier ayant même failli perdre un œil. 

L’auteur des faits a été interpellé et placé en garde en vue. Il est aujourd’hui poursuivi pour violences volontaires aggravées, avec notamment une circonstance aggravante liée à l’orientation sexuelle des victimes.

Au cours de l’année 2013, l'association SOS homophobie rappelle qu'elle a enregistré un nombre record de témoignages, notamment d’agressions physiques, qui font souvent suite à de simples gestes d’affection entre personnes de même sexe.

(Source SOS homophobie)  www.sos-homophobie.org

Robert Bolle dans Vogue Japan

Robert Bolle est un danseur italien de 38 ans. Il est Principal Dancer (étoile) à l'American Ballet Theatre (New York) et au Ballet du Théâtre de la Scala (Milan). Les photos sont de Giampaolo Sgura.  

Italie - Le danseur Stefano De Martino à la plage

samedi 5 avril 2014

Bonzes en folie (Lemi Ponifasio, The CRIMSON HOUSE)

Le Théâtre de la Ville - Paris invite pour la troisième fois Lemi Ponifasio, né dans les Samoa, état indépendant de Polynésie, dans le sud de l'océan Pacifique, à 4.000 km à l'est de l'Australie, et un peu moins de 3.000 km au nord est d'Auckland, en Nouvelle-Zélande, où il réside dorénavant.  À droite, drapeau des Samoa  

Après Tempest : Without a Body en janvier 2010 et Birds With Skymirrors en novembre 2011, voici The CRIMSON HOUSE. Selon le programme la première proposition « est une pièce sur l’escalade des pouvoirs d’état et des détentions illégales dans le monde après le 9 septembre 2001 », la seconde « est un appel pressant à l’humanité dans sa relation à la planète à une époque de changement climatique », et la troisième « questionne l’obsession de la surveillance qui s’institue aujourd’hui comme forme de gouvernance planétaire. »

Lemi Ponifasio serait donc un penseur. La preuve, il « a fondé MAU en 1995, le nom désignant à la fois son travail et une plate-forme de réflexion critique réunissant des artistes, des universitaires, des militants, des intellectuels et des chefs de communauté. MAU signifie à la fois une affirmation ou une attestation solennelle de la vérité d’un sujet et « révolution », dans le sens d’un effort de transformation. En tant que grand chef samoan, Lemi Ponifasio porte le titre de Sala et compte parmi les sommités intellectuelles et spirituelles des Samoa. »

Le Théâtre de la Ville range le spectacle dans la catégorie « danse », mais il est possible d'y voir plutôt un théâtre d'images, au sens où chaque production est constituée de quelques longues scènes interminables. Le corps (de l'interprète) est une masse debout, ce qui limite considérablement la motricité, ne permettant à la tête que de dodeliner, et, surtout, aux bras de s'agiter frénétiquement en tous sens dans un langage incompréhensible. Le plateau est pour l'essentiel vide, les effets puissants étant délégués aux lumières et, surtout, au son, très (trop ?) fort (on distribuait des bouchons de protection pour les oreilles de couleur orange). Dans The CRIMSON HOUSE l'identité des personnages demeure mystérieuse : quatre simili bonzes de noir vétus, un homme en costard cravate absolument noir, un costaud torse nu avec une paire d'ailettes dans le dos (un ange ?), et une femme blonde carénée et ultra pulpeuse,  mais qui... retire sa perruque, et ressemble alors plutôt à un cyborg.  

Le Prisonnier (et ci-dessous à droite)


On ne retient rien du propos. Demeure cependant le sentiment durable d'avoir assisté à un épisode de l'historique feuilleton britannique des années 60 Le Prisonnier, qui se déroulait dans une île, et sa fameuse réplique « Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre ». Transposé aujourd'hui. Lemi Ponifasio venant d'une île, on ne peut s'empêcher de percevoir cette dernière comme une prison mentale en plein air, adossée à une perception d'une nature immuable et d'un temps infini (ou plénitude; l'enfer en quelque sorte). Corps-prison et île-prison. Serait-ce un auto-portrait de l'artiste ? On se dit que Ponifasio, plutôt que nous imposer des spectacles grandiloquents (et creux ?), devrait mentaliser beaucoup moins, et ne pas s'interdire de mener une vaste investigation sensible en direction d'un inconnu : le corps.       
Fabien Rivière

Lemi Ponifasio, The CRIMSON HOUSE, Théâtre de  la Ville (Paris),  du 1er au 6 mars 2014. Site 

Lemi Ponifasio présentera une création, I am, du vendredi 18 au mercredi 23 juillet 2014, dans la Cour d'honneur du Palais des Papes, consacrée à l'engagement des peuples du Pacifique dans la guerre de 14-18, « ces gens de Nouvelle-Zélande, d'Australie, des petites îles qui sont partis combattre pour des pays qu'ils ne connaissaient même pas, pour la gloire de l'empire britannique ou de l'empire français ». www.festival-avignon.com 

jeudi 3 avril 2014

Dario Moreno, Quand elle danse + Oh ! Qué Mambo

Oh ! Qué Mambo est un film franco-italien de John Berry, 1959.
Musique de Guy Magenta et paroles de Fernand Bonifay. 
Chorégraphie : Don Lurie. Lila Rocco est Magda, la danseuse et entraîneuse de la boîte.