jeudi 19 janvier 2017

Yves-Noël Genod : L a Constitution d'un avenir

Yves-Noël Genod a souhaité recevoir de nouveau en 2017 une aide du Ministère de la Culture et de la Communication, en l'espèce l'aide à la compagnie (dans le domaine de la danse; il existe aussi une aide au projet), ce qui lui a été refusé. Sur son Blog, Le Dispariteur, il a réagi le 9 janvier (ICI). Nous publions, pour information, ce texte qu'il a nommé  L a Constitution d'un avenir  : 

L a Constitution d'un avenir


Bon, chers amis à qui je souhaite la bonne année, vous ne m’avez pas redonné l’aide à la compagnie, je pense (naturellement) que vous avez eu tort.
Oui, il y a eu un malentendu sur la « structuration », je pensais bien faire en montrant combien je passais presque tout l’argent dans la création et non pas dans l’administration, je pensais qu’on allait me donner une médaille, eh bien, non, on me coupe les vivre, mais il suffisait de me le dire, je l’aurais fait, de mettre plus d’argent dans la « structuration », si c’est comme ça que ça se fait, nous ne parlons pas la même langue, je suis artiste, mais je ne suis pas idiot non plus, je peux apprendre la langue qui m’est nécessaire, je sais bien que je ne travaille pas seul dans ma chambre comme l’écrivain, que j’ai besoin des théâtres (subventionnés) et des aides subventionnés, mais je ne peux pas m’inventer adéquat à vos demandes, non, c’est vous qui devez me vouloir, moi, je suis un artiste et c’est comme ça que ça fonctionne, un artiste, ça se désire — en tant qu’artiste —, celui (le prince) ou ceux (la collectivité) qui donnent l’argent le désirent — ou ne le désirent pas. J’ai rencontré Guillaume Vincent l’autre soir qui m'a dit : « Yves-Noël, tu es un concept ». Je ne sais pas trop ce qu’il voulait dire, mais je pense, oui, que je suis à prendre ou à laisser, mais que je suis tout entier ultra performant dans ce que je fais qui est un ensemble. Et cette qualité — cette liberté —, je ne la vendrai pas, jamais, puisqu’elle est le fond de ma richesse. Et c’est ainsi que je la distribue au monde. Je n’ai pas peur, je suis optimiste. Cette liberté est de gauche, et, maintenant, la gauche va disparaître, j’ai essayé d’alerter, en un sens, je me suis appelé Le Dispariteur, voyez. J’ai essayé de dire que c’était le contraire qu’il fallait, car ce qui s’est fait, c’est évidemment « chevaucher sur le lac de Constance », et maintenant, la gauche, elle disparaît et c’est comme ça — car elle a tout faux.
Maintenant, sur le fait que je paye mal les gens : moi, je le dis, je trouve que je paye mal les gens — pas toujours, j’ai quand même payé mille euros net Jonathan Capdevielle et Erik Martin pour la reprise d’une semaine du Dispariteur, par exemple, une semaine à mille euros, c’est correct, ça m’arrive — quand il y a de l’argent — de payer bien, mais dans l’immense majorité des cas, c’est vrai, je présente mes excuses aux interprètes quand je leur parle d’argent (toujours en net) car je trouve que je leur propose trop peu. Mais je dois dire que, quand, moi, je joue pour d’autres, je remarque que je ne suis pas mieux payé du tout ! — et, parfois, je le suis par de grandes maisons, comme cet automne encore, par un grand théâtre de banlieue, je n’ai eu qu’un faible cachet le jour de la représentation. Là, ce n’est pas qu’il n’y ait pas d’argent, au contraire — où passe-t-il ? A payer les administrateurs ? Très bien. Ce n’est pas mon choix. Je suis un concept.
Sur le fait (puisque ça a été évoqué pendant votre réunion) que dans un théâtre ce se soit « mal passé », oui, il y a bien eu deux ou trois théâtres dans ma carrière où ça s’est très mal passé, où j’ai vécu un enfer (en général, à cause d’un directeur technique qui dit non à tout), sans que la qualité des spectacles qui y ont été créés n’ait dû en souffrir, d’ailleurs, c’est très curieux, ça m’a étonné, mais dans l’immense majorité des cas, ça se passe au contraire très bien, extrêmement bien, ce qui se passe avec les théâtres et les gens avec qui je travaille, je suis certainement l’un de ceux avec qui ça se passe le mieux. Pourquoi ? Parce que ça ne peut pas se passer autrement. Que dans l’amitié. C’est un acte d’amitié, pour moi, le théâtre, ça n’existe pas, sinon. Comment expliquer d’ailleurs que les théâtres me re-programment ? Comment expliquer que les interprètes, les éclairagistes, etc. retravaillent et retravaillent à l’infini avec moi, même en étant (parfois) très mal payés ? Certains, et pas des moindres, Thomas Scimeca, Jonathan Capdevielle, Marlène Saldana ont fait vingt-cinq spectacles avec moi (et continueraient s’ils avaient encore le temps). (Je vous ai rédigé un CV.) Ça ne s’explique que parce que, chez moi, ça se passe très bien ! C’est même la condition exigée pour mon travail : que ça ne passe que par le plaisir. Que dans le plaisir jusqu’au cou, submerger de plaisir. Ne rien faire qui ne soit de cette matière-joie. Pas de tensions que je hais, pas de psychodrames que je hais — et je sais que c’est comme cela que travaillent la majorité des compagnies, surtout sur les grosses productions : dans la tension. Moi, j’ai besoin d’avoir la personne entière. Le spectacle ne se bâtit qu’à partir de la personne entière. Et la personne entière n’est disponible que dans la joie. La tendresse. Pas le stress. Chez moi, ça se passe donc très bien. C’est tout le contraire. Les médisances ne me font pas peur, je me suis assez mis dans la fréquentation de Baudelaire et de Proust pour savoir tout ce que ces génies ont aimantés comme haine. Heureusement, je ne leur arrive pas à la cheville ! à ces chevaliers de la France. Je reçois à l’instant un tweet de Raphaël Glucksmann : « Pour sauver l’Europe de la vague nationaliste, il faudrait d’abord cesser de mettre des gens comme Juncker ou Barroso à sa tête ». C’est ce que je vous propose : mettre des genscomme moi à la tête de l’Europe ! Vous verriez comme ça se passerait mieux. Je ne plaisante qu’à moitié. Je sais qu’on met au pouvoir ceux qui veulent le pouvoir. Moi, je ne veux pas le pouvoir et c’est pour ça qu’il faudrait me le donner. Une citation de Sénèque, allez, d'il y a deux mille ans (loin ou proche, c’est pareil) qui vaut pour tous et pour la nouvelle année : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’on n’ose pas les faire, c’est parce qu’on n’ose pas les faire qu’elles sont difficiles ». Immense pénibilité des dossiers (dans mon cas), mais je vais essayer de vous envoyer celui de la demande d’aide au projet. Dans le cas où il ne serait pas reçu, alors je vous laisserais tranquilles.
Bien à vous, 
Yves-Noël

lundi 16 janvier 2017

Un nouveau lieu pour le spectacle vivant à Paris : Les Plateaux sauvages

Willy « Krizy » Pierre-Jospeh et Link « Bink » Berthomieux - compagnie Wynkl sont invités lors
 de la journée d'ouverture des Plateaux Sauvages, Photo Wynkl

À la suite d'un appel à projets lancé en décembre 2015, la ville de Paris a confié à la metteur en scène Laëtitia Guédon né en 1983 la direction d'un nouveau lieu consacré au spectacle vivant à Paris, Les Plateaux sauvages, situé dans le 20° arrondissement, à la place du Vingtième Théâtre (site).  

Il y aura du théâtre mais aussi de la danse. Quatre compagnies seront en résidence cette saison (trois de théâtre, et une de danse, la compagnie La Louve que dirige Christine Armanger). 

Des travaux sont en cours : une première phase de cinq mois de chantier s'achève, une seconde se déroulera de mai à septembre 2017. 

Une journée porte ouverte est prévue ce samedi 28 janvier, de 10h à 23h, avec de la danse de 10h à 18h et du théâtre de 19h30 à 23h 

Ainsi, les danseurs Willy « Krizy » Pierre-Jospeh et Link « Bink » Berthomieux, qui ont fondé la compagnie Wynkl, seront dans la place dès 10 heures jusqu'à 18h, s'adressant à tous les publics, aussi bien enfants, adolescents et adultes (gratuit, sans réservation, dans la limite des places disponibles, tenue sportive conseillée), mixant danse urbaine, danse contemporaine, danse thérapie et capoeira. Ils veulent « contribuer à l'épanouissement du danseur ». Le programme est riche (cf. ci-dessous) que fera vivre une dizaine d'intervenants. « Colonne vertébrale » de la journée, comme l'explique le lieu, la compagnie Wynkl sera aussi présente lors de la saison 2017-2018
Fabien Rivière
   PROGRAMME :  
LE MATIN
 RÉVEILLEZ-VOUS !
— Accueil des participants à partir de 10h - Café et viennoiseries vous attendent.
—  Atelier de yoga à partir de 16 ans de 10h à 11h et de 12h à 13h.
 PRENEZ SOIN DE VOUS !
— Massage bien-être de 10h à 12h30
 BOUGEZ !
 Stage d’initiation à la danse 7/12 ans de 11h30 à 12h30
— Stage de danse GAGA/PEOPLE à partir de 16 ans de 11h à 12h
— Laboratoire de danse à partir de 14 ans de 10h30 à 12h30
PAUSE
PRENEZ SOIN DE VOUS !
 Atelier nutrition de 12h30 à 14h
L’APRÈS-MIDI
BOUGEZ !
 Stage de Popping, danse urbaine Hip Hop, à partir de 14 ans de 14h à 15h30
 Atelier d’improvisation intergénérationnel à partir de 6 ans de 14h à 15h30
 Laboratoires de danse à partir de 12 ans de 14h à 15h30
CRÉEZ !
— Jam session Wynkl de 15h30 à 17h30

Les Plateaux sauvages - établissement culturel de la ville de Paris, 5 rue des Plâtrières 75020 Paris. Téléphone : 01 40 31 26 35 

Link « Bink » Berthomieux, PhotLea Dasenka (Galerie)

dimanche 15 janvier 2017

Agenda Danse et performance - Paris et sa région Février 2017

1 — Théâtre de la Ville au Théâtre du Rond-Point
2 — Théâtre de la Ville - Les Abbesses
3 — Théâtre des Bouffes du Nord
4 — MAC VAL Musée d'art contemporain du Val-de-Marne
5 — Festival Faits d'hiver 
6 — Festival ArtDanThé 
7 — Fondation Louis Vuitton 
8 — Centre national de la danse
9 — Centre Pompidou
10 — Centre culturel suisse de Paris 
11 — Maison des Métallos
12 — Nanterre Amandiers - Centre Dramatique National 
13 — Palais des Congrès de Paris
14 — Opéra national de Paris
15  — Festival concordan(s)e
16  — Atelier de Paris Carolyn Carlson



1 — Théâtre de la Ville au Théâtre du Rond-Point (8°)
    Maguy Marin     BIt     Fortement conseillé 
Du mardi 7 au samedi 11 février 20h30. Photos Hervé Deroo En savoir +


Wang Ramirez  Monchichi 
Du mardi 14 au samedi 18 février 20h30. Photo Matea Llieva En savoir +


2 — Théâtre de la Ville - Les Abbesses (18°)
Faustin Linyekula  More more more.. Future 
Du mardi 31 janvier au samedi 4 février. Photos Agathe Poupeney  En savoir +




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3 — Théâtre des Bouffes du Nord (10°)
Yves-Noël Genod  La recherche 
Du mardi 21 au samedi 25 février 20h30. En savoir + 
   «  3 rendez-vous pour se retrouver 
Remise Venise, le 21 janvier, à Armentières (festival Vivat La Danse)
La Recherche, du 21 au 25 février, Théâtre des Bouffes du Nord 
La Beauté contemporaine, du 14 au 16 mars, Ménagerie de Verre (festival Etrange Cargo)
Venez aux 3 ! C’est un seul et même projet autour de Marcel Proust, mais masqué de formes très différentes… » Yves-Noël Genod 
Yves-Noël Genod, Photo Rémy Artiges


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4 — MAC VAL Musée d'art contemporain du Val-de-Marne (94)
    Jean-Luc Verna, Rétrospective. Exposition monographique   
Du 22 octobre au 26 février 2017. En savoir +


  


5 — Festival     Faits d'hiver    
Du jeudi 12 janvier au jeudi 9 février. 9 lieux —  En savoir +   
— Nans Martin  D'œil et d'oubli — Centre de développement chorégraphique (CDC) Atelier de Paris - Carolyn Carlson (12°) 1er>2 février 

— Yvann Alexandre  Les Fragments Mobiles — Conciergerie de Paris (1°)  6>8 février

— Kirsten Debrock (USA-Belgique — France)  Inertia — micadanses (4°) 8>9 février


    19° Festival ArtDanThé        du 25 février au 1er avril  En savoir + 
Samedi 25 février 
— Miet Warlop (Belgique) Fruits of Labor
— Ricci/Forte (Italie) avec les élèves de l’ESAD* - L’Eveil du printemps  CRÉATION  
*ESAD = École supérieure d'art dramatique de Paris
Ricci/Forte
— Doria Belanger Donnez-moi une minute exposition - vidéo
— Christian Bakalov Bright
Christian Bakalov, source Facebook
— La Horde   film - performance
— Katja Heitman (Allemagne/Pays-Bas) iTernity
Katja Heitman

Lundi 27 février
— Jérémie Scheidler (France) ["vidéaste, dramaturge et metteur en scène"] Layla 
— Julien Fisera Opération Blackbird 


7 — Fondation Louis Vuitton (16°)
Carte Blanche à François Chaignaud CRÉATION
Dans le cadre de l'exposition Icônes de l'art moderne (22 oct. - 20 février)
Jeudi 16 et vendredi 17 février. Photo Alexander Kargaltsev En savoir + 
Performances chorégraphiques en journée dans les espaces d'exposition.


8 — Centre national de la danse (CND), Pantin (93)
Week-end Ouverture : vendredi 24 - samedi 25 - dimanche 26 février. 
Spectacles, performances, installation, exposition, ateliers, Danses partagées, soirée clubbing En savoir +
Danses partagées En savoir + 
Exposition répertoire - carte blanche à Cecilia Bengolea et François Chaignaud (9 spectacles) 24.02 > 31.03

Emmanuelle Huynh et Jocelyn Cottencin A Taxi Driver, an Architect and the High Line  performance (25.02 - 26.02) En savoir + + installation (24.02 > 31.03) En savoir +
Portrait de la ville de New York.

Marlène Saldana et Jonathan Drillet  Le Sacre du printemps arabe
28.02 > 02.03. En savoir +


9 — Centre Pompidou (4°)
Alexandra Bachzetsis (Suisse)  Massacre : Variations on a theme
Du jeudi 16 au samedi 18 février 20h30. Photo Julia Born En savoir + 
VOIR aussi Centre Culturel Suisse (ci-dessous Lieu n°10)

DD Dorvillier, Sébastien Roux, Thomas Dunn  Extra Shapes
Du jeudi 23 au samedi 25 février. En savoir +


10 — Centre culturel suisse de Paris (3°)
Alexandra Bachzetsis  Private: Wear a mask when you talk to me   solo - 2016 - 53 mn.
Mardi 21 et mercredi 22 février 20h. Photo Blommers & Schumm  En savoir +
VOIR aussi Centre Pompidou (ci-dessus Lieu n°9)


11 — Maison des Métallos (11°)
Yann Lheureux  Flagrant délire  +  Antoinette Gomis  Images
Du mardi 21 au dimanche 26 février. En savoir +
Tony Thich dans Flagrant délirePhoto Anthony Passant


12 — Nanterre Amandiers Centre Dramatique National (92)
Jonathan Capdevielle  Saga
Du mardi 21 au dimanche 26 février. Photo Estelle Hanania En savoir +


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13 — Palais des Congrès de Paris (17°)

Opéra national de Russie  Boléro - Hommage à Maurice Ravel     Ballet - orchestre 
Tournée française. Création originale. Il ne s'agit pas d'une pièce de Maurice Béjart.
Du mardi 31 janvier au dimanche 5 février. En savoir +

Opéra national de Russie   La Bayadère
Du mercredi 8 au dimanche 12 février. En savoir + 



14 — Opéra national de Paris
Wayne McGregor  Tree of Codes   CRÉATION 
Danseurs du Ballet de l'Opéra et du Studio Wayne McGregor
Palais Garnier, Du vendredi 3 au jeudi 23 février. En savoir +  



15  — Festival concordan(s)e 
concordanse
Du 25 février et le 2 avril - 11° édition  En savoir +
   Plus de 30 lieux en Île-de-France et en régions
— 4 créations inédites danse et littérature : 
Frank Micheletti & Charles Robinson    +    Maud Le Pladec & Pierre Ducrozet
DD Dorvillier & Catherine Meurisse   +   Mylène Benoit & Frank Smith
— 3 reprises de l’édition 2016 :
Raphaëlle Delaunay & Sylvain Prudhomme   +   Gilles Verièpe & Ingrid Thobois 
+  Edmond Russo et Shlomi Tuizer & Bertrand Schefer


16  — Atelier de Paris Carolyn Carlson (12°)
Open studio - Samedi 11 février 15h  Carolyn Carlson  En savoir +

Open studio - Samedi 25 février 16h  Gisèle Vienne   En savoir +

Juha Marsalo et Caroline Savi  Les tranges d'aventures de Lala-Bidoum
Vendredi 24 février à 10h et 14h30 (scolaires), Samedi 25 février à 17h. En savoir + 
Photo Maxime Ruiz

dimanche 8 janvier 2017

Tournée 2017 de «Déplacement» de Mithkal Alzghair

Le chorégraphe Syrien réfugié en France Mithkal Alzghair  a été l'une des révélations du milieu de la danse en 2016. Il a reçu le premier prix mérité du Concours Danse élargie en juin (on peut lire notre Concours - Danse élargie entre Danse de surface et Danse du monde). Nous pouvons annoncer les dates de la tournée du premier semestre. La pièce sera présentée à Paris à la rentrée.
Fabien Rivière

Chorégraphie Mithkal Alzghair 
Interprètes Rami Farah, Samil Taskin et Mithkal Alzghair
Conseils dramaturgiques Thibaut Kaiser - Création lumière Séverine Rième

Dimanche 22 janvier — Musée du Louvre à Lens  En savoir +
Mercredi 25 janvier — Festival Vivat la danse à Armentières  En savoir +
Ve. 27 et 28 janvier — Centre de Développement Chorégraphique à Toulouse En savoir +
Dimanche 29 janvier — Festival Parallèle à Marseille  Site

Mercredi 8 et jeudi 9 février — Black Box Teater à Oslo (Norvège)  En savoir +

Samedi 4 mars — Teatro Municipal do Porto (Portugal)  Site

Samedi 1 avril — Osterfestival, Tirol (Autriche)  En savoir +

Mai — Kunstenfestivaldesarts (5 > 27 mai) à Bruxelles (Belgique)  Site

Jeudi 6 et vendredi 7 juillet — Shubbak Festival and Sadler's Wells, Londres (Royaume-Uni) En savoir +

Exposition - Minneapolis et Chicago - « Merce Cunningham: Temps Commun »


Walker Art Center, Minneapolis, États-Unis, Photo DR




Museum of Contemporary Art, Chicago
Viola Farber, Carolyn Brown, Merce Cunningham et Barbara Lloyd (de gauche à droite)
 dans Suite for five, 1963, Photo DR.
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Deux musées situés aux États-Unis présentent une vaste exposition rétrospective consacrée au chorégraphe Merce Cunningham (1919 - 2009) : le Walker Art Center (WAC) à Minneapolis en est l'organisateur et le Museum of Contemporary Art (MCA) de Chicago s'y associe. Cela donne Merce Cunningham: Common Time, en français Merce Cunningham: Temps Commun, du 8 février au 30 juillet 2017 au WAC, et du 11 février au 30 avril 2017 au MCA. Une série de performances accompagne la manifestation, ainsi qu'un catalogue. 

C'est une situation rare : pendant quarante-cinq ans le Walker Art Center a soutenu Merce Cunningham. La collaboration débute en 1963, et en 1969 une résidence est engagée, suivie de huit autres. Merce Cunningham disparu, le Walker a acquis en 2011 la collection de la Merce Cunningham Dance Company (MCDC,) qui comprend plus de 4.500 objets provenant de plus de 150 chorégraphies tirées de 50 ans d'histoire de la compagnie.

Le titre, Temps commun, est d'abord une notion chère au chorégraphe. Il explique : c'est le « principe sous-jacent que la musique, la danse et l'art pourraient être des entités séparées, indépendantes et interdépendantes, partageant un temps commun ». D'où la collaboration sur une très longue durée avec le musicien John Cage.

Il sera aussi question de multidisciplinarité, en rappelant les collaborations avec des artistes des arts visuels et de la musique : William Anastasi, Charles Atlas, Dove Bradshaw, George Brecht, Rudy Burkhardt, Trisha Brown, John Cage, Elliot Caplan, Remy Charlip, Merce Cunningham, Larry Colwell, Philip Corner, Tacita Dean, Morton Feldman, Martha Graham, Morris Graves, Al Hansen, Deborah Hay, Dick Higgins, Toshi Ichiyanagi, Allan Kaprow, Takehisa Kosugi, Jasper Johns, Mark Lancaster, Jackson Mac Low, George Maciunas, Charlotte Moorman, Peter Moore, Richard Moore, Robert Morris, Bruce Nauman, Ernesto Neto, Isamu Noguchi, Pauline Oliveros, Yoko Ono, Nam June Paik, DA Pennebaker, Yvonne Rainer, Robert Rauschenberg, M.C. Richards, Sonja Sekula, Marsha Skinner, Frank Stella, Charlotte Trowbridge, David Tudor, Stan VanDerBeek, Andy Warhol, Christian Wolff, Yukata Yoshii et La Monte Young.
Fabien Rivière

Merce Cunningham: Common Time 
— Walker Art Center, Minneapolis. En savoir +
— Museum of Contemporary Art, Chicago. En savoir +

«La tournée de "Danse avec les stars" fait un carton»


samedi 7 janvier 2017

Eribon & Ostermeier : Pour un mai 68 permanent


  (haut) Facade du théâtre Schaubühne à Berlin, (bas) Didier Eribon
Publié par Mediapart, 5 janvier 2017

Conversation entre Didier Eribon, philosophe et sociologue, auteur notamment de Retour à Reims, Thomas Ostermeier, directeur artistique du théâtre Schaubühne, à Berlin, et Florian Borchmeyer, directeur de la dramaturgie de la Schaubühne sur les questions irrésolues qui traversent la gauche : le rapport à la classe ouvrière, le tirage au sort, la révolution, les luttes des minorités. 

Cette conversation s'est tenue à la Schaubühne, à Berlin, fin novembre 2016.


EXTRAITS :
Didier Eribon : Il y a deux questions : Comment, dans les domaines artistiques et notamment au théâtre, on parle des classes populaires est déjà une question difficile. Mais ce n'est pas la même question que celle de se demander comment parler aux classes populaires. On peut très bien représenter toutes les personnes précarisées aujourd'hui. Ce n'est pas facile, mais on peut les représenter sur une scène de théâtre. Mais le public appartiendra à ce que j'appelle la bourgeoisie culturelle, la bourgeoisie qui fréquente les institutions culturelles. Même quand c'est une pièce de théâtre qui parle des ouvriers, ce ne sont pas les ouvriers qui sont dans la salle. Ça a été une des grandes questions que se sont par exemple posées des gens comme Jean Vilar : comment faire du théâtre populaire ? Et je crois que c'est une question qui n'a pas sa solution si on s'en tient à l'espace théâtral. Parce que si les gens ne viennent pas au théâtre, c'est parce qu'ils n'ont pas cette démarche-là. Jean Vilar avait de très belles idées, avec le festival d’Avignon notamment, mais ce ne sont pas les classes populaires qui y vont. (...)
Thomas Ostermeier : Comment survire en tant qu'intellectuel de gauche, dans un cas pareil, qui doit pour des raisons stratégiques défendre M. Fillon contre Marine le Pen?
Didier Eribon : Ah, mais je ne défendrai pas François Fillon contre Marine le Pen, c'est certain. François Fillon est un homme ultra-réactionnaire. Nous sommes dans une impasse terrible. Le discours du PS aujourd'hui c'est Si vous ne votez pas pour nous au premier tour, vous aurez Fillon et Marine Le Pen au deuxième tour, vous serez obligés de voter Fillon. Ce que je réponds, moi, c'est : si la situation est celle-ci aujourd'hui, c'est de votre faute ! Je ne vais donc assurément pas voter pour un candidat socialiste au premier tour. Et au deuxième tour, on peut voter contre le FN – pour quelqu'un qui est un démocrate. Or, François Fillon n'est pas un démocrate. C'est un homme de la droite dure. Il a affirmé que son modèle en politique était Margaret Thatcher. Vous imaginez que je puisse voter pour quelqu’un qui revendique Margaret Thatcher pour modèle ? C’est un mélange d’ultra-libéralisme économique et d’ultra-conservatisme social et culturel. C'est à la fois le candidat des banquiers et le candidat des forces les plus conservatrices de l’Église catholique, de tous ceux qui ont défilé contre le Mariage pour tous, à la Manif pour tous. Pour moi, il est impossible de choisir entre lui et Marine le Pen, même si évidemment je préférerais que ça soit lui plutôt qu'elle – mais je ne pourrai pas aller voter pour François Fillon. Non ! Mais je le répète, ce sont les politiques menées par les socialistes, avec le rejet profond et durable qu’elles ont engendré, qui nous ont mis dans cette situation cauchemardesque d’avoir peut-être à choisir en mai entre ces deux horribles personnages. C’est révoltant, c’est insupportable. Nous devons leur demander des comptes.

mercredi 4 janvier 2017

Trip Lee, « Manolo », Choreography Tricia Miranda

Danse - Karin Waehner, l’Empreinte du Sensible


Karin Waehner est une danseuse, chorégraphe et pédagogue française d'origine allemande, née le 12 mars 1926 à Gleiwitz en Haute-Silésie (ville actuellement située au sud de la Pologne) et décédée le 10 février 1999 à Paris en France.

Culture : Qui s'occupe des quartiers populaires d'Avignon ? La réponse du Bondy Blog


Le Bondy Blog a passé cinq jours au Festival d'Avignon durant l'édition 2016. Bondy est une ville située à 8 km à l'est de Paris dans le département de la Seine-Saint-Denis.

Le blog part d'un constat : la forte présence du Festival d'Avignon dans les remparts qui entourent la vieille ville, et son absence au-delà pour l'essentiel, et notamment dans les quartiers défavorisés, comme ceux de La Rocade ou Monclar. La question est d'importance puisque ces deux seuls quartiers regroupent plus de 30.000 habitants. On trouvera le résultat de cette réflexion dans des articles et des enregistrements sonores de la conférence de rédaction publique quotidienne. Le constat est clair.


Le Festival d'Avignon (In) répond qu'il ne communique pas sur cette question par discrétion, pour ne pas donner le sentiment d'instrumentaliser cette problématique. On nous a expliqué qu'il travaille par exemple avec des collèges et des lycées qui sont implantés dans ces zones dites "sensibles". Son directeur Olivier Py a pu parler en effet en conférence de presse de présentation de l'édition 2016 de ce qu'il nomme « la décentralisation des trois kilomètres » (cf. le compte rendu du quotidien Le Monde), décentralisation qui ne consiste pas à amener l'art en province (ou région) mais dans des zones proches géographiquement parlant mais socialement défavorisées nommées « les quartiers ». Dans une interview de novembre 2013 à La Libre Belgique, Olivier Py expliquait déjà, concernant la décentralisation  « il faut la pratiquer à Avignon à l’échelle de 3 kilomètres, pour impliquer ces quartiers "difficiles". (...) Il faut s’ouvrir vers les ghettos. » Cependant, il nous a paru dommage sinon étrange qu'il n'en parle pas lors de la conférence de presse de clôture de l'édition 2016. 

Les moyens octroyés au Festival d'Avignon (In) dans ce domaine sont-ils suffisants ? Sans doute pas. Existe-t-il une responsabilité ou des responsabilités partagées ? Ainsi, que font pour la culture dans « les quartiers » la ville d'Avignon, la communauté d'agglomération du Grand Avignon (qui regroupe 15 communes), le département du Vaucluse, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et les autres structures culturelles dont le Off ?  
Fabien Rivière
On peut lire aussi l'interview de la sociologue Gisèle Sapiro : Les contradictions de la démocratisation culturelle

— Quartier de La Rocade :
Il est situé au sud de la ville d'Avignon, à 5 km du centre ville 
Il est voisin de Monclar à l'ouest, des Grands Cyprès à l'est et de la Croix des Oiseaux au nord-est.
Construit dans les années 70. 
Il compte 25.000 habitants. 
Habitation : 96% HLM et 4% pavillon. 
En savoir + ICI

— Quartier de Monclar :
Il est situé au sud de la ville d'Avignon. 
Il compte plus de 6.000 habitants.
En savoir + ICI