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mardi 22 octobre 2024

Emil Michael Klein (Zurich, Suisse), Untitled

PHOTOS Fabien Rivière
Emil Michael Klein (Zurich (Suisse) - 1982, Munich (Allemagne)). 
— Untitled, 2020 Oil and encaustic on canvas 270 x 187,5 cm
— Untitled, 2020, Oil and encaustic on canvas.  
— Untitled, 2022 Oil on canvas 35 x 51,5 cm
Galerie Federico Vavassori (Milan). Site 
Œuvres découvertes lors de Paris Internationale, au Central téléphonique Poissonnière (9° ardt.), 16 - 20 octobre 2024. 
Autres œuvres de l'artiste > Galerie Francesca Pia
Emil Michael Klein, Photo DR

mercredi 5 juin 2019

L’amour à trois, cette utopie réalisée (« All In », Hellman - Lachman - Welenc, Zurich)



Rares sont les spectacles de danse ou de performance qui explorent le monde d'aujourd'hui et de demain de façon profonde. Récemment, on peut citer le Talos de l'Israélien installé en France Arkadi Zaides et le Passing the Bechdel Test de l'Anversois Jan Martens (on peut lire notre article : L'adolescence sidérante de Jan Martens). Ces propositions sont d'autant plus précieuses que l'époque préfère l'absence de risque et le déjà-vu.   

Dans All In, qui vient d'être créé au Gessnerallee à Zurich (Suisse), le performer Daniel Hellmann et ses deux associées donnent à entendre et voir des témoignages qu’ils ont recueilli. Ces propos sont sensibles et iconoclastes, intenses et spirituels. Ils bouleversent l'organisation traditionnelle du monde qui vénère le duo amoureux et sexuel appelé couple. Ils proposent autre chose. 

Le Zurichois installé à Berlin Daniel Hellmann a ainsi bénéficié d’une résidence de travail de six mois à San Francisco (États-Unis) grâce à Pro Helvetia, la fondation financée exclusivement par la Confédération suisse et chargée de soutenir la culture dans le pays. Il y a développé son projet autour des relations amoureuses à trois. C’est une réalité qu’il a pu vivre et observer autour de lui. Il a réalisé à San Francisco notamment une vingtaine d’interviews afin de mieux en saisir la teneur. Il a souhaité ne pas travailler seul, rencontrant deux performeuses, Layton Lachman, américaine de San Francisco installée à Berlin, et Anne Welenc, allemande vivant à Berlin.

Le titre est, selon le créateur, une expression issue du poker : « Il nous plaisait à cause du contexte de jeu, de risque, et l'idée de (se) rassembler, de s‘unir... » Renseignement pris, le sens précis du terme est un peu différent, puisqu'un joueur qui n'a pas assez de jetons est déclaré All In, c'est-à-dire qu'il n'a pas assez de ressource-s. Et de la ressource, en effet, il faut en avoir, pour s'engager dans une relation à trois. Le trio s'est donné la liberté d'aménager le sens initial. 

De nouvelles pratiques nécessitent-elles de nouveaux mots pour les nommer, les penser et les légitimer ? C'est probable. Dans le cas de la bisexualité par exemple, la diffusion du terme a aidé à mieux vivre cette réalité. La feuille de salle dispose ici d'un lexique avec : compersion (c'est le même mot en français : sentiment de joie quand un partenaire investit et prend plaisir dans une autre relation romantique ou sexuelle ; c'est le contraire de la jalousie), genderfluid / genderqueer (être "queer", c'est se réappropier et retourner en positif une insulte qui signifie "étrange", "bizarre" ou "tordu", et d'autre part réagir à la volonté de reconnaissance sociale des gays qui tend à exclure les "folles", les gays pauvres, les gays non-Blancs et les prostitué-e-s), heteronormativity, monogamy, polyamory, primary / secondary, queer, throuple (un néologisme qui associe "trois" à "couple"), triad, unicorn (une personne qui est prête à rejoindre un couple pour former un throuple). 

La scénographie, très années 60, une époque où les expérimentations étaient les bienvenues, peut faire penser à un mix entre la série policière britannique teintée d'humour Chapeau melon et botte de cuir (1961 - 1977), du kitsch, un film érotique et de la science-fiction : à gauche un pouf de couleur rouge, à droite un petit meuble où se trouvent des friandises, — qui seront utilisées avec science ultérieurement, — au milieu, de la moquette épaisse d’un vert étrange, qui se poursuit vers le fond droit de la scène sur un escalier qui monte sans déboucher sur rien, dont les marches comportent chacune un tube lumineux à la couleur et intensité variable. On se dit qu’il doit déboucher vers ce paradis de l’amour à trois. Contrairement à ce que peux laisser penser l'affiche, les costumes sont plutôt quotidiens si ce n'est une combinaison en caoutchouc que porte une performeuse. Le moment le plus intense sans doute est cette danse populaire à trois, jouissive et libératrice, quand retentit l'énergique morceau de hard rock du groupe américain de Chicago Bongripper, Terrible Bear Attack, de l'album Hippie Killer (2° album studio, en 2007) [à écouter ci-dessous]. Conquérir cette nouvelle liberté permet d'atteindre cette intense jouissance.
Fabien Rivière
Terrible Bear Attack de Bongripper

lundi 24 avril 2017

Exposition - Zurich - « Sigurd Leeder − Sur les traces de la danse »

Sigurd Leeder fait vibrer le paysage d’Ascona (sud de la Suisse) par un élan dynamique de mouvement, vers 1925, photo : Rudolf Opitz, Collection suisse de la danse
Sigurd Leeder et Kurt Jooss dans le duo masculin de force et de tension Bizarrer Zweitanz, vers 1925, photo : Rudolf Opitz, Collection suisse de la danse
Danse d’expression d’intense concentration : Sigurd Leeder dans un de ses premiers solos, Nachtstück, 1926, photo : Kurt Jooss, Jooss Estate
 Pose fortement expressive : Sigurd Leeder dans son solo Der Gläubige Landmann, 1933, Collection suisse de la danse

La chorégraphie de Danse Macabre : notation de Sigurd Leeder dans la kinétographie Laban, publication de 1980, Collection suisse de la danse
Cours de notation : Sigurd Leeder avec des élèves devant un tableau de kinétographie Laban, Sigurd Leeder School of Dance, Londres, vers 1950, Collection suisse de la danse
Ecole Folkwang à Essen : Sigurd Leeder enseigne une inclinaison sur scène
dans l’icosaèdre, 1930, Collection suisse de la danse

 Sigurd Leeder avec le gong en plein enseignement à la Sigurd Leeder School of Dance,
Londres, vers 1950, Collection suisse de la danse


Energie du mouvement : Sigurd Leeder avec des danseuses lors du cours
international d’été à Stockholm, 1952, photo : Bill Dagens, Dagens Nyheter


Danse Macabre de Sigurd Leeder : répétition avec les élèves du cours d’été
à Dartington Hall, Angleterre, 1935, Collection suisse de la danse

Expressivité et clarté dans la recherche de la forme : Ueli Kohler interprète la chorégraphie
de Sigurd Leeder, Mobile, 1975, photo : Sigurd Leeder, Collection suisse de la danse

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Le Museum für Gestaltung, en français, Musée du design, de Zurich (Suisse) présente une grande exposition consacrée au danseur, chorégraphe et pédagogue Sigurd Leeder, qui se tiendra du 5 mai au 30 juillet 2017. Sigurd Leeder est né Carl Eduard Wilhelm Leder à Hambourg (Allemagne) le 14 août 1902. Il meurt à Herisau (Suisse) le 20 juin 1981.

« En 2010, la Collection suisse de la danse a enregistré une croissance spectaculaire : le legs de Sigurd Leeder comprend 12 000 documents et objets qui confèrent à cette institution une place parmi les archives de danse les plus importantes au monde. Leeder a vécu et travaillé à Herisau (est de la Suisse) de 1964 à sa mort et son héritage a été conservé par Grete Müller avant d’être remis à la Collection suisse de la danse. Il appartenait au mouvement réformateur de la danse expressive et acquit seul, en autodidacte, la connaissance du mouvement expressif. Leeder entretint un vif échange avec Rudolf von Laban (1879 - 1958) et, avec Kurt Jooss (1901 - 1979), il créa une méthode d’enseignement basée sur des études uniques en leur genre.

En coopération avec le Museum für Gestaltung de Zurich, le travail de Sigurd Leeder sera présenté pour la première fois au grand public. Pour le 70° anniversaire de la création de la Sigurd Leeder School of Dance à Londres, transférée plus tard à Herisau, l’exposition, composée de photos, de films, de notations de danse, de masques et de costumes, montre la vivacité de l’art et de la pédagogie de Leeder. Des interprétations actuelles dans plusieurs pays démontrent que cette pédagogie n’a rien perdu de son actualité.

Une publication richement illustrée paraîtra à l’occasion de cette exposition et viendra compléter, aux côtés du catalogue dédié à l’Espace Maurice Béjart, la série de publications produites par la Collection suisse de la danse.

Dès 2018, l’exposition sera présentée dans l’espace d’exposition de la Collection suisse de la danse à Lausanne. »

Site du musée