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| Affiche des Swiss Dance Days 2026, dans une rue de Bern, Photo Fabien Rivière |
C'est un rendez-vous important de la scène européenne sinon mondiale, dédié à la danse contemporaine. Tous les deux ans, les Swiss Dance Days présentent une sélection de pièces produites dans le pays. Chaque fois dans une ville différente.
Ils ont vu le jour en 1996, organisés depuis 2006 par Reso - Réseau Danse Suisse, qui regroupe une centaine de lieux suisses. L’évènement a été conçu sur le modèle des Rencontres chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis dans une ville limitrophe de Paris, un concours fondé en 1969, devenu un festival en 1986, consacré à la création chorégraphique contemporaine.
En 2026, direction la très belle ville médiévale de Berne pendant quatre jours, en février. Un jury composé de cinq professionnel-le-s, trois artistes et deux programmateurs (liste en fin d'article), a visionné 198 vidéos de chorégraphies produites en Suisse les deux dernières années, pour en retenir treize (idem). « La déclaration du jury » est un texte de réflexion. Il débute par cette affirmation : « Longtemps, les institutions européennes ont défini la danse à travers le prisme d’idéaux classiques et romantiques, qui dictaient précisément ce qu’un corps devait faire, la façon dont il avait à se mouvoir et ce à quoi il devait ressembler. » Aujourd'hui, la définition de la danse est jugée très « poreuse ». Les choix du jury sont précisés : « Le jury a tenu en compte des critères suivants lors de la sélection des pièces : l’actualité et la qualité artistique des pièces, le potentiel de diffusion internationale, la diversité esthétique, générationnelle et régionale ».
Trois producteurs chevronnés (« Match Makers ») accompagnent les treize compagnies sélectionnées. Chacun-e soutient quatre ou cinq compagnies. Il est aussi mis en place des Salons d'artistes, en français dans le texte, qui concernent huit artistes (liste en fin d'article), et des workshops. Des discussions professionnelles sont aussi proposées. Voici les intitulés : La pratique décoloniale comme lieu artistique ; Institutions favorisant les carrières artistiques durables ; La culture comme résistance – La résistance comme culture ; Des groupes d'intérêt puissants pour la scène culturelle et chorégraphique suisse ; Organiser dans un contexte de changement : une conversation sur le travail du jury ; Développer la danse pour les jeunes publics. D'une façon générale, l'organisation a été jugée positivement.
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Saluts, à l'issue de from rock to rock... aka how magnolia was taken for granite, de Jeremy Nedd, Photo Fabien Rivière |
ARTISTIQUE ET HUMAIN
Il est remarquable qu'une double préoccupation soit affirmée : artistique et humaine. Il s'agit de lutter contre toutes formes de discriminations dans le milieu.
Artistiquement, l'édition s'est révélée être passionnante, avec les travaux respectifs de Thomas Hauert, Baptiste Cazaux, Tiran Willems, Bast Hippocrate, Jeremy Nedd, Mélissa Guex, Catol Teixeira et Fuego Contigo, ou intéressante, avec Trajal Harrell et Joseph Baan. Nous y reviendrons dans des articles ultérieurs.
Humainement, un Pack de bienvenue (« Welcome Pack », en version originale), document de 34 pages, est communiqué à tou-te-s les participant-e-s, qui fixe les règles du jeu. Ainsi, des « Care persons » sont présentes. Leur rôle est « d'écouter les personnes victimes de discrimination ou de harcèlement et, si nécessaire et à la demande expresse de la personne concernée, de lui indiquer ou de la diriger vers d'autres possibilités d'aide. » Par ailleurs, « Elles offrent également l'accès à des espaces calmes ou de retraite en cas de bouleversement émotionnel, situationnel ou lié au contenu. » Un téléphone et un courriel sont ainsi communiqués.
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| DOWN (full album), de Mélissa Guex, Photo Fabien Rivière |
On trouve aussi cette affirmation : « Les Swiss Dance Days rejettent toute forme de discrimination fondée sur l'origine, la langue, la couleur de peau, le sexe et l'identité sexuelle, l'orientation sexuelle, les capacités physiques ou mentales, la religion, la classe sociale, le niveau d'éducation ou l'âge, et encouragent activement la diversité sociale. Une clause anti-discrimination est incluse dans les contrats conclus avec tous les partenaires. »
Puis : « Lors de festivals réunissant divers participants – présentateurs, chorégraphes, danseurs, artistes, producteurs, techniciens et public –, des déséquilibres de pouvoir existent souvent. Les Swiss Dance Days demandent donc à tous les participants d'être conscients de leur rôle et de se traiter mutuellement avec respect et sur un pied d'égalité. »
Il est demandé de ne pas mé-genrer la personne avec qui l'on parle. Au moment de l'inscription à la manifestation, on peut choisir son genre. On notera la recommandation : « Veuillez vous adresser aux autres de manière neutre sur le plan du genre, sauf si vous connaissez ou avez demandé le pronom d'une personne. » Ainsi, quatre genres s'expriment : he/him — she/her — they/them [non binaire] — other.
Fabien Rivière
LES SPECTACLES
— VU
Catol Teixeira > ODE
Mélissa Guex > DOWN (full album)
Trajal Harrell / Zürich Dance Ensemble > Tambourines
Joseph Baan > Bl0Wn
Baptiste Cazaux > GIMME A BREAK !!!
Bast Hippocrate > Joyaux Lourdement Sous-estimés
Jeremy Nedd > from rock to rock... aka how magnolia was taken for granite
Tiran Willemse > Untitled (Nostalgia, Act 3)
FUEGO CONTIGO > 1GUH WATCH
ZOO/Thomas Hauert > Troglodyte, Zaungast/Zaunkönig
— PAS VU (vu uniquement un extrait vidéo sur le web)
Company MEK - Muhammed Kaltuk > Same Love (Site Specific)
Jolie Ngemi > MBOK’ELENGI
Théâtre de l’extrême / Luana Volet > parade d’intimidation aigre-douce
GENRE-S des CHORÉGRAPHES
Catol Teixeira — he/him, they/them
Mélissa Guex — she/her
Trajal Harrell — he/him
Joseph Baan — they/them
Baptiste Cazaux — he/him
Bast Hippocrate — other
Jeremy Nedd — he/him
Tiran Willemse — he/him, they/them
FUEGO CONTIGO :
Conroy Clarke Delvardo Smith — he/him
Johannes Maille — he/him
Keemie Elite — he/him
Lumi Pulkkinen — she/her
Rose Dyer — she/her
Shamar Howell — he/him
Steavon O’race Thomas — he/him
Tamara Alegre — she/her
Tamara Graham-Chin — she/her
ZOO/Thomas Hauert — he/him
Company MEK - Muhammed Kaltuk — he/him
Jolie Ngemi — she/her
Théâtre de l’extrême / Luana Volet :
Daniela Vargas — she/her
Luana Volet — she/her
Carla Manrique — she/her
Françoise Paca Gautier — she/her
LE JURY
- Pascale «Baba» Altenburger, professeure de street dance et de club dance, performeuse, Berne
- Brandy Butler, Artiste pluridisciplinaire, Zurich
- Léo Chavaz, co-programmateur du Pavillon ADC, Genève
- Lorenzo Conti, Curateur en danse, LAC Lugano & Milanoltre Festival
- Lisa Letnansky, Responsable de la dramaturgie, Tanzhaus Zürich
SALONS D'ARTISTES
Anna Chiedza Spörri — she/her
Simon Waldvogel — he/him
Soraya Leila Emery — she/her
BewegGrund (dir : Susanne Schneider, danse inclusive)
Marion Zurbach — she/her
Cédric Gagneur — he/him
Charlotte Mclean — she/her
Sami Lea Samira Bernath — she/her
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