jeudi 19 février 2026

Swiss Dance Days 2026 : une oasis de danse

Affiche des Swiss Dance Days 2026, dans une rue de Bern, Photo Fabien Rivière

C'est un rendez-vous important de la scène européenne sinon mondiale, dédié à la danse contemporaine. Tous les deux ans, les Swiss Dance Days présentent une sélection de pièces produites dans le pays. Chaque fois dans une ville différente. 

Ils ont vu le jour en 1996, organisés depuis 2006 par Reso - Réseau Danse Suisse, qui regroupe une centaine de lieux suisses. L’évènement a été conçu sur le modèle des Rencontres chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis dans une ville limitrophe de Paris, un concours fondé en 1969, devenu un festival en 1986, consacré à la création chorégraphique contemporaine.

En 2026, direction la très belle ville médiévale de Berne pendant quatre jours, en février. Un jury composé de cinq professionnel-le-s, trois artistes et deux programmateurs (liste en fin d'article), a visionné 198 vidéos de chorégraphies produites en Suisse les deux dernières années, pour en retenir treize (idem). « La déclaration du jury » est un texte de réflexion. Il débute par cette affirmation : « Longtemps, les institutions européennes ont défini la danse à travers le prisme d’idéaux classiques et romantiques, qui dictaient précisément ce qu’un corps devait faire, la façon dont il avait à se mouvoir et ce à quoi il devait ressembler. » Aujourd'hui, la définition de la danse est jugée très « poreuse ». Les choix du jury sont précisés : « Le jury a tenu en compte des critères suivants lors de la sélection des pièces : l’actualité et la qualité artistique des pièces, le potentiel de diffusion internationale, la diversité esthétique, générationnelle et régionale »

Trois producteurs chevronnés (« Match Makers ») accompagnent les treize compagnies sélectionnées. Chacun-e soutient quatre ou cinq compagnies. Il est aussi mis en place des Salons d'artistes, en français dans le texte, qui concernent huit artistes (liste en fin d'article), et des workshops. Des discussions professionnelles sont aussi proposées. Voici les intitulés : La pratique décoloniale comme lieu artistique ; Institutions favorisant les carrières artistiques durables ; La culture comme résistance – La résistance comme culture ; Des groupes d'intérêt puissants pour la scène culturelle et chorégraphique suisse ; Organiser dans un contexte de changement : une conversation sur le travail du jury ; Développer la danse pour les jeunes publics. D'une façon générale, l'organisation a été jugée positivement. 

Saluts, à l'issue de from rock to rock... aka how magnolia was taken for granite,
de Jeremy Nedd, Photo Fabien Rivière 

ARTISTIQUE ET HUMAIN

Il est remarquable qu'une double préoccupation soit affirmée : artistique et humaine. Il s'agit de lutter contre toutes formes de discriminations dans le milieu.  

Artistiquement, l'édition s'est révélée être passionnante, avec les travaux respectifs de Thomas Hauert, Baptiste Cazaux, Tiran Willems, Bast Hippocrate, Jeremy Nedd, Mélissa Guex, Catol Teixeira et Fuego Contigo, ou intéressante, avec Trajal Harrell et Joseph Baan. Nous y reviendrons dans des articles ultérieurs. 

Humainement, un Pack de bienvenue (« Welcome Pack », en version originale), document de 34 pages, est communiqué à tou-te-s les participant-e-s, qui fixe les règles du jeu. Ainsi, des « Care persons » sont présentes. Leur rôle est « d'écouter les personnes victimes de discrimination ou de harcèlement et, si nécessaire et à la demande expresse de la personne concernée, de lui indiquer ou de la diriger vers d'autres possibilités d'aide. » Par ailleurs, « Elles offrent également l'accès à des espaces calmes ou de retraite en cas de bouleversement émotionnel, situationnel ou lié au contenu. » Un téléphone et un courriel sont ainsi communiqués. 

DOWN (full album), de Mélissa Guex, Photo Fabien Rivière

On trouve aussi cette affirmation : « Les Swiss Dance Days rejettent toute forme de discrimination fondée sur l'origine, la langue, la couleur de peau, le sexe et l'identité sexuelle, l'orientation sexuelle, les capacités physiques ou mentales, la religion, la classe sociale, le niveau d'éducation ou l'âge, et encouragent activement la diversité sociale. Une clause anti-discrimination est incluse dans les contrats conclus avec tous les partenaires. » 

Puis : « Lors de festivals réunissant divers participants – présentateurs, chorégraphes, danseurs, artistes, producteurs, techniciens et public –, des déséquilibres de pouvoir existent souvent. Les Swiss Dance Days demandent donc à tous les participants d'être conscients de leur rôle et de se traiter mutuellement avec respect et sur un pied d'égalité. » 

Il est demandé de ne pas mé-genrer la personne avec qui l'on parle. Au moment de l'inscription à la manifestation, on peut choisir son genre. On notera la recommandation : « Veuillez vous adresser aux autres de manière neutre sur le plan du genre, sauf si vous connaissez ou avez demandé le pronom d'une personne. » Ainsi, quatre genres s'expriment :  he/him  —  she/her  —  they/them [non binaire] —  other.  
Fabien Rivière
LES SPECTACLES
— VU 

Catol Teixeira > ODE

Mélissa Guex > DOWN (full album)

Trajal Harrell / Zürich Dance Ensemble > Tambourines

Joseph Baan  >  Bl0Wn 

Baptiste Cazaux  >  GIMME A BREAK !!! 

Bast Hippocrate   >  Joyaux Lourdement Sous-estimés 

Jeremy Nedd  >  from rock to rock... aka how magnolia was taken for granite

Tiran Willemse  >  Untitled (Nostalgia, Act 3) 

FUEGO CONTIGO  >  1GUH WATCH 

ZOO/Thomas Hauert  > Troglodyte, Zaungast/Zaunkönig


— PAS VU (vu uniquement un extrait vidéo sur le web) 

Company MEK  Muhammed Kaltuk  >  Same Love (Site Specific) 

Jolie Ngemi  >  MBOK’ELENGI

Théâtre de l’extrême / Luana Volet  > parade d’intimidation aigre-douce 


GENRE-S des CHORÉGRAPHES

Catol Teixeira  —   he/him, they/them

Mélissa Guex  —   she/her

Trajal Harrell   —   he/him

Joseph Baan  —  they/them

Baptiste Cazaux  —  he/him

Bast Hippocrate  —  other  

Jeremy Nedd   —  he/him 

Tiran Willemse  —  he/him, they/them 

FUEGO CONTIGO :

        Conroy Clarke Delvardo Smith  —  he/him 

        Johannes Maille  —   he/him 

        Keemie Elite  —  he/him

        Lumi Pulkkinen  —  she/her 

        Rose Dyer  —  she/her 

        Shamar Howell  —  he/him 

        Steavon O’race Thomas  —  he/him 

        Tamara Alegre  —  she/her 

        Tamara Graham-Chin  —   she/her

ZOO/Thomas Hauert  —   he/him

Company MEK -  Muhammed Kaltuk  —  he/him

Jolie Ngemi  —  she/her

Théâtre de l’extrême / Luana Volet :

        Daniela Vargas  —  she/her

        Luana Volet  —  she/her 
        Carla Manrique  —  she/her 
        Françoise Paca Gautier  —  she/her


LE JURY 


- Pascale «Baba» Altenburger, professeure de street dance et de club dance, performeuse, Berne 

- Brandy Butler, Artiste pluridisciplinaire, Zurich

- Léo Chavaz, co-programmateur du Pavillon ADC, Genève

- Lorenzo Conti, Curateur en danse, LAC Lugano & Milanoltre Festival

- Lisa Letnansky, Responsable de la dramaturgie, Tanzhaus Zürich


SALONS D'ARTISTES

Anna Chiedza Spörri   —  she/her
Simon Waldvogel   —  he/him
Soraya Leila Emery  —  she/her
BewegGrund (dir : Susanne Schneider, danse inclusive)
Marion Zurbach  —  she/her
Cédric Gagneur   —  he/him
Charlotte Mclean  —  she/her
Sami Lea Samira Bernath  —   she/her

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