samedi 24 janvier 2026

Fred again.. (UK)

 Fred again.., CA7RIEL & Paco Amoroso - Beto’s Horns (Paris, 27th October 2025) Fred again.. & Caribou & Menor Teteu - Facilita (Lyon, Friday 24th October) Fred again.., KETTAMA & Shady Nasty - HARDSTYLE 2 (brandon's night pt.1) Fred again..  >  YouTube   —   bandcamp  
Fred again..


lundi 19 janvier 2026

Hommage - Tenor Saw, Ring The Alarm (Stalag Riddim)

Tenor Saw : 11 février 1966, Kingston, Jamaïque - 13 août 1988, Houston, Texas, États-Unis - à 22 ans.
TENOR SAW 

dimanche 18 janvier 2026

Thurston Moore > Temptation Inside Your Heart (The Velvet Underground) + Real Cool Time (the Stooges)

Thurston Moore est un musicien états-unien membre du groupe de rock Sonic Youth (1981 – 2011) en tant que guitariste et chanteur, alors marié à Kim Gordon.
— Thurston Moore  >  bandcamp   

samedi 17 janvier 2026

A$AP Rocky (USA), PUNK ROCKY

Extrait du nouvel album du rappeur A$AP Rocky, Don't Be Dumb, en français Ne soyez pas Stupide, publié hier, portrait terrifiant des États-Unis actuels. 
POCHETTE de l'ALBUM

vendredi 16 janvier 2026

Sleaford Mods (UK), No Touch (Ft. Sue Tompkins) + Elitest G.O.A.T.( Ft. Aldous Harding)

Aujourd'hui paraît le nouvel album de l'excellent duo Sleaford Mods, The Demise of Planet X, en français La Disparition de la planète X.  
ALBUM (écoute et achat)  >  bandcamp
— Suivi d'une TOURNÉE en Europe (au Casino de Paris (9° arrondissement), le mardi 10 mars > ICI). 
NOUS AVONS DÉJÀ PUBLIÉ  > ICI  
POCHETTE de l'ALBUM 


SLEAFORD MODS 

dimanche 11 janvier 2026

jeudi 1 janvier 2026

Meredith Monk & Vocal Ensemble (USA), Cell Trio I

Extrait de l'album Cellular Songs, publié le 17 octobre 2025. C'est le second volet d’une trilogie interdisciplinaire initiée par On Behalf of Nature, en français Au nom de la nature, rendu public le 11 novembre 2016. 

NOUS AVONS DÉJÀ PUBLIÉ : 

dimanche 28 décembre 2025

Photo - La danse dans l'exposition Edward Weston

Edward Weston, Dancer in Front of a Silver Screen, Glendale Studio,
Danseuse devant un écran argentée, studio de Glendale, 1921 - 1923
Margrethe Mather & Edward Weston, Nature's Mirror (The Marion Morgan Dancers)
Le Miroir de la nature (les danseuses de Marion Morgan), 1920, Tirage au palladium, 
Palladium print, Courtesy Wilson Centre for Photography  

La Maison Européenne de la Photographie (MEP) (Paris, 4° arrondissement) présente actuellement deux très belles expositions : Tyler Mitchell - Wish This Was Real, jeune afro-américain de 30 ans né à Atlanta et vivant à Brooklyn à New York, et le travail en noir et blanc Edward Weston - Modernité révélée. Il est né le 24 mars 1886 en banlieue nord de Chicago et mort le 1er janvier 1958 en Californie à 71 ans.

Concernant la première photo, le cartel précise : « Eileen Glane (née Glaue) est une danseuse active dans les années 1920, d'origine danoise, vivant à San Francisco, où elle a peut-être connu Margrethe Mather. Elle se produit à Los Angeles, où Weston la photographie dans son studio de Glendale, célèbre pour son mur aux panneaux argentés, que l'on retrouve aussi dans les photographies de Mather. » Glendale est une ville située au nord de Los Angeles (de 187.823 habitants en 2024). 

La seconde photographie concerne la danseuse états-unienne Marion Morgan (4 janvier 1881 - 10 novembre 1971, à 90 ans). « Les Marion Morgan Dancers exécutent des danses interprétatives, à bras nus et parfois pieds nus, dans des costumes vaporeux, avec un répertoire basé sur des thèmes grecs et romains, égyptiens et classiques. Ils s'inspirent par exemple de L'Après-midi d'un faune de Nijinski. Marion Morgan a des exigences spécifiques pour que ses danseurs restent en forme. Ils doivent être végétariens, à un moment donné, tous pratiquent la science chrétienne, et ils doivent tous étudier la littérature classique pour comprendre leurs rôles. Le groupe tourne dans tout le pays, faisant sensation partout où ils apparaissent. » (source : wikipédia, ICI)
Fabien Rivière
Expositions : Du 15 octobre 2025 au 25 janvier 2026.  
— Tyler Mitchell - Wish This Was RealEn savoir +    
— Edward Weston - Modernité révélée.  En savoir + 

samedi 20 décembre 2025

Hommage à Frédéric Nauczyciel

Singulis et Simul - Frédéric Nauczyciel et Studio House of HMU - 
la Scène nationale d'Orléans 
Frédéric Nauczyciel est mort le 16 décembre à l'âge de 56 ans. Comme l'écrit Libération : « Grâce à lui se sont un jour croisés sur un même plateau un danseur de baladi de Beyrouth, des vogueurs des communautés queer de Baltimore, une fanfare de la police nationale, des conducteurs de métro. »
Il a été artiste associé de la Cité internationale des arts (Paris) entre 2017 et 2020. 

mercredi 10 décembre 2025

Leos Carax : « Je n’aime filmer que les danseurs, les marionnettes ou les singes. »

Leos Carax lors d'une rencontre publique pendant  le Laceno d'Oro, Photo DR

Le réalisateur français Leos Carax a reçu un prix d’honneur lors de la 50ᵉ édition du festival international de cinéma Laceno d’Oro  (1-9 décembre 2025), situé à Avellino, ville de 50.000 habitants à 60 km à l'est de Naples. Il a refusé tout entretien à la presse, mais s’est astreint à deux rencontres en salle et à une master class, d'où sont tirés ces propos. (source : Le Mondewww.lacenodoro.it
Fabien Rivière

samedi 6 décembre 2025

The Itch (London), The Influencer + Co-Conspirator

Extraits de l'album deux titres du groupe The Itch paru le 30 avril 2025, qui poursuit le travail remarquable entrepris par Regressive Left (2020-2022, vidéos > ICI), un duo succédant à un trio, tous deux menés par Simon Tyrie. 
— The Itch sera à Paris le mardi 10 mars 2026 au Centquatre-Paris, dans le cadre de Les Inrocks Festival 2026 (10>15 mars). En savoir + 

(extrait)
«  And there’s such a disconnect
Between what I see on the internet
And what I see on the streets  »

THE ITCH   >  bandcamp
REGRESSIVE LEFT  >  bandcamp

lundi 1 décembre 2025

Danse et Sida - Repères chronologiques en contexte français + Mémoires du sida en danse

Visuel : choix d'Espaces Magnétiques

— par Fabien Rivière

Le Centre national de la danse (CND) a publié le 25 juillet dernier un document important de 65 pages intitulé : 

Sida - Repères chronologiques en contexte français

avec quelques données américaines ou internationales en arrière-plan, et un focus sur le monde de la danse

par Laurent Sebillotte (Centre national de la danse) 25 juillet 2025

  • -  Données scientifiques et médicales

  • -  Politique publique, législation

  • -  Militantisme, associations

  • -  Médias, figures et représentations, milieux artistiques

  • -  Danse

On notera aussi ceci (page 65) : 
  • Entre le 3 février 2023 et le 26 mars 2024 : dans le cadre d’une collection intitulée Mémoires du sida en danse, dirigée par Laurent Sebillotte, en collaboration avec Isabelle Ginot, réalisation par le Centre national de la danse d’un entretien audio et de 18 entretiens filmés avec des personnalités du milieu chorégraphique touchées, concernées ou confrontées d’une manière ou d’une autre par l’épidémie de sida. Ce corpus regroupe au total quelque 45 heures de témoignages, livrés par les artistes chorégraphiques Séverine Bost, Régine Chopinot, Christine Corday, Matthieu Doze, Christophe Haleb, Pascale Houbin, Fabrice Ramalingom, Santiago Sempere, Mark Tompkins, l’artiste vidéaste Arnold Pasquier, les professionnel·le·s du spectacle Jérôme Lecardeur, Bruno Lobé, Jean-Paul Montanari, Alain Neddam, Laurent Vinauger, et les critiques, écrivain·e·s et chercheur·se·s Chantal Aubry, Michel Briand, Ariane Dolfus, Gérard Mayen. 


Très complet. Il manque cependant l'article suivant : 

*     *     * 

L'étude du CND est disponible au format Pdf  >   ICI

*     *     * 
Et 

"Mémoires du sida en danse" (vidéos, audio, textes)  >  ICI

*     *     * 
On peut lire par ailleurs : 
Ce que le Sida a fait à la danse - Ce que la danse a fait du Sida #2 : expérience de l'épidémie au sein de la communauté de la danse : pratiques, statuts, solidarités, par Gérard Mayen, Aide à la recherche et au patrimoine en danse 2013 — synthèse jan. 2023, Centre national de la danse. (format Pdf, 36 pages)  > ICI  


dimanche 30 novembre 2025

«Delay the Sadness», Sharon Eyal intime et politique

Delay the Sadness, de Sharon Eyal, Photo Vitali Akimov  

Ne rien savoir de la pièce est sans doute la meilleure des choses concernant la nouvelle création dont Sharon Eyal signe la chorégraphie, avec son mari Gai Behar à la « co création », Delay the Sadness, en français Retarder la tristesse, que présente actuellement La Villette à Paris en collaboration avec Chaillot - Théâtre national de la danse. Un programme est distribué au public, qu'il lira manifestement ultérieurement, comprenant une intéressante interview de la chorégraphe expliquant dès la troisième ligne la thématique du projet, que l'on présentera un peu plus tard. 

Le plateau est vide, sol noir cerné de pendrillons noirs, lumières nocturnes, dans une scénographie brut de décoffrage. Ce pourrait être un entrepôt. Les huit interprètes, quatre femmes et quatre hommes portent des justeaucorps d'un blanc cassé, avec une fissure noire. Dans un premier temps ils avancent dans une longue marche, en groupe. Les corps sont athlétiques. On peut penser à des biches qui progressent dans la forêt. Les corps sont cependant à la fois très tendus et très sensuels, tordus et fluides, ce qui semble contradictoire. 

La chorégraphe, de nationalité israélienne, est installée en France depuis trois ans déjà, « définitivement » précise le programme. Sa nouvelle compagnie, Sharon Eyal Dance (S-E-D), est subventionnée par le Ministère de la Culture français à travers la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d'Île-de-France. 

Delay the Sadness, de Sharon Eyal, Photo Vitali Akimov 

Dans l'interview évoquée, Sharon Eyal explique : « J’ai créé cette pièce en pensant à ma mère disparue récemment et pour toutes les mères du monde. » Pourquoi pas, en effet. Cependant, une scène centrale frappe par sa puissance. Les quatre jeunes hommes, face au public, pointent littéralement leurs bras à l'horizontale face au public, comme si il s'agissait d'une arme. Longuement. Très concentrés sinon tendus, et silencieux. Puis, les quatre jeunes femmes font les mêmes gestes. Il est possible d'y voir des militaires en action. Se faire mettre en joue par des militaires est une expérience peu commune en temps de paix, même si ici, le public n'est pas en cause. On montre le réel, sortant ainsi un temps de la thématique privée affichée. 

Interrogé-e sur la signification de la scène, un-e interprète répondra que chacun y voit ce qu'il veut, que l'interprétation est, textuellement, « ouverte » (« open »). Sans doute beaucoup de gestes relèvent de cette catégorie. Mais d'autres ont une histoire sociale connue. Un-e autre interprète affirmera que l'analyse est erronée. Des spectateurs nous indiqueront quant-à-eux y voir plus généralement une figure de la mort qui frappe un être. 

Bref, il est significatif que la dimension politique, au sens de la vie de la cité, est massivement déniée, sinon discréditée ? On songe alors cependant au Grand Finale de l'israélien Hofesh Shechter présentée par La Villette en 2017 où la figure du mur (de 720 km qui sépare Israël de la Cisjordanie) apparaissait (notre article Comment les hommes vivent). Le vertigineux travail du chorégraphe Arkadi Zaides, installé en France après Israël, est significativement peu montré dans notre pays (voir son Archive, consacré aux relations entre israéliens et palestiniens ; arkadizaides.com). Du côté du cinéma, la dimension politique est plus volontiers explicitement assumée. On pense par exemple au cinéaste israélien Nadiv Lapid qui mène un travail d'introspection sur son pays. 

Est-ce à dire que l'excellent Retarder la tristesse est non pas hanté, mais doublement hanté, par la mort d'une mère et la violence et la mort massivement présentes en Israël et alentour ? 
Fabien Rivière

Delay the Sadness, de Sharon Eyal, 55 minutes, La Villette, en collaboration avec Chaillot - Théâtre national de la danse, Paris, Espace Chapiteaux, du 27 novembre au 6 décembre. En savoir + 

Chorégraphie Sharon Eyal 
Co création Gai Behar 
Avec Darren Devaney, Juan Gil, Alice Godfrey, Johnny McMillan, Keren Lurie Pardes, Nitzan Ressler, Héloïse Jocqueviel, Gregory Lau 
Musique originale Josef Laimon 
Création lumière Alon Cohen 
Création des costumes Sharon Eyal, Gai Behar en collaboration avec Noa Eyal Behar 
3D print designer Serge H 
Production des costumes Bas et Hauts Atelier, Paris 
Maquillage et stylisme Noa Eyal Behar 
Directeur des répétitions Clyde Emmanuel Archer 
Musique additionnelle Khyaam Haque – « Dance with Me, Maximilian », John Tavener, Academy of Ancient Music, Paul Goodwin, George Mosley, The Choir of the AAM – « Funeral Canticle »

mardi 25 novembre 2025

Expo photos - Akaji Maro, par Alexandra de Lapierre


La Maison de la musique Nanterre (92) a l'excellente idée de consacrer une fort bonne exposition de photographies réalisées par la française Alexandra de Lapierre à l'historique danseur japonais de butō et chorégraphe Akaji Maro, 82 ans. Visible gratuitement dans le vaste hall du bâtiment, jusqu'au mercredi 10 décembre. 

Elle accompagne deux spectacles, Alter Ego (2025), duo d'Akaji Maro avec le violoncelliste Éric-Maria Couturier, soliste de l’Ensemble intercontemporain, sur les Suites pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach (en savoir +), et GOLD SHOWER (2020), duo d'Akaji Maro avec le danseur et chorégraphe François Chaignaud (en savoir +). 
Fabien Rivière
Photos dans l'exposition prises par Fabien Rivière. Autres visuels avec François Chaignaud, et travail de groupe du chorégraphe. 

Alter Ego, 14 novembre. 
GOLD SHOWER, 21, 22 et 23 novembre. 

— Maison de la musique Nanterre, 8 Rue des Anciennes Mairies, 92000 Nanterre. 
Ouverture : Mardi, jeudi, vendredi 14h à 19h Mercredi et samedi 10h à 12h et 13h à 18h - et plus tard les soirs de spectacles.
Accès : RER A Nanterre Ville (5 stations depuis Châtelet - Les Halles, puis 5 minutes à pied)

ON PEUT LIRE PAR AILLEURS : 
LIVRE 
Akaji Maro : Danser avec l’invisible, Akaji Maro et Aya Soejima
Présentation et entretiens de Aya Soejima, 
Photographies de Nobuyoshi Araki, 
Postface de Jeff Mills (DJ états-unien mondialement connu)
— Éditions Riveneuve, 2018, 12 €. Editeur - Libraires 
COUVERTURE de l'OUVRAGE

ARTICLE
Akaji Maro, droit de suite : un butō chatoyant, flamboyant, bigarré, de Nicolas Villodre, Les Humanités, 20 novembre 2025. ICI 

samedi 15 novembre 2025

Népal (France), Daruma + Babylone

Extraits de l'album Adios Bahamas, paru le 10 janvier 2020.
Népal : 12 octobre 1990 - 9 novembre 2019 à 29 ans. 
POCHETTE de L'ALBUM

jeudi 13 novembre 2025

mardi 11 novembre 2025

Christian Rizzo, la nuit (« à l'ombre d'un vaste détail, hors tempête. »)

à l'ombre d'un vaste détail, hors tempête., de Christian Rizzo, Photo Marc Domage

La nouvelle création de Christian Rizzo se nomme à l'ombre d'un vaste détail, hors tempête., titre en lettres minuscules uniquement donc, que clôt un point. 

Elle succède à une trilogie, dont elle entend constituer finalement le dénouement. Précédemment, « il y avait des appels à quelque chose qui n'est plus là », selon les propos du chorégraphe, un terrain disparu, la nature ou la partie non visible de l'horizon (interview ici). Soit, une maison (2019), magnifique scénographie de tubes lumineux qui strient l'espace et musique électronique vive, en son lieu (2020), sublime et bouleversant solo méditatif, et miramar (2022), où les interprètes demeurent souvent de dos sous une musique électronique puissante (notre article Le mystère Christian Rizzo).

Le 4° opus constitue cependant un sérieux contrepoint : l'espace est quasiment vide, plongé dans une nuit d'un noir profond, qui semble pouvoir exercer une emprise sur les événements, mais cependant constamment maintenue à distance, contenue, où demeure une petite loupiote qui clignote au niveau du sol. Côté musical, l'orgue va retentir dans une gravité certaine. 

De quelle nuit s'agit-il ? De quelles nuits ? Le créateur déclare simplement : « Je suis une éponge et tout ce que je vis, tout ce qui se passe autour de moi va traverser mon travail. » (ici). Ainsi, de janvier 2015 à décembre 2024, Christian Rizzo a dirigé le centre chorégraphique national de Montpellier qu'il a rebaptisé ICI, pour Institut Chorégraphique International, ce qui donne ICI—CCN Montpellier. Or, cette structure qui a vu se succéder depuis 1980 à sa tête Dominique Bagouet puis Mathilde Monnier, et qui cohabitait avec son voisin Montpellier Danse, gage de pluralité des regards, a été dissoute contre sa volonté dans une nouvelle unique entité. Dissolution imposée contre l'avis de la plus grande partie de la profession, par l'État et le maire de la ville (notre article Quels choix politiques pour la danse à Montpellier ?). Par ailleurs, plus globalement, violences politiques extrêmes, avec notamment la guerre en Ukraine et le génocide à Gaza (certains interprètes viennent saluer avec un keffieh sur les épaules). 

Depuis son départ du CCN, il a retrouvé son petit village des Pyrénées, Aspet, de 920 habitants en 2022, à une vingtaine de kilomètres de la frontière espagnole. 

Sur scène, les sept interprètes, qui semblent dotés d'une composition moléculaire légèrement moins solide que nous, sont vêtus d'un noir sobre et élégant, vêtements confortables, pieds nus, bras nus. La danse, tonique, est très douce, les bras et les mains caressent l'air, les roulades entretiennent un rapport sensuel avec le sol. Une main se pose tranquillement sur l'épaule de son-sa voisin-e, ou en bas de son dos. Dans un flot continue de mouvement. 

La lumière, dont on ne voit pas la source, ne vient que du ciel. L'espace est fermé. En fond de plateau, en hauteur à gauche, est diffusé, courte phrase après courte phrase, un texte qui décrit un paysage, lointain ou proche. Il est l'extérieur.  

Vers la fin, les corps vont s'allonger, mais cette fois-ci, la vie semble en train de les quitter. Regroupés, ils s'immobilisent, morts. Ils vont se relever mais ils ne sont déjà plus sur notre planète. Paradis ? Enfer ? Autre possibilité ? Mystère. Enfin, un corps semble se dissoudre dans l'infini de l'espace, au sein d'une multitude d'étoiles scintillantes. Aucun pathos. La vie, tout simplement. Une grande pièce mystique. 
Fabien Rivière

à l'ombre d'un vaste détail, hors tempête., de Christian Rizzo, MC93 - Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Bobigny (93), du 6 au 9 novembre. Vu le 8 novembre. En savoir +

NOUS AVONS PUBLIÉ :

DISTRIBUTION 
Chorégraphie, scénographie, costumes Christian Rizzo

Avec Enzo Blond, Fanny Didelot, Hans Peter Diop Ibaghino, Nathan Freyermuth, Paul Girard, Hanna Hedman, Anna Vanneau

Création lumière Caty Olive
Création musicale Pénélope Michel,
Nicolas Devos (Cercueil / Puce Moment)
Texte Célia Houdart
Régie générale Jérôme Masson, Victor Fernandes
Régie son Delphine Foussat
Régie lumière Clément Huard, Romain Portolan
Administration, production Hélène Moulin-Rouxel, Colin Pitrat (Les indépendances)

TOURNÉE 
 2025 
— du 13 au 15 novembre - Le Triangle, Rennes En savoir +
 2026 
— les 9 et 10 février 2026 - Hippodrome de Douai, Tandem Scène nationale Arras-Douai En savoir +
— du 16 au 18 février - ThéâtredelaCité, CDN Toulouse Occitanie En savoir +
— le 25 février - Théâtre Auditorium de Poitiers - TAP scèn enationale En savoir +
— les 17 et 18 mars - Bonlieu, Scène nationale d’Annecy En savoir +
— le 31 mars - Scène nationale du Sud-Aquitain, Théâtre Quintaou, Anglet En savoir +
— le 2 avril - Espaces Pluriels, Le Foirail, Pau En savoir +
— le 9 avril - Théâtre de Nîmes En savoir +

dimanche 9 novembre 2025

Kevin Aviance, Pulled + Don’t Let The Sun Go Down On Me - Le Poisson Rouge, New York City

— (ci-dessus)  « Kevin Aviance’s performance of “Pulled” (Kevin Aviance) and “Don’t Let The Sun Go Down On Me” (Oleta Adams) at “Sasha Velour’s NightGowns”. Filmed June 26th, 2024 in New York City at Le Poisson Rouge. »
— (ci-dessous) « This weekend, I had the honor of filming Kevin Aviance opening his Hippopotamus showcase at Le Poisson Rouge in NYC with a magnetic performance of “Pulled” — a deep, hypnotic house track produced by the incredible DJ Gomi. » (01/07/2025)
NOUS AVONS DÉJÀ PUBLIÉ :

lundi 3 novembre 2025

Josquin Des Prez, Tu solus qui facis mirabilia

Josquin Des Prez (1450-1455, peut-être à Beaurevoir (département de l'Aisne en région Hauts-de-France), mort à Condé-sur-l'Escaut (département du Nord, région Hauts-de-France) le 27 août 1521). 
— Tu solus qui facis mirabilia, en français Toi seul est celui qui fait des merveilles

samedi 1 novembre 2025

Danse - Le drapeau Palestien interdit aux Abbesses

Le public grimpe la rue Ravignan, en face du Théâtre des Abbesses, Photo Fabien Rivière 
Gush is Great, par Production Xx, Photo Fabien Rivière
Gush is Great, par Production Xx, Photo Fabien Rivière
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Le Théâtre de la Ville à Paris présentait en septembre en son Théâtre des Abbesses cinq programmes consacrés aux résultats du Concours Danse élargie. Le concours se déroule depuis 2010 les années paires (20 projets de 10 minutes chacun), les résultats sont développés les années impaires. En 2025, nous y voici. 

Le 4° programme est composé de trois propositions qui ont pour points communs la transmission d'œuvres, à des élèves ou à des professionnel-le-s.

Il s'est ouvert par une pièce en plein air, Gush is Greatcréation de Production Xx, soit Julie Botet, Simon Le Borgne, Max Gomard, Philomène Jander, Zoé Lakhnati et Ulysse Zangs (présentations en fin d'article) en collaboration avec les 36 élèves du Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) de Paris - Ida Rubinstein (8° arrondissement), option Danse classique, jazz et contemporain, de la seconde à bac +3, qui ont entre 16 et 23 ans. 

La version originale, de 10 minutes réglementaires, a été proposée lors de l'édition 2024 du concours Danse élargie. Elle a obtenu le 2° prix du jury d'artistes et le prix du « Jury Jeunes », soit alors 19 élèves de ce même département danse du Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) de Paris - Ida Rubinstein, qui ont souhaité reprendre la pièce et la développer. 

Vers la fin de la performance, Photo Fabien Rivière

Nous écrivions : « (...) on observe un slow motion de 10 minutes du fond du plateau à son devant, une ligne d'interprètes face au public, qui va jeter par dessus bord si on ose dire, tout un tas d'objets dissimulés sous ses manteaux. C'est du mime, et "politiquement", pour répondre à un jury, c'est bien faiblard, sinon geignard, passif. » 

Fin de la performance, Photo Fabien Rivière

En septembre 2025, l'œuvre prend une toute autre ampleur. On observe les spectatrices et spectateurs nombreux, grimper la rue pentue en face du théâtre des Abbesses, et stopper un peu avant la place sur laquelle elle débouche. Ils entourent les interprètes qui prennent position au milieu de la rue, debout dans le sens de la descente. Ils vont marcher lentement un peu plus de 50 mètres, en 30 minutes. C'est "lent". Dans le programme, Production Xx fait état d'« une apparente lenteur. Apparente car en vérité il y a un vrai rythme et tout va beaucoup plus vite que ce qu'il n'y paraît. » Ils vont jeter au sol différents objets. En fin de course, ils vont se laisser tomber au sol et y demeurer un temps. 

Après les applaudissements, les membres de Production Xx vont se succéder dans la lecture d'un texte qui dénonce l'interdiction qui leur a été faite de déployer un drapeau Palestinien. Nous le publions in-extenso ci-dessous. Un extrait : « (...) nous tenions quand même et aussi à exprimer notre profonde inquiétude face à la décision qui a été prise d’interdire la présence du drapeau palestinien dans cette performance avec les élèves. Cette décision soulève des questions fondamentales sur la liberté d’expression artistique, sur le rôle de l’art dans la sphère publique, et sur les limites imposées à la représentation de la réalité politique, complexe, malgré le cadre institutionnel et scolaire autour de ce projet. Nous avions besoin de partager avec vous ces inquiétudes. (vifs applaudissements) » Selon une bonne source, l'interdiction argue de la présence de mineur-e-s. 

Le travail de répétition a duré trois semaines, au Carreau du Temple et à la Ménagerie de Verre. Il s'est agi de travailler « les états de corps », comme confié par un-e interprète. C'est bien, mais est-ce suffisant ? Comme si le corps pouvait répondre à tout. Aucune photographie vue, ou vidéo et film visionnés, ou de livres lus. Le réel est maintenu à distance (à une unique exception près, finalement interdite). Est mobilisé l'imaginaire de la manifestation, mais dans une énergie très sinon trop basse, qui fait penser plus à celle d'un enterrement. Pour un psychanalyste lacanien, cette action de laisser tomber des objets peut être comprise comme un impératif sinon un ordre : laissez tomber (toute lutte). On pourrait parler de corps - paysage, c'est-à-dire de corps intéressants à regarder, poétiques pourquoi pas, mais passifs. 

Dans la pratique avec des jeunes, on trouve à l'opposé par exemple le chorégraphe belge d'Anvers Jan Martens (avec des textes ; notre article L'adolescence sidérante de Jan Martens (« Passing the Bechdel Test »)) et le français de Marseille Christophe Haleb (observation et écoute ; voir le premier et le deuxième film de la série Éternelle jeunesse ; Éternelle jeunesse #1 Valence - Éternelle Jeunesse #2 Amiens), sans même parler de Dominique Bagouet (1951 - 1992) qui expliquait qu'il travaillait jadis avec des danseurs et dorénavant avec des êtres humains dansants.   

Première page, feuille en noir et blanc de format A4 scotchée sur les portes
de toutes les entrées d'immeubles de la rue, Photo Fabien Rivière
Seconde page, feuille en noir et blanc de format A4 scotchée sur les portes
de toutes les entrées d'immeubles de la rue, Photo Fabien Rivière

Personne n'a fait attention à ces deux feuilles en noir et blanc de format A4 scotchées sur les portes de toutes les entrées d'immeubles de la rue où a lieu la performance, pourtant très instructives. Nous les publions ci-dessus. Il s'agit d'un courrier d'un représentant de l'État, en l'espèce du Préfet de police adressé au Théâtre de la Ville (et du Théâtre de la Ville aux riverains et aux commerçants). Il indique au passage l'existence d'un Bureau de la voie publique, Section manifestations. Il rappelle la nécessité d'une autorisation de l'État pour qu'un groupe intervienne dans l'espace public. Surtout on notera l'intitulé du courrier, en majuscules : PROJET DE MANIFESTATION NON REVENDICATIVE SE DÉROULANT DANS L'ESPACE PUBLIC. Il y est question « d'une déambulation chorégraphiée avec des danseurs. » NON REVENDICATIVE est la catégorie choisie, qui a facilité l'obtention de l'autorisation. L'animation neutralise sinon annule la revendication ? 
Fabien Rivière 
— Programme 4, Focus Jeunes créateurs - Générations Danse élargie, Théâtre de la Ville au Théâtre des Abbesses, 19 et 20 septembre. En savoir +

NOUS AVONS PUBLIÉ : 

Julie Botet est passée par l'école du Centre Chorégraphique National (CCN) de Roubaix sous Carolyn Carlson puis Olivier Dubois. 
Simon Le Borgne est membre du Ballet de l'Opéra national de Paris, en congé.  
Max Gomard, a étudié au Conservatoire de Tours et Coline à Istres, puis a participé à cinq créations avec Thomas Lebrun, Fabrice Ramalingom, Alban Richard, Georges Appaix et Michel Kelemenis. 
Philomène Jander a étudié à P.A.R.T.S (Performing Arts Research and Training Studios) à Bruxelles.
Zoé Lakhnati est diplômée en danse classique du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Lyon en 2019 et de P.A.R.T.S (Performing Arts Research and Training Studios) à Bruxelles en 2022. Danseuse interprète pour les chorégraphes Mette Ingvartsen et Leïla Ka et a travaillé en tant qu’assistante pour Robyn Orlin et Dimitri Chamblas. 
Ulysse Zangs est diplômé de l'École du Ballet de l'Opéra de Paris et de la Palucca Hochschule für Tanz à Dresde (Allemagne) avant de rejoindre la Dresden Frankfurt Dance Company, où il a joué jusqu'en 2019. Travaillant désormais en tant qu'artiste indépendant, il collabore avec des chorégraphes et metteurs en scène de théâtre tels que Benjamin Millepied, l'Allemand Ersail Mondtag, Simon Le Borgne, et d'autres. Il est aussi musicien. 

Avec Roman Bonilauri, Lili Bracq, Salma Chemin Katar, Junior Douville, Héloïse Gappin Schmitt, Antoine Quares, Constance Voarick, Laura Annede Leray, Bertille Blondel, Cloé Sahone Billot, Natacha Fine, Tiana Rajaomaria, Léa Baudoin, William Boulay Itela, Maud Duchene, Vadim Villagordo, Livia Bras Jacques, Wei Faham Lee, Meliza Naves Suarez, Leïla Jouishomme, Gabriel Camara Issa, Léon Gauthier, Sybille Hoffman, Noé Lavandier, Salomé Moreels, Ulysse Roy, Louise Scheidt, Cassandra Thevenin, Yoannagbo Niang, Apolline Gueguen Caillié, Valentine Humbert, Mia Orobio Besson Magdelain, Roman Ramanick Gallonde, Elinoa Sieradzki Sprung, Yamin Ruiz, Salomé Tratman, Juliette Floc’Hlay

INTERVENTION 
de membres de Production Xx à l'issue de la performance 

— (Intervention d’une jeune femme)

Bonjour à toutes et à tous, 

Merci d’avoir assisté à la seconde présentation de la version XXL de la création collective Gush is Great,  

Merci aux équipes du Théâtre de la Ville, merci aux équipes techniques et encadrants du Conservatoire, Merci aux élèves qui nous ont choisi l’année passée lors de Danse élargie (vifs applaudissements) faisant confiance à la fois au projet mais aussi aux élèves actuels qui ont su s’approprier et porter cette pièce avec force et engagement.

Vous avez pu voir cet après-midi la grande qualité des interprètes que nous tenions à remercier chacune et chacun pour leur investissement autour de ce projet de transmission (vifs applaudissements) 

 

— (Intervention d’un jeune homme) 

Merci donc à … euh … çà va être un peu long, mais vous avez l’habitude je pense avec ce qui vient d’arriver. Merci à [énonce tous les prénoms des interprètes] vous pouvez évidemment les applaudir (vifs applaudissements). On doit aller assez vite car le temps nous est compté, pour ceux qui vont continuer l’après-midi de spectacles [en salle] mais nous tenions quand même et aussi à exprimer notre profonde inquiétude face à la décision qui a été prise d’interdire la présence du drapeau palestinien dans cette performance avec les élèves. Cette décision soulève des questions fondamentales sur la liberté d’expression artistique, sur le rôle de l’art dans la sphère publique, et sur les limites imposées à la représentation de la réalité politique, complexe, malgré le cadre institutionnel et scolaire autour de ce projet. Nous avions besoin de partager avec vous ces inquiétudes.  (vifs applaudissements)  


— (Intervention d’une jeune femme)

Dans notre démarche, le drapeau n’est pas un simple emblème, il ne représente pas un mot d’ordre, mais un geste scénique porteur d’histoire de luttes, de silence et de fractures; Le convoquer dans une chorégraphie c’est ouvrir un espace de réflexion sur les corps en résistance et sur les territoires traversés par la violence et l’effacement. Empêcher l’apparition d’un symbole, en l’occurence celui d’un peuple exterminé par un régime autoritaire revient à nier une part de réalité, cela revient à taire une douleur. L’art, dans son essence n’est pas un espace neutre. Il interroge, dérange parfois, et c’est précisément là que réside sa nécessité. (vifs applaudissements) 


— (Intervention d’un jeune homme)

Nous affirmons que notre travail ne fait l’apologie d’aucune violence, il cherche au contraire à rendre visible les expériences souvent tues apportées aux corps marginalisés, et à ouvrir un espace poétique pour montrer la complexité de notre monde. L’art est un langage, la scène un lieu de liberté  symbolique. Restreindre les signes que les artistes peuvent y déployer revient à réduire cette liberté et à céder à une logique de contrôle politique sur la création. Nous refusons que la peur, la pression ou la neutralisation idéologique viennent restreindre le champ de ce qui peut être dansé. (applaudissements) 

 

— (Intervention d’un jeune homme)

Nous continuerons, avec responsabilité et exigence, à défendre notre liberté artistique, engagée, ouverte au dialogue, et ancrée dans la réalité de notre époque. Et nous remercions encore une fois les jeunes qui, avec nous, ont porté ces quelques mots essentiels. Merci.  (vifs applaudissements)