lundi 14 mars 2011

Passez trois mois avec Foofwa d'Imobilité

Paris va de nouveau accueillir le Suisse Foofwa d'Imobilité. Mais cette fois-ci c'est le chorégraphe qu'elle découvrira. Elle connait en effet déjà l'interprète : de Merce Cunningham pendant 7 ans de 1991 à 1998, de Boris Charmatz avec 50 ans de danse consacré à Merce Cunningham, et de Mathilde Monnier avec Un américain à Paris toujours consacré à Merce. Tous ces travaux ayant été présentés au Théâtre de la Ville. Mais qu'on se rassure, en sortant de la Merce Cunningham Dance Company notre homme a entrepris une recherche profonde, intelligente et courageuse, de "déprogrammation" corporelle qui lui permet d'avoir aujourd'hui la proximité et la distance nécessaire au travail du génie New Yorkais disparu en 2009. Ainsi, il a pu développer son propre travail corporel — ce n'est donc pas un gentil clone cunninghamien  —  et réfléchir concrètement à la mémoire en danse, et notamment à la question des archives (orales, écrites, audios, photos, vidéos et filmiques). Une grande partie de ce travail sera présentée cette année au Centre National de la Danse du 26 avril au 28 mai, sous le nom de Merce-Art Forever ! On pourra à l'occasion (re)lire la pétition malheureusement toujours d'actualité lancée l'année dernière par des étudiants du studio de Merce Cunnigham, que  Foofwa d'Imobilité avait appelé à signer (ici). 

Foofwa d'Imobilité — prononçez "fouffevoi" est né en 1969, année érotique comme l'on sait depuis Gainsbourg. Il en reste quelque chose dans son amour de la nudité, de la sensualité et de la sexualité sur scène, qu'on a pu découvrir en 2010 avec Au Contraire, au Festival d'Avignon (In), dans le  cadre de Sujets à Vif (voir ici), pièce retravaillée et heureusement resserrée et revivifiée pour la 3° édition du festival Trans (ici) du Théâtre du Grütli à Genève en février dernier. En septembre prochain il présentera à La Bâtie-Festival de Genève LaréduQ, qui se veut « Un (non) cabaret pour six danseureuses » (en savoir +). Il précise : « LaréduQ... est un mot-valise en français qui signifie, entre autres choses, "l'art éduque", "la raie du cul", "l'art est du cul". » C'est aussi bien sûr un clin d'œil à L.H.O.O.Q., l'œuvre de Marcel Duchamp parodiant La Joconde, datée de 1919

Résolument contemporain, le créateur investit les théâtres mais aussi l'espace public, à travers la course — dans une gestuelle qui associe  des mouvements de danse contemporaine — sur une piste d'athlétisme (ici) ou dans les rues de Genève, ou arrêté dans l'espace, dans la nature (ici), une salle du Louvre (ici), le hall d'une gare en Suisse (ici), et à New York sur le toit d'un immeuble. En 2011 il produit la série de courtes vidéos souvent hilarantes Public.cité (ici).
Site de Foofwa d'Imobilité  / Facebook de la compagnie

    Dialogue    CRÉATION
interprété par Foofwa d’Imobilité 
Dans le cadre de Point d'Orgue, d'Yves Godin En savoir +
Concepteur de lumières, Yves Godin proposera 4 versions uniques de son installation lumineuse en invitant successivement Denis Mariotte le 16 mars, Grand Magasin le 17, Foofwa d'Imobilité le 18 et Manuel Coursin le 19
Ménagerie de Verre (Festival Etrange Cargo), le 18 mars 
« Note d’intuition. Dialogue avec les pas de l’histoire de la danse, dialogue avec la et les lumières, dialogue entre absence et mémoire, dialogue entre les sexes, dialogue avec les sons des profondeurs du temps. Ménage, rire, deux, vers... »
Foofwa d'Imobilité, New York, 2010, Photo Fred Ruegg
Foofwa d'Imobilité dans 50 ans de danse, de Boris Charmatz, Photo Gregory Batardon

    Pina Jackson In Mercemoriam, Contemédie Chorégraphique    
interprété par Foofwa d’imobilité         
Soirée La danse, l’humour, le burlesque, Andrea Sitter / Foofwa d'Imobilité  / Sylvain Prunenec, 
Centre National de la Danse,  En savoir +
Du mercredi 27 au vendredi 29 avril à 20h30 
« La pièce Pina Jackson in Mercemoriam noue l'ancien et le moderne, le sacré et le profane, le sérieux et le ludique. Le hasard funèbre a réuni, en l'espace d'un mois en 2009, trois grands de la danse : le Roi de la Pop, Michael Jackson, la Reine du Tanztheater, Pina Bausch et l'Empereur de la Dance Revolution, Merce Cunningham.
Foofwa d’Imobilité les évoque au travers d'une approche parodique et contemporaine de la Divine Comédietout en remettant au goût du jour la Danse macabre qui souligne la vanité des distinctions sociales, fauchant le pape comme le pauvre prêtre, l'empereur comme le lansquenet. »
Foofwa d'Imobilité, Photos Christian Glaus

(Formation continue)   Merce après Merce – Telepedagogia (Paris-Rennes)  
Foofwa d'Imobilité / Pascal Dupoy  
Centre National de la Danse,  En savoir +
Du mardi 26 avril au vendredi 6 mai, de 10h à 12h et de 13h à 16h30
« Foofwa d’Imobilité propose deux semaines d’études sur certaines pratiques et idées de Merce Cunningham, en simultané à Rennes et à Pantin avec deux groupes différents de participants. Les journées se composeront d’un cours technique Analyse et utilité de la technique de Cunningham, suivi d’un atelier Se réapproprier les idées de Merce et s’en servir au présent. »
Photo Caroline Minjolle / Photo Pascal Dupoy

   GRATUIT    (Exposition vidéographique)      Merce-Art Forever !  
Centre National de la Danse,  En savoir +
 Du mardi 26 avril au samedi 28 mai,
Du lundi au vendredi de 9h à 19h et 20h30 les soirs de représentations
« Rassemblée et réalisée par Foofwa d’Imobilité, cette série de vidéos constitue un fond exceptionnel autour de l’œuvre de Merce Cunningham, chorégraphe pour lequel il dansa sept ans. Entretiens avec Merce Cunningham et ses proches, commentaires et manifestes sur la question de l’héritage sont à découvrir en parallèle du spectacle Pina Jackson in Mercemoriam. »
Réalisation Fred Rüegg

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