mardi 17 juin 2014

Photos - 3° édition du concours Danse élargie - Paris

            Principe - Histoire - Jurys - Prix - Lauréats      
      Notre avis - Prix Espaces Magnétiques - Participants           
     PHOTOS Fabien Rivière ⓒ    

PRINCIPE

Le concours Danse élargie est une initiative du Musée de la danse à Rennes et du Théâtre de la Ville à Paris dirigés respectivement par le danseur et chorégraphe Boris Charmatz et le metteur en scène Emmanuel Demarcy-Mota. Il vise à faire émerger une nouvelle génération de chorégraphes. Il se déroule sur deux jours en juin tous les deux ans. Le premier jour 20 pièces de dix minutes sont présentées, le second jour dix finalistes demeurent (que nous notons  F  ci-dessous). Le nombre minimum d'interprètes est fixé à trois. Le jury est composé d'artistes, un autre jury de membres du public. 

HISTOIRE 

La première édition en 2010 fut prometteuse, de par la bonne tenue des propositions et par l'absence de "professionnels de la profession" selon l'expression de Jean-Luc Godard, qui avaient décidé de snober l'événement, ce qui allégeait considérablement l'atmos-phère, tout le monde parlant à tout le monde (pas de prétention royale), et pouvait laisser penser qu'un nouveau monde (de la danse) était envisageable sinon possible.

La deuxième édition en 2012 fut d'un niveau très bas. Un membre du jury nous confiait même sa perplexité, sur le mode : "Difficile d'imaginer que ce que l'on a vu soit le meilleur des 300 projets soumis".   

Scali Despeyrat est «  Maître de cérémonie » en 2014..

JURYS

Le Jury de (9) artistes et un Jury de (11) spectateurs sont amenés à se prononcer.  


Le Jury d'artistes : (au second plan, debout, de gauche à droite : ) Mathilde Monnier (chorégraphe, France), Noé Soulier (danseur et chorégraphe, 1er prix Danse élargie 2010, France), Pedro Penim (comédien et metteur en scène, Portugal), Françoise Rivalland (percussionniste, France), Micha Lescot (comédien, France), Thomas Ostermeier (metteur en scène, Allemagne), 
(au  premier plan) Chien-Ying-Wu (plasticien, Taïwan), 
Trajal Harrel (chorégraphe, États-Unis),  Bouchra Ouizguen (chorégraphe, Maroc),    
 Annoncée, Marjane Satrapi (auteur de bande dessinée, peintre et réalisatrice, Iran & France) n'était pas là. Photo DR

PRIX

— Premier Prix :
Dotation Danse élargie : 10 000 € 
Dotation Fondation d’entreprise Hermès : 5 000 €
      
— Deuxième Prix :
Dotation Danse élargie : 7 000 € 
Dotation Fondation d’entreprise Hermès : 4 000 €

— Troisième Prix :
Dotation Danse élargie : 4 500 € 
Dotation Fondation d’entreprise Hermès : 3 000 €

LAURÉATS

Les lauréats de Danse élargie 2014 sont :
1er prix : Paula Rosolen AEROBICS !   ALLEMAGNE
2° prix : Davis Freeman What you need to know   ÉTATS-UNIS / BELGIQUE
3° prix et prix du public : Alina Bilokon et Lea Rault TYJ   UKRAINE / FRANCE
Prix des techniciens du Théâtre de la Ville : Florent Trochel Le vent reconnaitra la pointure de mes pieds FRANCE

NOTRE AVIS 

Cette troisième édition a retrouvé un niveau convenable mais les choix des deux jurys laissent perplexe. Le (nouveau) prix des techniciens est une bonne surprise par sa pertinence.  

Le 1er prix a été décerné à un travail qui, comme son titre l'indique est consacré à l'aérobic. Il se veut drôle, mais ne dépasse pas un humour assez facile. Le 2° prix consacre une proposition bien plus ambitieuse puisqu'elle porte sur les armes à feu et ses récents ravages aussi bien en Belgique qu'aux États-Unis. Mais passé l'excellent sujet, la danse demeure purement illustrative, et l'idée de demander à des spectatrices et spectateurs de venir sur le plateau tirer (à blanc) sur les danseurs ne mène à rien de bien malin. Quant au troisième prix il n'y a rien à en dire. 

La pièce hop hop présentée est ce qu'elle est, mais il faut quand même savoir qu'une recherche passionnante en hip hop n'a même pas été retenue.    

Sans doute le jury d'artistes, qui compte 9 personnes, ne comporte que 4 chorégraphes, qui sont donc statistiquement minoritaires. Mais ils peuvent argumenter lors des discussions et pourquoi pas convaincre. Quoiqu'il en soit, tout cela manifeste une faible culture chorégraphique. 

PRIX ESPACES MAGNÉTIQUES

Ainsi, nous avons décidé d'attribuer les PRIX ESPACES MAGNÉTIQUES : 
1er prix : Djino Sabin Alolo et Christina Towle RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO / ÉTATS-UNIS DEBOUT  
2° prix : Florent Trochel  FRANCE  Le vent reconnaîtra la pointure de mes pieds
3° prix : Benoît Verjat   FRANCE   Voir des choses bouger
 
Fabien Rivière
www.danse-elargie.com
PARTICIPANTS 
SAMEDI 14 JUIN  
— 11h - 12h15 
    1  Giulio D’Anna   ITALIE / PAYS-BAS   R_ESISTERE





    2  Julian Weber   ALLEMAGNE The field  F 




              3  Benoît Verjat   FRANCE   Voir des choses bouger
    F 




              Djino Sabin Alolo et Christina Towle 
                      RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO / ÉTATS-UNIS DEBOUT    F 

  5 Davis Freeman  ÉTATS-UNIS / BELGIQUE   What you need to know   F     2° PRIX   




— 12h30 - 13h45
          6  Florent Trochel   FRANCE   Le vent reconnaîtra la pointure de mes pieds
                                   PRIX DES TECHNICIENS DU THÉÂTRE DE LA VILLE   



    7  Marysia Zimpel   POLOGNE What do you really miss?




    8  Gabriel Desplanque   FRANCE   J’ai bâti une maison sur trois octaves    F 








    9  OS 351/Susan Quinn   BELGIQUE / AUTRICHE   Cunningham Remix


    10  Rabtaldirndl   AUTRICHE   À travers le Rabtal sauvage


— 15h - 16h15
    11  Karel van Laere et Vanja Rukavina   PAYS-BAS   BOKKO the ultimate fusion
   
 F 


    12  Judith Cahen, Masayasu Eguchi, Béatrice Houplain et Clarisse Tranchard
      FRANCE   À nos corps défendant


    13  N'Zup   FRANCE   MadChic   hip hop


  14  Alina Bilokon & Léa Rault  UKRAINE / FRANCE   TYJ   F  
                   
         3° PRIX et PRIX DU PUBLIC     


    15  Simon Gauchet    FRANCE   Pergamon Altar (faire voyager les ruines)


— 16h30 - 17h45
    16  José Manuel Alvarez   ESPAGNE   D-Structures  flamenco contemporain



    17  OuChPo   FRANCE   Tu danses ?    F 



    18  James McGinn   ÉTATS-UNIS / BELGIQUE   Previously on Majestiny   F 

    19  Katharina Ernst   AUTRICHE   a : z_approximate symmetries


    20  Paula Rosolen   ALLEMAGNE   AEROBICS !    F       1ER PRIX   

samedi 14 juin 2014

Annulation du Festival Uzès Danse 2014



Le Festival Uzès Danse vient d'annoncer dans un bref communiqué que nous publions ci-dessous son annulation. Il devait se dérouler du vendredi 13 au mercredi 18 juin pour sa 19° édition. Uzès est une ville de 8.626 habitants (en 2011) du département du Gard et de la région Languedoc-Roussillon.
Fabien Rivière
PRESSE Libération - Le Monde
Facebook Uzès Danse  

Bande annonce Festival Uzès Danse 2014 

jeudi 12 juin 2014

Intermittents - Nous sommes en mouvement

Publié par Mediapart le 11 juin 2014. ICI 

A l'issue de leur assemblée générale du mercredi 11 juin, les « artistes, pédagogues, personnels permanents ou intermittents du champ chorégraphique », en pointe au Printemps des comédiens montpelliérain, adressent une lettre ouverte à  François Rebsamen, Aurélie Filippetti, Manuel Valls et François Hollande.



Lettre ouverte à Monsieur Rebsamen, Madame Filippetti, Monsieur Valls, Monsieur Hollande

NON, vous ne signerez pas l'agrément ministériel du protocole du 22 mars,
NON, nous ne renoncerons pas à vous exhorter de ne pas le faire,
NON, le mépris des plus faibles n'est pas un programme de gauche,
NON, nous ne voulons pas d'Assises de l'intermittence, quand depuis 11 ans la Coordination des intermittents et précaires s'applique à analyser les textes de 2003 et élaborer une contre-proposition viable et reconnue comme telle que vous continuez d’esquiver,
NON, nous n'acceptons pas l'idée d'aumône d'une caisse de soutien à ceux d'entre-nous qui seront jetés au caniveau,
NON, nous ne voulons pas d'un médiateur qui est ouvertement du coté du texte que nous dénonçons,
NON, nous ne voudrions pas annuler les festivals de l'été 2014.
Et pourtant, face au mépris de l'accord signé par le Medef, la CFDT et FO, vous êtes prêts à y ajouter le vôtre tout en chantant les louanges d’un secteur culturel qui représenterait 3,2% du PIB du pays.
Vous n'êtes pas sans savoir que depuis le 3 juin dernier à Montpellier, chaque 24h d'abord, chaque 48h aujourd'hui, une assemblée générale au Printemps des comédiens reconduit une grève qui se place historiquement dans les pas de celle de 2003.
Le mouvement s'amplifie et se durcit.
Les festivals devraient s'enchaîner maintenant sans relâche, comme chaque été, signes les plus visibles de l’activité artistique sur l’ensemble du territoire national, mais sont menacés par votre surdité aux appels que nous vous lançons depuis le 22 mars.
Parce que nous sommes depuis le 22 mars de nouveau à pied d'œuvre pour expliquer en quoi le texte imposé par la commission paritaire est inacceptable (et ce ne sont pas les modifications à la marge apportées le 17 avril qui en changent le fond),
parce que nous sommes contraints d'imaginer que vos stratégies recouvrent autre chose que ce que vous faites peser sur nos épaules,
parce que vous aimez commémorer les Résistants d’hier, vous savez ce que résister veut dire,
parce que nous ne sommes pas inquiets mais en colère,
parce que ce que nous défendons, nous le défendons pour tous,
nous, artistes, pédagogues, personnels permanents ou intermittents du champ chorégraphique, ne céderons pas.
De triste mémoire, le 26 juin 2003, la décision de ne pas jouer la première de Mauvais Genredu chorégraphe Alain Buffard au festival Montpellier Danse avait inauguré, à la suite de grèves ponctuelles au Printemps des comédiens, l'annulation en série des festivals de l'été.
Alain Buffard est mort le 21 décembre dernier.
La dernière représentation de Mauvais Genre est programmée par le festival Uzès Danse le 14 juin prochain.
C'est un bien triste hommage que nous nous apprêtons à lui rendre si vous nous obligez à recommencer.
  
160 premiers signataires 

Germana Civera, chorégraphe; Matthieu Doze, artiste chorégraphique; Fanny de Chaillé, chorégraphe; Pascal Quéneau, artiste chorégraphique, Laurent Pichaud, chorégraphe; Emmanuelle Huynh, chorégraphe; Fabrice Ramalingom, chorégraphe; Loïc Touzé, chorégraphe; Raïssa Kim, chargée de production; Liliane Schauss, directrice du festival UzèsDanse; Yves-Noël Genod, metteur en scène et danseur; Marie Roche, directrice de production; Miguel Garcia Llorens, artiste chorégraphique; Dominique Jégou, chorégraphe; Bruno Joly, administrateur; Hela Fattoumi, chorégraphe; Éric Lamoureux, chorégraphe; Yaïr Barelli, artiste chorégraphique; Françoise Michel, éclairagiste; Judith Cahen, cinéaste et performeuse; Armelle Dousset, artiste chorégraphique; Thierry Grapotte, scénographe; Anne Collod, artiste chorégraphique; Rita Cioffi, chorégraphe; Sophie Torresi, administratrice de production et comédienne; Anatoli Vlassov, chorégraphe; Christophe Haleb, chorégraphe; Isabelle Ellul, administratrice de production; Judith Perron, artiste  chorégraphique; Rémy Héritier, chorégraphe; Mathieu Bouvier, artiste vidéaste; Cécile Proust, chorégraphe; Yann Gibert, chargé de production; Nuno Bizarro, artiste chorégraphique; Nina Santes, danseuse et chorégraphe; Cyril Viallon, choregraphe; Pauline Simon, danseuse et chorégraphe; Marie Orts, artiste chorégraphique; Maud le Pladec, chorégraphe; Hanna Hedman, artiste chorégraphique; Betty Tchomanga, artiste chorégraphique; Julien Gallée-Ferré, danseur contemporain; Florence Caillon, acro-chorégraphe; Tamryn Escalante, trapéziste-danseuse; Iesu Escalante, acrobate-danseur; Xavier Bernard-Jaoul, régisseur général; Xavier Demerliac, compositeur; Marc Pérennès, administrateur; Jérôme Andrieu, artiste chorégraphique; Fanny Lacour, administratrice de production; Lina Schlageter, artiste chorégraphique; Corentin Le Flohic, artiste chorégraphique; Johann Nöhles, artiste chorégraphique; Clara Cornil, chorégraphe; Raphaël Cottin, artiste chorégraphique; Hugo Dayot, artiste chorégraphique; Christine Caradec, artiste chorégraphique et notatrice Laban; Fernando Cabral, danseur et chorégraphe; Julie Nioche, chorégraphe; Julian Blight, metteur en scène, interprète; Thierry Micouin, artiste chorégraphique; Aude Arago, artiste chorégraphique; Florian Bourdeau, artiste chorégraphique; Bruno Danjoux, artiste chorégraphique; Mathilde Priolet, chargée de production et de diffusion; Frederic Nauczyciel, artiste visuel; Mickaël Phelippeau, artiste chorégraphique; Stève Paulet, artiste chorégraphique; Lise Vermot, artiste chorégraphique; Latifa Laâbissi, chorégraphe; Domitille Blanc, chorégraphe; Sarah Degraeve, artiste chorégraphique; Olivier Normand, artiste chorégraphique; Olivier Dubois, Chorégraphe, directeur du Ballet du Nord; Patrice Barthès, chorégraphe; Alain Michard, chorégraphe; Christine Bombal, artiste chorégraphique; Nicolas Barrot, régisseur; Jérôme Franc, directeur d'ArtDanseBourgogne; Marine Amelin, administratrice; Guillaume Pires Parada, artiste chorégraphique; Catherine  Béziex, artiste chorégraphique; Chloé Enfrun, chargée de production; Célia Lefèvre; Jonas Chéreau artiste chorégraphique; Frédéric Pérouchine, chargé de production; Carole Perdereau, artiste chorégraphique; Jérôme Brabant, chorégraphe; Anne-Lise le Gac, artiste chorégraphique; Jackie Taffanel chorégraphe; Arnaud Pirault, metteur en scène; Edouard Pelleray, artiste chorégraphique; Anatole Lorne, artiste chorégraphique; Maria Donata d’Urso, chorégraphe; Tidiani N'Diaye, artiste chorégraphique; Margot Videcoq, administratrice; Carole Contant, réalisatrice et programmatrice; Luc David, régisseur général; Virginie Petit, chargée de production; Thierry Balasse, musicien; Dominique Mahé, directeur de production; Albane Aubry, artiste chorégraphique; Romuald Luydlin, chorégraphe; Magali, Milian chorégraphe; Christel Olislagers, assistante de production; Thalie Lurault, régisseuse; Nicolas Vendange, artiste chorégraphique; Marion Le Guellec, chargée de production; Compagnie ngc25; Carole Vergne, chorégraphe, danseuse; Thomas Ferrand, metteur en scène, éditeur; Élise Olhandeguy, artiste chorégraphique; Michel Demelas, directeur de production; Jérôme Bardeau, administrateur de production; Clara Chabalier, metteur en scène et comédienne; Cristina Santucci, chorégraphe; Marie-Claude Farel, pédagogue; François Verret, chorégraphe; Clarisse Chanel, artiste chorégraphique; Marcela Santander, artiste chorégraphique; Laurie Peschier-Pimont, artiste chorégraphique; David Rolland, chorégraphe; Michèle Murray, chorégraphe; Nathalie Collantes, chorégraphe; Marie-Claude Deudon, danseuse; Léa Bosshard, chargée de production et de diffusion; Anne Quentin, critique dramatique, expert DRAC  Ile-de-France; Vincent Weber, artiste chorégraphique; Aurélie Mérel, Administratrice de production; Coco Felgeirolles, comédienne et professeure de théâtre au CRR de Cergy; Sabine Seifert, responsable production / diffusion; Sarah Chaumette, performeuse; Annabelle Pulcini, artiste chorégraphique; Margaux Marielle-Trehouart, danseuse; William Jean, Graphiste; Agathe Pfauwadel, danseuse; Lauriane Houbey, artiste chorégraphique; Lou Cantor, artiste chorégraphique; Catherine Contour, artiste chorégraphique; Chiara Gallerani, artiste chorégraphique; Pauline Bigot; Jessie-Lou Lamy-Chappuis danseuse; Virginie Mirbeau, artiste chorégraphique; Camille Mouterde, metteuse en scène ; Emmanuel Soulhat-Goudon; Martine Pisani, chorégraphe; Cédric lequileuc, artiste chorégraphique; Antonia Baehr, chorégraphe; François Rascalou, chorégraphe; Aurore Di Bianco; Dominique Brun, chorégraphe; Jean-Philippe Derail, artiste chorégraphique; Yoann Demichelis, danseur; Theo Kooijman, artiste chorégraphique; Brigitte Chataignier, chorégraphe; Serge Louis-Fernand, artiste chorégraphique; Claire Haenni, danseuse; Ane-Mathilde Di Tomaso, administratrice de production; Johnny Lebigot, co-directeur du Théâtre L'Echangeur / Bagnolet; Béatrice Horn, ccn Roubaix; Cyril Accorsi, coordinateur général du projet artistique et pédagogique ccn Roubaix; Coralie Pelletier, assistante de direction ccn Roubaix; Marion Gauvent, administratrice de production ccn Roubaix; Hélène Deburre, attachée de production ccn Roubaix; Malik Razouki, assistant de production ccn Roubaix; Florent Trioux, chargé de production ccn Roubaix, Renaud Bertin, performeur.

mercredi 11 juin 2014

Fela Kuti (Nigeria) Unknown Soldier

Communiqué des intermittents du Festival d'Avignon

Nous, personnel du festival in d'Avignon, artistes, régisseurs généraux, régisseurs et techni-ciens, affirmons notre solidarité avec le personnel en grève, dans toute la France.

Nous dénonçons fermement le protocole d'accord inacceptable du 22 mars et ses corrections, qui affaiblissent toutes les catégories de travailleurs précaires. Nous exigeons donc le non-agrément par le ministre du travail, comme l'ont déjà demandé de nombreux député(e)s, sénateurs et sénatrices de la majorité gouvernementale.

Nous soutenons les propositions du comité de suivi et demandons à ce qu'elles soient entendues par les partenaires sociaux au cours de nouvelles négociations.

UNE RÉFORME OUI, MAIS UNE RÉFORME JUSTE!

Ces propositions ont déjà été signées par Mr Rebsamen alors qu'il était candidat à la mairie de Dijon et seulement quelques semaines avant sa nomination au ministère du travail.
Ce désaveu marque une rupture avec les positions soutenues par le parti socialiste concernant les enjeux de la culture dans notre société et notre quotidien.

La nomination du médiateur, Jean-Patrick Gilles, ouvertement d'accord avec l'agrément, n'est pas recevable. Cela ne nous fera en aucun cas reculer dans notre combat.

Si l'état devait agréer l'accord du 22 mars, nous nous réservons la possibilité d'appliquer notre droit de grève dès le 4 juillet et le gouvernement en assumera les conséquences.
Nous appelons toutes les personnes qui se sentent concernées, directement ou indirectement, par cette menace à nous rejoindre dans notre lutte et signifier leur mécontentement au gouvernement.

PAS DE CULTURE SANS DROIT SOCIAUX!

(diffusé le 11 juin 2014)

samedi 7 juin 2014

Intermittents - Lettre de Rodrigo Garcia à son équipe après qu'il ait décidé d'annuler "Golgota Picnic" au Printemps des Comédiens - Montpellier

(autre titre) LETTRE DE RODRIGO GARCIA AUX ACTEURS, AUX TECHNICIENS ET À TOUTE L'ÉQUIPE (16 PERSONNES) QUI PARTICIPENT À LA PIÈCE GOLGOTA PICNIC
 [Rodrigo Garcia est metteur en scène 
et directeur du Centre Dramatique National (CDN) de Montpellier]


Rodrigo Garcia, Photo DR
Chers amis,

Comme vous pouvez le voir, ce mail a été écrit à 3 heures du matin le 5 juin, et pas parce que j’ai fait la fête ; simplement je n’arrive pas à dormir.

Les représentations de Golgota Picnic ont été annulées. Cela ressemble à ce que certains d’entre nous ont vécu en 2003, lorsque nous avions des représentations prévues à Avignon et que nous sommes restés chez nous parce que le festival avait été annulé par le boycott des intermittents du spectacle qui revendiquaient leurs droits.

Aujourd’hui, onze ans plus tard, la même chose se produit. Les intermittents mènent un combat légitime contre l’Etat français et préparent des grèves pour empêcher que l’on touche à leurs droits.

Ils commencent à boycotter le premier festival de printemps-été du sud de la France : Le Printemps des comédiens, et si les choses ne s’arrangent pas ils continueront certainement avec le festival Montpellier Danse et finiront peut-être par empêcher celui d’Avignon, comme en 2003, à moins que le gouvernement ne cède et négocie.

Moi, au nom du CDN, j’ai laissé il y a quelque temps la grande salle du théâtre aux Intermittents pour la première Assemblée générale. Moi, au nom du CDN, j’ai signé il y a deux jours une lettre de soutien aux intermittents adressée au Premier Ministre Emmanuel Valls.

Moi, ce matin, j’avais une réunion à la DRAC  [Direction Régionale des Affaires Culturellesavec 18 autres directeurs qui font partie comme moi de ce qui s’appelle le Comité d’experts : nous nous réunissons pour débattre des compagnies régionales qui obtiendront des conventionnements et des subventions. Nous avons décidé ce matin de ne pas faire notre travail et de rejoindre la grève et nous avons rédigé une lettre en faveur des intermittents. [ici]

Moi, cet après-midi, j’ai décidé que nous annulions Golgota Picnic en geste de soutien aux droits des travailleurs français que l’on appelle les intermittents du spectacle.

Lorsque j’explique, entre autres, que l’un des comédiens de notre compagnie (Gonzalo Cunill) a renoncé à un travail de plusieurs semaines en Espagne juste pour faire trois représentations de Golgota Picnic à Montpellier, ça n’intéresse personne.

Tout le monde se fout de savoir que d’autres pâtissent économiquement de tout ça.

Qu’ils aillent se faire foutre, les artistes et techniciens espagnols, italiens et portugais de notre équipe, eux qui ne reçoivent aucune aide de l’Etat quand ils ne travaillent pas parce qu’ils ne travaillent pas en France, en Belgique ou en Suisse. Tout le monde se fiche de savoir qu’à cause de cette annulation, toute l’équipe de Golgota Picnic perd l’opportunité de faire un autre travail et de toucher un salaire pour vivre avec leurs familles, tout le monde se fiche qu’il s’agisse de pays en crise où il n’y a pas de travail.

Les intermittents français défendent leurs droits avec un égoïsme prononcé et ne se préoccupent pas de ce qui se passe autour d’eux.

C’est digne d’une étude anthropologique ; parfois tout à l’air tellement primitif, comme dans Tristes tropiques de C. Lévi-Strauss. Il faut aussi dire que l’assemblée de cet après-midi a connu ses moments stalinistes, qui m’ont paru sombres et pathétiques. Et pourtant, je suis avec eux. Nous les soutenons.

Et plus encore : personne ne se soucie du plus grand perdant : le public, les citoyens, leurs voisins, les professeurs de leurs enfants ou les médecins qui les soignent, c’est-à-dire le public qui, quand il cesse d’être professeur ou médecin, va au théâtre. Qu’ils aillent se faire foutre. Cet été ils resteront à la maison à jouer au solitaire ou ils iront se balader à Odysseum, parce qu’il n’y aura ni opéra, ni théâtre ni danse.

Le débat sociologique et philosophique sur ce sujet serait interminable et je ne veux pas commencer à en discuter dans ce mail que j’écris seulement pour vous communiquer la mauvaise nouvelle de l’annulation.

En tant que directeur d’une institution, j’ai pris parti pour l’un des deux camps, celui des intermittents du spectacle, qui ont été trahis par le parti socialiste. Hollande n’a pas tenu ses promesses. La ministre de la culture refile la patate chaude au ministre du travail qui refuse de faire marche arrière.

En prenant cette décision, je me sens sur le plan personnel comme une vraie merde, parce que nous ne pouvons pas faire notre pièce en juin comme c’était prévu (nous avions reçu tellement de demandes de places que nous avions ajouté une troisième représentation) et que vous, comme moi, nous retrouvons privés d’un premier contact artistique avec la ville de Montpellier.

Je suppose que ma décision d’annuler la pièce et de me situer du côté des intermittents ne plaira pas beaucoup au Ministère du travail. Je suppose que cette lettre, que nous avons décidé de rendre publique, ne plaira pas beaucoup aux intermittents du spectacle. Très bien : je me prendrai des claques des deux côtés. Au moins je dis ce que j’ai à dire. Je crois indispensable de dire que les gens qui – et c’est leur droit – foutent en l’air un festival doivent prendre conscience des « dommages collatéraux », car il y en a, et pas des moindres.

Pas la peine de dire que les trois cents personnes qui étaient à l’Assemblée cet après-midi m’ont applaudi lorsque j’ai annoncé qu’on ne ferait pas Golgota. Je me suis senti et je me sens comme une merde. Parce que j’aime mon travail.

Je vous recontacte très vite pour savoir s’il est possible de présenter Golgota Picnic plus tard. On verra. Parce que cette annulation affecte, et beaucoup, l’économie précaire de notre petit CDN qui a l’ambition de grandir et de se moderniser.

Rodrigo

lundi 2 juin 2014

Interview de William Forsythe, à Dresde (Allemagne)


Publié par Dance-techTV, qui propose 600 vidéos à ce jour sur son compte You Tube ici ou sur son site http://dance-tech.tv/. Mis en ligne le 29 juillet 2009.

The Forsythe Company ici a été fondée en 2005, succèdant au Ballett Frankfurt (1984-2004) que dirigeait William Forsythe. Elle réside au Bockenheimer Depot à Francfort et à Hellerau - European Center for the Arts Dresde ici, en Allemagne. 

dimanche 1 juin 2014

Danse - Décès de Christian Vernadal - Moulin du Roc - Scène nationale à Niort

Bonjour,

L'équipe du Moulin du Roc [Scène nationale à Niort, site] a la grande tristesse de vous faire part du décès brutal de Christian Vernadal, survenu ce lundi 26 mai.

Christian œuvrait depuis plus de 20 ans à la programmation danse de la scène nationale de Niort dans un esprit d'ouverture permanent, avec bienveillance, sensibilité et générosité.

Nombreux sont ceux qui ont apprécié l’ami, son humour, sa profondeur et aussi l’homme de notre temps porteur de valeurs humanistes pour la danse et tous ses publics.

Le Centre Chorégraphique National de La Rochelle et Les Eclats chorégraphiques biennale de danse en Poitou-Charentes, partenaires avec lesquels Christian a su tisser des liens fidèles et durables, s'associent à l'hommage que nous tenons à lui rendre.

Paul-Jacques Hulot et l'équipe du Moulin du Roc. 

PRESSE La Nouvelle République ici   

Chorégraphes Associés « s'inquiête du procès » fait au chorégraphe Steven Cohen


Communiqué de presse édité le 22/05/2014

Au pays des Droits de l'Homme et de la Liberté d'expression, Chorégraphes Associés s'inquiète du procès qui est fait au chorégraphe Steven Cohen. Pénaliser un acte performatif artistique, clairement identifié comme tel, c'est aller à l'encontre de cette liberté et une entrave à la création artistique. 

Rappel des faits: le 24 mars le chorégraphe Steven Cohen comparaissait pour répondre du chef d'exhibition sexuelle, suite à sa performance sur l'esplanade du Trocadéro, il a été condamné à une amende de mille euros [1]. Il lui est reproché de ne pas avoir demandé d'autorisation.

[1] Précisions d'Espaces Magnétiques : Steven Cohen a été condamné le lundi 5 mai 2014 par la 28° Chambre du Tribunal correctionnel de Paris pour « exhibition sexuelle » pour sa performance du 10 septembre 2013 sur l'esplanade du Trocadéro à Paris ici, nommée Coq/Cock, mais dispensé d'amende, contrairement aux 1.000 euros que réclamait le procureur lors de l'audience du 24 mars (cf. dépêche de Reuters France ici).