mercredi 23 décembre 2015

Livre - Justice d'exception et État d'urgence

— L'ouvrage est paru la veille des attentats de Paris.

Présentation de l'éditeur : 

Qu’ont en commun d’anciens collaborateurs qui ont fui la France à la Libération, des activistes de l’OAS, des espions soviétiques, des gauchistes de Mai 68 et de la Gauche prolétarienne, des autonomistes corses, basques et bretons ou des membres d’Action Directe ? D’avoir été jugés par la Cour de sûreté de l’État, une juridiction d’exception créée par le général de Gaulle à la fin de la guerre d’Algérie et supprimée par François Mitterrand au début de son premier septennat.

Siégeant pendant dix-huit ans et réservant à des milliers de militants un traitement radical et spécifique, comme les gardes à vue prolongées, les arrestations de nuit, le jugement par des militaires ou les examens psychiatriques, elle illustre une tradition française de justice politique. Or, ces dispositions contre les « ennemis intérieurs » ne disparaissent pas en 1981 et sont progressivement réintégrées dans l’arsenal sécuritaire pour constituer le socle de la lutte antiterroriste. De la répression de l’OAS au jugement des « malfaiteurs terroristes » par une justice dérogatoire au droit commun aujourd’hui, c’est toute la généalogie de l’antiterrorisme que ce livre retrace.

Par cet ouvrage passionnant qui s’appuie sur des archives inédites, Vanessa Codaccioni interroge la manière dont l’État fait face aux crimes politiques et terroristes depuis les débuts de la Ve République. Mais elle engage une réflexion plus générale sur les frontières, toujours ténues, entre justice ordinaire et justice politique, et sur l’utilisation de dispositifs d’exception en régime démocratique. En savoir +

— Maîtresse de conférences en science politique à l’Université Paris 8, Vanessa Codaccioni est notamment l’auteure de Punir les opposants. PCF et procès politiques, 1947-1962 (2013).

Le nouveau Délégué à la danse défendra-t-il les intérêts de toutes les compagnies ?

Laurent Vinauger, nouveau Délégué à la danse, Photo DR

Juste avant son départ de son poste de Directeur général de la Direction générale de la création artistique (DGCA) du Ministère de la Culture et de la Communication, Michel Orier a nommé Laurent Vinauger Délégué à la danse à la DGCA. Il aura fallu presque six mois pour désigner celui qui succèdera à Irène Basilis partie le 30 juin dernier.  

Laurent Vinauger a longtemps travaillé à la direction de centres chorégraphiques nationaux (CCN) comme secrétaire général, à Belfort (avec Odile Duboc puis Joanne Leighton) puis Nancy avec Petter Jacobsson jusqu'à aujourd'hui. Comme l'indique le communiqué de presse du Ministère de da Culture et de la Communication que nous publions ci-dessous « Laurent Vinauger s’implique parallèlement activement au sein de l’ACCN (Association des Centres chorégraphiques nationaux) en tant que secrétaire du bureau puis vice-président où il participe notamment à la coordination des 30 ans des CCN. »

En clair cela signifie qu'est nommé Délégué à la danse un défenseur déterminé des intérêts spécifiques des centres chorégraphiques nationaux alors que ce sont bien les intérêts de toutes les compagnies qui doivent être sauvegardés, c'est-à-dire aussi ceux des compagnies indépendantes, dont on peut se demander si elles ne sont pas les grandes perdantes d'une telle nomination. Le nouveau délégué à la danse saura-t-il se dégager de la défense principale des seuls intérêts des CCN, dont nous avons déjà remarqué récemment la volonté expansionniste (lire notre Le coup de force des centres chorégraphiques) ? L'avenir le dira. Quoiqu'il en soit, ce sera sans doute le rôle de celle qui succède à Michel Orier et qui vient d'être nommée, — une proche de Manuel Valls, Régine Hatchondo ICI — d'y veiller.     
Fabien Rivière

Laurent Vinauger était jusqu'à présent Secrétaire Général du Ballet de Lorraine, 
Capture d'écran Espaces Magnétiques du 23 décembre 2015

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Laurent Vinauger est nommé délégué à la danse au sein de la Direction générale de la création artistique

Michel Orier, directeur général de la création artistique a nommé Laurent Vinauger au poste de délégué à la danse.

Dès 1992, Laurent Vinauger inscrit son parcours professionnel dans le domaine de la danse à Lyon en intégrant l’équipe de la Biennale de la danse. Responsable de la communication, des relations publiques et de la programmation cinéma de la Maison de la Culture, scène nationale de Bourges, il occupe ensuite le poste de secrétaire général au Centre chorégraphique national de Franche-Comté à Belfort puis au Centre chorégraphique national – Ballet de Lorraine [à Nancy avec Petter Jacobsson] où il accompagne les projets d’Odile Duboc et de Joanne Leighton [à Belfort] et développe en particulier de nombreux dispositifs de coproduction, de résidences et d’accompagnement de compagnies. Il y participe aussi à la création du festival transfrontalier franco-suisse éviDanse.

Laurent Vinauger s’implique parallèlement activement au sein de l’ACCN (Association des Centres chorégraphiques nationaux) en tant que secrétaire du bureau puis vice-président où il participe notamment à la coordination des 30 ans des CCN. Il est depuis 2015 membre du comité d’orientation éditoriale de numeridanse.tv.

Au poste de délégué à la danse, Laurent Vinauger contribuera à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi de la politique de l’État dans le domaine chorégraphique.

Paris, le 22 décembre 2015

dimanche 20 décembre 2015

Canal + - Documentaire : Benjamin Millepied. Relève



   Benjamin Millepied - Relève : Histoire d'une création   

Diffusion sur Canal + : Mercredi 23 décembre, 20h55. Page Canal + Grille TV
ET Canal + DÉCALÉ 23/12 22h35, 24/12 9h40 + 20h55, 28/12 9h45
Durée : 1h50

« Avec sa culture américaine, sa jeunesse, sa notoriété et son sens de la communication, Benjamin Millepied est en train de bousculer la prestigieuse institution qu'est l'Opéra National de Paris. 

Millepied a choisi ses danseurs dans le corps de ballet. Il n'y aura sur scène ni étoiles, ni premiers danseurs. Il écoute au casque la musique composée par son ami, le jeune Américain Nico Muhly. Il filme avec son téléphone, dans un miroir, ses recherches de mouvements puis les retranscrit dans un cahier. 

Son ballet Clear, Loud, Bright, Forward va être ainsi pensé, griffonné, esquissé, dansé... Benjamin Millepied a accepté que les réalisateurs Thierry Demaizière et Alban Teurlai le suivent, pas à pas, au cours de son travail créatif, de la conception aux répétitions jusqu'au soir de la première. »

NOTRE AVIS Les réalisateurs Thierry Demaizière et Alban Teurlai ont suivi pendant trois mois Benjamin Millepied, le nouveau directeur de la danse de l'Opéra national de Paris, qui demeure aussi chorégraphe. Le documentaire est construit justement autour du décompte des jours de créations, 40, de sa nouvelle pièce de 33 minutes, Clear, Loud, Bright, Forward, de la réception de la musique du ballet en juin 2015 à la première représentation fin septembre. Le récit articule création d'un ballet et direction du Ballet. La tâche est redoutable, Benjamin Millepied succèdant à vingt ans de commandement de Brigitte Lefèvre. Ces vingt dernières années, Millepied les a passé aux États-Unis au sein du New York City Ballet. D'où un regard plus distant, moins impressionnable et plus critique sur l'institution parisienne et sa culture mortifère de la hiérarchie, de la compétition (et non de l'émulation) et de la peur. Pour un résultat qui n'est pas à la hauteur, puisque le niveau de la compagnie et de ses danseurs n'est pas aussi bon qu'on le répète de façon paresseuse et trompeuse (que l'on songe au Bolchoï, par exemple). C'est ainsi que le chorégraphe a choisi de ne pas travailler avec des étoiles, leur préférant 16 jeunes gens issus du corps de ballet, d'une troupe qui compte 154 interprètes. C'est bien une bande de jeunes qui travaille au projet (musique, lumières, costumes et scénographie), dont le chef d'orchestre, de tout juste 25 ans. Côté danse, il s'agit bien de préparer la relève, d'où le titre du passionnant film excellemment filmé que propose Canal + ce mercredi soir à une heure de grande écoute.
Fabien Rivière

Benjamin Millepied (à droite) avec le musicien Nico Muhly 
Vue de Clear, Loud, Bright, Forward en répétition

Remise de la Légion d’honneur à Mme Susan Buirge, chorégraphe et danseuse


Mme Susan Buirge, chorégraphe et danseuse, 75 ans, longtemps installée en France et résidant dorénavant au Japon, a reçu le 2 décembre 2015, les insignes de Chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur des mains de M. Thierry Dana, ambassadeur de France au Japon. En savoir +

mercredi 16 décembre 2015

Suisse - Reconversion du danseur : trois portraits


On trouvera ci-dessus les beaux portraits de trois danseurs en reconversion, publiés en novembre dernier. On passera sur les effets visuels en ouverture et le piano en accompagnement sonore, inutiles. Ces reconversions sont rendues possibles grace à l'intervention de l'Association pour la reconversion des danseurs professionnels (RDP) qui œuvre en Suisse de façon unique et avec des moyens conséquents depuis 1993. 
Fabien Rivière
— Autres témoignages. ICI
— Revue de presse. ICI
— Association pour la reconversion des danseurs professionnels. www.dance-transition.ch

mardi 15 décembre 2015

Exceptionnel - William Karel, "François Mitterrand. Que reste-t-il de nos amours ?"



Visible jusqu'au mardi 22 décembre 2015 à 20h55. 
Puis disponible en VOD et DVD.

« Vingt ans après sa mort [le 8 janvier 1996 à 79 ans], que reste-t-il du premier président socialiste de la Ve République [1981 - 1995], figure romanesque aux multiples parts d’ombre ? Au fil de riches témoignages, William Karel signe un bilan critique des années Mitterrand. » 
En savoir +



Interview du réalisateur William Karel au sujet de son film

Scritti Politti (Royaume-Uni), Jacques Derrida

Publié en 1982.

Le corps de Benjamin Pech, danseur étoile, 42 ans, bientôt à la retraite

Libération NEXT, 15 décembre 2015> ICI

EXTRAIT : 
Benjamin Pech est danseur étoile depuis le 22 septembre 2005, à l’issue d’une représentation conjointe de Giselle et de l’Arlésienne à Shanghai. Las, «j’ai une hanche d’un homme de 80 ans, m’a dit l’an dernier mon rhumatologue». Il lui faut tenir. Le 20 février prochain, un rideau tombera une dernière fois sur lui, à l’Opéra Garnier, 42 ans, c’est la règle absolue. Le danseur étoile arrête. La faute à une règle vieille de trois siècles qui rend la carrière d’une étoile filante. Il y a quelque temps encore, on établissait une différence entre garçons et filles: les femmes s’arrêtaient à 40 ans contre 45 ans pour les hommes. L’Opéra s’est mis à la parité et offre le même âge de retraite pour tous. Pech n’a pas hésité un instant: «Mon état d’esprit est au top, mais mon corps ? Il est fatigué, usé, abîmé surtout.» Pour Next, il détaille le cheminement avec son corps, fait d’exaltation et de compromis.

David Rudder, Calypso Music

lundi 14 décembre 2015

DNSP : Vers la mise au pas de la danse hip-hop ?

(cf. Le Moovement contre le diplôme national supérieur professionnel (DNSP) de danseur hip hop (suite))

Grande question : doit-on ou non réglementer la danse hip-hop ? 

Certes, d'un côté, c'est une manière de reconnaître l'intérêt de cette forme de danse et de lui permettre d'être enseignée dans des écoles officielles. Mais c'est, peut-être, aussi, signer son arrêt de mort par la sclérose administrative.

Toute la force, tout l'intérêt de la Danse hip-hop (qui est devenue très technique) c'est sa spontanéité, l'impression qu'elle donne, aux pratiquants, d'être ouverte à tous...

Si, tout à coup, on instaure un programme, des règles contraignantes, ne va-t-on pas tarir cette extraordinaire vitalité ? Ne faut-il pas laisser ouverte cette fenêtre de liberté, cette bouffée d'oxygène dans un paysage chorégraphique "mondialisé", uniformisé ? 

Il faut que les institutions aident les Arts mais quand elles se mêlent de les codifier ou de les "encadrer", cela devient toujours une catastrophe !

Un projet à prendre avec des pincettes...
Germaine Bedler

samedi 12 décembre 2015

Brahim Zaibat et ...

Photo publiée sur la page Facebook du danseur Brahim Zaibat le 12 décembre avec ce commentaire : 
Mettez les KO demain en allant tous voter. Pour préserver notre France fraternelle !!! #jadoreça

Mathilde Monnier, les réfugiés et la censure de la presse


Une lettre de Mathilde Monnier, au maire du Xe arrt [Paris] :
Monsieur le Maire,
J’habite le 10e arrondissement, avenue de Verdun, près de la gare de l’Est.
Il y a quelques mois, le 24 août 2015, j’ai relevé dans ma boîte aux lettres un courrier revêtu de votre signature. Je suppose que tous les habitants de l’immeuble et sans doute des immeubles voisins ont reçu le même. Je vous en rappelle la teneur :

« Madame, Monsieur,
Depuis plusieurs semaines de nombreux migrants pour la plupart originaires d’Afghanistan s’abritent chaque soir sous les arcades de la place Raoul Follereau pour y passer la nuit.
Nous connaissons les parcours très difficiles qui ont conduits ces personnes jusqu’à Paris où elles sont souvent en transit vers d’autres pays européens. Je sais aussi les problèmes que cette situation engendre pour les riverains qui voient leur cadre de vie se dégrader.

Comme vous le savez, les services de police passent tous les matins pour que les lieux soient libérés et que les agents de propreté de la Ville puissent procéder à leur nettoyage. Nous sommes d’ailleurs vigilants pour que ces installations restent limitées à la nuit et qu’aucun campement permanent ne se mette en place.
Cette situation est causée par le manque d’hébergement disponibles mais également par le refus de certains d’accepter les hébergements proposés. Plus globalement, elle renvoie à un contexte géopolitique et à des phénomènes migratoires qui dépassent largement Paris mais auxquels les Parisiens sont confrontés depuis plusieurs mois dans nos quartiers. 

Je veux vous assurer de ma détermination et de celle de la maire de Paris Anne Hidalgo à trouver des solutions humaines et dignes à cette situation qui ne peux pas perdurer. Je ne manquerai pas de vous tenir informés très prochainement des initiatives qui seront prises par la municipalité en ce sens et espère que nous parviendrons à apporter des solutions rapides et efficaces.
Je vous prie de recevoir mes salutations distinguées.
Rémi Féraud. »

Monsieur le Maire, plus de 3 mois se sont écoulés depuis votre lettre. Quotidiennement informé de la situation comme vous l’êtes, vous devez savoir que les personnes qui dorment actuellement dehors sous les arcades de la place Raoul Follereau ne sont plus une petite vingtaine mais que leur nombre à triplé. Les lits de fortune (petites couvertures, matelas de carton) s’entassent les uns à côté des autres dans le froid. Un unique WC public est accessible pour tout ce monde, et un seul point où le réseau internet semble passer. Comme vous l’aviez signalé, la police passe chaque matin entre 6 et 7 h, et fait le ménage en vidant les lieux.
Mais suffit-il chaque jour d’effacer par un coup de jet d’eau la trace de ces occupants nocturnes pour qu’un quartier entier se sente serein ? Pensez vous que ses habitants ferment les yeux au petit matin pour faire semblant de n’avoir rien vu ? À quel degré estimez-vous notre incapacité de réagir ? Pensez vous que nous sommes aveugles, sourds et muets, que nous n’avons ni cœur ni conscience ?
Ces « migrants » sont en majorité des réfugiés : des gens qui ont fui leur pays parce qu’ils y étaient en danger. Sur le fond ils nous ressemblent, à vous, à moi, de par leur éducation, leur niveau d’études, leur mode de vie, leur aspiration à vivre en paix, mais ici ils sont chaque jour un peu plus atteints dans leur dignité. En ne les accueillant pas, en ne les aidant même pas à trouver un abri sûr et sain, fût-il provisoire, nous contribuons à les assimiler à des clochards, des exclus, et nous alimentons leur stigmatisation par des démagogues xénophobes.
Je m’interroge sur les « solutions rapides et efficaces » qui devaient intervenir depuis l’été. Serait-il devenu urgent d’attendre les grands froids, la neige et le gel avant d’agir ? Est-il si difficile de trouver un immeuble inoccupé ou un gymnase dans chaque arrondissement afin d’offrir un toit, le chauffage et l’eau courante à des personnes que vous jugez en transit ?
Ces êtres humains qui sont devenus nos voisins par la force des choses n’ont pas le droit à la parole, ni au minimum d’hospitalité que dans leur pays on offre à l’étranger en détresse. Ils ont juste le droit de dormir dans la rue avant en d’être chassés, dans une ville où même les chiens dorment au chaud.
Monsieur le Maire, je sais que les compétences d’un arrondissement sont limitées et que la Ville de Paris doit agir de concert avec l’État. Des solutions locales peuvent cependant être trouvées dès lors qu’on s’y attelle avec détermination. Ayez le courage de prendre les décisions qui s’imposent pour nous libérer de la honte, relevez le défi de la dignité dans les réponses que vous apporterez à ces « migrants » auxquels il suffit de parler pour mesurer l’étendue de leur désarroi.
Mathilde Monnier

REMARQUE Mathilde Monnier est  la nouvelle directrice du Centre national de la danse (CND) à Pantin (93) où se pratique la censure de la presse sans trop de scrupules. Au Centre national de la danse le journaliste indépendant n'a « pas le droit à la parole, ni au minimum d'hospitalité », pour reprendre les termes qu'elle utilise dans son courrier au maire du 10° arrondissement de Paris. Le CND préfère le publi-reportage, comme récemment dans un supplément de Libération. À la place qui est la sienne, on aimerait que le CND relève « le défi de la dignité. » C'est bien le problème des milieux culturels « de gauche » qui veulent faire la leçon aux politiques, mais qui ne sont même pas capables d'appliquer leurs principes moraux dans leurs propres milieux professionnels. Avec de l'argent public. L'argent de tous les citoyens français. 
Fabien Rivière

Emmanuel Serafini licencié des Hivernales d'Avignon

Emmanuel Serafini, Capture d'écran Espaces Magnétiques

Le quotidien Le Dauphiné de ce jour ICI nous apprend le licenciement immédiat assorti d'une mise à pied du directeur du Centre de Développement Chorégraphique (CDC) Les Hivernales en Avignon, Emmanuel Serafini. Cette décision a été signifiée à Emmanuel Serafini par courrier du président de l'association qui gère la structure. Elle se situe dans la suite d'un Conseil d'administration du 27 novembre décrit par des témoins comme violent à l'encontre d'Emmanuel Serafini. La mise à pied se définit ainsi : 
La mise à pied relève du pouvoir discrétionnaire de sanction de l'employeur qui constate une faute suffisamment grave de son salarié.
Elle est notifiée par l’employeur à son salarié par écrit.
Elle a pour effet de suspendre l’exécution du contrat de travail de ce salarié.
En d'autres mots, un salarié mis à pied ne doit plus se rendre sur son lieu de travail et ne doit plus accomplir ses missions relevant de son contrat de travail. En outre, le salarié n'est pas rémunéré pendant cette période. 
Selon qu'elle est conservatoire ou disciplinaire, la mise à pied suit des règles de procédure distinctes. 
La raison de cette mise à l'écart reste à préciser. Il est fait état d'un déficit cumulé de 100.000 euros sur les exercices 2014 et 2015, d'un désaccord quant au budget prévisionnel 2016 entre le directeur et le président, de la virulence des propos de M. Laurenson, directeur adjoint de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), bras du Ministère de la Culture en région. Le rôle de l'engagement d'Emmanuel Serafini dans la politique locale à l'occasion des dernières élections régionales,  — étant tête de liste EELV/FG [Europe Écologie Les Verts / Front de gauche] dans le département du Vaucluse où se situe Avignon — reste à définir.
Fabien Rivière
Pétition de soutien. ICI

Extrait de la page Facebook d'Emmanuel Serafini le 18 décembre, 
Capture d'écran Espaces Magnétiques

vendredi 11 décembre 2015

Régionales - Île-de-France - Élu, le Front National couperait 30 millions € dans le budget Culture

Jean-Marie Le Pen et Wallerand de Saint Just

(Le Parisien, 30 juillet 2015) 
Un tableau excel en main, Wallerand de Saint Just est catégorique. « D'après mes calculs, on peut économiser 30 M€ sur la culture, soit environ 30 % du budget qui lui est aujourd'hui consacré (en fonctionnement et en investissement, NDLR) », assure celui qui conduit pour le Front national la liste des régionales en Ile-de-France.

jeudi 10 décembre 2015

Anne Teresa De Keersmaeker en 1663 ("Le Chant de l’amour et de la mort du cornette Christoph Rilke")

Rainer Maria Rilke en 1900, Photo DR

La dernière pièce d'Anne Teresa De Keersmaeker, Die Weise von Liebe und Tod des Cornets Christoph Rilke (en français, Le Chant de l’amour et de la mort du cornette Christoph Rilke), a été créée le 26 septembre dernier à Duisburg (Allemagne) lors de la Ruhrtriennale, et vient d'être présentée à Bruxelles (Belgique) au Kaaitheater. Nous avons assisté à la dernière représentation dans ce lieu. 

La chorégraphe explique qu'elle porte le projet depuis 25 ans. Le Chant de l’amour et de la mort du cornette Christoph Rilke est le titre éponyme du texte que rédige un soir d’automne 1899 l'écrivain autrichien Rainer Maria Rilke (1875 - 1926), alors âgé de vingt-trois ans, et publié en 1906. 

De retour de Russie, le poète décrit l'un de ses lointains parents, Christoph Rilke, cornette — c'est-à-dire un officier dans la cavalerie légère — en mission militaire en 1663 à la frontière de l'Empire austro-hongrois avec l'Empire ottoman, qui va faire tragiquement, en un laps de temps très court, l'expérience de l'amour et de la mort. 

Vue de la scène du Kaaitheater, Photo Fabien Rivière

La scène, sol et panneaux de fond de plateau couleur blanc cassé, sol recouvert de poussière, est absolument vide. L'excellent Michaël Pomero, — danseur pour Anne Teresa De Keersmaeker depuis une dizaine d'année — habillé de façon sobre et élégante, entre par le fond gauche vers le public, dans le silence, pour un solo très écrit. Superbe. Puis, le texte de Rilke est, dans le noir, projeté sur les trois panneaux du fond (en allemand, néerlandais et français). La flûtiste Chryssi Dimitriou apparaît et joue la musique de Salvatore Sciarrino (68 ans cette année). Mais "le silence" au sens de John Cage demeure le son majeur (par exemple les bruits des bottines en cuir de Michaël Pomero quand il marche, pivote ou saute).  



Le Chant de l’amour et de la mort du cornette Christoph Rilke, Photo Anne Van Aerschot

Dans la pièce précédente, le magnifique Golden Hours (As you like it), qui s'appuyait notamment sur As You Like It [Comme il vous plaira], de Shakespeare, chaque mot — qui n'était pas prononcé — avait son équivalent gestuel.

Ici, la première partie du texte est un chemin, une traversée, une attention au monde tel qu'il est. Anne Teresa De Keersmaeker elle-même dit, seule, la seconde partie, tragique. Elle danse et parle. Elle déclame, en allemand, de façon assez traditionnelle, comme si il s'agissait d'un drame psychologique comme il y en a tant dans les séries télévisées, comme si elle voulait passer en force. On pense à une sorcière, puis à la mère supérieure peu commode d'un couvent. Cependant, le texte n'est pas un bloc, mais un tournoiement. Il n'est pas l'expression d'un ego. Il nécessite donc une autre énergie, une véritable poésie. Il faudrait retravailler cette partie de façon plus fine, non psychologisante. La tension qui est mise dans le texte est perdue pour la danse. Cette fin recouvre en partie le début. 

Dans une interview, Anne Teresa De Keersmaeker explique que la propagande de guerre s'est emparée du texte de Rilke pendant les deux guerres mondiales et parle des « conséquences politiques que l'on peut déduire d'un texte aussi chargé. » Mais qui dans le public a pu comprendre tout cela en regardant cette pièce ? Il est permis de penser que, à l'opposé, dans le domaine musical, récemment, P J Harvey dans l'album Let England Shake (2011) a réussi ce projet, plongeant dans l’histoire de son pays, dans l’horreur des guerres qui l’ont façonné, en n'hésitant pas à être très explicite. 

Le Chant de l’amour et de la mort du cornette Christoph Rilke
Capture d'écran Espaces Magnétiques

Il existe une autre traduction de l'allemand vers le français. Celle que propose Anne Teresa De Keersmaeker est réalisée par Jean Torrent. Nous avons découvert par hasard la traduction de Roland Crastes de Paulet. Les différences apparaissent dès le début. Ainsi, passée la courte introduction, Jean Torrent traduit : 
À cheval, à cheval, à cheval, le jour, la nuit, le jour. 
À cheval, à cheval, à cheval.
Quand Roland Crastes de Paulet propose :
CHEVAUCHER, chevaucher, chevaucher, le jour, la nuit, le jour. 
Chevaucher, chevaucher chevaucher. 

Enfin, on peut se demander s'il ne faudrait pas laisser des respirations plus grandes afin de permettre une meilleure appropriation du texte.  

Quoiqu'il en soit, on se dit qu'il ne faudrait pas grand-chose pour que ce spectacle qui dure une heure et dix minutes soit passionnant et admirable.
Fabien Rivière

Anne Teresa De Keersmaeker, Die Weise von Liebe und Tod des Cornets Christoph RilkeKaaitheater (Bruxelles, Belgique), du 2 au 6 décembre 2015. Site

LIVRE - AUTRE TRADUCTION Rainer Maria Rilke, La Mélodie de l'amour et de la mort du cornette Christoph Rilke, traduction Roland Crastes de Paulet, édition bilingue allemand-français, Édtions Allia (Paris), format poche, 2013. 6,20 €

Texte en français de Le Chant de l’amour et de la mort du cornette Christoph Rilke 
(traduction de Jean Torrent)

mardi 8 décembre 2015

Une - The Independent, "Le soulèvement fasciste de la France"

Une du quotidien The Independent (Royaume-Uni), titre principal : "France's fascist uprising" (en français, "Le soulèvement fasciste de la France").

Hervé Koubi, Bal Flash - Festival de danse de Cannes 2015

Le Bal Flash s'est déroulé, sous la direction artistique du chorégraphe Hervé Koubi, le 22 novembre dernier lors la 20° édition du Festival de danse de Cannes (sud de la France) (20 - 29 novembre 2015) sur la Terrasse du Palais des Festivals. www.festivaldedanse-cannes.com - Facebook

Joann Sfar, "Bonjour. Je pratique un art dégénéré ..."

Publié le lundi 7 décembre 2013, à la suite du premier tour des élections régionales.

Élections régionales 2015 : vue générale des résultats

Pour une meilleure lecture du tableau augmenter la taille des lettres (appuyer sur "Cmd ⌘" en maintenant la touche enfoncée, et sur "+")

dimanche 6 décembre 2015

Programme 2015-2016 du Séminaire d'histoire culturelle de la danse


Programme 2015-2016
Séminaire HISTOIRE CULTURELLE DE LA DANSE En savoir +
2° lundi du mois de 15 h à 18 h (salle 11, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 9 novembre 2015 au 13 juin 2016.
Elizabeth CLAIRE (enseignante principale), Emmanuelle DELATTRE, Sophie JACOTOT, Vannina OLIVESI.
*
 Lundi 9 novembre 2015 : Introduction générale par les membres de l’Atelier d’histoire culturelle de la danse.
Stéphanie Gonçalves, docteure en histoire, ATER Université Rennes 2, « Une guerre des étoiles : les tournées de ballet dans la diplomatie culturelle de la Guerre froide (1945-1968. Méthodologie et enjeux d’une recherche sur l’histoire de la danse transnationale ».
 Lundi 14 décembre 2015 (danse et économie), 15 h-17 h en salle 13 puis de 17 h à 18 h en salle 11
Felicia McCarren (Tulane University) « Capital et culture : économie(s) de danse(s) EU/US (Union européenne/États-Unis) ».
Lecture : Patrick Germain-Thomas, « Inventer et construire des compromis entre l’art et l’économie : le cas de la danse contemporaine », Négociations, 2, n° 20, 2013, pp. 41-58 ; lecture complémentaire : Roberta Shapiro, « Du smurf au ballet. L’invention de la danse hip-hop », in N. Heinrich, R. Shapiro (dir.), De l’artification. Enquêtes sur le passage à l’art, Paris, Editions de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, 2012, pp. 171-192.
 Lundi 11 janvier 2016 (danse et morale), 15 h-17 h en salle 13 puis de 17 h à 18 h en salle 11.
Séance organisée par Adrien Belgrano, doctorant au CRH. Présentation par Elizabeth Claire du numéro sur « Danse et morale »  la revue European Studies in Drama and Theatre .
Simon Gabay, « Entre prédication et droit canonique : quelle place les autorités cléricales réservent-elles aux danseurs dans l’Occident latin médiéval ? »
Lecture : Alessandro Arcangeli, « Danse et sociabilité dans le miroir du discours théologique », in A. Montandon (dir.), Sociopoétique de la danse, Paris, Anthropos, 1998, pp. 55-63.
 Lundi 8 février 2016 (auteur en danse), 15 h-18 h en salle 11
Dora Kiss (Haute école de musique de Genève), « Faire auteur, en danse ».
Lecture : Frédéric Pouillaude, Le désœuvrement chorégraphique. Etude sur la notion d’œuvre en danse, Paris, Vrin, 2014, pp. 15-25 (chapitre « Un désœuvrement fondamental ») et pp. 243-263 (chapitre « Deux régimes d’identité »).
 Lundi 14 mars 2016 (auteur/circulation), 15 h-18 h en salle 11
Ramsay Burt, « Anna Teresa de Keersmaker, Beyoncé et ‘The Countdown Affair’ ».
Lecture : Guillaume Sintès, « Le manifeste en danse », Etudes littéraires, vol. 44, n° 3, automne 2013, pp. 111-121.
 Lundi 11 avril 2016 (danse et circulation), 15 h-17 h en salle 7 puis de 17 h à 18 h en salle 11.
Prarthana Purkayastha (Royal Holloway University of London), « Indian Modern Dance, Feminism and Transnationalism » (présentation en anglais).
Lecture : Davesh Soneji, « Whatever Happened to the South Indian Nautch ? Toward a Cultural History of Salon Dance in Madras », in Unfinished gestures : devadāsīs, memory, and modernity in South India, Chicago, University of Chicago Press, 2012, pp. 70-111.
 Lundi 9 mai 2016 (danse et circulation), 15 h-17 h en salle 13 puis de 17 h à 18 h en salle 11.
Emmanuelle Delattre-Destemberg (Univ. Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines) , « La circulation de l’École de danse française au XIXesiècle en Europe, une histoire de la domination culturelle à l’œuvre ».
Lecture : Rahul Markovits, «” L’Europe française”, une domination culturelle ? Kaunitz et le théâtre français à Vienne au XVIIIe siècle », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2012, n° 3, pp. 715-751.
Lundi 13 juin 2016 (danse et circulation), 15 h-18 h en salle 7.
Isabelle Launay (Univ. Paris 8), « ‘Danses tordues’, Latifa Laabissi, Joséphine Baker, Polaire, Jane Avril. Métabolisation des conflits et stratégies de survie kinesthésiques ».
Lecture : Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, chapitre « L’expérience vécue du noir », Paris, Seuil, 1952.