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mardi 15 octobre 2024

Le désir circule au Ballet de l'Opéra Grand Avignon

Les interprètes (de gauche à droite) : Léo Khébizi, Anastasia Korabov-Botalla, Ari Soto, Sylvain Bouvier,
Lucie-Mei Chuzel, Bérangère Marceau, Kiryl Matantsau, Photo  Mickael et Cedric/ Studio Delestrade 
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Emilio Calcagno, le directeur du Ballet de l'Opéra Grand Avignon (jusqu'au 31 août dernier), proposait en ce mois d'octobre, dans la grande salle de 746 places du Théâtre du Rond-Point à Paris, 4 soirs, un dispositif inédit : un chorégraphe a choisi un-e danseu-r-se et a élaboré un duo avec lui-elle, qu'ils vont danser, d'une durée d'environ 7 minutes. 7 chorégraphes ont répondu présents lors de la création en mai 2023. D'où le titre : 7x7 Salon chorégraphique. 

Depuis sa nomination en 2021, Emilio Calcagno a insufflé une ligne plus contemporaine au Ballet. Lors de la saison 2021-22 par exemple, Carolyn Carlson, le Suédois Pontus Lindberg, Kaori Ito, le Basque Martin Harriague ont créé de nouvelles pièces enrichissant son répertoire de nouvelles écritures. Actuellement la compagnie compte 12 danseurs et 2 apprentis. 

Ce soir, de jeunes chorégraphes interviennent, tels (dans l'ordre chronologique, détails en fin d'article), Johanna Faye, l'Italien Andrea Costanzo Martini, Olivier Dubois, Sylvère Lamotte, la Suisse Rosalba Torres Guerrero et Leïla Ka.  

On retrouve la truculence d'Olivier Dubois. Un immense écran blanc se déplie lentement des cintres au sol, dont la taille est celle du cadre de scène, sur lequel est projeté un joyeux théâtre bordélique de jeu entre le chorégraphe et le danseur, dans l'atelier des décors d'un théâtre et un magnifique appartement d'un immeuble très ancien. Le chorégraphe portera incidemment une couronne. Eh oui, le chorégraphe est un roi, bougon - boudeur bon vivant, où l'éclat de rire est possible. Andrea Costanzo Martini s'essaie à l'humour, mais l'exercice est redoutablement difficile en danse, et rarement abouti. Toujours penser et observer longuement les meilleurs, comme Buster Keaton, Peter Sellers (dans La Panthère Rose) et Pee-wee Herman, et se demander si on peut faire au moins aussi bien. Johanna Faye, inquiète, est agitée des mouvements de l'océan, des vagues qui se jettent sur la plage ou les rochers. Leïla Ka et son danseur, en longues robes, tournoient tels des derviches tourneurs. Rosalba Torres Guerrero a choisi le très beau Biélorusse Kiryl Matantsau, souvent torse nu, et imberbe. 

D'une façon générale, incidemment, le désir circule du-de la chorégraphe vers l'interprète, avec plus ou moins d'intensité, et c'est troublant.     
Fabien Rivière 
— 7x7 Salon chorégraphique, par le Ballet de l'Opéra Grand Avignon, Théâtre du Rond-Point, Paris. En savoir + 
LES SÉQUENCES 
ordre chronologique - chorégraphes notés * - 6 chorégraphes à Paris
Johanna Faye* & Anastasia Korabov
Andrea Costanzo Martini* & Béryl de Saint-Sauveur
 Johanna Faye* & Sylvère Lamotte*
Olivier Dubois* & Sylvain Bouvier
Sylvère Lamotte* & Lucie-Mei Chuzel
Rosalba Torres Guerrero* & Kyril Matantsau
Leïla Ka* & Ari Soto

lundi 27 août 2018

Le syndicat SFA dénonce « les conditions indignes » d'une audition au CentQuatre

Vue de la fin de la première journée de l'audition contestée au CentQuatre, Paris. 

Le SFA (Syndicat Français des Artistes-interprètes) a publié le 26 juillet une Lettre ouverte pour soutenir la Lettre ouverte des danseuses et danseurs « Nous avons des prénoms », publiée le 2 juillet, qui dénonçait une audition qui s'est mal passée selon eux, et qui s'est déroulée au CentQuatre (Paris) le 15 juin 2018, simultanément pour quatre chorégraphes (Emilio Calcagno, Kaori Ito, Anthony Egea et Kettly Noël), sous la direction du premier. 

Les danseurs écrivaient notamment : 
Votre comportement, lors de cette audition, n’est pas en adéquation avec la responsabilité et la mission de votre compagnie. Votre audition a été la fois de trop. Nous ne voulons plus que cela se reproduise.
Le SFA publie donc une « Lettre ouverte à l'attention du directeur artistique de la compagnie Eco et du directeur général de l'établissement le CentQuatre Paris » (ICI). La compagnie Eco est dirigée par Emilio Calcagno et le CentQuatre par José Manuel Gonçalvès. Le SFA « se révolte » et met en cause « les conditions indignes » de la situation. Plus généralement il s'agit « de dénoncer les mauvaises conditions dans lesquelles un trop grand nombre d'auditions se déroule ». Il affirme : « Les auditions ont leur lot de frustrations, mais rien ne justifie qu'elles puissent être le lieu de propos méprisants voire avilissants en direction de ceux qui servent les œuvres face au public ». La mobilisation collective de danseurs est un fait extra-ordinaire. Elle est ponctuelle. Comment faire pour qu'elle ait une efficacité dans la durée ? Comment la poursuivre dans le futur ? Doivent-ils s'organiser collectivement ? De quelle façon (groupe de travail, nouvelle organisation pérenne) ? Doivent-Ils se syndiquer ?
Fabien Rivière