samedi 5 décembre 2015

William Forsythe, Black Flags - Dresde, Allemagne

NOUS AVONS PUBLIÉ Dresde - Installation - William Forsythe, Black Flags

Suisse - Exposition à Zurich - "Résistance performée - Stratégies esthétiques sous les régimes répressifs d'Amérique latine" + Catalogue

Lenora de Barros (Brésil), Poema, 1979/2012, 
B/w photograph, 6 parts: each 25 x 32.2 cm, Fabiana de Barros (Photographer)

EXPOSITION Resistance Performed – Aesthetic Strategies under Repressive Regimes in Latin America, Migros Museum für Gegenwartskunst [Musée Migros d'Art Contemporain], Zurich, Suisse, Du 21 novembre 2015  au 7 février 2016. En savoir +

« L’exposition présente diverses stratégies artistiques de résistance. 

On y retrouve des retours sur l’histoire de l'Argentine, du Brésil, du Chili, de la Colombie, du Pérou et de l'Uruguay depuis la fin des années 60 qui témoignent de la façon dont les opposants ont travaillé — et souvent risqué leur vie — à offrir une résistance aux systèmes politiques répressifs d'Amérique latine. 

L'exposition met en évidence les stratégies d'auto-émancipation linguistique dans les formats de l'art de la performance, des interventions et des actions comme pratiques de résistance. 

Ces pièces sont présentées en dialogue avec des travaux d'artistes contemporains d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud qui se penchent sur les répercussions et les effets persistants des régimes dictatoriaux. La sélection est conçu pour mettre en lumière des positions qui ont été englouties dans l'obscurité et attirer l'attention sur d'autres qui n'ont pas encore reçu l'attention de l'histoire de l'art qu'ils méritent. »

Martha Araújo (Brésil), Para um corpo nas suas impossibilidades
[Pour un corps dans ses impossibilités]
1985/2015, Wood, fabric, Velcro fastener, 305 x 721 x 200 cm

Paulo Bruscky (Brésil), O que é arte? Para que serve?, 1978
Inkjet print on paper, 4 parts: 2 parts each 50 x 70 cm, 2 parts each 70 x 50 cm

Luis Pazos (Argentine), Transformaciones de masas en vivo
1973/2012, B/w photograph, 8 parts: each 30 x 30 cm

Sergio Zevallos (Pérou), Martirios
1983, B/w photograph, 4 parts: each 70 x 48.5 cm

        CATALOGUE D'EXPOSITION      
Resistance Performed
An Anthology on Aesthetic Strategies under Repressive Regimes in Latin America
Collection Anthologies & Art Theory
Edited by Heike Munder
Editeur : jrp ringier (Suisse) ICI. Distribution Les Presses du Réel (Dijon, France) ICI
Author(s) : Rodrigo Alonso, Cornelia Huth, Miguel A. López, Heike Munder, Tobias Peper, Nelly Richard, Cristiana Tejo, Stefanie Wenger
Edition : English , November 2015
ISBN: 978-3-03764-446-1, Hardcover, 208 x 275 mm, 220 pages, Images 205 b/w
Price : CHF 58 / EUR 48 / £ 37 / US 59.95 

Censure de la presse : Attention au Boulet

Philippe Boulet, Capture d'écran Espaces Magnétiques

TOUT ALLAIT BIEN

Tout allait bien. Pendant quinze ans, de 1991 à 2008, je suis allé sans problème au Théâtre de la Cité internationale (TCI) de Paris. J'étais accueilli, comme beaucoup de monde, par sa directrice, Nicole Gautier.   

BASCULE

Tout a basculé en avril 2009, lors du festival SKITE. Une professionnelle venait de signifier à Philippe Boulet, l'attaché de presse du Théâtre de la cité internationale, qu'elle le trouvait trop intrusif. Nous avons alors vu débouler dans le café du théâtre Philippe Boulet, hors de lui. Il se dirige vers cette professionnelle et l'insulte : « Vous êtes paranoïaque ! » et « Vous êtes journaliste comme je suis trapéziste ! ». Cette femme, qui ne souhaite pas que l'on donne son nom par peur des représailles, ne prétend pas être « journaliste ». C'est, notamment, une critique et documentariste. Il la menace aussi, répétant à plusieurs reprises : « Je vais vous mettre dehors ! ». Il ne met pas ses menaces à exécution. Cette femme n'a rien répondu. 

Les faits se sont déroulés alors que je discutais avec elle. Je me suis demandé ce que je devais faire. J'étais abasourdi. J'ai préféré garder le silence. 

J'ai cependant écrit à la nouvelle directrice du lieu, Pascale Henrot, entrée en fonction le 1er mai 2008, pour m'étonner de la violence de telles pratiques. Je n'ai pas reçu de réponse, ni la professionnelle d'excuse ni même de réponse de sa part. Pour seule réaction, la femme et moi-même avons été blacklistés.

 Intitulé de la newsletter envoyée par le Théâtre de la Cité Internationale 
en décembre 2011, Capture d'écran Espaces Magnétiques.

PHILOSOPHIE (1)


Pourtant, le lieu se trouve sur le territoire de la Cité internationale universitaire de Paris. Son histoire, elle est née après la première guerre mondiale, et sa philosophie, sont explicites : en faire une « école des relations humaines pour la paix. (...) Elle est toute entière tendue vers l’objectif de les [étudiants et chercheurs] amener à construire entre eux des liens durables de compréhension, de confiance, si possible même d’amitié, en répondant à leurs attentes profondes de rencontre, d’échange, de partage de leurs désirs d’avenir. » (source : ici)
SUITE

Nous sommes cinq ans et six mois plus tard. En novembre 2014, la situation a pris une dimension plus grave encore. Je suis invité à titre privé par un chorégraphe dont le travail est présenté au Théâtre de la cité internationale. Je retire ma place sans souci. Peu de temps après Philippe Boulet arrive et m'aperçoit. Il se dirige vers le guichet des invitations et se renseigne. Il s'approche vers moi et m'insulte : « Vous êtes un truand ! » (sic), et me menace à plusieurs reprises : « Cela va mal finir ! » Or, je ne suis pas sur la liste Presse, mais sur celle de la compagnie, qui fait ce qu'elle veut des places qui lui sont attribuées. 

Je vais voir immédiatement Olivier Bertrand, qui assure la co-direction depuis le départ de Pacale Henrot, lui demandant qu'il intervienne auprès de son attaché de presse afin qu'il cesse son comportement. Olivier Bertrand ne répond pas.  

À l'issue de la représentation, j'explique au chorégraphe la situation, et lui désigne Philiipe Boulet afin qu'il puisse l'identifier. Mécontent, Philippe Boulet s'approche de moi, très près, me vouvoie, puis me tutoie. Je lui demande de cesser de me tutoyer. Il lâche alors devant six témoins, qui sont six professionnels du spectacle vivant : « Tu vas t'en prendre une ! », qu'il répète une bonne dizaine de fois. J'observe son regard vitreux et sa bouche qui se tord. Il dira peu après au chorégraphe à mon sujet : « Il est fou ! »

Olivier Bertrand, co-directeur du lieu, ne présentera jamais d'excuses. 

PHILOSOPHIE (2)

À la suite des massacres du vendredi 13 novembre 2015, dans un extrait d'un texte signé « L'équipe du Théâtre », il est question de « cet espace d'humanité qu'a toujours été le Théâtre de la Cité internationale. » 
Fabien Rivière

vendredi 4 décembre 2015

Le danseur et chorégraphe Mani Mungai agressé à Moscou

Mani Mungai après l'agression

Mani Mungai est un danseur et chorégraphe vivant en France, bien connu des professionnels de la danse contemporaine pour ses qualités d'interprète, son intelligence et sa gentillesse. Il danse pour Boris Charmatz et Rachid Ouramdane. II était justement à Moscou pour danser la dernière création de Boris Charmatz, manger, les 27 et 28 novembre. Nous publions ci-dessous le texte qu'il a fait paraître le 3 décembre sur sa page Facebook.  
Fabien Rivière 

Aggressé à Moscou mais sain et sauf

Chers artistes et amis et connaissances. J'ai été agressé physiquement pendant une tournée à Moscou le 27 novembre dernier. Dent cassée, blessures au visage et des traumatismes psychologiques. Je ne me rappelle plus de ce qui s'est passé après les coups et la perte de connaissance, je me rappelle juste que j'ai pris des coups puis je me rappelle du lendemain après-midi vers 13h. Ce qui s'est passé entre, c'est un total black-out. 

Apparemment j'ai eu de la chance parce que cela aurait pu être pire, comme la mort, on m'a dit. Ils étaient trois, ça je m'en souviens et ils m'ont volé de l'argent liquide et mes effets personnels (bague, bijoux, montre).

J'ai cette vision, de la manière dont on m'a élevé, où l'on doit toujours accueillir les conversations avec tout le monde et n'importe où et il y a toujours un terrain d'entente, on partage toujours quelque chose. Je sais que ça a l'air naïf mais c'est ainsi que le Kenya a pu accueillir autant de réfugiés les 30 dernières années, venant d'Éthiopie, du Soudan, d'Érythrée, de Somalie, d'Ouganda, du Burundi, du Rwanda, etc

J'y ai pensé : cela va faire à peu près 13 ans que je voyage et que je tourne dans plus de 40 pays. Jamais je n'ai été agressé. C'était la 1ère fois. Donc pourquoi j'écris ceci ? Faites vraiment attention les amis. Vous ne savez pas où et quand cela peut vous tomber dessus. La vie est courte mais, il ne faut pas non plus qu'on se prive des nouvelles rencontres. Mais surtout, si vous êtes à Moscou, ne marchez pas seul la nuit, maintenant je sais.

Soyez prudents 

Assaulted in Moscow but safe and sound

Fellow artists and friends and connaissance. I was physically assaulted during a tour in Moscow the 27nth of november. Broken tooth and facial bruises and trauma, psychological trauma. I cannot recall what happened after I was hit and blacked-out, till the next day at 1 p.m. I was lucky apparently, because it could have been worse, i mean dead worse, i was told. They were three, that I can remember and they took my money, watch and jewelry. 

I have this vision/idea, from my up-bringing that we should always welcome conversation with everyone anywhere and there is always a common ground, something we share. I know it sounds naive but that is how Kenya welcomed so many refugees over the last 30 years from Ethiopia, Sudan, Eritria, Somalia, Uganda, Burundi, Rwanda etc

I have thought about it, over 14 years i've been touring in more than 40 countries. Never have i ever been assaulted. This was the first time. So why am i writting this? Well, just be carefull friends. You never know when it can happen and where. Life's too short, but let this not be a hinderance to meet new people and/or open up. If you are in Moscow, do not walk alone at night. Now I know.

Be safe 

mercredi 2 décembre 2015

Xavier Serrano devant le Palais Garnier

Vue somptueuse du Palais Garnier - Opéra de Paris (France), de la chambre d'hôtel du modèle espagnol de renommée internationale Xavier Serrano, au réveil, publiée sur sa page Facebook le 13 novembre dernier.

mardi 1 décembre 2015

Anne Nguyen - Lettre ouverte - le DNSPD de danse hip-hop : quels enjeux, quelle reconnaissance ?

Le Ministère de la Culture et de la Communication porte actuellement le projet de créer un Diplôme national supérieur professionnel de danseur (DNSPD) en danse hip hop

Cette initiative est contestée par une partie du milieu hip hop. Nous avons publié récemment Le Moovement contre le diplôme national supérieur professionnel (DNSP) de danseur hip hop (suite)

Il existe aussi depuis le 11 novembre le texte Le DNSP pour les Nuls (version #Striter) ICI. On doit voir par ailleurs la vidéo sur sa page Facebook, de Babson Baba Sy, du 28 novembre ICI et 29 novembre ICI, et avoir connaissance de la réunion de discussion organisée le 30 novembre à 19h30 à Mains d'Oeuvres (Saint-Ouen), salle Star Trek.

Nous publions ci-dessous des extraits de la Lettre ouverte adressée à Madame la ministre de la Culture : le DNSPD de danse hip-hop : quels enjeux, quelle reconnaissance ? rédigée par la danseuse et chorégraphe hip hop Anne Nguyen, datée du 30 novembre 2015, sous la forme d'une pétition à signer. 
Fabien Rivière

PS. Au sujet du DNSPD tel qu'il existe déjà, on peut lire la note rédigée en janvier 2015 par le Centre National de la Danse. ICI  (fichier Pdf, 16 pages) 

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Le DNSPD de danse hip-hop : quels enjeux, quelle reconnaissance ?
Madame la Ministre,
La danse hip-hop a des similitudes avec la danse classique : elle est extrêmement technique et s’appuie sur de nombreux pas de base qui portent une histoire et donnent des repères à ses différentes gestuelles. La danse hip-hop est aussi une danse contemporaine, en ce sens qu’elle a pour principe fondateur et moteur la réinvention, la réappropriation du patrimoine culturel existant, le détournement des formes. Les danseurs hip-hop se réinventent chaque jour, ils font évoluer la danse et leur danse, en développant sans cesse de nouveaux mouvements, en créant de nouveaux styles de danse, en allant toujours plus loin dans la recherche d’un style unique et personnel. La danse hip-hop, grâce à cet esprit d’ouverture et de recherche, est en constante évolution et enrichit chaque jour son répertoire de nouveaux pas de base, de nouvelles gestuelles. Le danseur hip-hop est en perpétuelle recherche, il se différencie de tous les autres danseurs par sa manière d’exécuter les mouvements, de les conjuguer, de leur insuffler son propre style.
La danse hip-hop relève ainsi d’une certaine forme d’académisme (NDLR : « une Académie désignant aujourd'hui une assemblée de personnes élevées au rang d'érudits, de savants et d'artistes reconnus par leurs pairs dans leurs disciplines ; ces dites assemblées ayant pour rôle de promouvoir leurs disciplines, tout en veillant aux règles, codes et usages qui leur sont propres. »). Elle relève plus précisément d’une forme d’académisme qui par essence, prône l’évolution, la transformation, la réappropriation, et rejette l’imitation. Le geste hip-hop est habité, il naît d’instincts et de principes fondamentaux sans lesquels toute forme trop facilement reproduite n’est qu’enveloppe vide.
Peu importe la manière par laquelle on vient à la danse hip-hop. Lorsqu’on la pratique de manière assidue et poussée, en se confrontant à sa difficulté technique et à ses principes fondamentaux forts, on développe une grande sensibilité au mouvement, un goût de créer et de décliner, un besoin de développer la forme de la danse elle-même. Que l’on s’y consacre exclusivement ou que l’on ait en parallèle une pratique de la scène, les événements rassembleurs comme les entraînements, les battles ou les soirées, où la danse se pratique dans les cercles, sont des éléments fondateurs et moteurs dans l’accomplissement du danseur hip-hop. On y partage sa danse avec une communauté, on y improvise sur les rythmes d’un patrimoine musical riche et toujours grandissant, on s’y confronte à la nouveauté, on y acquiert et on y entretient la force de se dépasser, on s’y construit une identité. C’est sur ce terrain, dans ce terreau en perpétuelle évolution que vit une forme d’académisme implicite : les danseurs hip-hop se reconnaissent, savent pointer l’excellence et la nouveauté.
Tout comme pour la danse jazz, sous l’appellation généraliste de danse hip-hop se regroupent une vingtaine de styles de danse différents, tous issus de danses de club et puisant leur essence dans la musique. Break, popping, locking, house dance, hip-hop new style, hype, waacking, etc. sont des danses à part entière, des gestuelles bien spécifiques inspirées par des styles de musique différents, possédant chacune leur vocabulaire, leur énergie, leurs bases rythmiques, leurs principes propres et distincts. Ces différentes esthétiques sont nées, se sont développées – parfois en parallèle – et continuent à évoluer sur différents territoires, plus ou moins emblématiques, qui ont chacun apporté des éléments novateurs et des interprétations singulières ; chaque danseur hip-hop offre ainsi sa propre synthèse d’un héritage complexe. Mais même s’il connaît souvent quelques bases dans plusieurs de ces nombreuses esthétiques, il est généralement spécialiste d’une seule, ou, plus rarement, de plusieurs d’entre elles. Il lui est impossible de toutes les maîtriser techniquement, et encore moins de leur apporter sa propre touche, de leur donner vie. Car si c’est en intégrant idées et contraintes à sa danse que le danseur la fait évoluer, c’est en mettant en application les principes inhérents à sa discipline de prédilection qu’il déploie son propre style. 
> SUITE

lundi 30 novembre 2015

Exposition - "Merce Cunningham: Temps commun"

Une exposition particulièrement ambitieuse, consacrée au danseur et chorégraphe Merce Cunningham (1919 - 2009) aura lieu dans deux institutions muséales aux Etats-Unis début 2017, au Walker Art Center (Minneapolis, Minnesota), en collaboration avec le Museum of Contemporary Art (MCA) Chicago (Illinois).   

Intitulée Merce Cunningham: Common Time (en français, Merce Cunningham: Temps commun), l'exposition, sur deux sites distants de 570 kilomètres, étudiera « la pratique révolutionnaire de Merce Cunningham et ses collaborations multidisciplinaires qui a révolutionné la chorégraphie au 20ème siècle et continue à influencer des générations d'artistes, compositeurs et chorégraphes. » Affirmation intéressante du point de vue français, car on a plutôt l'impression qu'il s'agit ici d'oublier le génie new-yorkais. Et d'ailleurs, un musée présentera-t-il l'exposition en France (le Centre Pompidou par exemple) ?

Merce Cunningham (pull rouge) et John Cage lors d'une interview en 1981 lors d'une résidence au Walker Art Center ICI, Capture d'écran Espaces Magnétiques

Le cœur de l'exposition sera tiré de la collection acquise en 2011 par le Walker Art Center comprenant plus de 4.500 pièces, constituée de décors, accessoires sculpturaux et costumes signés Jasper Johns, Rei Kawakubo, Robert Morris, Bruce Nauman, Ernesto Neto, Robert Rauschenberg, Frank Stella, Andy Warhol, et beaucoup d'autres. 

L'exposition sera organisée en sections thématiques clés qui exploreront les influences significatives du début de la carrière de Cunningham, comme les Ballets Russes de Serge de Diaghilev et le symbolisme Indien-Américain de la côte nord-ouest ; l'utilisation par Cunningham des procédures de hasard dans son processus chorégraphique; l'évolution du rôle de la technologie dans son travail; son exploration de la mimesis dans la nature; ainsi que l'impact du voyage mondial de son entreprise et l'échange culturel véritablement international, qui comprend au début de 1964 la tournée de la compagnie dans 30 villes de 13 pays, dont l'Inde, le Japon et la Suède. En outre, l'exposition examinera l'influence, le rôle et le dialogue avec les mouvements historiques pivots comme Fluxus, le Judson Dance Theater et Experiments in Art and Technology (EAT). 

Espérons qu'il sera question de l'importance des universités dans le soutien à la compagnie. 

Tout au long de l'exposition, des salles d'écoute présenteront certaines des nombreuses compositions musicales importantes commandées par Cunningham à Cage, son partenaire dans l'art et la vie, et des compositeurs tels que David Behrman, Morton Feldman, Takehisa Kosugi, Pauline Oliveros, et David Tudor.

Blue studio : five segments, 1976, Charles Atlas en collaboration avec Merce Cunnin-gham, Video, silent, 16 minutes, Courtesy of the artist and Luhring Augustine, New York.

Common Time comprendra également de grandes installations de films et de vidéos de Charles Atlas, Nam Juin Paik, Stan Vanderbeek et Tacita Dean, entre autres.

Un programme de performances est aussi prévu.

Le catalogue de l'exposition comprendra onze nouveaux essais rédigés par des historiens, des critiques, des conservateurs, et des théoriciens, ainsi que des entretiens avec des collaborateurs artistiques et d'anciens membres de la Merce Cunningham Dance Company (MCDC). 
Fabien Rivière
Merce Cunningham: Common Time. 
— Communiqué de presse du Walker Art CenterICI
Walker Art Center (Minneapolis, Minnesota), Première les 8 & 9 février 2017 - 29 mai 2017. 
Museum of Contemporary Art Chicago (Illinois), Première les 11 et 12 février 2017.

dimanche 29 novembre 2015

Yves-Noël Genod, Par délicatesse j'ai perdu ma vie


Yves-noël Genod, PAR DÉLICATESSE J'AI PERDU MA VIE
Samedi 28, dimanche 29, lundi 30, trois avant-premières à 20h 
De mardi 1er au samedi 5 décembre, cinq représentations à 20h
Théâtre du Point du jour, 7 rue des Aqueducs 69005 Lyon (France). 
Tél : 04 72 38 72 50 (sans réservation)

vendredi 27 novembre 2015

Jérémie Bélingard dans une publicité Hermès, Dancing the cane-cane


NOTRE AVIS Publiée il y a deux mois, cette publicité nous semble un peu incompréhensible, un peu ennuyeuse et donc un peu longue, et le danseur étoile du Ballet de l'Opéra national de Paris Jérémie Bélingard manquer singulièrement de modestie. 
Fabien Rivière
Photo Capture d'écran Espaces Magnétiques

Genève - Exposition Jan Fabre, Sacrum Cerebrum

Jan FABRE   Sacrum Cerebrum XIII 2015
 (Het sacramentshuis van het brein) / (The tabernacle of the brain), Sculpture Marbre blanc de Carrare, 63 x 52 x 45 cm, 24 13/16 x 20 1/2 x 17 11/16 in (AB 07055)


Exposition Jan Fabre, Sacrum Cerebrum, Galerie Art Bärtschi & Cie, Genève, Suisse, Du 7 novembre 2015 au 8 janvier 2016. En savoir +

INTERVIEW Jan Fabre: «Le cerveau, c'est la partie la plus sexy du corps», Tribune de Genève, 26 novembre 2015. ICI

jeudi 26 novembre 2015

Le Parisien - Régionales : Les attentats dopent le FN

Jeudi 26 novembre 2015. www.leparisien.fr

Romeo Castellucci, Moses und Aron (musique Arnold Schönberg - Opéra de Paris, octobre 2015)

La vie, la mort, l’ambulance ("Les Métopes du Parthénon", de Romeo Castellucci)

Vue d'une partie du public lors de Les Métopes du Parthénon, de Romeo Castellucci, 
Les photos de cet article sont de Fabien Rivière ©

L’actualité à Paris du metteur en scène italien Romeo Castellucci est chargée, puisqu'il y aura présenté quatre productions en deux mois : Moses und Aron à l’Opéra de Paris - Bastille du 17 octobre au 9 novembre, Ödipus der Tyrann. de Friedrich Hölderlin, d’après Sophocle au Théâtre de la Ville du 20 au 24 novembre, Le Metope del Partenone à La Villette du 23 au 29 novembre, et Orestie (une comédie organique ?). d’après Eschyle à l’Odéon - Théâtre de l’Europe du 2 au 20 décembre et à l’apostrophe - Théâtre des Louvrais à Pontoise les 8 et 9 janvier prochains.

Le Metope del Partenone (en français, Les Métopes du Parthénon) se déroule dans l’immense halle de la Villette vidée de tout pour la circonstance. Elle est brute de décoffrage. Les spectateurs sont debout et conservent les vêtements qu’ils portent dehors.
JOUER MALGRÉ TOUT

Massacres du 13 novembre oblige, le public a reçu un courriel d’avertissement sur le caractère possiblement choquant sinon traumatisant de certaines scènes. Au début de la représentation, Castellucci au micro devant les spectateurs lit un texte où il explique : 
 "Le Metope del Partenone a été créé en juin 2015 à Bâle [Suisse], dans le cadre de la foire d’art contemporain d’Art Basel. 
La forme du spectacle auquel vous allez assister est en tous points identique à celle de Bâle. Rien n’a changé. Ni les actions, ni le temps, ni le mode dramatique. 
Comme là-bas, ici aussi, l’espace n’a pas de tribune. 
Idéalement, c’est comme être dans la rue : on est debout, on marche, on forme des cercles spontanés autour des actions. 
On voit des corps tomber, on lit des énigmes projetées sur le mur. 
Maintenant, c’est moi qui parle, Romeo Castellucci ; je voudrais vous dire mon état d’esprit.  
Le Metope del Partenone a le malheur de contenir des images identiques à ce que les Parisiens viennent de vivre il y a seulement quelques jours. Cette action a le malheur particulier d'être un miroir atroce de ce qui est arrivé dans les rues de cette ville. Images difficiles à supporter, obscènes dans leur exactitude inconsciente. 
Je suis conscient que trop peu de temps a passé pour traiter cette masse énorme de douleur et que nos yeux sont toujours grands ouverts sur la lueur de la violence. Je suis conscient de cela et je vous demande pardon. 
Mais je suis impuissant et ne peux rien faire face à l’irréparable que le théâtre représente. 
Voilà, en ce moment il me semble plus humain d’être là. Être ici aujourd’hui signifie qu’il faut être présent et vivant, devant les morts".
LA REPRÉSENTATION

Puis, trois personnes s’approchent tranquillement du public, installent la situation. Une seule demeure. Et cela commence. Fort. Très fort.  

Une jeune femme est allongée sur le sol. Un véhicule d'intervention arrive avec une équipe qui prodigue les premiers secours. Des professionnels du soin vont tenter de la maintenir en vie. En vain. Le corps est recouvert d’un drap blanc. La scène est violente et ultra réaliste.  

Sur l'immense panneau blanc qui délimite la halle est projeté ces mots : PREMIÈRE DEVINETTE. Elle est suivie d’un texte énigmatique, puis de la réponse, laconique.


Les six scènes sont construites à l’identique, mais le/la blessé/e grave diffère. Suivront ainsi un homme qui suffoque, un ouvrier portant une combinaison blanche avec casque sur la tête, aux boyaux visibles (on frôle alors le grand-guignol), une jeune femme en pantalon patte d'eph, longs cheveux noirs, yeux bouffis (par l’alcool ?), un homme jeune, grand et costaud, au visage et haut des bras brulés, une jeune femme en jean, crête iroquoise rose fluo, dont la jambe gauche sans peau est dans un état hallucinant. Suffocations, cris, hurlements.         

Il y a l’odeur de gazole des véhicules de secours qui stationne dans l’espace. 

La plus grand partie du public ne perd pas une miette de ces visions atroces. Je fais quant à moi des allers-retours entre l’action et un éloignement qui me semble nécessaire afin de tenir le choc, respiration nécessaire. Des gens parlent, ou rient. Pas de « silence plombé » dont fait état un magazine ici

En conclusion, deux machines de nettoyage avec pilote viennent faire disparaître le sang répandu sur le sol et un morceau de boyau. Les interprètes ne viennent pas saluer. Pas d’applaudissements. D’ailleurs, je ne songe pas une seconde à cela.  


DEVINETTE 

L’idée d’une devinette après chaque scène de désolation me semble déplacée. Qui plus est, la devinette est incompréhensible, de même que la réponse (sauf peut-être à lire couramment des textes écrits jadis en grec ancien). Outre son opacité, elle donne le sentiment d’être déconnectée des faits. On suppose bien qu’il s’agit d’un contrepoint plus distant et réfléchi au réalisme de ce qui est montré, mais cela tombe à plat. L’articulation des deux niveaux ne se fait pas. Cela dit, ce n’est pas bien grave, compte tenu de la puissance expressive des corps. 

« La réponse n’est jamais digne de la question », affirme Castellucci. Il n’est pas sûr que les scientifiques (mathématiciens, physiciens et biologistes), les chercheurs en sciences humaines (historiens et sociologues par exemple) et les philosophes, qui produisent des milliers de pages d’analyses, partagent cette affirmation sans doute un brin péremptoire. 

PRIVÉ - PUBLIC

Si l’actualité française peut tirer la pièce vers les assassinats du 13 novembre, l’expérience traumatisante qui est à l’origine du projet est de nature privée et non sociale ou politique. Il s’agit de la mort sur le plateau de l’ami Alfredo Tassi. « L’ambulance est arrivée et n’a pas été capable de le sauver. Il est mort dans mes bras », explique Romeo Castellucci. Et les morts de la pièce ne le sont pas par balles. Il existe donc une distance et une proximité avec les événements tragiques récents.

La pièce est remarquable dans sa façon de poser que la vie est liée pratiquement, quotidiennement et indissolublement à la mort. Ce qui est une évidence pour certains, et plus précisément hors de l'Europe, ne l'est plus vraiment en Europe, qui connaît la paix depuis la Seconde Guerre mondiale. Le Premier ministre français vient cependant de déclarer le 20 novembre au Sénat ici que « Nous avons changé d'époque. Nous sommes entrés, avec une dureté absolue, dans un moment nouveau. » Quelques jours plus tard, le 24 novembre sur Canal +, il précisait sa pensée. Il s'agit d'une « menace permanente, et durable, celle du terrorisme. » (ici, à 03:09)

AVIS DE PROS

À l’issue de la représentation, deux professionnels de la performance manifestaient leur déception. Je demandais alors quelles étaient leurs relations pratiques à la mort. « Je suis fils de boucher, disait le premier, alors la viande, je connais ! », la seconde expliquait sa relation répétée à la mort et son expérience de mort imminente. Peut-être ceci expliquait-il alors cela.


CHANGER ?

Quelle capacité a le théâtre à changer les consciences ? Castellucci oppose l’industrie du spectacle au théâtre qu’il défend. Soit. Mais le sociologue français Pierre Bourdieu a montré que les deux pratiques sont prises dans des logiques de consommation culturelle. On peut dire que le consommateur n’est pas modifié par sa consommation, qui ne change pas son rapport au monde, et ne le rend pas meilleur, plus humain. Le théâtre est une église où vont les fidèles, qui ne sont quand même pas des comiques (je pense, à l’inverse, aux danseurs hip hop, souriants et disponibles). Castellucci essaie de subvertir cet ordre.       
Fabien Rivière

Le Metope del Partenone, de Romeo Castellucci, Grand Halle de La Villette, du lundi 23 au dimanche 29 novembre. En savoir +

mardi 24 novembre 2015

James Blake (Royaume-Uni), Retrograde

COUPER LE SON AVANT LES VIDÉOS À CAUSE DES PUBLICITÉS
James Blake composera la musique de la création de William Forsythe présentée du 4 au 16 juillet 2016 à l'Opéra de Paris - Palais Garnier ICI.

lundi 23 novembre 2015

Exclusif : Pascale Henrot ne choisit pas entre la direction de l'ONDA à Paris et Decouflé à New York

Pascale Henrot à New York dans la vidéo de présentation du projet de Decouflé, Capture d'écran Espaces Magnétiques 


Et de deux : en 2011, Pascale Henrot partait à Montréal puis Los Angeles pour rejoindre Philippe Decouflé qui créait pour le Cirque du Soleil Iris (lire nos articles ici et ici), tout en demeurant directrice du Théâtre de la Cité internationale à Paris. Le 9 septembre 2015 une courte vidéo (à voir ci-dessus) tournée à New York a été mise en ligne, montrant Philippe Decouflé parlant de son nouveau projet avec le Cirque du Soleil, Paramour, où il est « Director », où apparaît Pascale Henrot, actuelle directrice de l'Office nationale de diffusion artistique (ONDA), à Paris, présentée comme « Associate Creative Director » (en français, Directeur créatif associé) sur le projet. 

PRÉSENTATION DE PARAMOUR

Cette vidéo suivait de peu un communiqué de presse du Cirque du Soleil en date du 19 août 2015 (ici) annonçant l'événement, qui est « le fruit de plusieurs années de travail acharné, de planification et de discussions sur les différentes avenues artistiques possibles », et qu'il définit  ainsi : 
« une approche narrative classique fondée sur une histoire d’amour, des musiciens sur scène, des acteurs professionnels dans les rôles titres, le tout portant la signature du Cirque du Soleil, ce qui veut dire une approche distinctive de la mise en scène à grand déploiement, un divertissement de calibre mondial et des numéros acrobatiques défiant l’imagination. » 
Sur le site du Cirque du soleil (ici), la présentation est complétée : 
« Cirque du Soleil Theatrical compte ravir le public avec ce spectacle qui propose une expérience nouvelle alliant le style emblématique du Cirque du Soleil et la forme narrative proverbiale de Broadway. Campé dans l’univers glamour de l’âge d’or de Hollywood, cette production sans précédent racontera l’histoire d’une ravissante poétesse forcée de choisir entre l’art et l’amour. Avec une distribution qui met en scène la crème des arts du cirque et du théâtre musical, PARAMOUR entraînera le public dans un monde d’une beauté désarmante mettant en scène les grands élans de la passion amoureuse. »
Une avant-première de Paramour aura lieu le 16 avril 2016 au Lyric Theatre de New York, un théâtre de 1.800 places, pour une création le 2 juin.

COMPATIBILITÉ

Nommée en septembre 2014 à la direction de l'ONDA, un communiqué de presse du Ministère de la Culture et de la Communication (iciexpliquait alors : 
« Pascale Henrot a été retenue par le Conseil d'administration de l'ONDA réuni le 18 avril 2014. Sa nomination a reçu l'agrément de la Ministre de la Culture et de la Communication. Le parcours de Pascale Henrot est jalonné d'expériences fortes tant auprès d'artistes qu'à la direction d'entreprises culturelles. Pilier de l'aventure qui a fait de Philippe Decouflé un chorégraphe mondialement reconnu, elle a été co-directrice du festival Paris quartier d'été de 2000 à 2007 et dirige le Théâtre de la Cité internationale à Paris depuis l'été 2008. Elle prendra ses fonctions à la tête de l'ONDA en septembre prochain. »
Le titre du communiqué indiquait ceci : « La Ministre de la Culture et de la Communication (...) salue la nomination de Pascale Henrot (...). » La Ministre va-t-elle saluer la nouvelle occupation de Pascale Henrot ? 

Car une question simple se pose : comment peut-on/pourra-t-on justifier les absences significatives de Pascale Henrot de la direction de l'ONDA ?
Fabien Rivière

ON PEUT LIRE AUSSI 
Cirque du Soleil: la tentation de Broadway, La Presse (Canada), 20 août 2015. ICI

PARAMOUR 
 Collaborateurs et collaboratrices 
Sous la direction artistique de Jean-François Bouchard (guide créatif), PARAMOUR est une création du metteur en scène et chorégraphe français Philippe Decouflé.

Équipe de création : 

Directrice de création associée Pascale Henrot

Directeur de création associée et direction de jeu West Hyler, 

Scénographie Jean Rabasse, 

Concepteur des costumes Philippe Guillotel, 
Compositeurs Bob & Bill, 
Chorégraphe Daphné Mauger, 
Concepteur des éclairages Patrice Besombes, 
Conceptrice des accessoires Anne-Séguin Poirier, 
Concepteur des projections Olivier Simola, Christophe Waksmann, 
Concepteur sonore John Shivers, 
Chorégraphe des numéros acrobatiques Shana Carroll, 
Concepteur de la performance acrobatique Boris Verkhovsky, 
Concepteur de l’équipement acrobatique et des gréements Pierre Masse, 
Conceptrice des maquillages Nathalie Gagné, 
Casting - Montréal Pavel Kotov, Casting – New York Telsey + Co. 
ET 
38 artistes (acteurs, danseurs, voltigeurs, acrobates)