dimanche 24 mars 2013

Cavaillon : la mairie contre la Scène nationale

Capture d'écran de la page d'accueil du site internet de la municipalité de Cavaillon; en haut à gauche






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Fin août 2012 on apprenait que « La Ville de Cavaillon [26.000 habitants dirigés par un maire de droite UMP] a refusé d’accueillir la première édition de C’est pas du luxe !, un festival culturel dont les principaux acteurs sont des personnes en situation de précarité, sous prétexte que « s’associer à l’image de pauvreté véhiculée par la Fondation Abbé Pierre n’était pas possible pour la municipalité » (sic) ». La Scène nationale de Cavaillon qui proposait la manifestation a dû migrer vers la ville limitrophe de Le Thor, accueillie par son maire (à lire ici). Le délégué général adjoint de la fondation Abbé Pierre n'a guère apprécié la décision et les propos de la mairie, qualifiant la situation ainsi : « "Chasse aux pauvres", "Affront fait à ceux que l'on traite d'indésirables", "Carton rouge au maire de Cavaillon" (à lire ici) ».

Dans la foulée, la municipalité a aussi reproché à la Scène nationale sa programmation de musiques actuelles : « Arguant que la programmation “musiques actuelles” du théâtre ne remplissait pas le contrat moral passé depuis la fin du Grenier à Sons et ne s’adressait pas suffisamment aux jeunes, la proposition du maire Jean-Claude Bouchet d’amputer la moitié de la subvention dédiée aux concerts a été validée en conseil d’administration du 14 septembre. Pour l’adjointe à la culture Annie Stoyanov : “Moi, Dominique A j’adore, mais c’est pas pour les jeunes de 15 à 35 ans. Ni le Cantique des Cantiques» (à lire ici) Résultat : un déficit de 65.000 € pour le théâtre pour l'année 2012. Il faut préciser que le dernier programme, sous la direction du musicien mondialement (re)connu Rodolphe Burger s'intitule précisément Le cantique des cantiques & Hommage à Mahmoud Darwich, le poète palestinien respecté (le programme). Le directeur du lieu partant en retraite fin décembre 2013, on notera que l'offre d'emploi pour recruter la personne qui lui succédera  précise qu'il faudra « intégrer une programmation musiques actuelles pour les jeunes de 15 à 25 ans ». La tranche d'âge est ainsi resserrée de moitié.

Et si Le Grenier à Sons a disparu en 2010 (à lire), la salle qui l'accueillait demeure, et son utilisation suscitait en 2011 des tensions entre la MJC et la mairie... (à lire ici). La suppression de la subvention de la mairie aura eu aussi raison du centre de formation musical Artist', installé dans les murs du Conservatoire et vieux de 18 ans, fermé lui aussi en 2010 (à lire ici). La Provence.com écrivait alors que « Le grand ménage au sein des organismes culturels cavaillonnais se poursuit.  »

Mais pour en revenir à la Scène nationale, f
aut-il en conclure que la municipalité de Cavaillon ne veut pas voir de pauvres ni d'arabes ? Est-ce lié à ce que rappelait récemment Ledauphine.com : « En octobre dernier, l’Institut français d’opinion publique (Ifop) publiait une étude au sein de laquelle Cavaillon apparaissait comme une des 13 villes de plus de 20 000 habitants pouvant être conquises par le Front national lors des municipales de 2014. Au regard du résultat local des législatives de juin dernier, 111 voix d’écart en faveur du candidat UMP (50,67 %), la course à la mairie s’annonce effectivement serrée. » (à lire ici) ? 

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