mercredi 21 janvier 2015

Danse - Disparition de Wilfride Piollet à 71 ans

Nous avons appris avec tristesse la disparition le 20 janvier de Wilfride Piolletcompagne de Jean Guizeri, à 71 ans. Elle avait été nommée danseuse étoile de l'Opéra national de Paris en 1969 à l'occasion d'Etudes de Harald Lander. La rencontre avec le chorégraphe Merce Cunningham invité en 1973 à l'Opéra de Paris où il créa Un jour ou deux avec John Cage, avait été un grand choc salutaire. Une fois n'est pas coutume, compte tenu de la richesse de son parcours nous nous permettons de vous renvoyer vers la page wikipedia qui lui est consacrée. ICI
Fabien Rivière
 Wilfride Piollet dans Un jour ou deux de Merce Cunningham, en 1973.



Communiqué de presse - Chorégraphes Associés 22/01/15

L'étoile de la danse Wilfride Piollet vient de s'éteindre prématurément. 

Avec son époux Jean Guizerix, une grande curiosité et beaucoup de gourmandise, elle a côtoyé les plus grands chorégraphes classiques et contemporains de notre temps.

Elle a conçu une technique intelligente pour travailler la danse, qu'elle a intitulée "les barres flexibles" avec laquelle elle a formé des générations d'interprètes.

Wilfried était la quintessence de l'interprète, merveilleuse, passionnée et inventive.

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vendredi 23 janvier 2015
Hommage à Wilfride Piollet

Professeur au Conservatoire de Paris de 1989 à 2008, la danseuse étoile Wilfride Piollet s'est éteinte ce 20 janvier dernier.


La disparition de la danseuse étoile Wilfride Piollet est une grande perte pour l’art de la danse. Nos pensées vont avant tout vers Jean Guizerix, avec lequel elle a formé, à la scène comme dans la vie, un pas-de-deux flamboyant, ainsi que vers leur fils Rémi.  

Bouleversés, nous sommes, par les nombreux liens désormais rompus entre cette artiste lumineuse, forte d’une pensée brillante, et les nombreux domaines de l’art chorégraphique qu’elle aura aimé rencontrer et explorer. 

Amie de longue date, elle restera ce maître à danser et à penser qui, généreusement, intelligemment, naturellement, aidait à trouver le plaisir de la simplicité à la source de la complexité.

Artiste longuement côtoyée, sa figure restera associée à son immense curiosité, son ouverture résolue vers l’inhabituel, son plaisir d’être de toutes les aventures. 

Toujours émue et convaincue, elle était, à l’heure d’interpréter les rôles titres des œuvres du grand répertoire classique ou les chorégraphies d’un nouveau Ballet, se réinventant au 20e siècle.

Toujours engagée, elle était, lors de ses nombreuses rencontres avec les chorégraphes dont elle savait qu’ils participaient de la modernité de l’art de la danse. Elle était consciente du devoir de renouvellement des actes de l’art. 

Pédagogue de première importance, son enseignement durant une vingtaine d’année au sein du conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, restera exemplaire d’exigence artistique et d’inventivité pédagogique. Avec le soutien bienveillant de Jacques Garnier, dès le début des années 90, Wilfride Piollet envisage l’acte pédagogique comme une expérimentation. L’invention de nouvelles voies de transmission de son art et de l’apprentissage de la maîtrise du geste dansé seront sa ligne de conduite. Elle n’aura de cesse de questionner, pour lui donner sens, sa propre virtuosité, pour et avec ses élèves.  

Elle a cherché et trouvé une nouvelle voie de relecture du geste académique en laissant ouvertes les fenêtres de la modernité. Elle aura opéré une véritable transformation de la conscience du geste de l’interprète, avec ses jeux de mises en relations corporelles qu’elle nommait les « barres flexibles ».  

De belles traces d’une vie dédiée à la danse resteront. 

Il y a ses ouvrages, riches de sa vision de la danse et de sa méthode d’apprentissage et d’interprétation. 

Il y a ce studio de danse, véritable lieu de vie artistique, où l’ambiance était à la résidence studieuse, sur l’île joyeuse de Poissy. En ce lieu, Wilfride et Jean ont aimé inviter sans retenue aucune, de nombreux artistes de tous bords. La musique, le théâtre, le cirque y auront été joués et assemblés. 

Ce cirque qui nous offre d’elle l’image d’une étoile suspendue, un soir de 1980, sous le ciel du chapiteau, lors du célèbre gala de l’Union des artistes.

Simple marche sur le fil, état du funambule, dont elle aimait dire qu’il est l’essence même de l’expression poétique, où l’on est, face au vide et au danger, face à sa propre décision, sa vérité.

Jean-Christophe Paré
Directeur des études chorégraphiques
Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris

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