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mardi 1 juin 2021

Danse - Rassemblement devant le Ministère de la Culture le 3 juin

Affiche de l'appel au rassemblement du 3 juin 2021

«  Bonjour 

Nous serons Jeudi 3 Juin prochain à 15h devant le Ministère de la Culture avec la confédération nationale de la danse pour revendiquer 2 choses :

Ne pas nous laisser tomber sur les Fonds de solidarité et le chômage partiel car 1 école sur 2 sont menacées de fermeture et crier notre attachement au ministère de la Culture car certains souhaiteraient nous voir au sport ! 

Notre conseil des sages et certaines personnalités du monde du spectacle seront là pour un slow motion de 30 min (un ralentit dansé) devant le Ministère. »   

— Organisateurs : 
           > Union Danse Syndicat - Syndicat interprofessionnel de la danse (UDS) 
                             Site Facebook Instagram    
           >  Confédération Nationale Danse (CND) Site  

jeudi 19 janvier 2017

Yves-Noël Genod : L a Constitution d'un avenir

Yves-Noël Genod a souhaité recevoir de nouveau en 2017 une aide du Ministère de la Culture et de la Communication, en l'espèce l'aide à la compagnie (dans le domaine de la danse; il existe aussi une aide au projet), ce qui lui a été refusé. Sur son Blog, Le Dispariteur, il a réagi le 9 janvier (ICI). Nous publions, pour information, ce texte qu'il a nommé  L a Constitution d'un avenir  : 

L a Constitution d'un avenir


Bon, chers amis à qui je souhaite la bonne année, vous ne m’avez pas redonné l’aide à la compagnie, je pense (naturellement) que vous avez eu tort.
Oui, il y a eu un malentendu sur la « structuration », je pensais bien faire en montrant combien je passais presque tout l’argent dans la création et non pas dans l’administration, je pensais qu’on allait me donner une médaille, eh bien, non, on me coupe les vivre, mais il suffisait de me le dire, je l’aurais fait, de mettre plus d’argent dans la « structuration », si c’est comme ça que ça se fait, nous ne parlons pas la même langue, je suis artiste, mais je ne suis pas idiot non plus, je peux apprendre la langue qui m’est nécessaire, je sais bien que je ne travaille pas seul dans ma chambre comme l’écrivain, que j’ai besoin des théâtres (subventionnés) et des aides subventionnés, mais je ne peux pas m’inventer adéquat à vos demandes, non, c’est vous qui devez me vouloir, moi, je suis un artiste et c’est comme ça que ça fonctionne, un artiste, ça se désire — en tant qu’artiste —, celui (le prince) ou ceux (la collectivité) qui donnent l’argent le désirent — ou ne le désirent pas. J’ai rencontré Guillaume Vincent l’autre soir qui m'a dit : « Yves-Noël, tu es un concept ». Je ne sais pas trop ce qu’il voulait dire, mais je pense, oui, que je suis à prendre ou à laisser, mais que je suis tout entier ultra performant dans ce que je fais qui est un ensemble. Et cette qualité — cette liberté —, je ne la vendrai pas, jamais, puisqu’elle est le fond de ma richesse. Et c’est ainsi que je la distribue au monde. Je n’ai pas peur, je suis optimiste. Cette liberté est de gauche, et, maintenant, la gauche va disparaître, j’ai essayé d’alerter, en un sens, je me suis appelé Le Dispariteur, voyez. J’ai essayé de dire que c’était le contraire qu’il fallait, car ce qui s’est fait, c’est évidemment « chevaucher sur le lac de Constance », et maintenant, la gauche, elle disparaît et c’est comme ça — car elle a tout faux.
Maintenant, sur le fait que je paye mal les gens : moi, je le dis, je trouve que je paye mal les gens — pas toujours, j’ai quand même payé mille euros net Jonathan Capdevielle et Erik Martin pour la reprise d’une semaine du Dispariteur, par exemple, une semaine à mille euros, c’est correct, ça m’arrive — quand il y a de l’argent — de payer bien, mais dans l’immense majorité des cas, c’est vrai, je présente mes excuses aux interprètes quand je leur parle d’argent (toujours en net) car je trouve que je leur propose trop peu. Mais je dois dire que, quand, moi, je joue pour d’autres, je remarque que je ne suis pas mieux payé du tout ! — et, parfois, je le suis par de grandes maisons, comme cet automne encore, par un grand théâtre de banlieue, je n’ai eu qu’un faible cachet le jour de la représentation. Là, ce n’est pas qu’il n’y ait pas d’argent, au contraire — où passe-t-il ? A payer les administrateurs ? Très bien. Ce n’est pas mon choix. Je suis un concept.
Sur le fait (puisque ça a été évoqué pendant votre réunion) que dans un théâtre ce se soit « mal passé », oui, il y a bien eu deux ou trois théâtres dans ma carrière où ça s’est très mal passé, où j’ai vécu un enfer (en général, à cause d’un directeur technique qui dit non à tout), sans que la qualité des spectacles qui y ont été créés n’ait dû en souffrir, d’ailleurs, c’est très curieux, ça m’a étonné, mais dans l’immense majorité des cas, ça se passe au contraire très bien, extrêmement bien, ce qui se passe avec les théâtres et les gens avec qui je travaille, je suis certainement l’un de ceux avec qui ça se passe le mieux. Pourquoi ? Parce que ça ne peut pas se passer autrement. Que dans l’amitié. C’est un acte d’amitié, pour moi, le théâtre, ça n’existe pas, sinon. Comment expliquer d’ailleurs que les théâtres me re-programment ? Comment expliquer que les interprètes, les éclairagistes, etc. retravaillent et retravaillent à l’infini avec moi, même en étant (parfois) très mal payés ? Certains, et pas des moindres, Thomas Scimeca, Jonathan Capdevielle, Marlène Saldana ont fait vingt-cinq spectacles avec moi (et continueraient s’ils avaient encore le temps). (Je vous ai rédigé un CV.) Ça ne s’explique que parce que, chez moi, ça se passe très bien ! C’est même la condition exigée pour mon travail : que ça ne passe que par le plaisir. Que dans le plaisir jusqu’au cou, submerger de plaisir. Ne rien faire qui ne soit de cette matière-joie. Pas de tensions que je hais, pas de psychodrames que je hais — et je sais que c’est comme cela que travaillent la majorité des compagnies, surtout sur les grosses productions : dans la tension. Moi, j’ai besoin d’avoir la personne entière. Le spectacle ne se bâtit qu’à partir de la personne entière. Et la personne entière n’est disponible que dans la joie. La tendresse. Pas le stress. Chez moi, ça se passe donc très bien. C’est tout le contraire. Les médisances ne me font pas peur, je me suis assez mis dans la fréquentation de Baudelaire et de Proust pour savoir tout ce que ces génies ont aimantés comme haine. Heureusement, je ne leur arrive pas à la cheville ! à ces chevaliers de la France. Je reçois à l’instant un tweet de Raphaël Glucksmann : « Pour sauver l’Europe de la vague nationaliste, il faudrait d’abord cesser de mettre des gens comme Juncker ou Barroso à sa tête ». C’est ce que je vous propose : mettre des genscomme moi à la tête de l’Europe ! Vous verriez comme ça se passerait mieux. Je ne plaisante qu’à moitié. Je sais qu’on met au pouvoir ceux qui veulent le pouvoir. Moi, je ne veux pas le pouvoir et c’est pour ça qu’il faudrait me le donner. Une citation de Sénèque, allez, d'il y a deux mille ans (loin ou proche, c’est pareil) qui vaut pour tous et pour la nouvelle année : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’on n’ose pas les faire, c’est parce qu’on n’ose pas les faire qu’elles sont difficiles ». Immense pénibilité des dossiers (dans mon cas), mais je vais essayer de vous envoyer celui de la demande d’aide au projet. Dans le cas où il ne serait pas reçu, alors je vous laisserais tranquilles.
Bien à vous, 
Yves-Noël

vendredi 26 août 2016

Vers plus de déontologie au ministère de la Culture et dans les établissements publics culturels ?

Un communiqué de presse du Ministère de la Culture et de la Communication publié le 5 juillet ne doit pas passer inaperçu. En effet, il indique que la Ministre de la Culture et de la Commu-nication Audrey Azoulay veut « renforce[r] les dispositifs de contrôle et de déontologie » au sein du ministère qu'elle dirige et des établissements publics sous sa tutelle, à la suite de la remise d'un rapport de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique consacré à La déontologie dans les établissements publics culturels

Il faut espérer que le milieu de la danse saura se saisir de ce nouvel outil qui vise à faire progresser rien moins que la démocratie et la République contre un certain nombre de conduites plus que contestables et monarchiques. 

Un cas pratique remarquable illustre déjà ce qu'affirme vouloir combattre le Ministère de la Culture, en la nomination récente contestée d'Hélène Joly comme Directrice du Département Formation et pédagogie du Centre national de la danse (CND) à Pantin. Nous écrivions : « Elle n'a pas de compétence dans le domaine de la formation et de la pédagogie. Il apparaît que les professionnels de la formation et de la pédagogie en danse ne la connaissent pas. » (Une nomination contestée au Centre national de la danse). Un membre de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) d'Île-de-France, le bras du Ministère de la Culture et de la Communication en région, interrogé sur la possibilité qu'un candidat non retenu à ce poste porte l'affaire devant la Justice, répondit qu'en faisant cela il serait professionnellement immédiatement "grillé". Voici un étrange milieu où faire valoir ses droits vous discrédite professionnellement et celui ou celle qui ne les respecte pas vraiment est protégé/e. On nous précisait aussi que le cabinet de la Ministre se moquait des questions de déontologie. Nous avons donc découvert le communiqué du Ministère avec curiosité. Le CND est un établissement public. Les établissements publics sont  « des structures qui jouissent d'une certaine autonomie administrative et financière, par rapport à l'administration centrale du Ministère, pour remplir une mission d'intérêt général. » Il est sous la tutelle du Ministère de la Culture (cf. ICI). Ce dernier va-t-il laisser faire ? 

De même, la nomination dans la nouvelle équipe de direction du CND mise en place par sa nouvelle directrice, du compagnon d'un de ses membres est-elle, dans le domaine de la déontologie, une faute ?  

Le CND est financé par des fonds publics. Ils doivent être utilisés selon les lois de la République. Il est légitime de savoir comment ils sont mobilisés. À une époque où une partie de la population exprime une violente défiance à  l'égard des milieux culturels, — on l'a bien vu à l'occasion de la crise des intermittents où il suffisait de lire les commentaires laissés par les internautes en bas des articles de presse — et où l'extrême-droite prospère, il est permis de penser qu'il est irresponsable de laisser apparaître ou perdurer des pratiques qui ne sont pas dignes d'une République.  

Quoiqu'il en soit, le même rapport préconise « une sensibilisation et la formation des dirigeants des établissements culturels ». Il faut espérer que les responsables du CND seront parmi les premiers à s'inscrire. Et qu'ils méditeront « le livret d’accueil, en cours de rédaction, rappelant les obligations déontologiques et les règles de bonne gestion publique des institutions [qui] sera diffusé dès cet automne ».

On saura dans les prochains mois dans quelle mesure ce nouveau dispositif est utilisé et efficace. 
Fabien Rivière

COMMUNIQUÉ DE PRESSE  
— Paris, le 5 juillet 2016
[pour aider à la lecture nous avons mis en gras les passages importants]

Audrey Azoulay renforce les dispositifs de contrôle et de déontologie 
au sein du ministère de la Culture et de la Communication

Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication, a reçu de Jean-Louis Nadal, président de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP), le 5 juillet 2016 un rapport portant sur la déontologie dans les établissements publics culturels. Elle a salué la qualité du travail mené par la Haute Autorité.

Ce rapport répond à la demande du ministère de la Culture et de la Communication le 23 juin 2015, d’accompagner ses établissements dans la définition des lignes directrices et la rédaction d’une charte de déontologie. Il s’inscrit dans la mise en œuvre de l’instruction pour la maîtrise et la transparence des dépenses des dirigeants publiée en juin 2015 qui a conduit à l’adoption d’un document unique de cadrage des moyens affectés aux dirigeants dans les établissements publics.

Les travaux ont porté sur sept opérateurs pilotes : l’Institut national de l’audiovisuel, l’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture, la Cité de la Musique-Philharmonie de Paris, l’Etablissement public de Versailles, le Centre national d’art contemporain George Pompidou, le Musée d’Orsay et l’Opéra national de Paris.

Le rapport constate que, si des dispositions relatives à la déontologie existent d’ores et déjà au sein des établissements, elles restent cependant éparses et méritent d’être renforcées. Dans le cadre créé par la loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires, la Haute Autorité formule trois propositions : la mise en œuvre d’un corpus de règles s’appliquant à l’ensemble du ministère et décliné dans chaque établissement public culturel ; l’accompagnement des dirigeants des établissements sur ces thématiques ; une formation plus approfondie des personnels.

Les propositions seront déclinées sous la coordination du Secrétaire général du ministère
— Une mission sera proposée à un membre d’une haute juridiction dès cet été afin d’engager la rédaction de la charte de déontologie du ministère ;
— Un travail est d’ores et déjà engagé autour de la formation continue des agents dont le plan d’orientation pluriannuel 2017-2019 devra intégrer la déontologie parmi ses priorités ;
— Enfin, la sensibilisation et la formation des dirigeants des établissements culturels se verront renforcées. Un livret d’accueil, en cours de rédaction, rappelant les obligations déontologiques et les règles de bonne gestion publique des institutions sera diffusé dès cet
automne.

Un référent «déontologie» au ministère de la Culture et de la Communication sera nommé dès publication du décret pris en application de la loi relative à la déontologie du 20 avril 2016.

  Le rapport intégral est disponible    ICI  (bas de la page, format Pdf)
Couverture du rapport et sommaire