jeudi 29 août 2013

À Athènes, on oublie la crise en dansant le swing


Décembre 2012

(AFP, Athènes, le 23  août 2013) Les écoles de swing éclosent à Athènes permettant aux Grecs d'oublier leurs difficultés économiques avec une danse qui a pris son essor pendant la Grande Dépression aux Etats-Unis.

"Il y a cinq ans, il n'y avait pas de scène swing à Athènes, cette danse ne faisait pas partie de notre culture", se souvient Josephine Yannakopoulou.


Surnommée Joss, elle dirige avec deux autres danseurs Athens swing cats, [site - Facebook] l'une des deux principales écoles de la capitale grecque qui enseignent le swing, une danse endiablée issue du charleston, qui se danse en couple sur des rythmes de jazz, be-bop et rock.

"À l'époque, nous avons commencé avec huit élèves, pour passer graduellement à 15, puis 30 avant d'atteindre ces dernières années des centaines", poursuit cette trentenaire gréco-française.

Si les débuts ont été difficiles, l'entreprise est bénéficiaire depuis l'an dernier. Les affaires sont maintenant tellement bonnes qu'elle a abandonné son poste universitaire obtenu après un doctorat en musicologie et histoire de la danse à Edimbourg pour se consacrer au développement de son entreprise.

Aujourd'hui "de plus en plus, les gens swinguent, ils participent à des manifestations dans les rues qu'on organise qui vont du swing au charleston, un moyen pour s'offrir un break heureux", dit-elle.

Nasos Dimalexis, ingénieur de 43 ans, qui suit des cours une fois par semaine, explique que "c'est la crise qui a provoqué en quelque sorte la mode de swing".

"C'est une façon d'oublier nos problèmes, nous nous amusons et les fêtes qu'on organise ne sont pas chères, les boissons sont à des prix bas", ajoute-t-il.

Organisés dans des bars ou en plein air, ces bals rassemblent dans une ambiance allègre des centaines d'Athéniens, danseurs ou spectateurs, en jeans ou jupes courtes, ou en pantalons rappelant les années 30 ou 50.


Le partenaire de Joss, l'Écossais Ben Librojo, explique que "le succès est dû au fait que les gens ont de plus en plus besoin d'échapper à la misère" que traverse la Grèce depuis le déclenchement de la crise de la dette en 2010.

"A l'époque où je me demandais s'il fallait investir dans l'école, quelqu'un m'a dit qu'en temps de crise financière, ce serait une bonne activité, car les gens veulent oublier les moments difficiles et s'échapper du quotidien. Et cela s'est avéré vrai", poursuit-il.

La mode du swing a retenu en Grèce Ben, qui a renoncé à sa carrière d'informaticien à Edimbourg en Ecosse. "Aujourd'hui, 90% de mes revenus proviennent de l'école", avoue-t-il.

Comme Joss, Ben était danseur amateur de swing en Ecosse avant de venir en Grèce en 2008 où tous les deux se sont lancés dans les cours de swing.

Parcours presque identique pour la Grecque Mariantzela Salihou, responsable de la seconde école de la capitale grecque, Athens Lindy Hop, créée également en 2008. Après ses études en Angleterre, elle rentre à Athènes pour y lancer la mode du swing.

"Nous avons commencé avec 10 élèves et maintenant on en a des centaines. Malgré la crise, notre société est en plein expansion", se félicite-t-elle. Le swing, "danse sociale, gaie et spontanée (...) sert d'échappatoire".

Et pour Tina Alexopoulou, chanteuse de l'orchestre Tina and the Jazzymates, le swing c'est une façon "de s'exprimer, de s'unir, et oublier la crise".

Le swing est né aux Etats-Unis à la fin des années 20, coïncidant avec la crise de 29 et la Grande Dépression, et s'est développée dans les années 40 marquées par la guerre. Joss fait des parallèles avec la morosité d'aujourd'hui, dans un pays qui a subi six ans consécutifs de baisse du PIB et connaît un taux record de 27% de chômeurs.

"Mes élèves me disent souvent que quand ils dépriment, ils pensent au swing. Ils comptent les jours avant le prochain cours", dit-elle.

Et la communauté swing à Athènes n'oublie pas d'être solidaire, dit Ben. Depuis trois ans, un festival swing philanthropique se tient à Athènes au début de l'été. L'année dernière, les recettes étaient pour les sans domicile fixe et cette année pour les familles démunies d'Athènes.

mercredi 28 août 2013

Benjamin Millepied en couverture de Têtu



(AFP, Paris, 28 août 2013) Le chorégraphe Benjamin Millepied, qui prendra la direction du Ballet de l'Opéra de Paris en octobre 2014, "ne comprend pas qu'aucun danseur de couleur ne fasse partie de cette grande compagnie", a-t-il dit au magazine Têtu, promettant "une ère d'ouverture et de changement".

"Je veux amener la diversité. Dans une ville aussi cosmopolite, je ne comprends pas qu'aucun danseur de couleur ne fasse partie de cette grande compagnie. Comment voulez-vous que le public se reconnaisse ?", estime le chorégraphe dans un long entretien.

Benjamin Millepied dit "arriver avec une programmation différente et stimulante pour la plus belle compagnie de danse au monde, qui possède un niveau général comme il n'en existe nulle part ailleurs".

"Des ballets avec des histoires contemporaines et des thèmes sociaux vont être créés à l'Opéra (...). De nouvelles approches avec le public permettront de dialoguer autour de sujets comme l'homosexualité ou la place de la femme dans la danse", annonce encore M. Millepied.

Le prochain patron du ballet de l'Opéra de Paris souhaite enrichir le répertoire avec de nouvelles oeuvres, "avec une empreinte moderne", qui seront commandées à des chorégraphes comme Alexeï Ratmansky, Christopher Wheeldon et Justin Peck.

mardi 27 août 2013

Berlin - La joie d'aller danser au Clärchen Ballhaus, depuis 100 ans

www.ballhaus.de

Depuis 100 ans, Berlin danse avec l'Histoire au Clärchens Ballhaus


(AFP, Berlin, 21 août 2013) Le Clärchens Ballhaus a survécu à deux guerres mondiales, aux espions communistes et à un tournage de Tarantino pour devenir, à 100 ans, un dancing de légende au coeur de la nuit berlinoise.

Le soir venu, devant sa façade lépreuse, des vieilles dames portant diadème et escarpins attendent de pouvoir rentrer aux côtés de jeunes noctambules branchés, jean serré, les visages éclairés par des guirlandes lumineuses et une boule à facettes.

"Chaque système politique a laissé son empreinte, tout le monde s'est retrouvé sur cette piste de danse de l'histoire: sous le règne des empereurs, au temps des chanceliers ou des chefs du conseil (communiste) de la ville, que Berlin ait été divisée ou unie", écrit Marion Kiesow dans son livre publié pour le centenaire de l'institution: "Berlin danse au Clärchens Ballhaus".

Dans une ville secouée par tant de troubles, une cité qui n'a cessé de se réinventer, la permanence du lieu a quelque chose d'exceptionnel, souligne cette passionnée qui a déambulé de la cave au grenier pour dénicher lettres d'amour, photos jaunies et même des cartes militaires abandonnées là pendant la dernière guerre, pour raconter l'histoire unique de l'endroit.

A l'orée du XXe siècle, Berlin comptait environ 900 lieux similaires. Beaucoup n'ont pas survécu aux bombardements et, dans les années 70-80, les rescapés sont tombés en désuétude, les fêtards leur préférant les discothèques puis les clubs installés dans les friches industrielles de la ville.

Seuls trois salles de bal de l'époque impériale subsistent encore dans le centre mais Clärchen, seule à proposer des soirées dansantes quasi-quotidiennes, tango, salsa comme pop et dance music, est considérée comme la plus authentique.

Le lieu a ouvert le 13 septembre 1913, sous le nom de Bühler, son premier propriétaire, avant de prendre celui de Clärchen, surnom de son épouse, Clara, une solide fille de fermier prussien qui fut l'une des premières Berlinoises à obtenir son permis de conduire.

Le premier conflit mondial est mauvais pour les affaires et Clara décide de louer l'espace pour des duels au sabre, interdits mais très populaires parmi les étudiants. En parallèle, elle organise des bals pour les veuves de guerre.

Sous le Troisième Reich, les danses "non-germaniques" comme le tango sont proscrites mais la fête continue, attirant même les hauts gradés nazis. Pendant la guerre cependant, le ministre de la propagande Joseph Goebbels interdit provisoirement les bals et Clärchen ferme en 1944.

La salle située à Berlin-Est devient, au temps de la RDA, une sorte de boui-boui réputé jusqu'à l'Ouest pour ses "filles faciles" et sa bière bon marché, qui séduit soldats bagarreurs, ouvriers et représentants de commerce.

La présence d'Allemands de l'Ouest lui vaut également de devenir un repaire d'informateurs de la Stasi et de prostituées pas trop portées sur la discrétion. En 1967, Clara passe la main et c'est sa belle-fille Elfriede Wolff qui tiendra la maison jusqu'à la chute du Mur en 1989.

Le quartier bouge alors, boutiques et galeries d'art fleurissent mais le Clärchen, repris en 2005 par deux hommes de théâtre, David Regehr et Christian Schulz, reste dans son jus.

Seule nouveauté: la réouverture de la "salle aux miroirs" du 1er étage, inaccessible depuis la guerre. Les miroirs, qui ont depuis longtemps perdu leur éclat, ornent des murs olive défraîchis, décorés de lourdes moulures dorées.

L'authenticité du lieu attire les cinéastes: Tarantino l'utilise dans Inglourious Basterds et certaines scènes de Walkyrie avec Tom Cruise y sont tournées.

Ulrich Linser, 58 ans, originaire du nord de l'Allemagne, est un habitué, il y emmène Beate, sa femme, à chaque fois qu'ils viennent à Berlin voir leur fils. "C'est très international ici, on y parle espagnol ou anglais et il y a aussi un vrai mélange des générations", souligne-t-il.

"On se sent comme dans Harry Potter avec l'impression que des fantômes rigolent et valsent avec nous", sourit Lotta Weigl, 39 ans, qui y donne des cours de danse. "Ce que je préfère, c'est l'esprit du lieu. C'est un bout de tradition berlinoise, qui nous parle de ce qui résiste au temps", dit-elle.

Londres : répéter pour le carnaval de Notting Hill

Le Carnaval de Notting Hill est un carnaval très populaire qui se déroule le week-end précédant le dernier lundi d'août, le dimanche et le lundi (férié au Royaume-Uni), dans le quartier de Notting Hill à Londres (au centre ouest). Cette année il était fixé les 25 et 26 aoûtsite

L'événement fut initié par les immigrés noirs issus des Caraïbes, en particulier de Trinidad, qui représentent une forte proportion de la population du quartier. La première édition eut lieu en 1959.

Le carnaval est centré sur un défilé qui fait le tour du quartier, selon un parcours de près de 5 kilomètres. Pendant sa durée, tout le quartier est interdit à la circulation, et deux stations du métro de Londres sont également fermées. Le défilé est constitué principalement de sound systems mobiles, des semi-remorques dont la plateforme est garnie d'enceintes diffusant de la musique amplifiée fortement rythmée. (source : wikipedia)

À cette occasion le quotidien britannique Le Guardian a consacré une très belle vidéo au réputé Heritage social arts and dance group, qui chaque week-end prépare des jeunes à la danse et plus généralement veut aider à l'intégration sociale. VIDÉO à VOIR ICI (durée : 2mn.40)

Interview du co-fondateur du Heritage social arts and dance, Kevin Antoine. ICI
Capture d'écran du reportage vidéo du Guardian, par Espaces Magnétiques

lundi 19 août 2013

William Trubridge, apnéiste


Produced & Directed by Kitty Bolhoefer and Fridolin Schoepper / Second Camera by Tim Blanton / Edited by Konterfei / Music by Carlos Bruck
theavantgardediaries.com
facebook.com/THEAVANTGARDEDIARIES
twitter.com/theavgd

– INTERVIEW de WILLIAM TRUBRIDGE à Learning Experience. ICI  

dimanche 18 août 2013

Suisse : À Nyon, des spectateurs payés pour des actions sur scène, jusqu'au coït (Ivo Dimchev)

Capture d'écran tirée de l'article paru dans Le Temps (Suisse), par Espaces Magnétiques

Très bon article paru dans le quotidien Le Temps (Suisse) du 15 août 2013, signé Marie-Pierre Genecand, qui rend compte du spectacle du performer Bulgare Ivo Dimchev, P Project (en savoir +) présenté dans le cadre du Festival Farº, à Nyon. ICI (Accès gratuit, mais inscription obligatoire)

mardi 13 août 2013

"Gerhard Richter Painting" by Corinna Belz

Une chorégraphie de Justin Peck, New York City Ballet


Chorégraphie Justin Peck. Danse Justin Peck et Janie Taylor, New York City Ballet. Un film de Bon Duke.  

Violences homophobes en Russie, Jamaïque et à Bruxelles

   Russie   

– Extrait de l'article En Russie, la loi incite à l'homophobie, Emmanuel Grynszpan, Le Temps (Suisse), 8 août 2013. ICI (Accès gratuit, mais inscription obligatoire)

Ces derniers mois, une série de meurtres atroces d’homosexuels a défrayé la chronique en Russie, tandis que la violence verbale se déchaînait. Les imprécations fusent de tous les côtés. Mi-juillet, le patriarche orthodoxe Kirill a assimilé la légalisation du mariage gay en Europe à «un symptôme alarmant de l’approche de l’apocalypse». «Nous devons tout mettre en œuvre pour empêcher qu’en Sainte Russie, le péché soit approuvé par une loi», a-t-il poursuivi. Même l’écrivain en vogue Zakhar Prilepine, opposant à Poutine et proche de l’extrême ­gauche, affirme que «la tolérance envers l’homosexualité n’est pas le signe d’un accroissement des libertés. C’est le signe du dépérissement de l’Etat et de l’esprit national.» Dans le quotidien Izvestia, l’économiste de gauche Mikhaïl Deliaguine dénonçait pour sa part en mai un complot global homosexuel servant «d’instrument du remplacement d’une élite traditionnelle par une nouvelle».

Les langues se délient d’autant plus facilement que le «prosélytisme» homosexuel est dorénavant criminalisé par une loi promulguée en juin dernier par le président Vladimir Poutine. Vaguement définie, la «propagande homosexuelle» est punie d’amendes allant de quelques milliers à 1 million de roubles. L’Etat justifie ces mesures par la protection de l’enfance. Le mois passé, une autre loi a été votée, interdisant l’adoption par des couples homosexuels russes et étrangers.

«Les premières victimes de ces lois sont les jeunes homosexuels de province, qui n’ont plus accès à aucune information. Les associations d’entraide ne peuvent plus soutenir ceux qui sont en détresse», explique Sergueï Khazov, un journaliste gay de 33 ans. «Dire à un jeune gay que l’homosexualité est normale est désormais hors la loi.» En couple depuis huit ans avec un Français, Sergueï, qui a vécu plusieurs années en France, dispose d’un point de comparaison: «Notre gouvernement revient en arrière. Je ne me sens pas du tout à l’aise quand j’entends parler nos députés. C’est le parlement qui diffuse l’homophobie.»

   Jamaïque  

– Extrait d'une interview de Daniel «Danielito» Bravo, batteur du groupe Français à forte influence reggae Tryo, par Pascal Charras, Dépêche du Midi, 1er août 2013. ICI  

Dépêche Du Midi : Vous rendez un hommage à Brian Williamson, un acti-viste de la cause homosexuelle en Jamaïque, dans un de vos titres...

Daniel Bravo : La Jamaïque est un des pays les plus homo-phobes au monde, Brian Williamson y a été massacré il y a quelques années, à coups de machette, sous les hourras du gouvernement et de pas mal de musiciens. On a écrit cette chanson pour dire la difficulté qu’il y a à assumer sa sexualité partout dans le monde, mais aussi parce qu’on trouve des artistes dans les festivals en Europe qui prônent cette violence, les homosexuels au bûcher, etc; dans le reggae, une musique prétendûment tolérante, se cachent aussi parfois des messages... de haine. Notre chanson est une façon de dire aux jeunes qu’il faut faire attention à ça, parce que des fois on ne comprend pas les paroles, et on va sans se poser de questions aux concerts sans savoir ce qu’ils racontent.

– Extrait de l'article Dancehall : les gays toujours pas à la fête, David De Araujo, Libération, 11 août 2013. ICI 

En 1988 déjà, Buju Banton sortait Boom Bye Bye («Tirez une balle dans la tête des gays […] brûlez-les comme de vieux pneus»), bien avant que Capleton n’appelle à «brûler les pédés, saigner les pédés» en 2001, dans Burn Out Di Chi Chi : deux hymnes pour les actuels fans de dancehall. A tel point que la diffusion massive de ces chansons contribuerait aux violences anti-gays en Jamaïque, pays décrit en 2006 par le Time comme «l’endroit le plus homophobe de la planète», où le code pénal condamne toujours l’homosexualité. Selon le magazine, «les activistes des droits des homosexuels attribuent la flambée d’homophobie en Jamaïque essentiellement à une scène musicale reggae de plus en plus brutale».

  Bruxelles  

Cela se passe à Bruxelles en août 2013...
Compte Facebook d'une des victimes, Tristan Schotte ICI 

Reportage de Télé Bruxelles source 
REPORTAGE-VIDEO de Marie-Noëlle Dinant, Béatrice Broutout et Yannick Vangansbeeck - Intervenants :
- Geoffrey Boissy, plaignant
- Tristan Schotte, plaignant
- François Massoz, porte-parole de la Maison Arc-en-ciel
- Geoffroy Rocourt (Ecolo), conseiller communal à Ixelles
- Ilse Van de Keere, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles

dimanche 11 août 2013

Photos - La salsa du dragon


Mediapart publie un excellent portfolio commenté consacré à une école de salsa en Chine. ICI 
Photographe : Jordan POUILLE
« Il y a onze ans, l'ouvrier Zhao Lianqi introduisait la salsa dans une cité minière de l'Anhui dans l'est de la Chine. Aujourd'hui, son « Jardin de la Danse de la Terre de Chine » forme quelque 300 danseurs âgés de 5 à 12 ans. Reportage auprès de ces mini-miss du pays de l'enfant unique, et leurs cavaliers. »

lundi 5 août 2013

SDA, Vous êtes un arbre - 1992

David Byrne, Session au West 54th Street, New York, 15 novembre 1997 : Psycho Killer + tout

Le Centre chorégraphique national d'Orléans reconnu responsable de la mort de Philippe Ménigault

Capture d'écran de l'article de larep.fr [La République du Centre], par Espaces Magnétiques
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Le 6 octobre 2010, Philippe Ménigault, administrateur du Centre chorégraphique national (CCN) d'Orléans depuis plus de 13 ans se donnait la mort dans ses locaux à l'âge de 45 ans (cf. notre article à l'époque ici).

Chrystel Boismain, la compagne de Philippe Ménigault, a engagé une action devant le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale (TASS) d’Orléans. 

Le Monde du 7-8 juillet 2013 a consacré un article signé Rosita Boisseau à la décision du Tribunal, titré "Le CCN d'Orléans reconnu responsable de la mort de Philippe Ménigault". Il fait état d'un... 
« jugement attestant de la « faute inexcusable » de l'employeur. Mardi 16 avril 2013, le tribunal s'est prononcé sur les responsabilités du centre chorégraphique. Il a précisé que, contrairement aux assertions de son employeur, l'administrateur « ne rencontrait aucune difficulté d'ordre familial ou privé pas plus qu'il ne présentait de pathologie dépressive avant  l'été 2010 ». 
Philippe Ménigault avait fait part d'une charge de travail trop importante pour lui à la suite de la suppression d'un poste. Le CCN d'Orléans est donc reconnu responsable de sa mort. Parallèlement à une majoration de la rente versée à sa compagne et leurs trois enfants, il a été condamné à verser 160.000 € de dommages et intérêts à la famille. Le CCNO, qui disposait d'un mois pour faire appel, n'a pas eu recours à cette procédure. ».   
La République du Centre du 28 juin 2013 explique que « Les salariés du CCNO ont rapporté que [Philippe Ménigault] (...) redoutait une réunion prévue le 6 octobre 2010. Les comptes du Centre étaient déficitaires et il se sentait responsable. »

Dans les attendus de son jugement, le tribunal précise :
« – Monsieur Philippe Ménigault ne rencontrait aucune difficulté d’ordre familial ou privé pas plus qu’il ne présentait de pathologie dépressive avant l’été 2010 ;

- Tant les salariés que le président de l’Association connaissaient les difficultés rencontrées par Monsieur Philippe Ménigault tant dans le cadre de la gestion de son travail que des répercussions de celles-ci sur son moral, et à l’exclusion de tout problème d’ordre privé ou pathologique ; 

- La démarche peu commune du salarié accompagné de sa compagne au domicile du Président de l’Association, démarche renouvelée en moins d’un mois, était à l’évidence un signal fort de gravité de la situation ; 

- Le fait d’y répondre par de simples conseils à l’intéressé pour l’inviter à prendre du repos et de la distance, ou à sa compagne pour inciter son compagnon à l’éloigner de son portable professionnel, était largement insuffisant ; 

- EN CONSÉQUENCE, IL EST ÉTABLI QUE L’EMPLOYEUR AVAIT CONNAISSANCE DU DANGER QU’IL FAISAIT COURIR À SON SALARIÉ ET N’A PAS PRIS LES MESURES POUR L’EN PRÉSERVER, SA FAUTE INEXCUSABLE SERA DONC RECONNUE. »
La compagne de Philippe Ménigault indique :
« Je considère que, sans cette faute inexcusable, le geste désespéré de Philippe n’aurait jamais eu lieu. Je constate que ce jugement, définitif puisque le CCNO n’a pas fait appel, fait entendre et rend justice à un homme clairvoyant et lucide, hautement responsable dans l’exercice de ses fonctions. Le suicide au travail n’a rien d’une fatalité. » 
ON PEUT LIRE 
Le Centre chorégraphique mis en cause dans le suicide d'un responsable, non signé, La République du Centre, 28 juin 2013. ICI