samedi 29 octobre 2011

(2/4) Tentatives de censure d'une pièce de Romeo Castellucci

Sur le concept du visage du fils de Dieu, de Romeo Castellucci, Photo Klaus Lefebvre 
Une quinzaine de véhicules de police en protection, sur le flanc droit du Théâtre de la Ville, 
mercredi 26 octobre 2011, 22h20, Photo Espaces Magnétiques ⓒ
                 RÉACTION OFFICIELLE DE L'ÉGLISE

Les intervenant/e/s qui veulent interdire par la force la pièce de Castellucci affirment que le Christ serait sali et blasphémé par celle-ci. Il est intéressant de connaître la position de l'Eglise sur cette question. 

1 ) Monseigneur Vingt-Trois
Monseigneur Vingt-Trois, archevêque de Paris depuis 2005 et président de la Conférence des évêques de France (CEF) — qui rassemble principalement l'ensemble des évêques et cardinaux de France — depuis 2007, a indiqué très clairement sur Radio Notre Dame sa position, le 17 septembre 2011. Il était alors interrogé au sujet de la pièce de Rodrigo GarcíaGólgota picnic — cible des mêmes extrémistes que la pièce de Castellucci — qui sera présentée au Théâtre du Rond-Point, du 8 au 17 décembre 2011 (En savoir +), dans le cadre du Festival d'Automne à Paris (En savoir +). Il explique alors : «Je comprends très bien que des chrétiens soient choqués et expriment leur désappointement devant une programmation comme celle-là. Il faut dire, néanmoins, qu’il s’agit d’un spectacle payant et que seuls ceux qui paieront l’entrée, entreront et le regarderont. Donc c’est un choix aussi de participer ou de ne pas participer à ce spectacle ! On peut s’étonner aussi que ce spectacle soit programmé dans un Festival d’Automne qui a un certain caractère officiel, et on peut se demander s’il y a des financements publics pour ce genre de manifestation. Toutes questions qui sont légitimes et que les électeurs sont en droit de poser à leurs élus. Donc ils n’ont qu’à écrire leur désappointement, les questions qu’ils se posent et voir quelles réponses leur seront faites. Nous nous trouvons devant des spectacles (...) que l’on peut estimer blasphématoires pour le coup… en tout cas injurieux, par rapport à la figure du Christ ! Je crois que notre manière de répondre à ce genre de spectacles, c’est de suivre l’exemple que le Christ lui-même a suivi dans sa propre vie. Dans la Passion du Christ – nous voyons un certain nombre d’éléments, euh… et la manière dont le Christ réagit quand le… Grand Prêtre ou Pilate lui disent : « Mais est-ce que tu es roi ? Tu ne réponds rien ?... » Il dit : « Si mon Royaume était de ce monde… une légion d’anges serait venus me défendre ! » Il signifie bien qu’il ne se situe pas dans ce débat. Ou bien encore, quand euh… le Grand Prêtre lui dit : « Tu ne réponds rien ! » ou Pilate lui dit : « Tu ne réponds rien ! » L’Évangile nous dit : « Jésus se taisait… » Ce qui surprend, évidemment… aussi bien le Grand Prêtre que Pilate… Ça veut dire quoi ?... Ça veut dire que devant l’injure… le Christ ne répond pas, en entrant dans un débat sur l’injure. Il répond en assumant dans sa mission de Messie… l’accusation injuste qui lui est portée et il se tait ! Bon… Quand les femmes de Jérusalem, le long de la Passion… poussent des cris sur lui et pleurent, il dit : « Femmes de Jérusalem ne pleurez pas sur Moi, mais pleurez plutôt sur vous et sur vos enfants ! » Il nous indique un chemin… spirituel. Quand il dit sur la Croix : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! » Il nous indique un chemin spirituel. Ça veut dire quoi ?... Ça veut dire que l’Incarnation du Christ met effectivement Jésus au pouvoir… des hommes et qu’il ne conteste pas ce… Il n’entre pas dans une lutte contre ce pouvoir, parce que son objectif n’est pas d’établir un royaume terrestre ! Et notre objectif n’est pas de transformer les pays… en Églises… Notre objectif c’est de vivre en chrétiens dans des pays qui ne sont pas nécessairement chrétiens. Il faut que nous acceptions que cette différence puisse aller jusqu’à l’injure… et que nous acceptions de supporter, avec le Christ, l’incompréhension…, l’hostilité…, et la violence des autres… Sinon nous entrons dans une guerre culturelle… ou une guerre civile… qui n’est pas vraiment dans le sens de l’Évangile !
- (Question) Oui…, mais "supporter", est-ce que ça ne veut quand même pas dire, à un moment, euh… « Stop ! Ça nous blesse ! » Enfin… exprimer, quand même, la blessure et…
- On peut très bien exprimer sa blessure, mais ça ne peut pas devenir un argument de combat organisé ! Nous avons des élus, nous avons des responsables civils, nous devons nous adresser à eux, les chrétiens sont légitimes à s’adresser à leurs maires, à leurs conseillers généraux, à leurs députés, à leur écrire et… ils doivent être convaincus que leurs lettres auront beaucoup plus d’influence que quoi que je puisse dire… parce que c’est vraiment le registre dans lequel ils peuvent réagir… en disant : « Nous n’acceptons pas que nos impôts servent à payer telle ou telle forme de spectacles ! » (Vidéo de cette entretien visible ICI)

REMARQUE Dans le Trombinoscope des évêques, édition 2011, paru en décembre 2010, aux éditions Golias (édition papier, ou électronique selon neuf provinces ICI), il est écrit que Mgr Vingt-Trois appartient à « un épiscopat modéré, classique mais hostile au traditionalisme ».



2) Conférence des évêques de France 
Nous publions la déclaration du porte-parole de la conférence des évêques de France :  
À propos des récents spectacles
Déclaration de Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la conférence des évêques de France, transmise à l'AFP le 25 octobre 2011 à propos des violences perpétrées lors de récents spectacles. 
Le Porte-parole des évêques de France apporte les précisions suivantes :
L'Eglise catholique en France condamne les violences perpétrées lors de récents spectacles. Elle n'est pas organisatrice de la manifestation du 29 octobre prochain. Elle promeut le dialogue entre la culture et la foi. Elle réagit quand c'est nécessaire, avec détermination, et toujours par moyens pacifiques. En l'occurrence, la Conférence des évêques de France a communiqué spécifiquement sur Golgota Picnic, après consultation de source sûre. Elle appelle à une liberté d'expression respectueuse du sacré. Elle appelle à un échange avec les élus, concernant cet enjeu. L'Eglise catholique en France n'est, ni intégriste, ni obscurantiste. Les catholiques aspirent, comme citoyens, à être respectés dans ce qui est le cœur de leur foi. 
     Mgr Bernard PODVIN, 
     Porte-parole des évêques de France

                 RÉACTION D'UN DES INITIATEURS DES COMMANDOS, et DE QUELQUES EVÊQUES
Manifestants face au Théâtre de la Ville, opposés à la programmation de la pièce de Romeo Castellucci, 27 octobre 2011, Photo DR
 Texte publié par Civitas
Face aux provocations antichrétiennes, il n'y a pas de place pour les tièdes

Devant le développement de la mobilisation menée par Civitas pour réclamer la déprogrammation de deux spectacles antichrétiens ("Sur le concept du visage du fils de Dieu" et "Golgota picnic") et l'intérêt que suscite notre appel à une manifestation nationale contre la christianophobie le samedi 29 octobre prochain (rdv à 18h, place des Pyramides à Paris), certains tièdes se demandent publiquement s'il convient bien de parler de christianophobie.
Quelle meilleure réponse à ceux-là que de citer un journaliste bien connu de la presse écrite, peu suspect d'être un catholique alarmiste et réactionnaire ?
S'agissant des chrétiens en France aujourd'hui, Christophe Barbier, directeur de la rédaction de "L'Express", écrivait dans son éditorial du 4 janvier dernier : "(...) tous peuvent se moquer d'eux à qui mieux mieux, jusqu'à l'injure, sans que les censeurs lèvent le sourcil, tandis qu'au moindre trait contre une autre religion, on est frappé d'infamie. (...) il se développe notamment en France, une nouvelle barbarie, qui s'attache à renier l'héritage judéo-chrétien, socle de notre civilisation."  [en fait, n° du 22 décembre 2010 au 4 janvier 2011, Minuit chrétien, ICI]
Je ne voudrais pas non plus manquer de citer Mgr Aillet, Evêque de Bayonne : "La christianophobie ambiante, diligentée de près ou de loin par de secrètes officines, ne semble pas atteindre outre mesure le moral de nos responsables politiques. Allons-nous revenir à une période de persécution qui dirait son nom ? Il est peut-être trop tôt pour la dire; en tout cas, il est du devoir de chaque catholique de défendre le Christ et la sainte Eglise. Je vous encourage donc à servir cette noble cause en repartant sans cesse de la Croix du Seigneur." (courrier adressé à Civitas en date du 11 octobre 2011).
Mais les tièdes, toujours en quête de prétextes pour justifier leur adhésion au consensus mou, prétendront aussi que, devant les offenses, le chrétien doit rester impassible.
Répondons en citant saint Jean Chrysostome : "la patience à supporter les offenses qui s'adressent à nous, c'est de la vertu; mais rester insensible à celles qui s'adressent à Dieu, c'est le comble de l'impiété".
Quant aux élucubrations interprétatives visant à justifier les spectacles en question, elles ne peuvent convaincre que quelques personnes privées de tout sens du discernement et quelques adeptes d'un snobisme pseudo-artistique s'extasiant devant les plus grandes inepties contemporaines.
C'est pourquoi j'invite chaque chrétien digne de ce nom à contribuer à la campagne en cours. Faîtes connaître la pétition réclamant la déprogrammation de ces spectacles ( www.defendonslechrist.org ). Et soyons très nombreux à la grande manifestation nationale contre la christianophobie qui se tiendra le samedi 29 octobre à Paris et qui débutera à 18h à la place des Pyramides.

Alain Escada,
secrétaire général de l'Institut Civitas
20-10-2011
Institut Civitas
17, rue des Chasseurs - 95100 Argenteuil
01.34.11.16.94 - 
secretariat@civitas-institut.com  www.civitas-institut.com - www.francejeunessecivitas.com
SOURCE : ICI 

REMARQUE Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, qu'utilise Alain Escada comme caution morale pour ses actions, a critiqué vivement la Gay Pride de Biarritz, dans deux communiqués, du 18 juin 2009 (ICI) et du 17 juin 2010 (ICI). En 2009, elle suciste son « indignation, comme elle suscite la réprobation de nombreuses familles et de nombreux habitants, quelles que soient leurs convictions religieuses. »

Dans une lettre manuscrite que Mgr Eric Aumonier, évêque de Versailles, adresse à Civitas, il écrit :
« De retour de Fontgombault et le lendemain de la promulgation des décrets de notre synode diocésain, qui a complètement absorbé mes énergies des derniers temps, je reçois votre lettre.
Oui, je vous encourage et j'encourage les chrétiens à manifester leur réaction devant les spectacles provocants et insultants à l'égard de notre foi. Derrière les paravents de la liberté de "création" et de l'expression "artistique", que veut-on dire et construire !? (...)
Vous remerciant, je vous assure de mes sentiments très dévoués et de ma prière. »
SOURCE : ICI

 J'ai bien reçu votre lettre du 28 septembre 2011 concernant deux spectacles qui doivent être montrés dans plusieurs villes de France et qui constituent une insulte directe contre la religion chrétienne et qui sont aussi une offense contre la dignité de la personne humaine.
Je crois qu'il est important de réagir pour ne pas laisser l'inacceptable se banaliser. Vous rappelez à juste titre que le porte-parole des Evêques de France a lui-même appelé les catholiques de France et tous les hommes de bonne volonté- à ne pas demeurer muets, pour que le silence ne soit pas interprété comme un consentement ou une indifférence.
Il me semble également que les associations de fidèles laïcs sont les mieux placées pour exprimer les protestations adaptées, à la fois auprès des élus de la Nation et, en particulier, dans les différentes villes où doit avoir lieu le spectacle. Les chrétiens doivent donner l'exemple d'une fermeté sans violence. Je vais voir moi-même comment je pourrai exprimer publiquement ma vive désapprobation.
Je vous redis toute ma sympathie respectueuse et cordiale.
En toute amitié,  
Mgr Guy Bagnard, Evêque de Belley-Ars  » [L'évêque réside à Bourg-en-Bresse]
SOURCE : ICI

▷ « Je vous remercie de votre courrier du 30 septembre. Tout comme vous, je ne ne peux que réprouver ces spectacles blasphématoires. Mgr Podvin a été chargé par notre Conférence de dire, en notre nom, notre réprobation tant sur leur contenu que sur leur financement.
Nous ne pouvons qu'encourager les chrétiens à faire part de leurs sentiments.
Je vous prie de croire en l'assurance de mes meilleurs et religieux sentiments.
Mgr  Bernard Nicolas Aubertin, Archevêque de Tours  »
SOURCE : ICI 

▷ Courrier de Raymond Centène, évêque de Vannes, à Civitas, 27 octobre 2011. 

Monsieur, 
J’ai bien reçu votre courrier daté du 30 septembre courant concernant les spectacles  blasphématoires « Golgota picnic » et « Sur le concept du visage du Fils de Dieu ». 

Comme vous le faites justement remarquer, les manifestations soi-disant culturelles et artistiques attaquant le Christ et son Eglise sont en hausse constante.

A l’heure où, en de nombreux pays, les chrétiens subissent, au seul motif de leur foi, de multiples vexations quand leur vie n’est pas tout simplement mise en péril, il me semble effectivement nécessaire de réagir avec fermeté. 

C’est la raison pour laquelle nous avons organisé, le 19 février dernier, une marche silencieuse en hommage et soutien aux chrétiens du Proche et Moyen-Orient qui subissent, dans l’indifférence quasi-générale, la haine contre Notre Seigneur Jésus Christ et ceux qui cherchent, jour après jour, à mettre leurs pas dans les Siens. C’est aussi pour cela que s’est tenu, le 15 octobre dernier, un colloque mis en place avec l’aide de plusieurs associations présentes sur le diocèse, sur la persécution des chrétiens et le sens du martyre. 

Alors que nos frères, en de nombreux endroits, font face avec courage et détermination pour maintenir le trésor de la foi malgré le danger, je ne peux que soutenir toute action visant à défendre, avec charité et fermeté, l’honneur du Christ et de l’Eglise. 

Je félicite et j’encourage tous ceux qui, en cohérence avec leur foi, n’hésitent pas à agir publiquement, et qui, bien que n’usant pas de violence, aussi bien verbale que physique, sont emmenés par les forces de police et placés en garde à vue, alors qu’ils manifestent, en toute justice, leur désapprobation face à des spectacles dont l’ignominie dépasse l’entendement même. 

Je vous prie de croire, Monsieur, en l’assurance de ma prière et de mon dévouement en Notre Seigneur Jésus-Christ. 
SOURCE :  ICI (courrier au format pdf)
Page Facebook de Monseigneur Raymond Centène, message laissé vendredi 28 octobre 2011 peu avant minuit
   REMARQUE    On peut se demander si le Théâtre de la Ville et la Mairie de Paris ne devraient pas écrire aux évêques qui ont répondu à Civitas, et pourquoi pas à tous les évêques de France, pour mettre au clair un certain nombre de malentendus sur leurs démarches et celle de l'artiste invité, et indiquer qu'il est pour le moins un peu léger de se prononcer sur un spectacle que l'on n'a pas vu, et, beaucoup plus grave, de pousser des gens à s'engager dans une bataille religieuse hors de propos et de fait violente.

                ANTISÉMITISME

Pascal Bély, qui a fondé et qui dirige le site culturel Le Tadorne, indique que suite à la publication de son article sur le spectacle de Romeo Castellucci, un site le traite « de juif qui a payé pour aller voir le spectacle et qui a  bien aimé la merde. » Il a décidé de porter plainte ce vendredi, soutenu par le MRAP de Marseille.

▶ En 2011, en France : des insultes antisémites contre le Tadorne, les spectateurs et Romeo Castellucci, Pascal Bély, Le Tadorne, 24 octobre 2011. ICI

Un internaute, sur la page Facebook du Tadorne, citait wikipédia : « La loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées institue la dissolution par décret en Conseil des Ministres des associations provoquant des manifestations armées dans la rue, ou ayant pour but de porter atteinte à l'intégrité du territoire, ou d'attenter par la force à la forme républicaine du gouvernement. Cette loi visait à l'origine les associations d'extrême-droite, puis elle a été étendue.

Les associations racistes relèvent de la loi du 1er juillet 1972 (complétant la loi de 1936) qui prévoit la dissolution par décret en Conseil des Ministres, des groupes qui, soit provoqueraient à la haine, la discrimination ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leurs origines ou leurs non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion, soit propageraient des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette haine, cette discrimination ou cette violence. »

On pourrait rappeler la loi no 90-615 du 13 juillet 1990, « tendant à réprimer tout propos racisteantisémite ou xénophobe », dite loi Gayssot. 

                 GOOGLE et ANTISÉMITISME

Sur son Facebook, Le Tadorne révélait le 27 octobre, que quand on tape "Romeo Castellucci" sur Google.fr (http://www.google.fr/), on trouvait, en quatrième (ou deuxième, c'est selon) position ceci : 
Romeo Castellucci - les juifs ont l'air d'aimer la merde 
Nous avons réalisé une capture d'écran, qui date du 27 octobre. ▼

                 PRESSE

▶ Castellucci, « un spectacle de merde » pour les catholiques intégristes, Thomas Schlesser, Rue89, 24 octobre 2011. ICI
Des bêtes à bon Dieu contre Castellucci, Marie-Christine Vernay, Libération, 24 octobre 2011. ICI
À qui déplaît le "visage du fils de Dieu" ?, Marion Cocquet, Le Point, 24 octobre 2011. ICI

▶ Romeo Castellucci et la mauvaise foi de tristes imbéciles, mima, Mediapart, 25 octobre 2011. ICI
"LE MONDE" A CONSACRÉ UNE PLEINE PAGE À CETTE AFFAIRE DANS SON ÉDITION DÂTÉE DU 27/10/11, page 22, publiée le 26/10/11. 
     ENTRETIEN AVEC ROMEO CASTELLUCCI   « La foi est à mille lieues de l'idéologie », Propos recueillis par Fabienne Darge. ICI
Au Théâtre de la Ville, la violence d'un état de siège, Laurent Carpentier. ICI
  Extrême-droite : la mouvance intégriste prend sa revanche  , Abel Mestre et Caroline Monnot, Le Monde, 27 octobre 2011. ICI
  RADIO   La beauté profonde de l'œuvre de Romeo Castellucci, par Claire Baudéan, France Info, 27 octobre 2011. ICI
▷ Chronique de Claire Baudéan 
▷ Entretien avec Romeo Castellucci
▷ Interview du directeur du Théâtre de la Ville, Emmanuel Demarcy-Mota
▷ Compte rendu des perturbations de la soirée du mardi 25 octobre.
▷ "La culture et vous" consacré à la pièce Romeo Castellucci.

Pièce de théâtre perturbée : mobilisation des intégristes, riposte des intellectuels, non signé, Le Nouvel Observateur, 24 & 27 octobre 2011. ICI 
▶ Comprenez-vous les manifestants du Théâtre de la Ville ?, Le Figaro, 27 octobre 2011. ICI                   ▼ CAPTURE D'ÉCRAN LE 28 OCTOBRE À 8H
▶ 220 arrestations en 7 jours suite à une pièce de théâtre, Armelle Héliot, Le Figaro, 27 octobre 2011. ICI
Plus de 140 jeunes catholiques « indignés » arrêtés mardi soir, Eric Martin, Nouvelles de France, 26 octobre 2011. ICI SITE HOSTILE AU SPECTACLE - COMPREND HUIT VIDÉOS

 Romeo Castellucci au Théâtre de la Ville : éloge de la dignité des comédiens, Christophe Girard - Adjoint à Culture du Maire de Paris, Le Nouvel Observateur, 28 octobre 2011. ICI
Réactions suite aux manifestations au Théâtre de la Ville, Bertrand Delanöe - Maire de Paris, 28 octobre 2011. ICI
                 LETTRE ENVOYÉE AUX DÉPUTÉS ET SÉNATEURS par CIVITAS

            Nous avons l'honneur de vous écrire pour vous faire part de notre indignation, de celle de nombreux catholiques, et plus globalement de chrétiens [1], face aux provocations antichrétiennes qui se multiplient actuellement.

           Ainsi, après l'exposition du Piss Christ en Avignon dans le cadre d'une exposition de la collection Lambert qui bénéficie depuis des années d'un fonctionnement à 100% public (plus d'un million d'euros pas an), ce sont deux spectacles  antichrétiens, blasphématoires et sacrilèges qui sont programmés à Paris et dans plusieurs autres villes de l'hexagone avec également une aide publique de l’État, des collectivités territoriales ou d'établissements publics sous tutelle de l’État.

           Certes, cette aide est plus indirecte, diffuse et moins transparente que celle accordée à la collection Lambert d’Avignon, mais tout de même, les spectacles en cause sont montés dans le cadre du Festival d'automne de Paris pour lequel, au regard des informations inscrites sur son site [2], on retrouve :
-     des « partenaires institutionnels » : ministère des Affaires étrangères et européennes,  ministère de la Culture et de la Communication, Institut National de l'Audiovisuel (INA) [3], Institut français [4], Centre national d'art plastique [5], Conseil régional d’Île-de-France,  Mairie de Paris, Air France, et Commission européenne... ;
-     des « partenaires médias »: France Télévision, France 2, France culture, France inter, dont les liens avec l’État ne sont tout de même pas inexistants, mais aussi  Arte [6], ainsi que le journal Le Monde qui vit en partie de l'aide publique ;
-      «  des structures partenaires » parmi lesquelles on trouve les musées du Louvre, d'Orsay, du quai de Branly ;
                                                   
          Cette situation, qui n'est pas sans rappeler celle qui existait dans l'ex-URSS, est totalement inadmissible et mérite qu'une attention toute particulière lui soit accordée.

         Certes, comme l'a répondu pour l'exposition du Piss Christ le député-maire (UMP) d'Avignon, ceux qui accordent des subventions ne font pas les programmations en matière d'exposition ou de spectacle. Cependant, il est quelque peu surprenant d'entendre de tels propos : quand un élu accorde une subvention, il doit tout de même vérifier que celle-ci ne sert pas à provoquer de façon gratuite et outrancière une partie de la population en salissant le Dieu qu'elle révère. Le député en question aurait-il réagi de la sorte si l'exposition avait porté en dérision Allah ou s'en était pris à la religion juive ?

            Dès lors, il nous semblerait important que soit préparée une proposition de loi visant à organiser le contrôle de l'utilisation des aides publiques et à interdire que des organismes aidés ne produisent des spectacles, ou n'organisent des expositions, attentant aux croyances fondamentales de la population.

          En vous remerciant de l'attention avec laquelle vous recevrez notre démarche et de la suite que vous lui donnerez en travaillant à préparer cette proposition de loi ou, au moins, toute autre réponse préalable de la compétence du Parlement (commission d'enquête [7],...), nous vous prions d'agréer, Monsieur le Député, l'expression de notre haute considération,
       François de Penfentenyo          Alain Escada           Jean-Claude Philipot

[1]  cf. la pétition qui a été lancée par l'institut Civitas : http://www.defendonslecrucifix.org/
[2]  http://www.festival-automne.com/calendrier.html
[3]  EPIC
[4]  EPIC, opérateur du ministère des affaires étrangères et européennes
[5]  Établissement public sous tutelle du ministère de la culture
[6]  Groupement Européen d’Intérêt Économique - G.E.I.E-
[7] sur  la nature des spectacles  et expositions aidés et leur adéquation avec le respect dû aux convictions profondes des citoyens

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