mercredi 13 janvier 2016

Jean-Claude Gallotta ne comprend pas pourquoi il a dû quitter la direction du CCN de Grenoble




Nous sommes en 2015. Le 24 mars, la Ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin, fait part au chorégraphe Jean-Claude Gallotta, — à la tête du Centre chorégraphique national (CCN) de Grenoble depuis 1984, soit 31 ans — de sa décision de ne pas le reconduire (cf Le Monde). Il devra quitter l'établissement le 31 décembre 2015

Dans une interview donnée à la chaîne de télévision France 3 Alpes (cf. ci-dessus) ce dernier fait part de ses « déceptions »

D'une part, il avait, explique-t-il, « une nouvelle idée pour la danse à Grenoble », comprendre un nouveau projet qui aurait justifié son maintien à la direction du lieu. Le projet n'a pas été retenu. 

D'autre part, il dit ne pas comprendre pourquoi, malgré ce refus, il ne peut pas rester trois ans de plus, de 2016 à 2018, afin d'achever un nouveau mandat :  « Laissez-moi au moins trois ans pour que tout le monde se retourne ». Le Ministère de la Culture et de la Communication a dû considérer que trois ans était une période un peu longue pour "se retourner". On notera dans les propos du chorégraphe : « au moins trois ans ». Et aussi, le lapsus : « Je ne demandais pas une statue mais quand même... (se reprenant) mais [recevoir] un blâme quand même... » Il ajoute : « En trois ans, on avait le temps de mettre en place... justement ces trente ans, comment ça se finissait, et comment quelqu'un pouvait reprendre. » On remarquera que les trente ans s'étaient déjà achevés de fait en 2014 (1984 - 2014). Enfin : « L'intention n'était pas... de tout garder... forcément, forcément... il faut passer le relais, à un moment donné. » En psychanalyse, le « Il faut » indique l'affirmation consciente d'une volonté alors qu'en réalité l'inconscient ne veut pas et ne fera pas. Le champ politique par exemple est saturé de « Il faut », pour des résultats opposés à ceux annoncés. L'expression « On doit » engage beaucoup plus.

Jean-Claude Gallotta vient d'être désigné « artiste associé » à la Maison de la Culture de Grenoble, ou MC2 ICI. Il indique avoir besoin de moyens, et qu'il aura besoin aussi de ceux du "nouveau" Centre chorégraphique de Grenoble, dont deux artistes au lieu d'un se partagent un budget (notamment de production). 
Fabien Rivière
Capture d'écran Espaces Magnétiques

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