lundi 4 avril 2016

Jan Fabre a été « curateur » du Festival d’Athènes et d'Épidaure moins de deux mois

        Acte 1  :   Nomination     

Le ministère grec de la Culture annonçait le 10 février 2016 la nomination de Jan Fabre à la direction artistique du Festival d'Athènes et d'Epidaure pour quatre ans (cf. notre article).

Il succède à Yorgos Loukos, par ailleurs directeur de la danse du Ballet de l'Opéra de Lyon, limogé fin décembre 2015 de ses fonctions (plus importantes) de président, après son inculpation pour des pertes de 2,7 millions d'euros (lire Georges Loukos limogé du festival d'Athènes pour mauvaise gestion). Il était en poste depuis 2006. Selon Jean-Marc Adolphe : « Il aurait creusé et dissimulé un déficit de plus de 2 millions d’euros. Mais en Grèce, tout le monde sait que ce pseudo « déficit » correspond très largement à une subvention que le ministère de la Culture a « oublié » de verser » (cf. son excellent article Jan Fabre n’ira pas se faire voir chez les Grecs).

        Acte 2  :   Programmation      




Jan Fabre à Athènes en 2016, Photo Evi Fylaktou

Le 29 mars, au musée de l’Acropole à Athènes, la programmation de l'édition 2016, qui débute en juillet, est dévoilée par Jan Fabre et son équipe de six conseillers dont cinq sont flamands : 
— « Programmation Littérature et idées » : Sigrid Bousset
— « Programmation Artistes Jeune Théâtre et Danse » : Edith Cassiers   
 « Programmation Arts visuels » : Bart De Baere et Katerina Koskina (présidente du Musée national d’Art contemporain de Thessalonique)
— « Programmation Art de la performance » : Joanna De Vos
— « Programmation Film » : Miet Martens

Le Festival d'Athènes et d'Epidaure devient le Festival international d'Athènes et d'Epidaure   (dans le dossier de presse, il est expliqué que l'ancienne dénomination était en fait Festival Hellénique, Festival Grec d'Athènes et d'Épidaure ; sur l'histoire du Festival on peut consulter son site ici).

Conférence de presse de Jan Fabre et son équipe, Athènes


À cette occasion, il présente l'affiche de l'édition 2016 du Festival (ci-dessous) qui représente l'équipe de Belgique de football : 
Il précise sa pensée : 
«During my four years as curator of the Athens and Epidaurus International Festival, I hope to build bridges and devise dialogue. I hope to make the Festival representative for the multicultural society it stands in. A Festival that forms a mirror of the world as well as a self-contained parallel universe, where diversity does not prove to be a problem, but a promise – for better art, a better future and a better world. Enjoy!»
On apprend surtout que la première édition sera dédiée quasi exclusivement à la Belgique (comprendre, la Flandre, pas la Wallonie), officiellement à cause de délais trop courts pour imaginer autre chose. Les noms de Jan Fabre (avec Mount Olympus, pièce de 24 heures, et Preparatio Mortis, solo dansé par Annabelle Chambon), Anne Teresa De Keersmaeker, Jan Lauwers Fabrice Murgia, Anne-Cécile Vandalem, le Groupov et Lisbeth Gruwez (ex-danseuse chez Fabre) sont cités, comme celui du metteur-en-scène français vivant en Belgique Jacques Delcuvellerie. Des workshops par de grands artistes belges pour de jeunes talents grecs sont annoncés. Deux expositions sont aussi prévues : une première consacrée aux grands artistes belges et une seconde à Jan Fabre, au demeurant excellente, vue à Anvers, Jan Fabre. Stigmates, Actions & Performances 1976–2013.

Les éditions 2017 et 2018 auront comme thème la Consilience (selon le dossier de presse, c'est une notion qui, dans le domaine de la science et de l'histoire, « réfère au principe qu'une preuve émanant de sources indépendantes et diverses, peut "converger" en une conclusion (plus) forte »). Ces deux éditions se concentreront sur « les artistes visuels, les artistes de la performance et les auteurs qui ont travaillé ou travaillent encore avec Jan Fabre. En outre, au moins un tiers des artistes présentés seront grecs ».   

         Acte 3    : Contestations       

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Réunion de contestation au Théâtre Sfendoni d’Athènes 

La réaction à cette situation n'a pas tardé. Le 1er avril, une réunion d'artistes et de professionnels s'est déroulée au Théâtre Sfendoni d’Athènes (cf. photos ci-dessus), rédigeant une Lettre ouverte (que nous publions ci-dessous). Ils exigent la démission de Jan Fabre et du Ministre de la Culture (on peut lire aussi le compte-rendu de LaLibre.be).

Mari-Mai Corbei, « Travailleur indépendant du secteur Arts vivants » selon son profil LinkedIn, précise la situation de cette réunion :  

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LETTRE OUVERTE A L’ATTENTION DU MINISTRE DE LA CULTURE M. ARISTIDIS BALTAS ET DU DIRECTEUR DU FESTIVAL D’ATHENES ET EPIDAURE M. JAN FABRE

Monsieur le Ministre, 

Nous nous sommes spontanément réunis aujourd’hui 1er avril 2016 dans le théâtre Sfendoni d’Athènes, tous créateurs qui vivent et travaillent en Grèce, représentants du théâtre, de la danse, du cinéma, de la musique, des arts plastiques, et nous avons discuté en détail tant de la nomination, par vous décidée, de l’artiste flamand Jan Fabre au poste de directeur ainsi que du programme du, désormais rebaptisé international, Festival d’Athènes que vous avez conjointement présenté. Nous avons convenu à une écrasante majorité qu’il s’agit d’une série de décisions inacceptables et problématiques, tant légalement que moralement, qui vont directement à l’encontre de la création contemporaine grecque et se retournent contre les artistes grecs au chômage, depuis longtemps mis à rude épreuve. Tout cela prouve que vous n’avez ni politique culturelle concrète, ni vision du présent et du futur de notre culture contemporaine. Constatant donc que ces décisions ministérielles spécifiques sont considérées comme illégales et surtout comme hostiles à la création vivante et à la culture de notre pays, et que autrement dit, vous ne pouvez plus nous représenter, nous demandons votre démission immédiate. Suit notre résolution pour Monsieur Fabre


Monsieur Fabre,
Lors de votre court passage dans notre pays, vous avez réussi à commettre une série de graves inconvenances, lesquelles constituent de profondes injures pour nous tous qui signons cette lettre mais pour de nombreuses autres personnes également. Plus spécifiquement :
1. Vous avez participé à une conférence de presse de « style aristocratique » avec carton d’invitation, (du jamais vu dans les usages du Festival Hellénique), à laquelle vous avez choisi en l’absence d’artistes grecs, ignorant que le Festival d’Athènes et Epidaure, comme tous les autres festivals, est pour l’essentiel, la création des artistes qui le nourrissent depuis des années de leur talent, de leur passion et de leurs idées d’avant-garde.
2. Vous avez admis ne pas avoir la moindre idée de la création artistique grecque contemporaine, mais, malgré cela, vous vous considérez capable de prendre en charge (comme curateur !) la principale institution culturelle du pays, rabaissant ainsi les créateurs grecs à une masse imprécise et artistiquement discréditée, et qui vous devrait, de plus, de la reconnaissance.
3. Vous nous avez présenté de but en blanc un état-major dispendieux de collaborateurs Belges (lesquels, il faut le souligner, ainsi que vous-même, seront payés par notre état en faillite) prouvant de la manière la plus claire que votre ignorance au sujet de la culture grecque contemporaine est destinée à rester ignorance.
4. Vous avez essayé, avec un culot notable il est vrai, de nous tromper en prétendant rendre International un festival qui l’est déjà depuis sa naissance tout en annonçant un programme purement belgo-belge, dont vous emportez personnellement la part du lion.
5. Vous nous avez exclu de (notre) festival, non seulement pour cette année mais encore pour les années à venir, nous, les créateurs grecs, nous considérant indignes de participer à l’ « installation » que vous-même organiserez, laissant insinuer que peut-être vous nous redonnerez la parole après qui nous ayons été « initiés » (à la manière d’une pure éducation) à votre univers esthétique personnel.

Pour toutes ces raisons, pour l’arrogance et le franc totalitarisme artistique dont vous avez fait montre, vous vous êtes vous-même rendu, monsieur Fabre, persona non grata.

Afin d’éviter les malentendus, par la présente lettre nous ne cherchons pas à négocier avec vous, non, nous ne sommes pas des syndicalistes, nous ne vous demandons pas de de nous accorder du temps ou un lieu dans votre « installation », nous ne nous abaisserons pas non plus au point humiliant de vous revendiquer ce qui nous appartient. Par la présente lettre nous vous faisons savoir que, premièrement nous ne vous reconnaissons pas comme directeur artistique du Festival d’Athènes et Epidaure et, deuxièmement, que vous nous devez réparation des insultes que vous avez commis à notre encontre en faisant ce qui tombe sous le sens : en retournant votre contrat d’engagement (pour vous et vos collaborateurs) au ministre qui vous l’a donné.


Le corps des personnes présentes

Théâtre SFENDONI

1 AVRIL 2016
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Un autre texte a été publié, sur la page Facebook de Tiago Bartolomeu Costa le 1er avril 2016 (ici) que nous publions ci-dessous. Tiago Bartolomeu Costa est Coordinateur de Chantiers d’Europe pour le Théâtre de la Ville (Paris, France) et Conseiller à la programmation internationale du São Luiz Teatro Municipal (Lisbonne, Portugal). 

Deux autres tribunes ont été publiées : le 29 mars, Watch out for the golden lamb [Attention à l'agneau d'or], du même Tiago Bartolomeu Costa (ici), et Open Letter to Jan Fabre du Belge Matthieu Goeury, qui travaille dans le domaine des arts de la performance (ici).  
  
Today, three days after the announcement of the new strategy for the Athens & Epidaurus Festival, several Greek artists will come together to discuss a strategy that will try to be common, effective and balanced.
Some questions need an urgent answer:
- If it’s Belgium artists, how come all artists are Flemish?
- Where does it end the concept of “Belgium artists”? What about those who live in Belgium but are from different nationalities, even Greek?
- Is the Belgium government paying for a part of the programming?
- What’s the budget for this edition?
- What’s the fee for the curatorial team?
- If Jan Fabre assumed he did not knew the Greek context, and the ministry clarified that all contracts are signed by him, what about the prior engagement towards the Greek companies?
- What’s the strategy towards the international work besides Belgium?
- What’s the definition of international for the Greek government when the prime minister stated that Fabre was going to put International at the centre of the festival’s strategy?
- What’s the quota for other artists from other countries?
- What’s the take of the new board towards the international commitments that the festival has on their international networks?
- Have the partners being informed of this new strategy?
- In what way is it being prepared, by the minister, a strategy towards the implementation of a new set of regulation for the support of the arts, based on the idea that in 2019 a new generation of Greek artists will arise?
- What are the criteria for the selection of the 50 young artists?
- How are the artists invited this year responding to the new frame proposed by Fabre about “being Belgium today” when compared to the open frame they had when they were regularly invited by the previous artistic board?
- In what way is there a really Exchange between Greek artists and Belgium artists if there’s a clear statement about Antwerp and Athens?
- How much is the city of Antwerp paying to this program?
- How much is the city of Athens paying for this program?
- What will be the agreement with the venues in the city in what regards the presentation of the shows?
- Who are the sponsors of the festival?
- How affordable will be the prices?
- How does the state intend to prevent the supposed incidents that might occur amongst audience members, when taking as example what happens every time Jan Fabre has such exposure (see Avignon 2005)?
- If money is a tool, like Fabre said, what tool is it?
- Who are the co-producers for the shows already scheduled for 2017-2018-2019 and what’s its dependency on the annual budget?
- Also, did the festival offer these shows already being considered by Fabre or come out o f the conditions?
- Where are these show going to be produced and what’s the quota for Greek artists and technicians in it?
- In what way does the Ministry and the government consider that the generation that as been working on the past years has failed on it’s mission to show the international potential of Greek theatre and dance scene?
- What’s the curatorial freedom the two museums will have on the choices for the scheduled exhibitions?
- Why 1/3 for greek artists? why this figure? why not another? why not 10%, for instances? and does a third of the programming mean a third of the budget?
- If crisis stimulates creativity, how much money can Jan Fabre’s live without in order to be even more creative?
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      Acte 4 : Démission     


Le 2 avril, sur sa page Facebook, Jan Fabre annonce sa démission (accompagnée de la photo ci-dessus). Il explique : 
"Hereby I, Jan Fabre, resign as the curator of the Hellenic Festival.
I accepted a mandate from the Minister of Culture of Greece to make in all freedom artistic choices.
This seems no longer to be possible in Greece.
I do not want to work in a hostile artistic environment to which I came with open mind and open heart.
I wish the Greek artists good luck with their work and their Festival." 
Jan Fabre, 2 april 2016.
TRADUCTION  : 
« Par la présente Moi, Jan Fabre, démissionne en tant que commissaire du Festival Hellénique.
J’ai accepté le mandat du ministre grec de la Culture sous condition de pouvoir faire mes choix artistiques en toute liberté.
Cela ne semble plus possible en Grèce.
Je ne souhaite pas travailler dans un environnement artistique hostile, dans lequel je suis pourtant arrivé avec l’esprit et le coeur ouverts.
Je souhaite aux artistes Grecs bonne chance avec leurs travaux et leur Festival »

Le jour qui suit, Jan Fabre, publie des photos de lui (cf.ci-dessus), souriant, dans un atelier avec cette légende.
Jan Fabre working today at Cave d’Arte Michelangelo in Carrara on his new series of marble sculptures for the exhibition 'Jan Fabre. Knight of Despair / Warrior of Beauty' opening in the State Hermitage Museum in St. Petersburg on October 21 2016.

Le message est clair : Jan Fabre est passé à autre chose, il travaille à ses projets, il va bien, il sourit.

De son côté, le ministre de la Culture Aristides Baltas « n'a pas caché son amertume samedi dans [un] communiqué, rappelant que Jan Fabre était venu pour apporter son aide à une Grèce en crise, limitant ses émoluments pour s'occuper du festival et y présenter les productions de sa troupe à 20.000 € par an. » (sourceIl a aussi affirmé dans ce communiqué que la décision de Fabre était « le résultat d'une attaque coordonnée par des partis politiques, les médias et une partie de la communauté artistique. » (source

      Acte 5 : Conclusion      

Peut-on faire un parallèle entre la démission de Jan Fabre et celle de Benjamin Millepied de la direction du Ballet de l'Opéra national de Paris ? Il s'agit de deux artistes qui se retrouvent à la direction de deux institutions qu'ils ne connaissent pas (pourquoi pas). Sans doute Benjamin Millepied est-il resté plus longtemps que Jan Fabre, et a-t-il pu engager des changements. Mais leur passage a été bref. Fabre parle pour expliquer sa décision de ses « choix artistiques en toute liberté » (« all freedom artistic choices ») qui ont dû affronter un « environnement artistique hostile  » (« hostile artistic environment »). Bref, la « Liberté » contre « L'hostilité ». Mais de quelle « Liberté » s'agit-il ? S'agit-il de ne pas tenir compte du contexte ou du réel ? Il apparaît que l'un comme l'autre, en voulant passer en force sans tenir compte des réalités pratiques et historiques du terrain, en allant trop vite, ont manqué singulièrement d'un minimum de sens de la situation. On dit aussi manque de psychologie flagrant. Imposer une programmation Belge la première année, même en prétendant que les choses seraient différentes les autres années avec 1/3 de programme grec (élégant quota), et Fabro-centrée les deux années suivantes, à un festival qui programme en grande partie des artistes grecs, et dans un pays qui connaît une situation économique catastrophique, est une aberration. À quoi pensait-t-on pouvoir s'attendre alors ? L'ego d'un artiste n'est pas forcément son meilleur ami pour agir. 
Fabien Rivière 
Site du Festival d'Athènes et d'Epidaure

PS. Aujourd'hui, on apprenait le nom du successeur de Jan Fabre : Vangelis Theodoropoulos, acteur et metteur-en-scène né à Athènes en 1953 (source : ici, lire aussi la fin de l'article de Jean-Marc Adolphe ici).

samedi 2 avril 2016

David Byrne Radio > DJ Fitz : Middle Eastern & Maghreb Disco Funk from the Golden Era (1975-1985)

David Byrne : 
Just waking up? Just getting into the groove? Needing something to get you through that last hour in the office? Or dance to? Or hum along with? DJ Fitz takes over DB Radio this month and you are going to want to check it out!

April Radio: Middle Eastern & Maghreb Disco Funk from the Golden Era (1975-1985) by Eric Welles Nyström in Radio | April 1, 2016 John Fitzgerald is one of…
DAVIDBYRNE.COM


Talking Heads, Thank You for Sending me an Angel

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jeudi 31 mars 2016

La Danse au Festival d'Avignon en 2016

Affiche de la 70° édition du Festival d'Avignon : selon Olivier Py, il ne s'agit pas d'un âne, mais bien d'un cheval, le cheval de Turin : en janvier 1889, à Turin, Italie, le philosophe allemand Friedrich Nietzsche s'oppose au comportement brutal d'un cocher flagellant son cheval qui refuse d'avancer. Nietzsche sanglote et enlace l'animal. Puis son logeur le reconduit à son domicile. Le philosophe y demeure prostré durant deux jours, avant de sombrer, au cours des onze dernières années de son existence, dans une crise de démence. Dessin et affiche d'Adel Abdessemed 






Olivier Py posant devant l'affiche de la 70° édition, conférence de presse à l'Institut du monde arabe, Paris, 25 mars, Photo Christophe Raynaud de Lage - Festival d'Avignon

Que penser de la programmation Danse de la prochaine édition, la 70°, du Festival d'Avignon, qui se déroule pendant 19 jours, du mercredi 6 au dimanche 24 juillet 2016 ? On peut être partagé. 

Officiellement, Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet occupent la Cour d'honneur du Palais des Papes et Marie Chouinard est « une immense chorégraphe » selon Olivier Py. Mais ils n'ont pas la puissance et le génie de créateurs comme Merce Cunningham, Pina Bausch, William Forsythe, Anne Teresa De Keersmaeker, Jan Fabre, Maguy Marin, Meg Stuart, Michael Clark, Boris Charmatz, Jérôme Bel ou Dominique Bagouet. 

Excellent ouvrage d'entretiens paru en octobre 2015, site

Il est possible de regretter l'absence de quatre performers hors pair : les États-Uniennes Meredith Monk (la dernière invitation du Festival d'Avignon date d'il y a exactement vingt ans) et Simone Forti, l'Allemand Raimund Hoghe et le Français Yves-Noël Genod.


Cependant, dans cette programmation, on pressent des choses intéressantes, comme un discret chemin forestier, avec par exemple Ali Chahrour, de Beyrouth. Et il y aura, il faut l'espérer, de bonnes surprises. L'avenir demeure ouvert. 
Fabien Rivière

PS. N'ayons pas peur des chiffres : en tout, 51 spectacles sont présentés dont 26 relèvent du Théâtre (51 %), 7 de la Danse (13,7 %), 14 de l'Indiscipline (27,5 %) et 4 de la Musique (7,9%). Et deux expositions. 

www.festival-avignon.com

— Pétition de soutien à l'École Supérieure d'Art d'Avignon. ICI

DANSE

Thierry Thieû Niang  Au coeur    création 2016
7-9, Chapelle des Pénitents blancs. 
15-17, Studio de la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon. 
21-23, Collection Lambert.
Avec des adolescents; sur la chute. Musique Robin Pharo, texte de Linda Lê, scénographie Claude Lévêque, intervenante vocale auprès des enfants qui vont chanter des chants traditionnels a capella Camille.


Trajal Harrell (New York) Caen amour     création 2016
9-12, Cloître des Célestins. 
Au sujet du hoochie coochie, danse érotique de la fin du 19° siècle.
Afficher l'image d'origine

Ali Chahrour (Beyrouth)  Fatmeh   2014
16-18, Cloître des Célestins. 
Au sujet de la figure de Fatima

Ali Chahrour (Beyrouth)  Leïla se meure    2015
21-23, Cloître des Célestins. 
Au sujet d'une pleureuse professionnelle. Photo Marco Pinarelli

.
Marie Chouinard (Montréal)  Soft virtuosity, still humid, on the edge   2015 - 50 mn.
17-23, Cour du Lycée Saint-Joseph. Photo DR

Lisbeth Gruwez (Anvers)  We're pretty fuckin' far from okay    création 2016
18-24, Gymnase Paul Giéra. 
Elle a travaillé avec Jan Fabre. Le sujet de la pièce : la peur. 
Photo Joeri Thiry, STUK Louvain, Belgique Source



Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet (Anvers - Bruxelles)  Babel 7.16  recréation 2016
20 - 23, Cour d'honneur du Palais des Papes

INDISCIPLINE


Jonathan Capdevielle, Photo DR
SUJETS À VIF 
(avec la SACD, au Jardin de la Vierge du lycée Saint-Joseph)  
PROGRAMME A    8 > 10 12 > 14, 11h  
— Renaud Herbin (marionnettiste) et Célia Houdart (écrivain)  La vie des formes
— Erwan Keravec (musique) et Mickaël Phelippeau (chorégraphe) Membre fantôme 
PROGRAMME B    8 > 10 12 > 14, 18h 
— Sophie Cattani (actrice) & Herman Diephuis (chorégraphe)  Tâkasûtra
— Jonathan Capdevielle (performer) & Laetitia Dosch (performeuse) Les corvidés

PROGRAMME C    18 > 20 22 > 24, 11h  
— Roser Montlló Guberna (danse) & Elsa Wolliaston (danse)  Sisters
— Halory Goerger et Martin Palisse (jongleur*) Il est trop tôt pour un titre 
* Directeur depuis décembre 2013 du Sirque, pôle national des arts du cirque de Nexon en Limousin
PROGRAMME D    18 > 20 22 > 24, 18h  
— Casey (rappeuse) et Kevin Jean (danseur et chorégraphe)  Les promesses du magma
— Guilherme Garrido (danseur et chorégraphe) & Joëlle Léandre (musique) Cent titres
Halory Goerger, Capture d'écran Espaces Magnétiques
Elsa Wolliaston, Photo DR

Aurélien Bory   espæce    création 2016
Cirque - danse - littérature
15 - 23, Opéra Grand Avignon


THÉÂTRE (avec PRÉSENCE DE LA DANSE)

Madeleine Louarn (Morlaix) Ludwig, un roi sur la lune    création 2016
CHORÉGRAPHE Bernardo Montet (et non Loïc Touzé, comme indiqué par erreur par Olivier Py lors de la conférence de presse parisienne du Festival d'Avignon du 25 mars) 
9 - 13, L'autre scène du Grand Avignon, Vedène

Pascal Quignard et Marie Vialle  La Rive dans le noir. Une performance de ténèbres
8 - 14, Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon.  création 2016
AU SUJET DE L'ABSENCE DE LA DANSEUSE ET CHORÉGRAPHE CARLOTTA IKEDA (1941-2014)   Photo DR
Marie Vialle et Pascal Guignard
« Un jour on retombe dans son symptôme.
Enfant je refusais de manger à la table familiale. Curieusement on m’autorisait à en user de la sorte, gentiment. On me mettait seul, dans une pièce, à manger dans le noir. On refermait la porte, je mangeais dans le noir total.
Le mercredi 24 septembre 2014, en pleine nuit, au milieu de la nuit (entre le 24 et le 25, je dirais vers minuit et demi), Laurent Rieuf [régisseur] et Alain Mahé [musicien] m’ont appelé au téléphone : « Carlotta est morte ». Finie la tournée de butô qu’on faisait depuis trois ans [avec Médéa, création en novembre 2010, dossier (format pdf), Libération].
J’ai voulu tout arrêter.
Mais le noir m’a manqué.
Je me suis inventé une « performance de ténèbres » où je cherche des ombres de ma vie dans le noir, où je joue les Ombres errantes de Couperin ou les différentes Chouettes de Messiaen sur un piano à queue noir, où des rapaces et des nocturnes me visitent dans l’obscurité totale de la scène, où, surtout, le vieux chamanisme reprend tous ses droits de danse, de chant, de lande, de sauvagerie, d’enfance.
Marie Vialle sublime - avec qui je travaille depuis treize ans, qui a toujours rêvé être plus qu’une comédienne, plus qu’une violoncelliste, plus qu’une danseuse, plus qu’une cantatrice - se retrouve possédée à neuf reprises par des animaux et des fantômes. Je l’accompagne sur scène dans ses métamorphoses. » 
Pascal Quignard
En 2013, ont paru, L'Origine de la danse, de Pascal Quignard publié aux éditions Galilée Site, et, de Chantal Lapeyre-Desmaison, Pascal Quignard. La voix de la danse aux Presses universitaires du Septentrion Site.  

mercredi 30 mars 2016

Appel à rassemblements des Coordinations des Intermittents et Précaires


Le MEDEF et la CFDT se sont mis d’accord : les intermittents devront faire 185 millions d’euros d’économies par an pour la convention d’assurance chômage qui doit être signée avant juillet prochain. Et, à horizon 2020, c’est 400 millions d’euros d’économies par an qui est demandé [1], ce qui représente un quart des allocations actuellement versées !

Nous avons, tant bien que mal, essayé de repousser le pire depuis 13 ans, grâce à une forte mobilisation dans les moments critiques. Pour autant, la situation n’a jamais été aussi grave.

Ces économies demandées signent purement et simplement la fin de l’intermittence.

Nous appelons tous les concernés à se réunir partout en AG, pour s’informer et organiser la lutte par tous les moyens possibles, afin d’éviter une disparition programmée.

Votre présence est essentielle. Diffusez et parlez-en autour de vous !

Faisons la démonstration que nous sommes nombreux et que nous ne les laisserons pas faire...


PARIS - Lundi 4 AVRIL
19h : Théâtre National de la Colline
15 rue Malte-Brun 75020 - Métro Gambetta

AMIENS - Lundi 4 AVRIL
19h : Bourse du Travail (local cgt)
24 rue Frédéric Petit

DIJON - Mercredi 6 AVRIL
16h30 : CDN Dijon-Bourgogne 
Théâtre du Parvis Saint-Jean

LIMOGES - Lundi 4 AVRIL
19h : Théâtre de l’Union, CDN de Limoges
20 rue des Coopérateurs

BORDEAUX - Mardi 5 AVRIL 
19h : TNBDA, CDN de Bordeaux 3 place Pierre Renaudel

LYON – Lundi 4 AVRIL
Théâtre Nouvelle Génération - CDN
23 rue de Bourgogne
heure à déterminer

LILLE – Lundi 4 AVRIL
18h : Université Lille 1 - Sciences et Technologies
Cité Scientifique, 59650 Villeneuve-d’Ascq

AVIGNON – Mardi 5 AVRIL
19h : Théâtre des Carmes
6 Place des Carmes

NICE - Jeudi 31 MARS
11h : Théâtre National de Nice
Promenade des Arts

MONTPELLIER – Mardi 5 AVRIL
Lieu à déterminer

STRASBOURG - Lundi 4 AVRIL
Lieu à déterminer

Les lieux de rdv manquants et d’autres rendez-vous en région (Toulouse, Nancy, Caen...) suivront…

Site ressource : cip-idf.org

Syndeac. Culture: La décentralisation est en danger !


COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Paris, le 30 mars 2016,

Le réseau des établissements subventionnés et des labels nationaux est fragilisé chaque jour par les baisses unilatérales des collectivités. Certaines villes ou communautés d’agglomération, de nombreux départements, bientôt certaines régions se désengagent des financements partenariaux. Dans les régions fusionnées, les DRAC [Directions Régionales des Affaires Culturelles] sont souvent désorganisées en même temps que les services des collectivités.

Les mesures nouvelles avancées cette année par le ministère de la Culture demeurent timides, les circulaires ne sont pas encore signées et leur mise en œuvre n’est toujours pas effective. Les aides aux équipes artistiques, aux résidences et aux émergences arrivent tard, dans un contexte d’affaiblissement majeur des compagnies.

De plus, le Premier ministre avait promis que la réserve de précaution de 8 % votée par le parlement ne s’appliquerait pas... C’est pourtant le cas dans certains DRAC et pas dans d’autres, dans une inégalité choquante de traitement et de continuité territoriale, qui participe à la désorganisation et à la paupérisation du secteur.

Aujourd’hui, les équilibres budgétaires difficiles depuis longtemps deviennent irréalistes si se poursuit cette tendance au retrait sur laquelle nous avons interpellé depuis plusieurs années. Les objectifs de politique publique, les engagements de création et de programmation, ou le maintien des ressources humaines sont en danger.

Les compagnies et les établissements qui sont les acteurs de la décentralisation artistique et culturelle et de la démocratisation sur tous les territoires sont au bord de l’asphyxie. A quoi servirait demain la Loi sur la liberté de création l’architecture et le patrimoine dans un pays qui aurait vidé de sens et de moyens les outils majeurs de sa politique publique artistique et culturelle ?

Il n’est plus possible d’attendre, c’est pourquoi :
• Nous demandons la levée immédiate de la réserve budgétaire de 8 % sur les crédits d’aide à la création et de démocratisation. 
• Nous appelons à la vigilance sur les moyens des compagnies sur la base des
circulaires en cours. 
• Nous appelons à la protection républicaine des établissements de ladécentralisation fondés sur le partenariat des collectivités et de l’Etat.

Île-de-France : Lettre ouverte à Valérie Pécresse


Madame Valérie Pécresse
Présidente de la région Ile-de-France 
Conseil régional Ile-de-France
33 Rue Barbet de Jouy
75007 Paris


Ile-de-France, le 29 mars 2016


Madame la Présidente,

Dans une tribune adressée le 8 juillet dernier au journal Libération et intitulée Pour un bouillonnement de Culture en Île-de-France [Ici], vous faisiez le constat des « saignées budgétaires » à l’œuvre dans le secteur culturel et affirmiez votre détermination, engagements budgétaires à l'appui, pour que la Région Île-de-France se porte « au secours de la création ».

Aujourd'hui, à quelques jours du vote du premier budget de votre mandature, la situation s'est encore dégradée pour les acteurs culturels franciliens. Départements en tête, les collectivités territoriales se désengagent massivement, les lieux et festivals sont contraints de réduire fortement leur activité, les compagnies et les équipes artistiques sont en péril. Avec pour conséquences une raréfaction criante de l'emploi et un développement de la précarité.

Les récentes annonces d'une augmentation de 6,7% du budget Culture en 2016 nous semblaient porter le poids symbolique de vos ambitions.

L'analyse de votre projet de budget 2016 donne une toute autre lecture :

Là où nous attendions, forts des engagements que vous avez pris pendant la campagne électorale, un soutien volontariste à la création et une progression des crédits d'intervention, nous constatons que la progression de votre budget repose essentiellement sur une hausse des soutiens à l'investissement et une diminution globale des moyens alloués aux dispositifs.

Le spectacle vivant, en perdant prés de 7% de ses crédits « d'aide à la création et à la diffusion » est particulièrement impacté. Des outils extrêmement précieux comme la permanence artistique, le soutien aux réseaux culturels, les aides aux arts de la rue et de la piste sont menacés. Les crédits d'intervention d'ARCADI, particulièrement utiles aux lieux et aux équipes artistiques dans ces temps de disette budgétaire, sont drastiquement réduits. Les fabriques d'art et de culture perdent près du quart de leur dotation ...

En impactant des projets de création ou d'action culturelle déjà largement engagés, ces restrictions s'accompagneront dès 2016 de profondes répercussions en terme d'emploi artistique, culturel et technique.

Si nous observons avec intérêt la création d'un fonds d'investissement pour la culture, celui-ci ne pourra pas répondre à la situation de « péril » que vous constatiez dans votre tribune. Notre secteur est en danger et ses emplois sont menacés. Il y a donc urgence à ce qu'aujourd'hui la Région le soutienne tout d'abord dans ses capacités de création, de diffusion et d'action sur les territoires.

Au nom des 200 structures franciliennes que nous représentons, nous vous demandons donc de donner à ce premier budget la valeur symbolique qui marquera votre mandature : faire de la culture et de la création le marqueur fort d'un pacte, territorial, républicain et civilisationnel pour Ile-de-France. Et nous appelons les élus régionaux à marquer par leur vote les engagements qui ont été les vôtres sur les politiques publiques de la Culture.

Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à ce courrier et vous adressons nos salutations sincères,
Vincent Eches                 Jacques Frot                             Lorraine Villermaux 
Délégué SYNDEAC        Président du SYNAVI                Présidente de PROFEDIM 
Ile-de-France                   Ile-de-France

A fragment of the ballet "Kontakthof", Pina Bausch, in Rainer Werner Fassbinder, "Theater in Trance", 1981

Rainer Werner Fassbinder (1945 - 1982).

mardi 29 mars 2016

Le département de Seine-et-Marne enlève 150.000 € à la Ferme du Buisson comme au Théâtre Sénart

Vue de la façade du bâtiment central de La Ferme du Buisson, à Noisiel

En février dernier le département de Seine-et-Marne, à l'est de Paris, a voté la suppression de 150.000 € à la subvention versée à la Ferme du Buisson et de même pour le Théâtre Sénart, qui sont tous les deux des Scènes nationales. 

On apprend que « Lors du vote du budget, le mois dernier, la majorité Les Républicains (LR) du conseil départemental a choisi d’augmenter de 20 % les fonds dédiés au soutien à la filière agricole, qui ne fait pas partie de ses compétences obligatoires, et de réduire d’autant son budget consacré à la culture. »

C'est « un coup de poignard pour ces deux établissements », affirme Jean-Michel Puiffe, le directeur du Théâtre Sénart.

Patrick Septiers (LR), le vice-président du conseil départemental chargé de la Culture répond : « Le contexte financier a conduit le département à demander à tous les services de faire 5 à 10 % d’économies. Le Théâtre Sénart et la Ferme du Buisson ont chacun un budget de 4 à 5 M€ par an. 150.000 € de moins, cela représente 3 % de budget en moins. Je ne pense pas qu’une telle diminution soit de nature à mettre en péril leur fonctionnement ».
Fabien Rivière
LIRE 
Culture : la Ferme du Buisson et le Théâtre Sénart obligés de réduire la voilure, Le Parisien, 17 mars 2016. ICI

La mairie de Décines enlève 220.000 € au Toboggan

La salle de spectacles du Toboggan

La mairie Les Républicains de Décines, à l'est de Lyon, a voté fin janvier une baisse de 220.000 euros de la subvention allouée au centre culturel Le Toboggansur les 820.000 € attribués, soit une baisse de 27%. Inauguré en 1996, l'établissement regroupe plusieurs équipements : un théâtre de 664 places, un cinéma de 144 places, un espace d’exposition, une médiathèque et un hall doté d’un bar et d’une banque d’accueil.

Le lieu a été amené à réduire drastiquement sa programmation à l’heure de son 20° anniversaire, annulant certains spectacles, dont celui de la jeune compagnie créée en 2010 LE LAABO, — théâtre « alliant le mouvement et le jeu, en travaillant sous contrainte(s) »,  — qui a publié une lettre de protestation que nous reproduisons ci-dessous.

On signalera, comme en écho, l'inauguration le 9 janvier 2016 du grand stade de l'Olympique Lyonnais (OL) à Décines d'une capacité de 60.000 places et qui comprend le terrain et les tribunes, la boutique OL Store, un musée, des salles et salons, des restaurants et les bureaux du siège de l’Olympique Lyonnais. 
Fabien Rivière

— Le Toboggan à Décines sur une pente glissante, Rue89Lyon, 29 février 2016. ICI

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Chères amies et chers amis, chers programmateurs,

Nous sommes consternés de vous annoncer que la représentation d’(EX) LIMEN, deuxième création du LAABO, qui devait avoir lieu le 2 mars prochain au Toboggan à Décines (69), est ANNULÉE.

À 15 jours de notre venue, nous avons appris que le Toboggan subit une baisse brutale du financement de la ville de Décines de - 25% de son budget annuel, soit 220.000 euros, et se voit contraint d’annuler des spectacles de sa programmation immédiate et à venir.

(EX) LIMEN sera le premier spectacle annulé d’une liste qui semble s’allonger de jour en jour !

Ainsi, malgré un contrat signé, le travail engagé par toute notre équipe (10 personnes) et celle du Toboggan, (EX) LIMEN est éliminé, mis au placard de la programmation ! C’est une bien triste ironie pour une création qui traite de la « placardisation au travail » !

Pour nous, jeune compagnie, cette annulation est dramatique. 

La représentation inscrite dans le programme de la saison 2015/2016 du Toboggan nous offrait la possibilité d’une visibilité auprès du public et des professionnels de la Région Rhône-Alpes et était donc déterminante pour l’avenir de cette nouvelle création !

Notre colère ne se tourne pas vers la direction du Toboggan qui se trouve aujourd’hui dans une situation catastrophique. 

Notre colère se tourne vers une municipalité qui n’a pas conscience des conséquences dramatiques qu’une baisse aussi imprévisible et importante de financement va entraîner sur le projet artistique et culturel mis en œuvre au Toboggan, sur son personnel, sur l’ensemble des compagnies professionnelles qui devaient être accueillies et sur son public.

Il semblerait que cette même municipalité préfère nous payer 75% du prix de vente (contrat oblige) plutôt que de nous voir présenter notre spectacle.

Notre colère vise sa conception d’un monde dans lequel l’équilibre et la sécurité s’obtiendraient en investissant prioritairement dans des caméras de vidéo surveillance (900.000 euros sont prévus au budget 2016 de la ville de Décines !)

Nous parlons, nous, d’ouverture aux autres, de partage et de curiosité. Et, pour autant nous parlons bien nous aussi par le mot « culture », de sécurité et d’équilibre. 

Nous ne sommes, hélas, pas les seuls à subir de telles décisions municipales et nous le déplorons. Pour autant, comme tant d’autres, nous allons continuer à défendre notre projet artistique et au-delà, à défendre les valeurs qui nous semblent essentielles.

Alors, à toutes celles et ceux qui préfèrent le spectacle vivant aux caméras de vidéo surveillance, le lien social et l'échange à l'apologie de la peur de l'autre, à toutes celles et ceux qui préfèrent que l'argent public serve aux jeunes et moins jeunes à penser le monde qui les entoure, plutôt qu’à payer les croquettes des chiens de garde grâce aux économies réalisées sur l’annulation de spectacles, nous proposons et nous vous remercions de diffuser cette lettre d’information au plus grand nombre.

Quant à nous, nous gardons malgré tout l’espoir de venir jouer ce spectacle en Rhône-Alpes la saison prochaine !

A très bientôt,

Bien amicalement,

Anne Astolfe
et toute l’équipe du LAABO

En 2011, le danseur étoile Stéphane Bullion parle de la maladie qu'il a combattu

Stéphane Bullion, Photo James Bort cf. Livre de photos - Les Étoiles de James Bort
 
Film réalisé par Benjamin Millepied, série consacrée aux danseurs étoiles

Parler de sa maladie est une chose rare sinon rarissime, aussi bien dans le milieu de la danse classique que contemporaine. Peut-être son statut de danseur étoile le protège-t-il (relativement ?). En 2011, Stéphane Bullion a 31 ans quand il donne une longue et intense interview au site internet Oncovia, site dont l'objectif est : « Mieux vivre son cancer ». Le danseur a 23 ans lorsqu'il découvre qu'il est atteint d'un cancer des testicules.  > LIRE

Stéphane Bullion est né en 1980. Il commence la danse en 1991 à l'âge de 11 ans, intègre l'École de danse de l'Opéra national de Paris en 1994 à 14 ans, entre dans le corps de Ballet de l'Opéra national de Paris à 17 ans, est nommé danseur étoile le 2 juin 2010 à 30 ans. 
Fabien Rivière

dimanche 27 mars 2016

Pâques - Légion d'honneur pour Germaine Acogny

Insigne de Chevalier de la Légion d'honneur

Trois fois par an — le jour de l'An, à Pâques et le 14 juillet —, l'État distribue ses Légions d'honneur. 

Du côté des civils — les militaires ont un autre régime — le "parcours" progresse ainsi : on débute en étant promu pour prendre rang au grade de chevalier, puis officier et commandeur; on est élevé aux dignités de grand'croix et de grand officier.

Cette promotion de Pâques pour les civils récompense 535 personnes, dont 433 chevaliers, 73 officiers et 22 commandeurs. Cinq d'entre elles sont nommées grands officiers et deux grand'croix. Les promotions civiles appliquent la parité homme-femme depuis 2007 (en savoir +).

Fabien Rivière

Ministère des affaires étrangères et du développement international
PROTOCOLE
Au grade d'officier

Germaine Acogny, Photo Association Jant-Bi

    Mme Acogny      (Germaine, Marie, Pentecôte), directrice d'un centre international de danses traditionnelles et contemporaines d'Afrique [École des sables, à Toubab Dialao (sud de Dakar), Facebook] (Sénégal). Chevalier du 21 juin 2006.