samedi 9 juillet 2016

Michael Cimino parle de l'importance de la danse

Cette interview date de 2013. Michael Cimino, qui vient de mourir à l’âge de 77 ans, aborde aussi d'autres sujets. Pour la danse : à partir de 09:07. 

jeudi 7 juillet 2016

Bagdad - Le danseur Adil Faraj, 23 ans, tué par un attentat-suicide du groupe Etat islamique

Le danseur Adil Faraj
On le voit ici en répétition sur la scène du Centre culturel Al-Hussein à Amman, en Jordanie. Le danseur Adil Faraj fait partie des victimes de l’attentat au camion piégé de Bagdad, qui a fait 250 morts dimanche 3 juillet ICI. L’attentat, revendiqué par le groupe Etat islamique, est le plus meurtrier depuis l’invasion américaine en 2003. (source : euronews)


AMMAN, Jordan (AP) — An Iraqi self-taught dancer who defied conservativism and threats ahead of his stage debut last year was among the scores killed in a massive suicide truck bombing over the weekend in Baghdad.
The 23-year-old dancer, Adil Faraj, was buying clothes in the neighborhood of Karada for the Islamic holiday of Eid al-Fitr that marks the end of the holy month of Ramadan when the attack happened. The holiday begins on Wednesday in Iraq.
An Islamic State bomber detonated the truck in a crowded shopping area around 1 a.m. Sunday, on a street filled with Iraqis preparing for the holiday or just seeking a nighttime break from the sizzling Baghdad summer heat before the start of their fast at dawn. By Tuesday, the death toll from the attack rose to 175 — one of deadliest in more than a decade of war and violence in the Iraqi capital.
Faraj, a recent law school graduate who last year traveled to Jordan for his on-stage dancing debut, was among the victims.
"I wish I had a time machine to go back and fix what happened," said Bilal, 18, Faraj's younger brother who spoke to The Associated Press by phone from Belgium, where he lives as a refugee.
Faraj's body was found intact, Bilal said, and he was buried on Monday in a cemetery in the Shiite city of Najaf, south of Baghdad.
At the funeral, Bilal said his father cried. His mother is inconsolable and Bilal said he hasn't even been able to speak to her over the phone, she can't stop sobbing.
Faraj bucked conservative Iraqi culture to teach himself how to dance via YouTube and Skype, inspired by a Michael Jackson performance he watched on DVD.
He danced to videos in his cramped family home — hiding from a society scornful of the art form and from the chaos that engulfed Iraq after the U.S.-led invasion in 2003.
Then, he was discovered by the Manhattan-based Battery Dance Company and brought to Jordan to train professionally and perform for the first time on stage.
In a dark hall in Amman, Jordan, under a single spotlight, he slowly moved with the haunting Gary Jules' song "Mad World" — his first solo performance. After it, Faraj told the AP in an interview that it was "like a dream."
But though he said at the time that instability and conservatism in Baghdad made the city no longer feel like home, he continued to live in Iraq with his family so he could complete his studies.
He also fell in love, and was engaged to be married this summer. He and his fiancee dreamed of moving to America to pursue dancing professionally.
"But he didn't make the dream," Bilal said.
Jonathan Hollander, director of the Battery Dance Company and one of Faraj's Brooklyn-based dance mentors had tremendous respect for the young Iraqi. They had formed an online friendship that transformed into dance lessons on Skype, organized by Hollander.
"Every day of his life he was fighting some kind of battle: with his environment, his society, with the world as it is today," said Hollander. "How is it possible for someone who is living in a war zone to find a way to dance?"
Faraj is survived by three brothers and his parents.
"Adil just wanted to fly, to experience life to the most," said Rania Kamhawi, the director of the dance festival where Faraj performed in Amman. "I would have liked for him to fly."
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Associated Press Writer Susannah George in Baghdad contributed to this report.

mercredi 6 juillet 2016

Londres - Exposition - The Neo Naturists


 The Neo Naturists, 8 July–21 August 2016, Studio Voltaire, London. Site 

« This summer, Studio Voltaire will present a retrospective of the 1980’s performance group the Neo Naturists. This will be the first historical survey of the Neo Naturists work in a public institution.
The Neo Naturists are an important live art collective initiated in 1981 by Jennifer Binnie, Christine Binnie and Wilma Johnson. The group emerged as a part of London’s subculture that arose from the squatting community in the aftermath of Punk and the emergence of the New Romantic club scene and the advent of Thatcherism. During this time a creative energy developed in the UK that sat outside established institutional practices of the time, creating its own network of activities, events, economies and personalities.
The Neo Naturists were a part of a cultural network of collaborators and peers that included figures such as BodyMap (Stevie Stewart & David Holah), Leigh Bowery, James Birch, Jill Bruce, [choreographer] Michael Clark, David Dawson, Peter Doig, Boy George, Maia Norman, John Maybury, Sophie Muller, Simon Foxton, Bruce Lacey, Andrew Logan, Grayson Perry, Genesis P.Orridge, Psychic TV, Derek Jarman, Princess Julia, Marilyn, Philip Sallon, Test Department, Jill Westwood, Dencil Williams and Cerith Wyn Evans.
The group established quite organically, whilst Christine Binnie and Wilma Johnson had been experimenting at St Martin’s College with body painting as a way to expand past the canvas, Jennifer Binnie and Grayson Perry had also been using body paint as a way of exploring body image and identity at Portsmouth Polytechnic. United by a belief in the radical and subversive potential of bodypainting, the Neo Naturists took these private experiments to clubs and parties, which quickly developed into more formalized parts of the groups artistic practice. »

La danse au père de Radhouane El Meddeb («À mon père, une dernière danse et un premier baiser»)

À mon père, une dernière danse et un premier baiser, de Radhouane El Meddeb, 
Photo Fabien Rivière 

Rendre compte de la nouvelle création du talentueux Radhouane El Meddeb, un solo qu’il interprète, À mon père, une dernière danse et un premier baiser, est un exercice difficile, sinon impossible. Le titre indique le sujet, sensible. La feuille de salle contient une interview du chorégraphe, explicite : 
D'où vient l'idée de la pièce ? 
Dans mon rêve, j’étais seul dans un très grand espace, et je faisais face à une seule personne : mon père. Là, je me confessais.
Mon père est mort il y a 5 ans déjà, sans annonce, seul, un matin. Il nous a quitté, brusquement. Je n’ai pas eu le temps de lui dire adieu...
Et pourtant, j’avais encore envie de lui dire des choses, j’avais tant envie de lui raconter ma vie loin de lui, de lui confesser des secrets, de danser devant lui...
À présent, il est parti et ne reviendra plus. J’ai mis du temps à trouver comment parler, comment dire et sortir de moi tout ce que je n’avais pas dit à mon père, tout ce que je crevais de lui dire.
C’est dans le Studio Bagouet du Centre chorégraphique national de Montpellier lors du Festival Montpellier Danse qu’est donnée la pièce. La salle est plongée dans la nuit. L’espace est vaste, cela respire, un cube entre abstraction pure et petite chapelle campagnarde, lieu de discrète spiritualité. 

Au centre, au sol, un carré blanc illuminé, et à gauche, comme un vestige d’un jouet d’enfant abandonné, peut-être cassé ou brisé, blanc aussi.

Radhouane El Meddeb est debout, de dos, portant un jogging noir, torse et pieds nus. Il restera longtemps ainsi. La tête va pivoter de droite à gauche, et inversement, dans une amplitude modeste, de façon répétée et mécanique. On songe à un enfant qui dit non, ou plutôt à un enfant qui ne peut-veut pas voir quelque chose du réel. De même, toujours debout de dos, la tête va basculer vers l’avant et l’arrière, et inversement, fortement, longuement. Les bras s’animent. Comme pour éprouver l’existence d’un corps. Oui, c’est un corps, et non du plastique ou le bois d’une marionnette. 

Au bout de 26 minutes, le visage du chorégraphe apparaît pour la première fois. On dirait un portrait du peintre Francis Bacon. C’est magnifique. Et saisissant. Le visage va disparaître de nouveau. 

C’est une plongée profonde dans l’enfance. Le corps est pris de tremblements. On se dit que ce qui devait être donné (par la famille), ne l’a pas été. La demande (légitime) de l’enfant ne rencontre pas de réponse. Manques. Soubresauts. Et tentative pour que les blessures se colmatent enfin. 

On l’aura compris, il ne s’agit pas de divertissement ou d’engagement sociétal ou explicitement politique ou de discours théorique magistral (et sans conséquence). Mais de ce qui est premier, le soin, au sens de prendre soin de soi (et ainsi des autres). On sous-estime les dégâts des névroses familiales et de la violence qu'elles produisent contre soi et les autres, et pourtant on en fait les frais tous les jours dans le monde social. Radhouane El Meddeb explore avec courage et élégance, sans pathos, un sujet névralgique.
Fabien Rivière

Chorégraphes Associés - Lettre ouverte à la Ministre de la Culture : « Artistes à l'école » sans la Danse


Lettre ouverte - 5 juillet 2016 
Madame La Ministre,

Le 29 Juin 2016, vous annonciez parmi d'autres mesures, le lancement du dispositif Artistes à l'Ecole pour une centaine d'établissements dès la rentrée 2016.

Dans un premier temps, nous ne pouvons que nous réjouir d'un dispositif qui propose une présence forte de l'art et des artistes à l'école et ceci grâce à un partenariat avec Le Ministère de l'Éducation Nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Mais comment ne pas réagir quand, dans la liste des projets de créations et des résidences d'artistes envisagés par vos ministères, ceux des chorégraphes ne sont pas nommés. Nous y lisons ceux des comédiens et metteurs en scène, des musiciens et compositeurs et de tous les autres arts du spectacle vivant et des arts visuels, mais la danse, les danseurs et les chorégraphes ne sont même pas nommés...!
Nous espérons qu'il s'agit d'un oubli involontaire...

Nous tenons à vous rappeler que la danse possède dans ce domaine une expérience de presque quarante années. Que cette expertise, reconnue par le passé, et soutenue par les Ministères de la Culture et de l'Education Nationale, a donné lieu à la création à travers l'Association Danse au Cœur en 2002 d'un Pôle National de Ressources (aujourd'hui disparu). Nous sommes de très nombreux chorégraphes et danseurs à avoir été formés et avoir défendu l'art à l'école à travers tous ces projets qui ont encore lieu sur l'ensemble du territoire.

Ces projets et ateliers menés par les chorégraphes depuis les années 80 ont servi de modèles pour la création des classes APAC [à projet artistique et culturel] dans le cadre du plan pour les Arts et La Culture à l'Ecole initié par vos prédécesseurs en Décembre 2000.

Il nous semble aujourd'hui tout à fait incompréhensible que cette pratique artistique de la danse à l'école, éprouvée, théorisée, reconnue très largement soit absente d'un dispositif proposée par vos ministères.

Nous espérons une réponse claire sur ce sujet et serons très vigilants à ce que la danse ne soit pas, encore une fois, mise à l'écart des projets qui doivent jouer un rôle fondamental dans une démocratisation de l'art et pour laquelle nous sommes depuis longtemps très impliqués.

mardi 5 juillet 2016

Présence de Deborah Hay (« Figure a Sea »)



Portrait de Deborah Hay, Capture d'écran Espaces Magnétiques et Figure a Sea au Théâtre de l'Agora (Festival Montpellier Danse), Photos Fabien Rivière ©

Certains miracles sont encore possibles : qu'une compagnie aussi reconnue que le Ballet Cullberg, qui fêtera l'année prochaine ses 50 ans, commande une pièce à une chorégraphe importante mais discrète comme Deborah Hay. Née en 1941 à Brooklyn aux États-Unis, elle a 75 ans. 

La première de Figure a Sea, — en français Figurer une mer, au sens d'un espace de possibilités et de contemplation — a eu lieu en septembre 2015 à Stockholm à l'issue de six semaines de travail. La chorégraphe avait mené en amont des ateliers (ou workshops) et connaissait les interprètes. 

Le titre peut prêter à confusion. Il suffisait pour s'en convaincre d'écouter certaines conversations à l'issue de l'une des deux représentations données au Théâtre de l'Agora lors du festival Montpellier Danse. C'est Sea qui a retenu l'attention, et orienté le regard, à tort. Au début, on ne voit pas trop le rapport entre ce qui se passe sur le plateau et la mer. On songe au Beach Birds de Cunningham, une pièce de 1991, rare titre explicite (beaucoup plus que CRWDSPCR, Rondo, Loose Time, Xover, Native Green ou encore Un jour ou deux). Rapidement, on décide de ne pas s'y référer. Au départ, on peut certes observer de grands échassiers, prudents, certes un peu dégingandés. 

La scénographie, qui n'est pas créditée dans la feuille de salle, mais que signe celle qui a conçu les lumières, Minna Tiikkainen (assistée de Heikki Paasonen), est sobre mais expressive. Au sol, l'espace central est un vaste rectangle blanc bordé au pied du mur du fond d'une ligne de (sept) tubes de lumière blanche, espace de possible et d'invention. Tout autour, une surface noire, comme une menace constante d'entrave, qui introduit le poids de l'histoire (un 20° siècle tragique; pour les États-Unis, à l'extérieur du territoire, la guerre du Vietnam notamment, et à l'intérieur les luttes de libération pour les droits des minorités, un 21° siècle qui débute avec le 11 septembre). 

L'écriture de la danse est d'une richesse inouïe qui semble infinie, d'une grande fluidité, et qui jamais ne se répète. C'est une danse non violente, qui manifeste une foi dans l'humanité et dans la pluralité du vivant bouleversante. À rebours du cynisme et des rapports de forces et de domination. Il est possible de penser aux espoirs des années 60 dans une civilisation enfin pacifiée, même si la création ne montre pratiquement aucune mobilisation collective. La pièce se clôt par un sublime solo, de droite vers la gauche du plateau, rapide, vif comme un vol d'hirondelle, dont la trajectoire connaît de fréquents et élégants décrochages. 
Fabien Rivière
Les saluts à l'issue de Figure a Sea, Photo Fabien Rivière ©

Birgit Cullberg 
Le Ballet Cullberg est une compa-gnie de danse moderne puis contem-poraine fondée en 1967 en Suède par la chorégraphe Birgit Cullberg (1908 - 1999) qui l'a dirigé presque vingt ans, jusqu'en 1985. Elle compte actuellement 16 danseurs.  « La philosophie fondatrice est que tous les danseurs doivent être considérés comme des solistes et donc recevoir le même salaire », explique la biographie de la compagnie sur son site ICI. Se sont succédés à sa direction Mats Ek (1985-1993), le fils de Birgit CullbergCarolyn Carlson (1993-1995) en codirection avec Bertrand d'At (1993-1994)une codirection Lena Wennergren-Juras et Margareta Lidström (1995-2003), Johan Inger (2003-2009), Anna Grip (2010 - 30 août 2013), un comité artistique composé de Monica Fredriksson, Jane Hopper, Lisa Drake et Thomas Zamolo est nommé jusqu'au 31 décembre 2013, et Gabriel Smeets (cf. portrait ci-dessous) depuis le 1er mai 2014. Ce dernier vient du SNDO (School for New Dance Development) d'Amsterdam, école supérieure de danse.  

De  jeunes chorégraphes contemporains ont été sollicités ces dernières années pour des créations, comme Jefta van Dinther (Plateau Effect puis Protagonist) qui travaille entre Stockholm et Berlin, Trajal Harrell (The Return of the Modern Dance) et Eszter Salamon (Reproduction). Il est fait aussi appel à des créateurs confirmés comme Deborah Hay, le Canadien Benoît Lachambre (High heels too), Edouard Lock (11th Floor) et le Brésilien Christian Duarte (Against the Current, Glow). La troupe est installée au sud-ouest de la capitale Stockholm.

Gabriel Smeets dirige le Ballet Cullberg depuis le 1er mai 2014, Photo DR

lundi 4 juillet 2016

Opéra de Paris, 3° Scène - William Forsythe, Alignigung


 Alignigung
Auteur
William Forsythe (réalisation)


« Pendant des années, Rauf"RubberLegz"Yasit et moi-même avons axé nos travaux respectifs sur les stratégies chorégraphiques impliquant l’entrelacement du corps dans ses vides et ses creux son “negative space". Riley Watts avec The Forsythe Company a intensivement exploré ce genre d’entrelacements, ce que Rauf faisait aussi dans son propre travail. Ce film réunit ces trois axes de travail en entrelacent deux corps pour former ce que j’aime appeler «puzzles optiques». Dans ces entrelacements, il est clair pour le spectateur qu'il n'y a que deux personnes dans la composition. Néanmoins, la complexité de l’entrelacement de leurs deux corps crée des “ énigmes optiques" qui défient souvent la logique apparente de la situation. Le titre ALIGNIGUNG est également un mélange de deux langues. Le mot anglais align sonne comme le mot allein en allemand, ce qui signifie « seul ». Ce mot anglais a été inséré dans le mot allemand Einigung, ce qui signifie un accord. Ainsi, le résultat «entrelacé» est un jeu de mots et un néologisme, ce qui pourrait signifier l'alignement en accord avec soi-même et l’autre, solitairement. »
W. Forsythe

samedi 2 juillet 2016

Hugo Marchand en répétition avec William Forsythe


Hugo Marchand, Premier danseur au Ballet de l'Opéra national de Paris ICI, en répétition avec le chorégraphe William Forsythe à l'Opéra de Paris (France) pour la nouvelle création de ce dernier, Blake Works I (musique de James Blake), présentée avec Of Any If And (créée en 1995 avec le Ballet de Francfort) et Approximate Sonata (créée en 1996 avec le Ballet de Francfort) au Palais Garnier du 4 au 16 juillet 2016 ICI. La hiérarchie des danseurs s'organise successivement de stagiaires, quadrilles, coryphées, sujets, premiers danseurs à étoiles.  
Fabien Rivière
Photo Ann Ray - OnP

Festival d'Avignon 2016 - Parler de Danse

     Jeudi 7 juillet     
Danse: présentation des travaux de la commission
LES JOURNÉES PROFESSIONNELLES DU SYNDEAC
14h30-16h – Salle de commission 2e étage – ISTS 
Avec Mylène Benoît, Valérie Deulin, Herman Diephuis, Emmanuelle Jouan, Patrick Germain-Thomas, chercheur et économiste spécialiste du secteur chorégraphique
> Réunion réservée [a priori] aux adhérents du Syndeac et membres de la Commission [mais consulter notre Syndeac : Élargissement des publics de la danse contemporaine]  

     Lundi 11 juillet    
Un, nous
RENDEZ-VOUS DU CONSERVATOIRE/SACD
16h-17h30 – Conservatoire du Grand Avignon
Rencontre avec le chorégraphe, son parcours, sa famille artistique, sa pluridisciplinarité, son engagement, sa sensibilité à l’art et surtout aux êtres. 
Avec Thierry Thieû Niang
Organisé par la SACD
> Réunion publique                      Thierry Thieû Niang


        Mercredi 13 juillet        
La danse à l’école
RENCONTRE DE LA MAISON JEAN VILAR
17h – Calade de la Maison Jean Vilar 
Dans le cadre des missions d’éducation artistique portées par les organismes départementaux et à l’occasion de la parution de l’ouvrage de Patrick Germain-Thomas Que fait la danse à l’école? / enquête autour d’une utopie possible, aux Éditions de l’Attribut ICI, la fédération Arts Vivants et Départements, en partenariat avec Arts Vivants en Vaucluse et la Maison Jean Vilar, organise une rencontre sur le thème de la danse à l’école. La présentation de Patrick Germain-Thomas sera éclairée par des témoignages de représentants de la fédération Arts Vivants et Départements engagés dans des projets Danse à l’école, des témoignages d’artistes chorégraphiques et de représentants de l’Education nationale.
Avec Patrick Germain-Thomas, docteur en sociologie
Organisée par la fédération Arts Vivants et Départements en partenariat avec la Maison Jean Vilar
> Réunion publique
Renseignements et réservations : Fabienne Arsicaud - Tél. 06 10 78 59 92


     Jeudi 14 juillet     
La scène augmentée et le spectacle du futur
Les nouvelles technologies sonores du spectacle vivant
CONFÉRENCE - PERFORMANCE
14h30-16h – Atelier théâtre – ISTS
Le métissage des formes classiques, théâtre - danse - musique s’accélère avec les nouvelles technologies. La scène augmentée, devenue installation collective, fait interagir l’auteur 2.0, le scientifique et le performer total. La dramaturgie se raconte avec de nouvelles pratiques scéniques.
Avec Greg Beller, directeur artistique de la compagnie Synekine et directeur du département Interfaces Recherche et Création de l’Ircam et Valencia James, performer/danseuse.
Organisée par l’Adami
> Réunion publique

       Lundi 18 juillet       
Corps sensible/corps social
DÉBAT DU SYNDICAT CHORÉGRAPHES ASSOCIÉS
14h30 – Cloître Saint-Louis
Les chorégraphes créent de la relation au monde, ils créent donc du social. Comment cela interroge le vivre ensemble dans la cité?
Cinq regards sur la question avec Nadia Vadori-Gauthier, chorégraphe, Mickaël Phelippeau, chorégraphe, Yvain von Stebut, artiste plasticien - docteur en arts plastiques, Emmanuel Wallon, Professeur de sociologie politique à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense et un élu.
Modéré par Micheline Lelièvre, chorégraphe
> Réunion publique

      Mardi 19 juillet      
DANSE : LE CORPS À L’ÉPREUVE DU TEMPS
18h – Jardin du Théâtre des Doms 
Avec Dominique Genevois (CNSMD de Lyon), David Le Breton (anthropologue et sociologue), Jean-Pierre Aviotte, Christian Ubl, Claudio Bernardo, Mauro Paccagnella
En collaboration avec Charleroi-Danses, Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Contredanse et avec le soutien de l’Ambassade de France en Belgique dans le cadre d’EXTRA.
Animée par Sylvia Botella
> Réunion publique

BAL DES 10 ANS / BAR DU FESTIVAL EN AVIGNON 2016
mardi 19 juillet de 23h30 à 3h
Portes ouvertes à la danse pour fêter les 10 ans de Chorégraphes Associés.
Venez danser avec Nadia Vadori-Gauthier, Roser Montlló Guberna, Micheline Lelièvre et Christian Bourrigault.
ATTENTION, Inscription obligatoire ici (dans la limite des places disponibles)

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LES HIVERNALES : RENCONTRE AVEC LA DANSE   Site
les 10, 17, 22, 24 juillet à 11h30 – les 12 et 14 juillet à 15h30 – le 19 juillet à 17h30 
Village du OFF 
Les rendez-vous qui rassemblent l’été à Avignon, les artistes chorégraphiques, le public et les professionnels, s’inscrivent dans l’histoire des Hivernales.
Le CDC-Les Hivernales poursuit donc ce cycle de rencontres. Cette année, en co -organisation avec Avignon Festival & Compagnies et animées par le journaliste et critique de danse Philippe Verrièle, elles permettront de découvrir et d’échanger avec les chorégraphes et danseurs présents à Avignon cet été.
> Réunion publique

jeudi 30 juin 2016

Syndeac : Élargissement des publics de la danse contemporaine

Communiqué de Presse

La commission Danse, pilotée par Mylène Benoit, Valérie Deulin, Herman Diephuis et Emmanuelle Jouan, a travaillé cette année sur plusieurs objets : 
  • Les moyens généraux accordés à la Danse et plus particulièrement les arrêtés relatifs aux aides aux équipes artistiques et résidences ;
  • Les arrêtés relatifs aux cahiers des charges des CCN et des CDC ;
  • L’extrême tension entre la production et la diffusion dans le secteur chorégraphique. La commission a par exemple constaté que, compte tenu des cahiers des charges des équipes chorégraphiques, les seules compagnies soutenues par l’État devaient produire 250 spectacles par an et trouver à diffuser 2742 représentations, et ce pour seulement 150 lieux diffusant de la danse de manière régulière (essentiellement en  scènes pluridisciplinaires et festivals). Ce ratio est intenable et ne prend pas en considération les compagnies étrangères ou les compagnies non soutenues par L’État programmées dans ces mêmes lieux. Cette tension est accrue par l’injonction faite aux scènes pluridisciplinaires de remplissage de leurs salles, ce qui prévient toute possibilité de série de représentations (même lors d’une création) et rend difficile les prises de risque. 

La question de l’élargissement des publics est donc devenue la priorité de la commission. Attendu que la Danse est la 2è pratique amateur derrière le football, il n’est pas acceptable que le public de la création chorégraphique contemporaine ne soit pas plus développé.
La commission a donc travaillé sur les leviers possibles de l’élargissement de ce public, par exemple :
  • réorientation des cahiers des charges des compagnies sur le développement du travail d’éducation artistique chorégraphique ;
  • révision de la politique de remplissage des lieux pluridisciplinaires, permettant aux lieux de soutenir davantage les créations chorégraphiques qu’elles co-produisent (plusieurs représentations sont indispensables), et de prendre davantage de risque quant à la programmation chorégraphique ;
  • développement de la culture chorégraphique des lieux pluridisciplinaires, notamment par le biais de la sensibilisation des programmateurs de leurs territoires par les CDC et les CCN ;
  • accompagnement des pratiques des futurs publics par le biais de politique incitative hors temps scolaire et politiques tarifaires adaptées ;
  • médiatisation de la danse contemporaine sur le service public de la télévision ;
  • naissance d’une manifestation populaire autour de la danse contemporaine (sous le modèle de la fête de la musique ou de nuit Blanche).

Lors du festival d’Avignon, la commission Danse vous invite à une rencontre avec Patrick Germain-Thomas, chercheur et économiste spécialiste du secteur chorégraphique. [Jeudi 7 juillet - 14h30-16h – Salle de commission 2e étage – ISTS cf. Guide du professionnel du spectacle vivant 2016 (fichier PDF - 2.6 mb), page 31]

mardi 28 juin 2016

Avec "Le syndrome Ian", Christian Rizzo se révèle alchimiste

Christian Rizzo, Photo Mario Sinistaj

Christian Rizzo a présenté les 24 et 25 juin dans le cadre du Festival Montpellier Danse sa nouvelle création pour dix interprètes, Le syndrome Ian. Le lieu, l'Opéra Comédie, un théâtre à l'italienne, ne se prête guère à la pièce puisque le public situé à l'orchestre n'a pas vu que le sol était de couleur or. Le second jour, on a donc rapatrié en urgence les professionnels importants au balcon. Mais le balcon n'est pas extensible. 

Visuel du Centre chorégraphique national de Montpellier dirigé par Christian Rizzo

J'ai préféré assister à la seconde représentation afin de laisser à la compagnie un peu de temps de maturation. J'étais situé à l'orchestre. 

Christian Rizzo présente le projet dans la feuille de salle : « Troisième volet consacré à l’exploration des pratiques de danses anonymes confrontées à la notion d’auteur, le syndrome ian accueille des souvenirs de clubbing et de la nuit. Ni hommage, ni reconstitution. 1979, première sortie en discothèque. » Né en 1965 à Cannes, le chorégraphe a alors 14 ou 15 ans.  

Le syndrome Ian, de Christian Rizzo, Photo Fabien Rivière 

La proposition est construite comme une longue variation de 55 minutes. L'espace est celui d'une boite de nuit. La musique électro est l'élément dominant : une puissante pulsation à laquelle sont adjointes des fluctuations mélodiques (très bonne musique de Pénélope Michel et  Nicolas Devos - Cercueil / Puce Moment). Dans la scène d'ouverture, qui va durer dix minutes, les danseurs sont regroupés, debout, enlacés. Puis ils vont lentement se séparer pour former pour l'essentiel des duos où ils se prennent dans les bras. Il est possible de penser à des slows.     

Peut-on parler de chaleur humaine et de tendresse ? Il est plutôt question d'une agrégation de molécules qui va se scinder. C'est de la physique, plutôt que de la psychologie. Les relations des uns aux autres ne cessent de se reconfigurer, mais rien de durable n'advient. Il y a bien quelques tentatives de construction, mais elles tournent court. Il s'agit d'un magma.



La danse a d'ailleurs une place spécifique. Christian Rizzo : « Alors que la planète vibre sous le son du disco et de ses adeptes d'une danse ondulatoire et lancinante, l'Angleterre voit naître une musique sombre et poétique rythmée par des corps électriques, angulaires, saccadés [le punk rock] » Ian, c'est Ian Curtis, chanteur de Joy Division, atteint de crises d'épilepsies, qui se suicide à l'âge de 23 ans en 1980. Pendant les concerts du groupe, la gestuelle de Curtis était hallucinante de beauté. Cependant, les corps chez Rizzo ne sont ni disco ni punk. Ceux qui attendent une "belle" danse ou une belle écriture en seront pour leurs frais. Certains parlent de pauvreté des mouvements, à notre avis à tort. Le piège consistant à esthétiser la situation a été justement évitée. Cela dit, cela donne une danse un peu down, ou "chewing-gum". On perçoit que la marge de progression demeure importante.   

Les costumes sont étonnants : baskets blanches, jogging noir, chemises blanches à manches courtes. Propres et banals à la fois.

Le chorégraphe est autant ethnologue que magicien. Le réel et l'imaginaire. Une première séquence et une deuxième. Mais c'est surtout un alchimiste : « L'un des objectifs de l'alchimie est le grand œuvre, c'est-à-dire la réalisation de la pierre philosophale permettant la transmutation des métaux, principalement des métaux « vils », comme le plomb, en métaux nobles comme l'argent ou l'or. Un autre objectif classique de l'alchimie est la recherche de la panacée (médecine universelle) et la prolongation de la vie via un élixir de longue vie. La pratique de l'alchimie et les théories de la matière sur lesquelles elle se fonde, sont parfois accompagnées, notamment à partir de la Renaissance, de spéculations philosophiques, mystiques ou spirituelles. » (1) La troisième et dernière partie est brève, où une jeune femme danse de façon très narcissique devant un totem. 

On peut rapprocher Le syndrome Ian d'une autre trilogie, présentée au Festival d'Avignon par Romeo Castellucci en 2008 avec Inferno, Purgatorio et Paradiso. La présence de la mort est aussi massive, sans être morbide. D'où la question : sommes-nous au paradis, en enfer ou au purgatoire ? Paradis ? Non. Enfer ? Peut-être. Purgatoire ? Sans doute.

Comme avec Levée des conflits de Boris Charmatz (qui pensait faire exactement le contraire), la pièce montre des humains incapables de relations véritablement humaines les uns avec les autres. Edgar Morin n'en appelle-t-il pas à « une nouvelle « politique de civilisation », pour sortir de cet « âge de fer planétaire... préhistoire de l'esprit humain »».
Fabien Rivière
(1) Source : wikipedia

Christian Rizzo dirige depuis 2015 le Centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc-Roussillon devenu Centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées depuis quelques mois, regroupement de régions oblige, — mais à vrai dire, depuis un vote du Conseil régional ce 24 juin (1), on doit écrire désormais «Occitanie» avec comme sous-titre «Pyrénées-Méditerranée» — structure qu'il a rebaptisé ICI, pour Institut Chorégraphique International. 
(1) Sud Ouest

Nous avons aussi publié :  

TOURNÉE de Le syndrome Ian :
30 juin et 1er juillet 2016. Stadsschouwburg Amsterdam / Grote Zaal, Amsterdam (Pays-Bas) dans le cadre de Julidans Festival
6 septembre. Château Rouge - Centre culturel, Annemasse, dans le cadre de la Bâtie, Festival de Genève (Suisse)
21, 22 septembre. Opéra de Lyon, dans le cadre du focus de la Biennale de la danse de Lyon
26, 27 septembre. La Comédie de Clermont-Ferrand - Scène nationale
30 septembre 2016. Le Parvis, Tarbes, en collaboration avec le Centre de Développement Chorégraphique (CDC) Toulouse / Midi-Pyrénées
27, 28 janvier 2017. Opéra de Lille
3 février 2017. Le bateau feu, Dunkerque
18 février. L'Autre Scène, Vedène, dans le cadre du Festival Les Hivernales OPTION 
23, 24, 25 février 2017. Kampnagel, Hamburg (Allemagne) OPTION
20 et 21 mars 2017. Comédie de Valence. 
26, 27, 28 avril 2017. Théâtre de Chaillot, Paris, dans le cadre de "Hors les murs" 
                                        du Théâtre de la Ville
15 septembre 2017. Teatro Municipal do Porto (Portugal) 
— Entre le 9 et le 15 octobre 2017. 2 représentations, National Theater Taichung (Taiwan)
— Entre le 8 et le 17 décembre 2017. 1 représentation, Concertgebouw Brugge, Bruges (Belgique). 
À préciser en 2017. lieu unique - Scène nationale de Nantes / TU - Nantes