La nouvelle création de Daliza Belaza se nomme Orage. On songe à Oh rage ! Allez savoir pourquoi. Oh rage !, Oh désespoir ! ? Peut-être. Elle est à voir dans le cadre de la Biennale de danse du Val-de-Marne.
Un plateau vide, dans une ambiance nocturne. En son centre Dalila Belaza. À sa droite, un peu plus profondément, un guitariste, discret. Rien moins que Serge Teyssot-Gay, qui, en 1980, en classe de seconde, rencontre dans un lycée catholique de Bordeaux, Bertrand Cantat, et forme un groupe de rock qui se nommera quelque temps plus tard, Noir Désir, jusqu'à son arrêt en 2003. Il crée en 2005 le duo Interzone avec l'oudiste syrien Khaled Aljaramani rencontré à Damas lors d'une tournée de Noir Désir, avec qui il réalise cinq albums. Suivent de multiples collaborations.
Ils sont tous les deux habillés de noir. Elle dans un vêtement très large, qui peut suggérer, un temps, une camisole de force. Lui, crane lisse, mine de moine. Avec sa guitare électrique il délivre un rock bruitiste puissant. Il est debout, immobile, seule sa main droite bouge, comme grattant ou chatouillant la basse. Il parlera plus tard justement de « déluge électrique ».
Il s'agit d'une improvisation. Rien n'est écrit, ou préparé avant. Refaire ce qui a fonctionné la veille ne marche pas, explique-t-il. Il faut être présent. Il souhaite que cette disponibilité soit à l'œuvre aussi dans la vie (quotidienne), afin de permettre des rencontres imprévues.
Il ne cessera, dans un premier temps, d'observer la performeuse, puis ses yeux sembleront se perdre dans le lointain du ciel. Dans les hauteurs, trois rangées de onze projecteurs pour assurer les lumières, redoutablement efficaces.
Après la vision de la pièce, et après l'écriture de tout le reste de cet article, on découvrira les propos de la chorégraphe dans la revue Cahiers de danse (cf précisions en fin d'article) : « Qu'il s'agisse de mon travail de création ou de transmission, je m'aperçois que je prépare assez peu : je me mets plutôt en situation de tensions, voire de péril. Anticiper et projeter mentalement mes gestes serait en contradiction avec les états d'écoute, de conscience et d'hypervigilance que je recherche. » (p. 24)
Mais poursuivons. Comme ancrée au sol, la danseuse tressaille, défaille, comme prise dans des turbulences, pantin désarticulé. Possédée ? Mais par quelles forces ? On songe un temps à un film de science-fiction, à du David Lynch. D'un côté le corps est perturbé, de l'autre on se dit qu'il est aussi question de lâcher-prise. Pour quel but ? Par quel chemin ? Elle va s'assoir, s'allonger de profil, etc. Elle va disparaître vers le fond de scène, puis réapparaître. Elle semble justement pouvoir voyager dans l'espace et le temps (cf notre critique de son Au cœur, ICI). Elle suggère, un temps, un grand guignol moyenâgeux, puis, allongée vers le fond à gauche du plateau, elle est un simple corps mort indiscernable, une dépouille, d'on ne sait qui, sans pathos. Puis, elle réapparait au centre du plateau, dans une gestuelle plus fluide, comme (légèrement) allégée ? Comme une patineuse artistique qui glisse sur le sol gelé. Elle sollicitera aussi le ciel.
Fabien Rivière
Orage, de Dalila Belaza, La Briqueterie (94), Vitry-sur-Seine, dans le cadre de la Biennale de danse du Val-de-Marne, vu le 27 mars (notre présentation). en savoir +
TOURNÉE 2025
Jeudi 10 avril — L’Azimut - Théâtre La Piscine, Châtenay-Malabry. En savoir +
16-17 septembre — Focus Danse, Biennale de la danse de Lyon, Lyon.
25-26 septembre — La Coupole - Théâtre Sarah Bernhardt, Théâtre de la Ville, Paris.
LIRE
Une interview de Dalila Belaza à retrouver dans le dernier numéro de la revue bilingue français-anglais de la Briqueterie, à Vitry-sur-Seine (94), — qui organise la Biennale de danse du Val-de-Marne, — "Accueillir le vide", pp 24-27, dans Cahiers de danse, n°2, dossier : Sommeils, 9 €. En savoir +
En 2020, le français Fabrice Lambert présentait Seconde nature, un quatuor (notre article La vitesse de Fabrice Lambert). Cinq ans plus tard il propose Renverse, pour huit interprètes, découvert lors de la Biennale de danse du Val-de-Marne.
Autant Seconde nature, au demeurant excellent, est urbain, nocturne, digital, tendu, chimique, désespéré, autant Renverse est aérien, sinon cosmique, hors du temps, nature, sinon naturel, volontaire. La pièce débute dans un grondement la nuit, dont on ne sait ce qu'il présage. Les interprètes portent des costumes légers bleus, couleurs soutenues ou pastel, comme au printemps ou l'été. La danse est écrite, très riche mais toujours lisible. Le chorégraphe défend un engagement physique constant, un solide optimisme, l'émerveillement premier de l'enfant, de quoi faire ricaner les cyniques et les blasés, contrebalancé par les inquiétudes de la musique. Une écriture des corps tonique et bondissante, entre lignes droites, spirales et cassures. On doit assumer chaque instant pleinement, dans une jouissance du moment, intense, semble nous dire le chorégraphe. Le tout est une merveille de vitalité.
À celles et ceux qui prétendent qu'une danse contemporaine exigeante ne peut pas être un art populaire, et que les salles sont vides, on répondra par un constat simple : au théâtre Jacques Carat à Cachan, comme quelques jours plus tôt au théâtre Jean-François Voguet à Fontenay-sous-Bois, on a croisé un public familial, de 7 à 77 ans, dans une salle quasi pleine, qui réserva un accueil triomphale à la pièce. C'est réjouissant.
Fabien Rivière
Renverse, de Fabrice Lambert, vu le 14 mars au théâtre Jean-François Voguet à Fontenay-sous-Bois (en savoir +), et le 28 mars au théâtre Jacques Carat de Cachan (en savoir +), dans le cadre de la Biennale de danse du Val-de-Marne (notre présentation).
— Témoignages de trois spectatrices, à Fontenay-sous-Bois : ICI
TOURNÉE : mardi 1er avril - théâtre de Rungis. en savoir +
— Fabrice Lambert est présent cette saison au théâtre Jacques Carat de Cachan. Il y est artiste associé pour les saisons 2025-2026 et 2026-2027.
La Biennale de danse du Val-de-Marne, dans ce département limitrophe du sud de Paris, va fêter pendant un mois sa 23° édition, du 12 mars au 11 avril, célébrant « les imaginaires de la nuit. » La nuit de la douceur ou de l'agitation, de la poésie, des rêves et de l'imagination. Soit 27 chorégraphes proposés dans 25 lieux.
Il s'agit aussi de mêler danse contemporaine et danses populaires, autour de cinq« constellations. »
Des nuits flamenca avec :
— Aina Alegre (qui propose FUGACES),
— Dominique Brun et François Chaignaud (Un Boléro)
— Israel Galván (Solo),
— María del Mar Suárez/La Chachi (Taranto Aleatorio),
— Pol Jiménez (Lo Faunal)
— Fernando López Rodríguez (Flamenco queer).
Des nuits des étoiles montantes, « un parcours à la rencontre de créatrices et d’œuvres prometteuses » :
— Dalila Belaza(Orage)
— le Collectif ÈS (About Lambada et LOTO3000)
— Eisa Jocson (née aux Philippines) et Venuri Perera (Sri Lanka, vit à Amsterdam) (Magic Maids)
— Tatiana Julien (En fanfaaare !)
— Soa Ratsifandrihana (franco-malgache) (Fampitaha, fampita, fampitàna)
Des nuits afro, « Un voyage musical et chorégraphique de Maputo [capitale du Mozambique] à Kinshasa [capitale de la République Démocratique du Congo] » :
— Idio Chichava (Mozambique) (Vejo Anjos que atravessam o sol na minha sala [en français, Je vois des anges traverser le soleil dans mon salon])
— Supa Rich Kids / Oulouy (Afrikan Party)
— Alain Platel, Fabrizio Cassol et Rodriguez Vangama (Coup Fatal).
Des nuits catalanes, :
— Aina Alegre (FUGACES)
— Guillem Mont de Palol (La danse de Vitry)
— Pol Jiménez (Lo Faunal)
— Supa Rich Kids / Oulouy (Afrikan Party)
Ajoutons une constellation, celle des Explorateurs-trices :
— Fabrice Lambert (RENVERSE)
— Gaëlle Bourges (La petite soldate)
— Paradox-Sal (groupe de house dance exclusivement féminin, 16 danseuses) (Woman)
— Tom Cassani (Iterations)
— Ayelen Parolin (Zonder)
— La Chachi (Taranto Aleatorio)
— Nacera Belaza (La nuée)
— François Chaignaud (Récital)
— Massimo Fusco (Corps Sonores Juniors)
Fabrice Lambert, RENVERSE, photo Alain Julien
Idio Chichava, Vejo Anjos que atravessam o sol na minha sala, Photo Mariano Silva
Aina Alegre, FUGACES, Photo Nathalie Sternalski
Tatiana Julien, En fanfaaare !, Photo Hervé Goluza
Dominique Brun et François Chaignaud, Un Boléro, Photo Laurent Paillier
Affiche de la 20° Biennale de danse du Val-de-Marne, avec Oona Doherty
La Biennale de danse du Val-de-Marne, au sud de Paris, célèbrera cette année sa 20° édition et ses quarante années d'existence, pendant un mois du 21 mars au 19 avril. Elle s'est choisie un sujet ambitieux : Europa - entre Déesse et Démone.
L'éditorial de son directeur, Daniel Favier, est clair :
Brexit or Brexit. La politique d’accueil des migrants fracture et divise la société. Tous ceux qui fuient les persécutions, les guerres, les exactions se retrouvent en proie aux politiques discriminatoires. L’enjeu est énorme, mais les sociétés civiles commencent à s’organiser et la solidarité s’exerce souvent au-delà du champ politique. À cet endroit, les artistes se mobilisent dans la diversité de leurs approches. L’art chorégraphique est ainsi fait de rencontres, de mises en œuvre, de partage, de générosité et d’humilité.
L’Europe se devrait d’avoir une ambition pour la culture, portée par les élus, les citoyens, les artistes et résister aux tentations de certains de repli sur soi. Que cette 20e édition à son endroit contribue à mieux parler de sensibilité et d’ouverture au monde. C’est aussi cela que l’on attend d’une Europe culturelle profondément fraternelle.
Cette édition serait donc politique, ou engagée ? Réussissant à échapper à ce que nomme le jeune écrivain français Édouard Louis qui a publié récemment Qui a tué mon père : « Ce qui est très beau dans ce mouvement [des Gilets jaunes], c'est l'émergence de la réalité. C'est très rare. L'art, la culture, les médias produisent une sorte de chape de fiction, de mensonge, de fausse réalité. » (Les Inrockuptibles, 6 mars 2019, p. 39) Dans le dossier de presse on ne trouve pas les mots « libéralisme », « néolibéralisme », « exploitation », « luttes » ou « domination ». Mais « capitalisme » apparaît chez Maguy Marin. Quoiqu'il en soit, la manifestation présente 20 compagnies et la 9° édition du Festival Spring Forward [en français Printemps en avant], une initiative de Aerowaves, une plateforme de promotion de la danse en Europe qui comprend aujourd'hui 33 pays. Chaque année après un appel à projets, elle sélectionne 20 chorégraphes sur plus de 600 candidatures reçues. Après Ljubljana (Slovénie), Bassano del Grappa (Italie), Zurich (Suisse), Umeå (Suède), Barcelone (Espagne), Pilsen (ou Plzeň, en République tchèque), Aarhus (Danemark) et Sofia (Bulgarie), voici la France. Du côté des nationalités des 20 premières compagnies, qui mobilisent 29 créateurs, on compte 9 pays : 15 Français, 4 Belges, 3 Italiens, 2 Irlandais, 1 Suisse, 1 Autrichien, 1 Américain, une Québécoise et une Australienne. À mettre en regard des 48 nationalités que comptent l'Europe, au sens géographique du terme (dont 28 pays membres de l'Union européenne, cf. listes complètes ci-dessous). Chez les vingt autres compagnies proposées par Aerowaves (et son invité javanais), on compte 32 créateurs qui réfèrent à 12 pays (en tenant compte de la nationalité ou du lieu de résidence). La programmation mise sur Oona Doherty, jeune femme encore peu connue qui vit à Belfast, en Irlande du Nord, et qui porte des questionnements sociaux (cf. un passage de notre article). On suivra aussi les forts bons travaux de Maguy Marin et Fabrice Lambert, et l'on découvrira avec curiosité ceux de l'Italien Alessandro Sciarroni, du Suisse Foofwa d'Immobilité, et des Français Maud Le Pladec, Alexandre Roccoli et Fouad Boussouf. L'exceptionnel Talos de l'Israélien installé en France Arkadi Zaides sur le programme de surveillance des frontières de l'Europe par des robots, le to a simple, rock ’n’ roll . . . song. du Britannique Michael Clark sur les fantômes qui hantent le XX° siècle et le nôtre (notre article), et enfin le Fleshless Beast de l'Américain installé à Berlin Roderick George où il est aussi question de fantômes(cf. un passage de notre article) auraient eu aussi leur place me semble-t-il.
Couverture de l'ouvrage Biennale(s) de danse du Val-de-Marne 1979/2019
Outre les spectacles, un ensemble propositions vient accompagner les œuvres (cf. liste ci-dessous), dont un livre, Biennale(s) de danse du Val-de-Marne 1979/2019 avec des photographies de Laurent Philippe et des textes d'Irène Filiberti aux Nouvelles Éditions Scala, un nouveau numéro spécial Europa de la revue Repères, cahier de danse, et un documentaire consacré au fondateur de la manifestation, Dans les pas de Michel Caserta. Une vie pour la danse contemporaine (titre provisoire), de Michel Violet et Sylvie Millet. De quoi s'occuper.
1 séance de Vidéo-Danse Nous aussi, nous sommes l’Europe !
3 Ateliers Kaléidoscope — 1 Atelier DaPoPa
1 Atelier Dancewalk avec Foofwa d'Imobilité — 1 Atelier de pratiques somatiques
1 Rencontre Les Intrépides — 1 Séance découverte Application A Danser (AAD)
EUROPE
— Les 28 pays membres de l'Union européenne (ordre alphabétique) : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède, Tchéquie.
— Au sens plus large, comprend aussi 20 autres pays : Albanie, Andorre, Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Géorgie, Islande, Kosovo, Liechtenstein, Macédoine, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, Saint-Marin, Saint-Siège, Serbie, Suisse, Ukraine.
LES CHORÉGRAPHES ( > signifie installé en)
Joanne Leighton (Australie > Belgique puis France) Corps ExquisRE-CRÉATION Joanne Leighton & Camille Laurens (France) L’LCRÉATIONConcordan(s)e Alexandre Roccoli (France) Hadra Youness – YassineSolo - CRÉATION
Alexandre RoccoliWeaver Quintet
Cie Mossoux-Bonté (Belgique) The Great He-Goat1ère en France Oona Doherty (Belfast, Irlande du Nord) Hard to be Soft – A Belfast Prayer Oona Doherty Hope Hunt & The Ascension Oona Doherty Lady MagmaCRÉATION
Marie Béland (Québec, Canada) BesideCRÉATION Photo DR
Compagnie Maguy Marin (France) May B Un classique Compagnie Maguy Marin Ligne de crête Conseillé Maud Le Pladec (France) Twenty-seven perspectives1ère en Île-de-France
Sébastien Laurent (France) Désenchanter (ré enchanter)1ère en Île-de-France
Dimitri Hatton - Satchie Noro - Silvain Ohl (France) Mind the GapCRÉATION Satchie Noro & Silvain Ohl De Nuage à OrigamiCOMMANDE
Chloé Moglia (France) La Spire
Alessandro Sciarroni (Italie) Augusto
Ann Van den Broek (Belgique) Blueprint on Memory1ère en France Jean-Marie Machado, Aïcha M’Barek et Hafiz Dhaou (France) L’Amour sorcier1ère en Île-de-France Meytal Blanaru (Belgique) We are the future
Foofwa d’Imobilité (Genève, Suisse) Dancewalk - Du vert sinon j'étouffeCRÉATION À SUIVRE EN DIRECT SUR FACEBOOK LES (MERCREDI) 10, 11, 12 ET 13 AVRILICI
« Le chorégraphe propose un tracé sur quatre jours le long de l’ancienne voie de chemin de fer qui reliait autrefois la gare de Paris-Bastille au sud-est de la région parisienne. Le quatrième jour, le public est convié à venir parcourir, en marchant ou en dansant, les 4 derniers kilomètres de ce parcours « Le chemin des roses », sur la coulée verte de la Tégéval. A l’arrivée, les magnifiques plantes et fleurs des serres du GPSEA de Mandres-les-Roses. »
Photographie Gregory Batardeau
Fabrice Lambert (France) Aujourd’hui, Sauvage
Christian Ubl (Autriche > France) Langues de feu & Lames de fond1ère en Île-de-France Fouad Boussouf (France) NÄSS (les gens)
L'Afrique donne du souffle à la 19° Biennale de danse du Val-de-Marne, qui dure un mois, du 1er mars au 1er avril. Avec pas moins de huit chorégraphes (sur un total de trente-trois).
La manifestation se déploie dans 17 théâtres de ce département du sud de Paris, mais aussi ailleurs en Île-de-France, dans 9 lieux. Aux spectacles sont adjoints deux expositions photos, une sélection de 12 court-métrages de vidéo-danse consacrée aux croisements entre les arts plastiques et la danse, en provenance de 7 pays, et deux colloques — Danse contemporaine : questions d'Afrique au Château de Morsang-sur-Orge et Dancing Museums : danse et publics en mouvement au Musée du Louvre. La revue Repères, cahier de danse, que publie la Briqueterie à l'origine de l'événement, publiera un nouveau numéro consacré à Danse et/au musée (numéro 38-39, site).
PRÉSENCE AFRICAINE
Radhouane El Meddeb, Photo Agathe Poupeney - PhotoScene.fr
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L'excellente dernière création de Radhouane El Meddeb, À mon père, une dernière danse et un premier baiser, découvert lors du Festival Montpellier danse en juillet dernier (on peut lire notre La danse au père de Radhouane El Meddeb), ouvre en quelque sorte le bal. Et le clôt avec le quatuor Au temps où les arabes dansaient... que l'on peut aussi conseiller.
Ti Chèlbè de Kettly Noël, Photo Antoine Tempe
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Une soirée décline deux solos — Gula de Vincent Mantsoe (10 minutes, Afrique du Sud), Le Kombi de Jeannot Kumbonyeki (20 minutes, Kinshasa, République Démocratique du Congo), — et un quatuor constitué de deux danseurs et de deux musiciens, Ti Chèlbè de Kettly Noël (30 minutes, Haïti).
We almost forgot de Qudus Onikeku, Photo Adeyinka Yusuf
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We almost forgot de Qudus Onikeku (Niger) mobilise six interprètes et travaille les traces que garde notre corps des douleurs et traumatismes, mais en souhaitant les transcender. Le solo Métamorphose de Judith Olivia Manantenasoa (Madagascar) se penche sur le déséquilibre, aussi bien physique que psychique.
Figninto, l’oeil troué de Seydou Boro et Salia Sanou, Photo Margo Tamizé
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Seydou Boro et Salia Sanou sont natifs duBurkina Faso où ils ont fondé dans la capitale Ouagadougou La Termitière premier Centre de Développement Chorégraphique d'Afrique sur le modèle de ceux existants en France. Boro et Sanou étaient associés à Irène Tassembédo comme co-directeurs artistiques de la Triennale Danse l'Afrique Danse en novembre 2016. Seydou Boro est aussi en résidence longue depuis deux ans à la Briqueterie. Il propose le quatuor Le Cri de la Chair, les deux compères signent le trio Figninto (l’œil troué), et le musicien Laurent Blondiau et Salia Sanou s'associent pour Kawral. qui rassemble 5 musiciens et 5 danseurs.
L'Afrique est aussi présente dans le fort bon Le Tour du monde des danses urbaines en dix villes d'Ana Pi, Cecilia Bengolea et François Chaignaud, sous la forme d'une conférence dansée qui sollicite la participation, sans démagogie, du public.
PRÉSENCE FRANÇAISE
Moto-cross de Maud Le Pladec, Photo Eric Soyer
Côté français on note la présence de deux centres chorégraphiques nationaux avec le 20 danseurs pour le XX° siècle et À bras-le-corpsle très beau duo avec Dimitri Chambras de Boris Charmatz (Rennes) et trois pièces de Maud Le Pladec (Orléans). Et le spleen comme science de Frank Micheletti, une déambulation immersion d'Anne Collod, les peintres Klimt et Schiele de Christian Ubl (Autrichien vivant en France), le tango de Catherine Berbessou, les marionnettes de Denis Plassard, le solo avec piano de Sébastien Laurent, l'histoire israélienne de Roy Assaf et enfin Christian et François Ben Aïm qui collaborent avec le musicien Ibrahim Maalouf. Côté cirque, Yoann Bourgeois.
PRÉSENCE INTERNATIONALE
Outre l'Afrique, le déplacement mondial se poursuit avec la québécoise Marie Chouinard qui présente quatre pièces — Jérôme Bosch : le jardin des délices, Prélude à l'après-midi d'un faune avec Le Sacre du printemps, et Conférence dansée n°2 — et avec les Belges Nicole Mossoux avec Patrick Bonté, la Suisse Lucie Eidenbenz et l'Autrichien Chris Haring. Les artistes de Dancing Museums investissent le MAC VAL - Musée d'art contemporain du Val-de-Marne (avec les chorégraphes Tatiana Julien, Juan Dante Murillo, Fabio Novembrini, Connor Schumacher et Lucy Suggate).