Surprenante, et magnifique, photo du chorégraphe William Forsythe, dont le nom du photographe n'est pas indiqué, que l'on découvre sur le site internet de l'Opéra national de Paris, pour la saison 2024-2025 (ICI).
Fabien Rivière
La subvention de l'État à l'Opéra de Paris a baissé ces dernières années, dans une structure où la masse salariale représente 70 % du budget. Le mécénat n'ayant pas compensé cette baisse, les prix des places, par exemple pour la danse, s'envolent (on peut lire nos La saison Danse 2017 - 2018 de l'Opéra de Paris : prudence et hausse des prix et Danse : Le prix des places selon Benjamin Millepied), ce qui exclut la majorité de la population. Selon la Cour des comptes la gestion du personnel est hasardeuse et se double d'une difficulté dans la maîtrise des coûts de production des œuvres.PRÉSENTATION de l'article :
La démission fracassante de Benjamin Millepied de son poste de directeur de la danse à l’Opéra de Paris, quelques mois seulement après une nomination censée attirer de nouveaux mécènes susceptibles de compenser le désengagement croissant de l’État, a jeté une lumière crue sur la plus grosse institution culturelle française, accusée de conservatisme par le flamboyant et contesté danseur Étoile. Avec ses deux salles (Garnier et Bastille), ses 70 corps de métiers et ses plus de 1 700 employés, l’Opéra peine à faire cohabiter les exigences contradictoires qui le traversent : l’innovation, pour un art, le lyrique, qui n’a produit en France aucune grande œuvre depuis plus de trente ans ou la garantie du nombre élevé des représentations malgré le fort taux d’accidents du travail chez les danseuses et danseurs. Une tutelle politique prônant la rentabilité, et donc la hausse du coût des places, tout en demandant un accès élargi aux publics, ainsi que la baisse de la masse salariale, dans une des institutions les plus syndiquées de France, ont achevé de rendre l’Opéra incontrôlable.

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| Alexander Ekman, Photo DR |
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| Iván Pérez, Photo DR |
