mercredi 24 septembre 2014

Disparition de Gérard Violette, à 76 ans

Gérard Violette

C'est avec tristesse, sinon chagrin, que nous avons appris la disparition de Gérard Violette le 24 septembre, né le 18 novembre 1937, qui fut le directeur du Théâtre de la Ville (Paris) de 1985 à 2008. Il était à la naissance de ce lieu en 1968 auprès de son directeur d'alors, Jean Mercure, au poste d'administrateur général. Dès l'origine, le théâtre, la danse et la musique avaient une place égale.

Il a beaucoup soutenu la danse contemporaine, travaillant à présenter et imposer Pina Bausch, Jan Fabre, Anne Teresa De Keersmaeker, Wim Vandekeybus, Trisha Brown, Meg Stuart, Alain Platel, Emio Greco, Robyn Orlin, Sidi Larbi Cherkaoui, Sasha Waltz, Ushio Amagatsu, Jan Lauwers, Hans Van den Broeck, entre autres. 

Du côté des chorégraphes Français, il a poursuivi, au centre de Paris et dans une salle de mil places, le travail d'un autre homme historique, Jaque Chaurand, qui a œuvré, de 1969 à 1985, à faire émerger la danse contemporaine, dans un gymnase, à Bagnolet (93), dans le cadre du fameux concours de Bagnolet (ou Ballet pour Demain). Ainsi, on a pu découvrir au Théâtre de la Ville Dominique Bagouet, Régine Chopinot, Catherine Diverrès et Bernardo Montet, Mathilde Monnier, François Verret, Odile Duboc, Daniel Larrieu, Joëlle Bouvier & Régis Obadia, Karine Saporta, Jean-Claude Gallotta, Josef Nadj, Marco Berrettini, Christophe Haleb, etc. 
Fabien Rivière

    RÉACTIONS DE CHORÉGRAPHES                   

— Christophe Haleb : Il manquait à la danse depuis son départ du Théâtre de la Ville. Un sacré Monsieur qui a aimé et embrassé le mouvement et la dramaturgie tout au long de la seconde moitié du XX° siècle. Merci à vous monsieur Violette. 

— Olivia Grandville : Ah, cela me touche. C'était un grand bonhomme. Dommage que je n'ai pas eu quinze ans de plus pour le rencontrer plus tôt. Quoiqu'il en soit, c'était quelqu'un qui savait regarder les choses...

— Mié Coquempot : RIP...

                                                                                                                          

Une CÉRÉMONIE D'ADIEU aura lieu mercredi 1er octobre, à 14h45, en l'Eglise Sainte-Trinité (photo ci-dessous), place de l'église, à Bois-Guillaume (76230), commune limitrophe du nord de Rouen.

                                                                                                                               

Communiqué de presse du Théâtre de la Ville
                                                                                                                               




COMMUNIQUÉ DE PRESSE 
de Christophe Girard
Maire du 4e arrondissement de Paris

Gérard Violette est mort.
Directeur impérial des Théâtres de la Ville (4e arrondissement de Paris) et des Abbesses (18e arrondissement de Paris), j’eus la chance, comme Adjoint à la Culture de Bertrand Delanoë de 2001 à 2012, de le côtoyer et d’en devenir l’ami et le complice.
Révélateur, découvreur et soutien de tant de chorégraphes parmi lesquels des femmes exceptionnelles, Pina Bausch, Anne Teresa De Keersmaeker, Carolyn Carlson.... Gérard Violette était exclusif, pour l’exigence de la culture et pour l’art, il aimait le théâtre savant et populaire et sut convaincre qu’Emmanuel Demarcy-Mota serait le meilleur choix pour lui succéder. Il eut raison, une fois de plus.
Merci Gérard Violette pour Paris, pour la culture, pour la danse, pour le théâtre, pour notre exception. Respect. Pensées pour sa femme, ses enfants et petits-enfants.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Réaction d’Anne Hidalgo à la suite du décès de Gérard Violette, qui fut directeur du Théâtre de la Ville
25/09/2014
Par Mme Anne HIDALGO - Maire de Paris

J’apprends avec tristesse la disparition de Gérard Violette, qui fut 40 ans durant d’abord l’administrateur général de 1968 à 1985 puis le directeur jusqu’à 2008 du Théâtre de la Ville.

Il a en particulier révélé une génération de chorégraphes contemporains internationaux qui sont dans les esprits et face au public chaque saison. Les parisiens se précipitent encore nombreux pour les acclamer.

Il a en effet pris le risque de la danse contemporaine à Paris et aura donné à cette discipline une résonnance sur le territoire national et dans le monde par un investissement alors quasiment inégalé ; les artistes ont beaucoup donné en retour à Paris avec de nombreuses créations mondiales.

Mais il aura aussi été un accompagnateur infatigable des metteurs en scène et des auteurs du théâtre contemporain. Comme en danse, il a tout osé au risque de déstabiliser dans les premiers temps les spectateurs qui l’ont suivi finalement dans toutes ses audaces.

Enfin, il fut un découvreur inlassablement curieux de toutes les traditions musicales du monde qui ont trouvé au Théâtre de la Ville un accueil et une fidélité remarquables.

Tout cela est encore bien là, perceptible. Le Théâtre de la Ville est ce qu’il est grâce à Gérard Violette.

A son épouse, sa famille, ses proches, à tout le personnel du théâtre de la Ville, à son directeur actuel j’adresse mes condoléances les plus sincères. 


Merci Gérard !

Hommage de Daniel Larrieu à Gérard Violette, ancien directeur du Théâtre de la Ville.


"La danse est en deuil, la disparition de Gérard Violette est une nouvelle bien triste. Nous lui devons beaucoup ; sans son soutien au Théâtre de la Ville, peu de chorégraphes. Les Français, mais aussi les Belges, les Suisses et les Américains… ne pourraient prétendre à occuper la place qu’ils occupent aujourd’hui si dans les années 80, ils n’avaient été programmés au Théâtre de la Ville.

S’y sont croisées les créations les plus impertinentes. Le travail d’accompagnement des artistes dépassait le cadre strict de la programmation et aura permis à beaucoup dont je suis, de produire des œuvres nouvelles apportant pour chaque projet un véritable soutien à la création. J’aimais les rendez-vous dans le bureau feutré du premier étage du Théâtre de la Ville. Son avis m’importait. Saluons sa mémoire. Rappelons-nous en souriant combien ses encouragements, comme aussi, quelques fois, sa rudesse et sa vigilance, ont accompagné largement nos créations.
Et puis il y a eu Pina, la révolution Pina Bausch, et cette amitié fidèle, entre eux, qui aura permis au public du Théâtre de réécrire son histoire, et au public de la danse de poser les bases du bouleversement dramaturgique du geste dansé. Fidèle aussi à Merce Cunningham ou encore à Trisha Brown et à beaucoup dans la danse française des années 80.
J’ai dansé au Théâtre de la Ville en 1988, puis, en 95, la dernière fois c’était toujours sous la direction de Gérard Violette, en 2007.
Je suis triste, comme devant un glissement de terrain inattendu de mon histoire.
Je salue son épouse, ses enfants, et toute l’équipe ancienne et actuelle du Théâtre de la Ville. Je leur présente l’expression de mon amitié discrète et fidèle. Je garderai en mémoire le souvenir d’un homme remarquable, si engagé auprès des artistes."
Daniel Larrieu
photo : D.R.




C’est avec une grande tristesse qu’Anne Teresa De Keersmaeker et Rosas ont appris le décès de Gérard Violette, survenu le 24 septembre.
Gérard Violette a été durant près d’un quart de siècle, de 1985 à 2008, directeur du Théâtre de la Ville à Paris. Il a indéniablement été un pionnier marquant de la danse contemporaine : sous sa direction, le Théâtre de la Ville est devenu la scène phare de la danse contemporaine en Europe. Il y a introduit l’œuvre de plusieurs générations de chorégraphes de renommée internationale, comme Pina Bausch, Merce Cunningham, Lucinda Childs, Trisha Brown – et bien d’autres.
Gérard Violette a joué un rôle majeur dans le soutien aux arts de la scène flamands. Il a présenté et fréquemment coproduit le travail de Koen Augustijnen, Sidi Larbi Cherkaoui, Jan Fabre, Thomas Hauert, Jan Lauwers, Alain Platel, Meg Stuart et Wim Vandekeybus.
Durant toutes ces années, l’œuvre d’Anne Teresa De Keersmaeker a occupé une grande place dans la programmation du Théâtre de la Ville. Ardent défenseur de l’œuvre de Rosas dès le début de son mandat de directeur, Gérard Violette faisait valoir ses choix artistiques avec un enthousiasme légendaire. Depuis 1985, le Théâtre de la Ville est une seconde maison pour Anne Teresa De Keersmaeker : Rosas a été invité à y danser toutes ses productions, sans exception, y donnant ainsi près de 200 représentations.
En 2008, Anne Teresa De Keersmaeker son spectacle Zeitung à Gérard Violette qui assurait alors sa dernière saison à la tête du Théâtre de la Ville.


PRESSE AFPLe Nouvel Observateur - Le Monde - Libération - Télérama -  Danser canal historique - Les Trois Coups (biographie détaillée) - Le Figaro - Les Inrocks

INTERVIEW de Gérard Violette (http://movingeurope.sashawaltz.deICI

À Viry-Châtillon les élus paieront désormais leurs places de spectacles


" Alors que la saison culturelle de la ville de Viry-Châtillon, à une vingtaine de kilomètres au sud de Paris, en Essonne, s’ouvre le 4 octobre, le maire (UDI) Jean-Marie Vilain a décidé de supprimer les invitations pour les institutionnels.

Et désormais, lui comme les autres élus municipaux, devront en passer par la case billetterie. Au théâtre, au concert, à la danse et toutes les autres représentations, les élus payeront les spectacles auxquels ils assistent.

« C’est une mesure d’économie et un souci de justice sociale de faire payer aux élus leurs places comme chaque citoyen », indique la mairie. "

dimanche 21 septembre 2014

Le Forum de Blanc-Mesnil est menacé par la mairie

Thierry Meignen, nouveau maire UMP de Blanc-Mesnil

La ville de Blanc-Mesnil, au nord de Paris en Seine-Saint-Denis, a changé de maire. Un UMP a remplacé un communiste à la tête de cette commune de plus de 50.000 habitants. Une des conséquences est la menace qui pèse sur le Forum de Blanc-Mesnil qui ne peut présenter sa saison que jusqu'à la fin de l'année. Le nouveau maire juge trop élitiste et engagée la programmation de la salle, lui préférant du théâtre de boulevard et des one-man-show (on doit lire l'article du quotidien Le Parisien du 9 août 2014 ICI). 

Il faut indiquer que le public du Forum est majoritairement local.

Karim Boumedjane, nouvel adjoint chargé de la culture de Blanc-Mesnil

On s'achemine vers la destruction du travail (artistique, de terrain et humain) remarquable entrepris par son directeur, le respecté Xavier Croci. La programmation (théâtre, danse, musique, cirque, arts visuels) se poursuit malgré tout jusqu'en décembre en conservant cette ligne exigeante. 

En danse, on pourra voir l'exceptionnel D'après une histoire vraie de Christian Rizzo (4 octobre), Dance de Lucinda Childs (15 octobre), Ma leçon de hip hop de Sylvain Groud (solo de Céline Lefèvre, du 15 au 17 octobre), Soirée deux spectacles danse dans le cadre du Festival Kalypso organisé par le Centre Chorégraphique National de Créteil et du Val-de-Marne - Cie Käfig (les 14 et 15 novembre) avec 7Steps de Mourad Merzouki et Sakalapeuch, chorégraphie collective d'Undercover et mise en scène de Julie DossaviBiT création de Maguy Marin (18 novembre), et Bang d'Herman Diephuis (du 24 au 26 novembre), 
Fabien Rivière
www.leforumbm.fr 

D'après une histoire vraie de Christian Rizzo sera présenté le 4 octobre,
Photo Marc Domage
    Éditorial du directeur du Forum - 18 septembre 2014    
Nous, êtres humains, avons une chance inestimable : nous savons que nous ne sommes pas éternels !
Ce sentiment de notre finitude nous a donné la possibilité d'accéder à une forme d'immortalité : celle de l'art. Des premières gravures sur les parois des grottes jusqu'aux plateaux des scènes où s'inventent, entre danse, théâtre, arts visuels et musique, les langages pour dire notre temps, une seule nécessité : notre vie ne se résume pas à la fatalité du quotidien harassant. L'art nous relie à ce qui nous dépasse, donc nous grandit, et fait de nous des êtres de parole et de désir, donc de poésie.
C'est un trésor qui nous appartient à tous.
Je suis très heureux d'avoir pu au Forum imaginer avec les artistes, l'équipe, le public, des chemins pour parcourir la forêt des créations humaines.
Une période de grande incertitude s'ouvre du fait de l'absence de décisions claires de la Mairie nouvellement élue quant à la suite du positionnement artistique du Forum. C'est pourquoi je ne peux vous présenter la saison prochaine que jusqu'à la fin de l'année 2014.
Je vous attends très nombreux pour partager jusqu'à la mi-décembre, les œuvres de grands artistes, confirmés et à venir, les œuvres d'auteurs qui nous construisent comme sujet.
Autant d'étoiles qui éclairent nos randonnées nocturnes.
Xavier Croci

Iran : prison et coups de fouet pour les danseurs du clip "Happy" de Pharrell Williams

" Les jeunes Iraniens qui ont dansé sur la chanson « Happy » de Pharrell Williams ne sont pas si heureux que ça. Arrêtés au mois de mai juste après la réalisation du clip, ils viennent d’être condamnés à 6 mois de prison et à 91 coups de fouet. Le réalisateur de la vidéo écope quant à lui d’un an d’emprisonnement et de 91 coups de fouet également. (...)

Ces sept jeunes de Téhéran avaient fait le buzz en reprenant, comme beaucoup d’autres personnes dans le monde entier, le fameux clip du tube « Happy ». Leur objectif était de montrer leur joie de vivre malgré les lois très strictes appliquées dans le pays. Si la vidéo avait séduit leurs compatriotes iraniens, elle n’a pas été du goût des autorités, qui ont vu en ce clip une provocation et une atteinte à la loi. Il était notamment reproché aux trois femmes d’avoir dansé aux côtés d’hommes sans voile.

Suite à leur arrestation, en mai dernier, Pharrell Williams avait appelé les autorités iraniennes à abandonner les charges qui pesaient contre les 7 jeunes. En vain. "

jeudi 11 septembre 2014

Le directeur du Centre de Développement Chorégraphique (CDC) d'Avignon répond à l'article de Ladanse.com

Mis en cause par le site Ladanse.com (ici), Emmanuel Serafini, directeur du Centre de Développement Chorégraphique (CDC) Les Hivernales à Avignon, a répondu le 11 septembre sur sa propre page Facebook (ici). 
Philippe Madala sur son site la danse.eu tient des propos qui nécessitent de ma part de sinon d'y répondre du moins de les commenter...

On ne peut pas manipuler des mots lourds de sens et lourds de conséquences tels que "censure" pour se créer des occasions d’ivresse devant son blog…

Ainsi, toi, Philippe Madala - que je connais depuis 30 ans - qui sais trouver mon numéro – et même mon courriel – pour me demander d'acheter une pub pour faire fonctionner ton site, aujourd'hui, tu n’as pas su trouver le temps ni, me dis-tu, l’envie de m’appeler pour savoir ce qui s’était exactement passé… Non ! tu préfères colporter des rumeurs, des « on-dit » qui attentent gravement à ma personne, qui visent de facto mon équipe mais surtout qui ne reflètent pas LA VERITE…

Tu te trompes de cible.
 
Tu me prêtes les propos de M Simonot…, articules ton article pour illustrer l' idée qu’il y a un danger – danger que je ne nie pas et que je vis au quotidien avec une dizaine d’élus FN à la Ville d’Avignon et où le second Vice Président de l’agglomération est FN… - mais tu te trompes de cible… Et comme il n’y a plus beaucoup de Zola de nos jours, je me dois de prendre moi-même ma défense…

Alors, cher Philippe Madala, si tu avais pris la peine - comme l’aurait fait n’importe quelle personne soucieuse de faire éclater LA vérité, - de me demander une explication sur le déroulement chronologique des choses tu aurais appris que :

- j’ai fait savoir à Christian Ubl et à son administratrice mais surtout à mes partenaires (DRAC PACA, ARCADE) en octobre/novembre 2013 que j'étais intéressé à aider Christian Ubl en le programmant en juillet 2014 au CDC.

- A cette date, Shake it out n’existait pas… la pièce devant être créée en mars 2014… tu parles de « choix »… on ne choisit que ce que l’on a vu et c’est ce que j’ai fait… c’est donc une « intention » que j’ai donnée plutôt qu’un choix ferme, définitif, sans retour en arrière…

- Entre novembre 13 et mars 14 – Christian Ubl m’a demandé s'il pouvait engager des démarches pour assurer des représentations dans un contexte plus confortable (en déposant un dossier à l’ADAMI, à la SPEDIDAM… D’ailleurs tu étais là puisque cela s’est fait lors des PSO au KLAP, bref). Au vu des précédents spectacles et singulièrement du solo Wolfi qui servait de base au travail autour de Shake it out, je n’avais aucune raison de les en empêcher…

- Je suis donc allé avec une de mes collaboratrices voir le spectacle au CCN d’Aix à sa création mi Mars… et plusieurs arguments m’ont poussé à envisager une autre voie plutôt que de programmer ce spectacle. J'ai exprimé mes réserves : la pièce ne me semblait pas « aboutie » et, dans tous les cas, Christian Ubl n’avait pas le temps de la retravailler avant Avignon. Ma responsabilité est de ne pas envoyer au casse pipe un artiste à Avignon l’été… car l'objectif de l'opération au CDC est de permettre aux compagnies de présenter leur travail aux programmateurs pour créer le plus d'ouvertures possibles en terme d'achats de spectacles, de retombées médiatiques. C'est dans cet esprit que les propositions ont été faites à Christian Ubl. Il en a accepté toutes les conditions… Je lui ai proposé non pas de présenter deux des trois volets de Shake it out – vérifie tes sources ! - mais un seul, le premier qui est parfaitement composé, et d’y joindre la matrice de cette pièce à savoir son solo Wolfi … et ce programme a, non seulement remporté un très vif succès auprès du public et des professionnels, mais a permis de faire découvrir Christian Ubl et plusieurs aspects de son univers…

Ton fameux plaidoyer du type qui a peur ne tient donc pas !
Par ailleurs en mars, à la veille des élections municipales, je prédisais un score sans précédent de l’extrême droite à Avignon. L’Histoire m’a donné raison, malheureusement. Tu noteras que j’ai été le premier – voir l’article de Brigitte Salino dans Le Monde – à affirmer que si le FN gagnait la Ville d’Avignon, je resterai dans cette ville.

Alors, censure ? Non, bien sûr... non
Il n’y a pas eu « censure » puisque l’artiste avant juillet 2014 a proposé de présenter sa pièce en plusieurs tableaux. A l’Usine Ephémère seul le troisième volet "des drapeaux" a été présenté … Christian Ubl lui même reconnait qu'il est possible de prendre toute ou partie de cette œuvre sans l’endommager…
Censure non puisque dans le premier tableau de shake it out il y a force drapeaux et il se termine par des artistes nus sur scène... c'est à se demander si tu as vu la pièce !

A ce stade, il faut réaffirmer que le Directeur d’un équipement culturel doit et peut faire des choix… c’est ce que j’ai fait…

Ce qui a compliqué la situation, c’est que pour ne pas mettre en péril le projet de la Compagnie, j’ai donné trop tôt mon accord pour que mon éventuel choix ou non choix ne soit pas sans conséquence de part et d’autre…

Il y a toujours deux attitudes possibles dans la vie : suspecter ou faire confiance.
Il me semble que dans les moments assez compliqués que nous vivons où tout est sans arrêt remis en cause, il faille s’attaquer ensemble aux vrais ennemis et non pas tirer sur ses amis, sinon ses alliés…

A quoi sert donc cette délation, lancée sur la place publique sans que le principal intéressé n’en soit au minimum informé ? Sans que les lecteurs ne puissent en vérifier les fondements ?
Quelles sont ces méthodes ?
Quel est ce droit de dire, sans vérifier, n’importe quoi sur n’importe qui ?

A tremper ainsi ta plume dans le fiel tu auras mis en cause un directeur et son équipe qui depuis des années travaillent sans relâche à défendre les artistes...
sans doute auras tu perdu un peu de crédibilité aux yeux des lecteurs... car j'ai bon espoir que les gens ne soient pas dupes...

Quel gâchis !

Emmanuel Serafini

mercredi 10 septembre 2014

Censure et auto-censure (épisode 1) : Le Centre de Développement Chorégraphique (CDC) Les Hivernales - Avignon

Avons nous perdu notre capacité de dire, d'énoncer ? De quoi et de qui avons nous peur ? Le climat de droitisation des esprits a t'il atteint notre pensée à tel point qu'il nous est devenu presque impossible d'assumer pleinement nos choix ?
 
Censure des opérateurs et auto-censure des artistes sont de nouveau quotidien dans le milieu chorégraphique. Le FN et Civitas ont ils déjà gagnés la bataille après leur succès à la dernière élection européenne et la manif pour tous ?
 
En effet j'ai appris cet été, une affaire pour le moins inquiétante voire révoltante : Au CDC Les Hivernales, Christian Ubl et sa création "Shake it out" n'a pas pu être programmé dans son intégralité. Cette création comporte 3 parties et seulement 2 parties ont pu être visible durant 10 jours lors de "L'été, au CDC, particulièrement danse #3". Mais pourquoi donc ? Parce ce que trop longue, non, parce ce que pas aboutie, non. Parce ce que le directeur du CDC Les Hivernales après avoir choisi et proposé de programmer cette pièce, a jugé que la 3ème partie de "Shake it out" ne pouvait pas être visible dans son théâtre, en invoquant qu'elle pourrait provoquer des manifestations pro-FN devant celui-çi. Incroyable, non ?
  
(Philippe Madala, Ladanse.com, fondateur et directeur) > SUITE

lundi 8 septembre 2014

Dave St-Pierre défend La Grande Fente et interpelle Les producteurs / diffuseurs / facilitateurs

Publié sur la page Facebook de Dave St-Pierre (ici), chorégraphe.
Dave St-Pierre
4 septembre, à proximité de Montréal
L'Agora de la danse La danse sur les routes du Québec RQD - Regroupement québécois de la danse

dans la même veine que mon post précédent et que ça m'inquiète.

Chers producteurs, diffuseurs et autres facilitateurs tel que L'Agora de la Danse et Parcours Danse (La danse sur les routes du Québec), entre autres.

Cette intervention critique certaines de vos façons de faire dans notre milieu, plus particulièrement les nombreuses demandes des intervenants, cités ci-haut, à changer le nom de la compagnie de danse contemporaine La Grande Fente. [Isabelle Boulanger, site]
Je, Dave St-Pierre, supporte inconditionnellement les membres de la compagnie La Grande Fente dans leur position de ne pas changer leur nom.

Quel est le but de demander à une compagnie de changer son nom?
Pourquoi leur dire que sinon, il est improbable qu'ils jouent dans votre théâtre?
C'est quoi cette merde?

Les producteurs / diffuseurs / facilitateurs se font-ils les chiens de garde de la bonne conscience, de l'ordre, de la bienséance et de la rectitude?
Pourquoi se sont-ils donné ce pouvoir? Pourquoi choisissent-il les règles du jeu?
Pourquoi ont-ils des "lois" improbables qu'ils sont les seuls à connaître (et à appliquer)?
Pourquoi régissent-ils un milieu comme une mafia ? Pourquoi obliger les artistes à s’inscrire au regroupement de la danse ? Pourquoi y aurait-il qu’une seule façon de faire dans ce milieu ? Le message lancé semble clair ; tu entres dans notre cercle de privilégié et tu pourras tourner au Québec. Quels sont vos réels intérêts ?

L’artiste est encore une fois relégué à n’être qu’un simple produit, une marionnette que l’on peut manipuler et utiliser à sa guise pour son propre intérêt. 

Vous exigez une rigidité qui en fait ne sert à personne et qui blesse et affaiblit le milieu.

J'ai besoin d'explications. En fait, beaucoup de monde a besoin d'explications. Depuis trop longtemps il y a de l'ingérence artistique. 

J'aime croire que votre travail, votre mandat, chers producteurs / diffuseurs / facilitateurs, serait de valoriser l'artiste, le respecter, le comprendre et supporter sa vision artistique. Et non de niveler vers le bas et rendre tout spectacle, photo, texte ou nom de compagnie propre et sain à la consommation. Vous ne protégez personne en faisant cela. 
Je croyais que votre mission était d’offrir une diversité, faire découvrir des artistes singuliers, qui ont le pouvoir de faire réfléchir. Si vous n’êtes pas en mesure d‘offrir cela aux artistes et à votre milieu, à quoi servez-vous vraiment ? 
Au lieu de "prévenir" les coups, pourquoi ne pas permettre cette rencontre entre la Grande Fente et le public? Quels échanges incroyables pourraient sortir de cela? Vous manquer gravement de sensibilité. 

Le nom de leur compagnie, La Grande Fente, est effectivement un nom avec plusieurs niveaux de compréhension. Avec aussi beaucoup d'humour, d'intelligence, de séduction et de politique. Il y a également un aspect marketing à ne pas négliger. Ce nom est un statement. Elles affirment haut et fort qui elles sont et ce qu'elles font.

Ces filles ont le potentiel de faire bouger des choses, de faire réfléchir, de brasser les idéaux reliés au milieu de la danse contemporaine, au public, à l'art contemporain et peut-être même à la femme. Mais ce n'est visiblement pas quelque chose qui est reconnu et/ou supporté par les producteurs / diffuseurs / facilitateurs, qui voudraient plutôt que la Grande "Feinte" (sic) servent leurs idéaux et intérêts (qui ne brassent pas grand chose on s'entend) avant tout.

Ces filles sortent du lot. Et dans ce milieu, tout le monde se bat pour se faire remarquer.
Par peur de ne pas pouvoir présenter, elles ont mis un pied dans un engrenage dangereux. Celui de devenir beige. Et pour avoir été plus de 20 ans dans le milieu, laissez-moi vous dire que cette machine ne s'arrête jamais.

Voici ce que j'aurais à vous dire :

Chers producteurs / diffuseurs / facilitateurs, vous êtes DÉPASSÉS, conservateurs et cruellement en retard. Vous manquez de vision. Selon moi, vous n'êtes plus dans la "game" depuis longtemps. Votre manque d’ouverture est une plaie dans notre milieu.
Ne pas prendre de risque, s’arrêter à un seul mot, une image, un spectacle est réducteur du travail d’une compagnie. Ce manque de confiance nous tuera, et par la bande vous tuera aussi. Comment se fait-il qu'un milieu ait perdu ses lettres de noblesse et descendu aussi bas? Se conformer, surtout en danse contemporaine, c’est inadmissible. Changez de mandat, vous faites mal à notre jeune génération de créateurs.

Et vous tous chers artistes, pourquoi acceptez-vous ce genre d'intervention (relevant de l'ingérence artistique selon moi)?
À force de plier, le milieu va s'appauvrir artistiquement.

Si débat il y a, je demande à ce qu'il se fasse ici même sur cette page facebook.
Tout message privé qui m'est envoyé se retrouvera sur cette page. Les doubles discours ne m'intéressent plus. En privé vous me dites une chose, et en public, tout d'un coup, votre discours change de peur de se faire des ennemis. Pourrait-on, pour une fois, être franc?"
dave st-pierre
 — avec Isabelle Boulanger.

Exposition : "Ballets Russes: The Art of Costume"



Les Japonais ont eu la chance de voir l'exposition Ballets Russes: The Art of Costume, que présentait The National Art Center à Tokyo du 18 juin au 1er septembre 2014 (ici), en provenance de la National Gallery of Australia à Canberra qui l'a proposée en 2010 (ici). Ce qui a donné aussi un catalogue (ici, couverture ci-dessous) distribué par Thames & Hudson Australia, Thames & Hudson UK et University of Washington Press, USA. 


L'exposition était constituée de 144 costumes et accessoires provenant de 33 productions des Ballets Russes (1909-1929), ainsi que des dessins ayant servis à leur conception, de photographies et de programmes originaux. Les costumes sont l'œuvre de Léon Bakst, Alexandre Benois, Nicholas Roerich, Aleksandr Golovin, Henri Matisse, Georges Braque, Natalia Gontcharova, André Derain, Giorgio de Chirico et Pavel Tchelitchew.

Comme l'explique Jean Couturier dans un article publié par Théâtre du blog (ici) : 
Après le décès de Diaghilev en 1929, Léonide Massine «hérita» de la plupart de ses biens mais dès 1934, se sépara d’une partie de sa collection; les costumes dispersés lors de ces premières ventes seront mis aux enchères entre 1967 et 1973; l’Albert Museum de Londres, le Danse Museum de Stockholm, le Theatre Museum d’Amsterdam et enfin la National Gallery of Australia (à l’origine de cette exposition) acquièrent alors ces collections.
Aucune structure culturelle française n’était, bien sûr, présente (l’Opéra de Paris a déjà ses propres archives, mais est-ce suffisant !). Ce qui explique que les plus grandes expositions dédiées aux Ballets russes sont organisées hors de France… 
Fabien Rivière
LÉGENDES
Léon BAKST costume pour Shah Zeman, extrait de Schéhérazade (1910-1930s)
— Léon BAKST Grodno, Belarus (Russia) 1866 – France 1924
designer; M. LANDOFF costumier; Marie MUELLE France costumier
Costume for the Blue God, c.1912
— Extrait de l'affiche de l'exposition.
ET AUSSI - TRÈS BELLE VIDÉO > ICI

vendredi 5 septembre 2014

Bonnie "Prince" Billy, Love Comes To Me

Bonnie "Prince" Billy, Ease Down the Road


Bonnie "Prince" Billy, I See a Darkness


Well, you're my friend, (that's what you told me)
And can you see (what's inside of me)
Many times we've been out drinking
And many times we've shared our thoughts
But did you ever, ever notice, the kind of thoughts I got
Well you know I have a love, a love for everyone I know
And you know I have a drive to live I won't let go
But can you see it's opposition, comes arising up sometimes
That it's dreadful antiposition, comes blacking in my mind

And then I see a darkness
And then I see a darkness
And then I see a darkness
And then I see a darkness
And did you know how much I love you
Is a hope that somehow you, you
Can save me from this darkness

Well I hope that someday buddy
We have peace in our lives
Together or apart
Alone or with our wives
And we can stop our whoring
And pull the smiles inside
And light it up forever
And never go to sleep
My best unbeaten brother
This isn't all I see

Oh no, I see a darkness
Oh no, I see a darkness
Oh no, I see a darkness
Oh no, I see a darkness
And did you know how much I love you
Is a hope that somehow you, you
Can save me from this darkness

mercredi 3 septembre 2014

De la Danse au Cinéma - Damien Chapelle dans "Métamorphoses" de Christophe Honoré

Damien Chapelle

Publicité avant la bande-annonce : couper le son.


Le jeune Belge Damien Chapelle a travaillé comme danseur pour le chorégraphe Wim Vandekeybus (dans Radical Wrong, Monkey SandwichWhat The Body Does Not Remember, Œdipus/Bet Noir et Spiritual Unity - de 2011 à 2014), et récemment comme performer pour Yves-Noël Genod (dans 1er avril, en avril 2014, aux Bouffes du Nord (Paris)).
Le film de Christophe Honoré sort le 3 septembre 2014.
Interview du réalisateur dans TéléramaICI

De la Danse au Cinéma - Jonathan Capdevielle et Gisèle Vienne dans "Boys Like Us"

Ils sont bien connus dans le milieu de la danse contemporaine Française : Jonathan Capdevielle et Gisèle Vienne

Le premier, un des meilleurs performers de sa génération travaille pour la seconde, une des meilleures chorégraphes, aux œuvres puissantes et oniriques. 

Ils jouent dans Boys Like Us, de Patric Chiha, qui sort ce 3 septembre 2014. En savoir +

Revue - Charles : Culture & Politique


La revue trimestrielle Charles a publié le 18 juin 2014 son numéro 10 qui contient un gros dossier consacré aux relations entre Culture et Politique. Il est constitué de longues interviews d'anciens Ministre de la Culture encore vivants : Aurélie Filippetti (actuelle, à l'époque), Jack Lang, Jacques Toubon, Philippe Douste-Blazy, Catherine Trautmann, Jean-Jacques Aillagon, Renaud Donnedieu de Vabres, Christine Albanel. Manque Catherine Tasca, François Léotard et Frédéric Mitterrand. On méditera cette remarque de Christine Albanel : « (...) traditionnellement, le budget de la Culture, qui n'est pas considérable, est sanctuarisé ». En contrepoint du dossier, le témoignage du comédien et metteur en scène Joachim Salinger sur la lutte des intermittents. La revue propose aussi un Abécédaire Les artistes engagés en politique.  
Fabien Rivière

Charles, été 2014, n°10, Culture et politique, La Tengo Éditions, 16 €. Site

mardi 2 septembre 2014

Arte - Israël et la danse contemporaine avec "Let's dance ! "

Première diffusion : lundi 1er septembre 2014 à 3h15. Durée 52 minutes.
À REVOIR jusqu'au lundi 8 septembre 2014 à 3h15. 

Avec Iyar Elezra (danseuse) & Yaniv Avraham (danseur), Sharon Eyal (une chorégraphe), Ohad Naharin (un chorégraphe, extrait de Echad Mi Yode'a), Gaby Eldor (une critique de danse), Liat Dror (une chorégraphe) & Nir Ben Gal (un chorégraphe; extrait de 2 Room Apartement), Dani Karavan (un artiste et décorateur), Renana Raz (danseuse et chorégraphe), Rina Schenfeld (danseuse et chorégraphe), Ido Tadmor (danseur et chorégraphe), Yoav Kutner (un journaliste musical), Noa Wertheim (une chorégraphe) & Adi Sha'al (un chorégraphe), Yasmeen Godder (danseuse et  chorégraphe; extraits de Love Fire et Strawberry Cream and Gunpowder),  Yair Vardi (un membre du Suzanne Dellal Centre), Dan Ronen (un spécialiste de théâtre), Yonatan Carmon (chorégraphe), Rami Be'er (un chorégraphe; extraits de Aide Mémoire et Reservist Diary), Ruth Eshel (une critique de danse), Oshra Elkayam (une chorégraphe), la Batsheva Dance Company (fondée par la baronne Batsheva de Rothschild; avec Martha Graham, Glen Tetley, Norman Morrice, John Cranko, Jerome Robbins), Moshe Efrati (un chorégraphe), Moshe Romano (danseur), Oshra Elkayam (une chorégraphe), Inbal Pinto (une chorégraphe)  & Avshalom Pollak (un chorégraphe), Talia Paz (danseuse), Yehezkel Lazarov (chorégraphe et comédien) et Barak Marshall (chorégraphe).